Les Croix de bois est un film français réalisé par Raymond Bernard, sorti en 1932.

Il s'agit d'une adaptation du roman Les Croix de bois de Roland Dorgelès, inspiré de l'expérience vécue par son auteur durant la Première Guerre mondiale, racontant le quotidien des soldats de l'armée française pendant cette guerre, publié en 1919 aux éditions Albin Michel. Pressenti pour l'obtention du prix Goncourt de 1919, le roman est finalement devancé par À l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust, qui remporte le prix par six voix contre quatre.

Synopsis En France, pendant la Première Guerre mondiale, Gilbert Demachy, étudiant en droit, s'engage pour en découdre avec l'envahisseur allemand. La ligne de front stagne en Champagne. Terré dans les tranchées, chaque camp attend de passer à l'offensive.

Fiche technique Réalisation : Raymond Bernard Scénario : Raymond Bernard et André Lang, d'après le roman éponyme de Roland Dorgelès, Les Croix de bois Décors : Jean Perrier Photographie : Jules Kruger et René Ribault Montage : Lucienne Grumberg Son : Antoine Archimbaud Société de production : Pathé-Natan Pays de production : Langue : français Format : Noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — Son : Mono (RCA Photophone) Genre : Film dramatique, Film de guerre Durée: 110 minutes Dates de sortie : France : , Paris, cinéma Moulin-Rouge Affiches : Roland Coudon, Jean Mascii (France)

Distribution

Commentaire Par son sujet (l'évolution mentale d'un soldat, au départ idéaliste), ce film se rapproche de La Grande Parade de King Vidor (1925) ou de À l'Ouest, rien de nouveau de Lewis Milestone (1930). Charles Vanel, Raymond Aimos, Jean Galland et Pierre Blanchar ont réellement combattu durant la « Grande Guerre », tout comme la majorité des acteurs et figurants. Pour les figurants, l'Armée française avait fourni quelques bataillons de jeunes recrues qui faisaient leur service militaire. N'étant pas satisfait de leur attitude, ni de leur façon de se tenir dans la tranchée, Raymond Bernard décida d'employer des anciens de 14-18, à l'attitude plus « vraie ». Il en va de même pour le lieu du tournage qui est un vrai champ de bataille, l'armée ayant autorisé l'accès à des zones militaires. Le tournage fut d'ailleurs interrompu à plusieurs reprises car des corps de soldats ou des obus non éclatés remontaient à la surfaceÉchos de naguère, mémoires de Raymond Bernard. « Une grande partie du film a été réalisée en Champagne. Les traces des tranchées n'étant pas encore effacées, il nous suffisait de les remettre en état. Nous avons travaillé avec une ardeur et une conviction solide, une foi indéracinable, la certitude que nous collaborions à quelque chose d'utile, à une œuvre qui resterait dans la mémoire des hommes »Patrick Brion, introduction du Cinéma de Minuit, France 3 février 2014 À la sortie du film, Charles Vanel est vivement attaqué, surtout par les nationalistes, dont les Croix-de-Feu qui lui reprochaient de n'avoir servi que deux mois sous les drapeaux, entre juillet et , avant d'être réformé à la suite de troubles mentaux. Cet épisode polémique marque profondément Charles Vanel, . Charles Vanel reçoit le soutien de l'acteur Raymond Aimos, qui joue dans le film et qui a passé quatre années dans les tranchées : pour Aimos, Vanel était bel et bien un "poilu", car une blessure psychologique est comparable à une blessure physique.

Bibliographie Jean-Philippe Tessé, « Tandis qu'ils agonisent » in Cahiers du cinéma, , . Raymond Bernard, « Quand nous tournions Les Croix de bois », Positif , Institut Lumière-Actes Sud, Paris, , , (Texte original paru dans Pour vous du .

Notes et références

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