Eddie Cano, né Eduard Cano, JrÉgalement crédité parfois sous le nom de Edward Eddie Cano.. à Los Angeles le est un pianiste mexico-américain de Latin jazz. C'est aussi un compositeur et arrangeur, qui a dirigé et joué dans de nombreux orchestres de Latin jazz et de jazz afro-cubain. Il est décédé subitement d'une attaque cardiaque le Article du Los Angeles Times : Obituaries : Eddie Cano, 60; Jazz Pianist Popular in L.A. Nightclubs du 2 février 1988. Consultation du 9 septembre 2010. à Los Angeles.

Biographie thumb|left|Les bongos ont souvent accompagné le piano d'Eddie Cano, pour en soutenir le rythme. C'est ainsi qu'il enregistrera plusieurs albums avec son ami bongocéro Jack Costanzo.

Eduard Cano, Jr. naît le , à Los Angeles et passera presque toute sa vie. Il est issu d'une famille mexico-américaine modeste de musiciens professionnels : son grand-père a joué avec le Mexico City Symphony Orchestra et son père est un guitariste"Eddie Cano Biography" par Eugene Chadbourne, du site de critiques All Music Guide consultation du 13 septembre 2010. Basse. Il commence des études de piano classique à l'âge de 5 ansEddie Cano : biography by John Child consultation du 14 septembre 2010.. Le jeune Cano étudiera ainsi la contrebasse avec son grand-père, tandis que des professeurs d'enseignement musical privé lui apprennent le piano et le trombone. C'est donc tout naturellement qu'il entreprendra des études de musique au Los Angeles City College. Il commence alors à s'intéresser au jazz et décide d'en devenir un musicien professionnel. Un oncle l'initie à la musique de Duke Ellington et ce sera pour lui, en 1943, l'occasion de commencer à travailler dans les bands de boîtes de nuit locales : il y joue à la fois de la musique latine et les nouveaux genres américains de musique dansante. En 1945, il est appelé du contingent, et rejoint les corps armés où il sera assigné à différents groupes de musique militaire. De retour à Los Angeles en 1946, il complète sa formation musicale par 6 mois de cours au conservatoire de Los Angeles.

Son parcours musical et sa façon de penser, d'organiser la musique autour de rythmiques exotiques sont similaires au vibraphoniste Cal Tjader et au compositeur chef d'orchestre Les Baxter. Tout comme Cal Tjader, Eddie Cano passera la plus grande partie de la carrière à établir des connexions, des passerelles entre le jazz et les sons latins pour inventer lui aussi le son Latin jazz. Influencé par Noro Morales et Erroll Garner, il développera un style rythmique inimitable, cette dynamique créera chez lui une capacité à entrainer derrière lui toute bande de musiciens prête à jouer.

Il débute sur scène à New York en 1948 dans l'orchestre de Miguelito Valdés venu le chercher à Los AngelesJazz: la combinación perfecta. Consultation du 9 septembre 2010. et il possède aussi à cette époque déjà, son propre groupe. Toujours dans New York, on le retrouve à jouer avec les groupes de Tito Puente, Machito, José Curbelo et Noro Morales, qui devient rapidement un ami proche. Il y fera aussi la connaissance de Tony Martinez qui joue de la basse dans le groupe de Noro MoralesTony Martinez and His Mambo Combo, Pharaoh’s Curse (GNP) consultation du 14 septembre 2010. Encore autour de 1948, on retrouve la trace d'Eddie Cano dans le quartette du contrebassiste Don TostiPhoto du Quartet sur scène au Long Hilton Beach début 1950 consultation du 23 septembre 2010. qui comprend Raúl Díaz (batterie/voix), Bob Hernández (saxophone/flûte) et bien sûr Eddie au piano : la formation se produit dans les clubs autour de Central AvenueArticle de Jesse Varela du magazine Latin Beat Magazine : Pachuco Boogie: the roots of raza rock. (The Untold Story).(production of historic sound recording)(comments on Chicano music and bassist Don Tosti) paru le mai 2003 consultation du 22 septembre 2010..

Il établit tout aussi rapidement des liens avec Herb Jeffries, un chanteur dont le point fort est d'interpréter des ballades, et avec qui il souhaite travailler durant la prochaine décennie, les années 1950. Ainsi il collaborera avec d'innombrables musiciens parmi lesquels : Bob Romeo, Herb Jeffries, Les Baxter, Jack Costanzo, Cal Tjader, Buddy Collette, Tony Martinez et beaucoup d'autres comme musicien de studio et de scène.

De retour à Los Angeles, il entre régulièrement en session d'enregistrements avec Les Baxter en 1952 pour l'album Le Sacre du Sauvage (Capitol Records), avec Cal Tjader pour les albums Ritmo Caliente en 1955 et Demasiado Caliente en 1960 (Fantasy Records), avec Jack Costanzo pour les albums Mr Bongo en 1955 sur GNP Crescendo Records et Latin Fever en 1958 sur Liberty Records, avec Buddy Collette pour l'album Jazz Heat - Bongo Beat en 1961 sur Eros Records, et d'autres. Il réalisera aussi des arrangements de big band pour Cal Tjader durant cette époque.

À partir de 1956, grâce à Shorty Rogers qui le présente à la maison de disques RCA Victor, il peut enfin enregistrer ses premiers albums avec Jack Costanzo, Carlos Vidal et Larry Bunker. Et c'est encore Shorty Rogers qui produira ses 3 premiers albums. Eddie Cano avait envoyé une cassette démo maison à Shorty Rogers qui l'a écoutée avec suffisamment d'attention pour avoir envie de le recommander.

En tant que compositeur, Cano fait son entrée avec un large répertoire, comprenant ce titre suave « Algo Sabroso », mais aussi l'amical « Cal's PalsDédié au vibraphoniste Cal Tjader. », l'énergique « Watusi Walk », et le passionnant « Ecstasy » (sans parler de « Honey Do », qui pourrait être une chanson en réponse croisée au titre populaire de Carl Perkins "Honey Don't"). Alors que beaucoup de ses pairs sont concentrés et focalisés sur la poussée incomparable des rythmiques latines dans la musique jazz, Cano, lui, semble sciemment ignorer cette composante, et serait même plutôt enclin à souligner avec emphase, un type de structures musicales tour à tour complexes et provocantes, harmoniques et mélodiques associés au jazz moderne. Il écrit aussi quelques compositions reprises par le Tony Martinez Quintet, notamment le titre IcanParu chez RCA Records fin 1954 / 45™ RCA Victor 47-5824 et Ican consultation du 14 septembre 2010. dont le final ressemble à s'y méprendre avec du Cal Tjader. Il fera l'objet d'une reprise par le conguéro Poncho Sanchez sur son album Bien Sabroso (1983).

Sortiront Cole Porter & Me (1956), Duke Ellington & Me (1957), Deep In A Drum (1958) et Time For Cha Cha Cha (1958). Après ces 4 albums chez RCA Victor Records, en 1959, il signe un album réussi chez United Artists Records, Cha Cha Cha Con Cano et surtout l'album Latin Discotheque avec la maison Sears Records. L'album est composé de 4 medley de chansons enchainées à un rythme effréné. Ce disque fera l'objet ultérieurement de plusieurs rééditions sous d'autres labels et avec des titres modifiés.

thumb|right|upright|Cole Porter, célèbre compositeur de comédies musicales fut l'une des premières sources d'inspiration et d'adaptation d'Eddie Cano, comme en témoigne son premier album.

Toujours en 1956, Bob Romeo, flûtiste de jazzQue l'on peut retrouver sur un EP 45™ de 1954 : James Dean on Conga Drums. lui propose de venir jouer du piano dans son Jungle Sextet : l'album Aphrodisia sort chez Sunset Records en version Mono et sera réédité ultérieurement en stéréo chez Omega Records dans la série Omegatape.

Courant 1959, Bianchi, connu déjà sous le nom de Bob Romeo fait encore appel ses services pour reformer son Jungle Sex-tet : Laurindo Almeida à la guitare, Alvin Stoller aux percussions et timbales, Rafael Vasquez Jr. à la contrebasse, Eddie Cano au piano bien sûr et Carlos Videl aux bongos. Ensemble, ils vont enregistrer l'album Music to Play in the DarkPhotos de l'album Music to Play in the Dark consultation du 23 septembre 2010. à paraître chez Hi-Standard Records.

En 1960, après sa collaboration à l'album Demasiado Caliente de Cal Tjader, il est rappelé par Tony MartinezTony Martinez, 'Pepino' On 'Real McCoys', Dies At 82 consultation du 14 septembre 2010., vibraphoniste, compositeur et chanteur pour jouer dans son groupe le temps d'un album et d'une saison de scène, avec Jack Costanzo. Il retrouve ainsi son ami bongocéro pour enregistrer en live au Hollywood's Crescendo club l'album Dancing on The Sunset Strip à paraître chez GNP Crescendo Records, ce avant d'enchaîner avec le Latin All Stars de Buddy Collette pour enregistrer Jazz Heat - Bongo Beat, un album paru chez (Crown Records).

Toujours en 1960, le , il réalise également une sessionRéférencée Capitol Session #9562. Avec Peggy Lee (ldr), Emmanuel "Manny" Klein (om), Dave Cavanaugh (pdr), Joe Harnell (con), Justin Gordon, Jules Kinsler, Harry Klee, Wilbur "Willie" Schwartz (sax), Henry Miranda, Alfonso "Al" Rojo, James Salko (t), Tony Reyes (b), Eduardo "Eddie" Cano (p), Fred Aguirre, Eduardo Aparicio, Carlos Mejía, Ray Rivera (d), Peggy Lee (v). d'enregistrements en tant que pianiste pour Peggy Lee aux studios de la maison de disques Capitol RecordsThe Peggy Lee Bio-Discography And Videography :The Capitol Years, Part 5 consultation du 20 septembre 2010..

1961 sera l'année de sa signature avec Reprise Records, mais plus tard, il se plaindra des contraintes artistiques imposées par ce label avec lequel il est pourtant l'un des tout premiers artistes à avoir signé un engagementCanyon of Dreams: The Magic and the Music of Laurel Canyon - Harvey Kubernik, Scott Calamar, Diltz, Henry - 2009 - Music - 384 pages consultation du 21 septembre 2010.. Elle reste cependant la maison de disques pour laquelle il a le plus enregistré.

L'album Eddie Cano At PJ's enregistré en public au club du même nom The PJ's, sort en 1961. Il est produit par Neal Hefti, excellent trompettiste de jazz, compositeur et arrangeur de plusieurs titres à succès de Count Basie dans les années cinquante et fraîchement reconverti en compositeur et producteur de musique de films, ainsi que pour la télévision. Ce "LP" contient le titre Laura : une composition dédiée à la femme qu'il aime, son épouse Laura, titre qu'il a entièrement composé et enregistré. Le couple se séparera après plusieurs années de vie commune. On trouve aussi sur cet album une version instrumentale du titre A Taste of Honey, succès single américain d'Herb Alpert's Tijuana Brass, Grammy Award de la chanson de l'année en 1965, écrit précédemment par Bobby Scott et Ric Marlow.

Suivront sur ce même label Reprise Records, 5 autres albumsVoir Discographie. : Here Is The Fabulous Eddie Cano, Cano Plays Mancini, puis plus tard Danke Schoen (essentiellement une compilation), The Sound of Music And The Sound of Cano (un live) et Broadway Right Now enregistré à New-York. Sans oublier les 7 extraits en EP 45™ / 2 titres qui contribueront grandement à entretenir son succès.

L'album Cano Plays Mancini présente pour la musique de Mancini une formation quartet assez inédite dans sa forme qui réunit Fred Aguirre à la batterie, Carlos Mejia au conga, Leon Cardenas à la contrebasse et Eddie toujours au piano. Ce choix d'instruments et de thèmes permet à Cano d'imposer une transposition latine jazz de la musique du compositeur. Et, comme le constate Laurence D. Stewart dans son liner-note, nos quatre musiciens chevronnés affirment dans un style épuré toute la musicalité certaine de compositions déjà emblématiques de la carrière de Mancini : ce qui ne serait pour lui déplaire.

En 1962, pour coller aux succès récents de ses albums Eddie Cano at P.J.'s et surtout Mucho piano! considéré comme l'un des albums de Latin jazz les plus emblématiques, RCA VIctor sort une compilation stéréo des albums enregistrés en mono et intitulée The Best Of Eddie Cano '62, sous-titrée His Piano & his Rhythm. Encore en 1962, année faste pour sa carrière musicale, il rentre en session avec Dean Martin pour enregistrer l'album Cha Cha de Amor à paraître chez Capitol Records.