Poma est une entreprise française spécialisée dans la fabrication de systèmes de transport par câble. Elle est détenue depuis le par l'industriel italien Michael Seeber, par le biais de HTI BV..

Anciennement Pomagalski, la société a été fondée par Jean Pomagalski en 1947. et a intégré le groupe HTI en 2000..

Son siège social est à Voreppe, dans l'Isère et Poma possède quatre filiales industrielles (COMAG, SACMI, Sigma et SEMER) en région Auvergne Rhône-Alpes, dont certaines sont basées sur son site industriel de Gilly-sur-Isère, inauguré en .

Histoire vignette|Un télésiège double Poma des années 1960 dans le Vermont aux États-Unis. vignette|Télésiège Poma à Crystal Mountain, (Washington, États-Unis).

Genèse et création de l'entreprise Jean Pomagalski, ingénieur d’origine polonaise, entrepreneur de bâtiment à Grenoble, invente et installe son premier téléski à l’Alpe d’Huez en 1936... D’une longueur de , ce remonte-pente permet aux skieurs de franchir de dénivelé, une technologie brevetée le . Par la suite, Jean Pomagalski réalise plusieurs autres téléskis aux Gets (Haute-Savoie), au col de Porte (Chartreuse) et à Villard-de-Lans (Vercors). Après plusieurs années de recherche, un second brevet est déposé pour le système de téléski à attaches débrayables en 1944. En 1946, Jean Pomagalski crée la société du même nom.. La première usine Poma est ensuite inaugurée en 1953 à Fontaine en Isère et compte une quinzaine d’employés.

Un développement lié à l'expansion des sports d'hiver En 1955, l’activité continue de se développer avec une production de 120 téléskis par an, c’est alors que Jean Pomagalski se lance dans la production de télésièges. Cette année-là, le premier télésiège monoplace est installé au Brévent. La période correspond à un développement rapide des sports d'hiver, marquée en France par la préparation des Jeux olympiques de Grenoble. À cette occasion, une seconde usine est construite en 1958 afin d'accroître la capacité de production. Ce bâtiment est doté d'un bureau d’études, de bancs d'essais et de nombreux ateliers équipés de machines modernes. Toujours en 1958, Poma installe les premiers télésièges aux États-Unis : dans le Colorado, le Vermont et l'Alaska, dont les installations sont encore aujourd'hui surnommées « PomaLIFT » (« lift » désignant le télésiège).

Jean Pomagalski met au point en 1959 un premier prototype de télénautique sur les lacs d'Annecy et du Bourget. En 1960, Poma reçoit l'oscar de la meilleure entreprise exportatrice décerné par le ministre des finances et des affaires économiques de l'époque, Wilfrid Baumgartner. La même année, le premier télésiège biplace est livré au Glacier des Bossons avant celui de la Combe de Juments (La Clusaz). Après la réalisation du premier télésiège touristique à Saint-Thomas aux Antilles en 1963, Jean Pomagalski se voit décerner la Légion d'Honneur. Ses nombreuses inventions destinées à la sécurité des monteurs et des utilisateurs de remontées mécaniques sont notamment plébiscitées. Le système de sauvetage ainsi que le descendeur Diabolo reçoivent ainsi la médaille d’or au concours Lépine et au Salon international des Inventeurs de Bruxelles l'année suivante.

Le télésiège-cabine, précurseur de la télécabine imaginée en 1965 par Jean Pomagalski, est produit en seulement . Il faut attendre 1966 pour que les télécabines Poma soient mises au point pour être ensuite livrées en premier à Val d’Isère en France et à Queenstown en Nouvelle-Zélande. Équipé d’un dispositif d'ouverture automatique des portes, ce véhicule, un SP4 à pince S, est le résultat du partenariat entre Poma et Sigma Plastique, un fabricant de cabines et pièces thermoformées. Cette télécabine en forme d'œuf, dessinée par Francis Tauzin, a rapidement été adoptée par de nombreuses stations de ski françaises. Un an plus tard, Alphonse Lisa, un esthéticien industriel, crée le premier logo Poma et s’en inspire pour concevoir la gare Delta, distinguée par l'Institut français d’esthétique industrielle.

Années 1970 et début des années 1980 : succession et internationalisation Après la disparition de Jean Pomagalski le , Gaston Cathiard, un industriel passionné de montagne, succède au fondateur à la tête de l’entreprise. Ce dernier initie plusieurs changements au sein de la société, notamment la substitution des pylônes en acier tubulaire aux pylônes en treillis. En 1970, l’entreprise SACMI, spécialisée en fabrication des éléments mécano-soudés, intègre le groupe Poma.. Sur la même lignée que le téléski, le télésiège devient débrayable en 1972 et le premier est installé à Pralognan-la-Vanoise. La première télécabine , une innovation mondiale, est quant à elle inaugurée à Villard-de-Lans en 1973. Cette télécabine est récompensée deux ans plus tard par le label “forme et industrie” de l’Institut français d’esthétique industrielle.

Engagé par son père en 1975, Jean-Pierre Cathiard développe les activités de Poma à l’international. En 1976, les bureaux de Poma se modernisent pour s’équiper des premiers ordinateurs et programmes afin de concevoir et de réaliser des modélisations de remontées mécaniques. C’est cette même année, que le premier téléphérique bi-câble pulsé est inauguré à Grenoble..

En 1980, Jean-Pierre Cathiard prend la direction de l’entreprise et succède ainsi à son père Gaston Cathiard. En 1981, les entreprises BACO (entreprise de transport par câble Suisse) et COMAG (spécialisée dans le montage, l’inspection et la maintenance) rejoignent le groupe Poma.

Les années 1980 : accidents tragiques et déménagement Le aux Orres, le téléphérique monocâble à va et vient Telesorres construit en 1981 s'écrase sur un parking en contrebas de la station. 36 personnes sont blessées. En , la société Poma est condamnée civilement et son directeur technique est reconnu coupable de blessures involontaires et condamné à 6 mois d'emprisonnement avec sursis.

En 1988, Poma s’installe sur le site de Centr’Alp à Voreppe. Poma réalise en 1989 le plus haut funiculaire de France aux Deux Alpes.. vignette|Le Poma 2000 de Laon, en approche de la station intermédiaire Vaux. Le , la chute de la cabine du téléphérique Vaujany-Alpette à Vaujany, conçue par l'entreprise Poma et livrée en seulement , provoque le décès de 8 techniciens âgés de 18 à lors du dernier essai avant l'ouverture au public..... Le documentaire dont il est question sur ce site a été rediffusé sur la chaîne RMC Story, le 26 janvier 2020 ( de faits divers - Les morts de l'or blanc par Xavier-Marie Bonnot).. Cet accident est lié à un défaut de conception de l'entreprise Poma.. Le PDG de l'entreprise, son directeur technique, et l'ingénieur-conseil sont condamnés à dix-huit mois de prison avec sursis pour « homicide involontaire ».

Regroupements, développement du transport urbain et nouveaux projets SEMER intègre le groupe Poma en 1991. Six ans plus tard, Poma s’allie avec Otis et pour codévelopper les premiers ascenseurs inclinés.

Poma rejoint le groupe italien HTI dirigé par Michael Seeber en 2000. Puis, les filiales américaines de Leitner et de Poma se regroupent pour former Leitner Poma of America (LPOA) aux États-Unis, au Canada ainsi qu'en Océanie.

vignette|Vanoise Express, Paradiski. Le téléphérique Vanoise Express inauguré en 2003 est le plus gros téléphérique au monde, possédant un système de sauvetage intégré inédit..

En 2010, Poma inaugure le nouveau Roosevelt Island Tramway, téléphérique urbain au cœur de New York. et la liaison blanc-blanc, un funiculaire sous atmosphère contrôlée unique au monde.

Le , l’entreprise Pomagalski change de nom et devient Poma. L’ETAC est créée la même année pour assurer l’exploitation et la maintenance des installations de transport urbain par câble en Algérie. La cabine Symphony, conçue par Pininfarina (une entreprise italienne de design automobile et transport), est commercialisée en 2015, ses dimensions offrent plus d’espace aux usagers qu’une cabine traditionnelle. En 2016, l’entreprise inaugure son nouveau site industriel à Gilly-sur-Isère (France), rassemblant les filiales SACMI et COMAG..

Le est inaugurée la station de ski de Veduchi en Tchétchénie, dont la construction a été en partie financée et effectuée par la Compagnie des Alpes et la société Poma..

Poma continue d’innover, ainsi en 2019 l’entreprise commercialise le nouveau poste de commande SmartBOARD, améliorant la prise en main et l’ergonomie..

vignette|Logo avant 2024.

Le , le téléphérique urbain de Toulouse, appelé Téléo, est ouvert au public. C'est le plus long téléphérique urbain de France, et le premier Téléphérique 3S à vocation urbaine en France...

L'entreprise fournit en 2022 au projet de site Cigéo de stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde, à Bure, un funiculaire dédié..

En 2025, l'entreprise lance sa nouvelle gamme monocâble LIFE pour «Large Impact For Efficiency», qui est le fruit de la collaboration des marques de remontées mécaniques du groupe HTI: Leitner, Poma et Bartholet. Cette gamme s'appuie sur les technologies éprouvées de la gamme Multix et en améliorant la maintenance : l'ergonomie des opérateurs de maintenance et l'accessibilité ont été améliorées pour réduire les coûts et les temps de maintenance. La première remontée de ce type est la télécabine 10 places de Chenus à Courchevel (France).

Production Appareils de transport par câble Télésièges à pinces fixes vignette|Un ancien modèle de télésiège fixe Poma à Snoqualmie (Washington, États-Unis). vignette|Une gare Alpha de télésiège fixe Poma à la station de ski de White Hills, près de Clarenville à Terre-Neuve au Canada. Les télésièges à pinces fixes de Poma se sont révélés populaires dans le monde entier. Le premier télésiège à pinces fixes biplace de Poma est construit en 1958. Le télésiège à trois places est ensuite introduit en 1973. Il est suivi par les télésièges à pinces fixes à quatre places et plus récemment à six places.

La gare de télésiège Alpha est mis sur le marché en 1982 et continue d'être populaire aujourd'hui. Avant la gare Alpha, des gares Delta étaient utilisées. Ce type de gares a connu un tel succès qu'on en voit encore aujourd'hui, la majorité étant en fonctionnement dans le monde entier. Les gares des télésièges Delta et Alpha ont la capacité d'être converties ultérieurement en télésièges débrayables, augmentant ainsi la capacité du télésiège sans construire une installation entièrement nouvelle.

Télésièges débrayables thumb|Un télésiège débrayable modèle Challenger Poma à Whistler au Canada. Poma inaugure ses premiers télésièges débrayables en 1972 à Pralognan-la-Vanoise (Dou de l'Écu) et Saint-Lary (Soum de Matte).. En 1982, Poma construit un télésiège débrayable avec une vitesse de fonctionnement de 5 m/s, qui est à l'époque le plus rapide au monde. En 1991, Poma dévoile sa gare débrayable Omega, plus compact que les terminaux précédents. L'entreprise construit son premier télésiège débrayable à six places en 1993 et son premier télésiège à huit places est construit à Méribel en 2000. La même année, l'entreprise remplace la gamme de gares débrayables Omega par le nouveau modèle Phoenix. De plus, Poma introduit également les gares Multix dans ses télésièges débrayables en 2005, tandis que les nouvelles remontées mécaniques nord-américaines continuent d'être équipés de la gare Omega.

Télécabines vignette|Télécabine à huit places construit en 2002 à Saint-Martin-de-Belleville en Savoie. vignette|Un télésiège détachable Phoenix à six places à Saint-François-Longchamp. Poma construit ses premières télécabines débrayables à Val d'Isère, une SP3 prototype, et à Queenstown en Nouvelle-Zélande en 1966, puis ses premières télécabines automatiques à Chalmazel et aux Menuires en 1967. L'entreprise française construit la première télécabine à six places au monde en 1973, à Villard-de-Lans. La première télécabine au monde pour dix passagers est construite par Poma en 1984, suivie par la première version au monde pour 16 passagers.

Funitels