Hartza qui signifie « ours, ourse » en basque, est un symbole de résurrection dans un grand nombre de mythologies, un des personnages centraux dans les carnavals basques qui se déroulent en hiver, et, même parfois un symbole religieux.

Plusieurs légendes basques évoquent la naissance d'un être supérieur dans des grottes: « Hartz-Kume » publié par Mayi Ariztia, 1982 ; « Joantxo Artza » publié par José Miguel de Barandiaran, 1972 ; « Harxko » publié par Jean Barbier, 1931. Ce personnage descend d'une femme qui a été capturée par un ours, et bien que sa filiation avec l'ours ne soit jamais précisée, il est toujours doté d'une force extraordinaire et d'une pilosité considérable. D'ailleurs, il réussit à déplacer l'énorme pierre qui scelle l'entrée de la grotte où sa mère était piégée à l'âge de cinq ans. Plus fort que tous les gens de son village, il cherche des amis qui, comme lui, sont dotés de pouvoirs extraordinaires, mais reste le plus fort et le plus intelligent, se distinguant avant tout par ses capacités d'aller et venir dans maison du Deabru (diable)Joaldun et Kaskarot. Des carnavals en Pays Basque, Thierry Truffaut, Elkar, 2005, 366p. Apports des carnavals ruraux en Pays Basque pour l'étude de la Mythologie: le cas du "Basa-Jaun", Thierry Truffaut, Associations Lauburu, Euskal Dantzarien Biltzarra et Eusko Ikaskuntza, Maison Bataille, Le Houga..

Ours, ancêtre de l'homme Selon Txomin Peillen, les chasseurs de Sainte-Engrâce révèlent que les anciens considéraient l'ours comme l'ancêtre de l'homme et qu'il n'était pas considéré comme gibier, contrairement au reste de l'Europe. L'ours est aussi un animal dont la silhouette évoque l'homme, croyance que l'on retrouve chez les Inuits. Il faut souligner à l'inverse, que dans plusieurs légendes pyrénéennes, c'est l'ours qui a pour ancêtre l'homme. D'ailleurs les Basques disent Lehenagoko eüskaldünek gizona hartzetik jiten zela sinhesten zizien Recovering European Ritual Bear Hunts: A Comparative Study of Basque and Sardinian Ursine Carnival Performances par Roslyn M. Frank, University of Iowa. c'est-à-dire que « les premiers hommes basques ont été fabriqués à partir des ours ».

Carnavals basques vignette|Hartza et les Joaldunak sur la place d'Ituren. C'est un personnage présent dans de nombreux carnavals basques comme celui de Zubieta-Ituren qui sort à Aurtitz, d'Arizkun qui sort le Mardi gras ou de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure (Donibane Ziburuko Ihauteriak) avec l'Hartzaren eguna (le jour de l'ours). Hartza est plus ou moins aujourd'hui amusant, à courir encore après les filles et les enfants pour essayer de les attraper, de les mâchurer et de les renverser. Il est aussi présent dans les carnavals de Markina-Xemein en Biscaye et de Zalduendo en Alava.

Selon Thierry Truffaut,

Zubieta-Ituren Le derniers jours de janvier, le premier Hartza à sortir est un ours cornu avec un montreur habillé de façon bariolé comme certains bohémiens. On est proche donc de la date du 2 Février donnée généralement pour être celle de la déshibernation de l'ours en EuropeLe carnaval: essais de mythologie populaire, Claude Gaignebet et Marie-Claude Florentin, Payot, 1974, 170 pages à travers les dictons et croyances populaires comme celui-ci « si le soleil paraît le jour de la chandeleur, l’ours sort de sa tanière: il fait deux ou trois sauts et rentre dans son antre pour ne plus en sortir pendant quarante joursÊtres fantastiques du Dauphiné, patrimoine narratif de l'Isère, Charles Joisten, Nicolas Abry, Alice Joisten, Musée dauphinois, 2005, 576p., » par contre s'il fait gris et froid l'ours sort et l'hiver est alors fini.

Arizkun vignette|Hartza et hartzazaina à Arizkun. Hartza est le personnage principal du carnaval d'Arizkun. L'ours est accompagné d’une horde semblable en laideur à ceux précédemment décrits, ils frappent parfois très violemment avec des vessies les femmes et les gens présents. Dans ce village, le jour du Corpus, les habitants choisissent parmi les leurs généralement deux damuñ etxazainak (fermiers, métayers) principaux, deux damuñ laguntzaileak (assistants) et deux damuñ etxekoandreak (maîtresses de maison) Inauterietako pertsonaiak, Euskal mitologia, Koldo Alijostes Bordagarai, amaroa.com. Damuñ signifie txistulari ou « joueur de txistu ».

Le dimanche de la semaine du Corpus, quatre damuñ dansent sur la place publique, les damuñ principaux et les assistants. Ils font la même chose le dimanche et le lundi de carnaval.

Le dimanche du Carnaval, les jeunes prennent leur petit déjeuner à la taverne du village et vont faire la quête de porte en porte (puska biltza littéralement « le ramassage de morceaux (de victuaille) »). S'il y a une fille en arrivant à la maison, les jeunes dansent. À quatre heures de l'après-midi, ils mangent ce qu'ils ont ramassé à l'auberge, puis ils retournent à l'enparanza (la place) pour danser.

Aujourd'hui encore, les villageois mangent, boivent et font beaucoup de bruit dans chaque maison. Le soir, les filles rentrent chez elles et les garçons vont à la taverne pour le dîner. Les damuñ etxazainak et les damuñ laguntzaileak, vont quant à eux, dîner chez une damuñ etxekoandrea le lundi soir du carnaval.

Religion L'ours associé au diable, l'ours devint son animal favori ou l'une de ses formes. Dans l'iconographie chrétienne, le diable possède souvent les pieds, le mufle et le pelage d'un ours, et prend la forme de l'animal dans les rêves des saints, des rois et des moines.

Références

Voir aussi Articles connexes Culte de l'ours

Bibliographie

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