Andrée Jacquet., dite Andrée Viollis (du nom de plume de son second mari), par mariage Andrée Téry puis Andrée d'Ardenne de Tizac, née le aux Mées et morte le à Paris, est une journaliste et écrivaine française.
Figure marquante du journalisme d'investigation et du grand reportage, correspondante de guerre, critique et chroniqueuse littéraire, romancière, elle s'illustre pendant plus d'un demi-siècle dans tous les domaines (antifascisme, féminisme, problèmes coloniaux…) et sur tous les théâtres des opérations (conflits militaires, révolutions…).
Biographie
Enfance Andrée Françoise Caroline Jacquet est la fille d’un préfet du Second Empire et d’une salonnière, Valentine Claudius-Jacquet, qui invite des personnalités littéraires de la III République.
Études En 1890, après l’obtention de son baccalauréat, Andrée Viollis passe trois ans en Angleterre en tant que préceptrice, tout en suivant des cours à Oxford.. Elle poursuit des études supérieures en France et obtient une licence ès-lettres à la Sorbonne.
Vie privée Andrée Viollis se marie avec Gustave Téry, normalien, agrégé et professeur de philosophie, avec qui elle a deux filles, dont Simone Téry. Elle divorce en 1901. Elle épouse en 1905 Henri d'Ardenne de Tizac, historien de l’art chinois classique et conservateur du musée Cernuschi. Il est auteur de romans sous le pseudonyme de Jean Viollis et le couple aura deux filles. Avec lui, elle s’investit dans un journalisme littéraire où elle déploie ses talents de critique, de chroniqueuse, de feuilletoniste et de conteuse. Elle adopte le pseudonyme de Viollis.
Journalisme Elle s’oriente vers le journalisme et fait ses débuts en écrivant des contes et des études au Petit Parisien, à L’Écho de Paris, Excelsior puis au sein du journal féministe La Fronde de Marguerite Durand, où elle découvre le journalisme d’investigation et d’idée. Elle s'y prononce en faveur de l’émancipation et des droits des femmes.
De 1914 à 1916, elle s'engage sur le front en tant qu'infirmière à Bar-le-Duc et à Sainte-Ménehould. Le Petit Parisien publie ses reportages auprès des blessés et l'envoie en 1917 à Londres interviewer le Premier ministre britannique.. De 1919 à 1922, elle devient attachée de rédaction au Times et au Daily Mail. Ensuite, elle s’oriente vers le grand reportage et rejoint le Petit Parisien comme envoyée spéciale pour couvrir les domaines les plus divers : manifestations sportives, grands procès, interviews politiques, correspondance de guerre. Elle y reste vingt ans.
Parallèlement, elle est dès 1924 la seule femme à la direction du Syndicat des journalistes, où sa répartie de 1932 sera appréciée, face à un officier japonais furieux de sa présence lors d’exactions nippones à Shanghaï, qui lui demande et à qui elle répond : ..
vignette|gauche|redresse|Seule en Russie, de la Baltique à la Caspienne (édition 1929).
Elle enquête dans l'URSS de 1927 dix ans après la révolution d'Octobre, témoigne de la guerre civile afghane en 1929, de la révolte indienne en 1930, accompagne le ministre des Colonies Paul Reynaud en Indochine en 1931 et suit, en 1932, le conflit sino-japonais. Pendant le Front populaire, elle s’engage aux côtés des intellectuels antifascistes et codirige avec André Chamson et Jean Guéhenno l’hebdomadaire politico-littéraire Vendredi, où elle défend la cause de la République espagnole et des peuples victimes de la colonisation française.
Elle est membre du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme.
En 1938, elle entre à la rédaction du quotidien communiste Ce soir, dirigé par Louis Aragon et Jean-Richard Bloch.
vignette|redresse|Le racisme hitlérien, machine de guerre contre la France (1944).
Proche des milieux intellectuels communistes, elle s’engage dans la Résistance en zone Sud pendant la Seconde Guerre mondiale, et met sa plume au service de cet engagement. Elle passe la guerre à Lyon et Dieulefit. Elle publie alors Le Racisme hitlérien, machine de guerre contre la France et participe au Comité national des écrivains, organisation de la résistance littéraire dirigée par Louis Aragon..
En 1945, Andrée Viollis travaille de nouveau avec Ce soir. Elle écrit également dans quelques publications de la mouvance communiste. Elle reprend les grands reportages, ce qui l'amène à voyager en Afrique du Sud.
À 76 ans, elle présente Hô Chi Minh, en visite officielle en France le pour la conférence de Paix de Fontainebleau, à sa collègue débutante Madeleine Riffaud, avant de partir en reportage au début de 1947 en Afrique du Sud. Un débat sur les « atrocités françaises » en Indochine agite l'opinion à partir de la fin de 1949 quand le livre d'Andrée Viollis Indochine SOS, décrivant Hô Chi Minh comme l’incarnation de l’esprit de la Résistance"Les visages d'un ennemi : la fabrication du Viêt-Minh, 1945-1946", par Sylvain Pons, dans la revue Relations internationales en 2007 , est réédité par le PCF sur fond de décolonisation (Inde en 1947, Birmanie en 1948)Indochine SOS. Andrée Viollis et la question coloniale, thèse d'Anne Renoult, diplômée d’études approfondies ..
Gastronomie De 1929 à sa mort, elle est membre du Club des belles perdrix, association de femmes de lettres gastronomes.
Mort thumb|Tombe d'Andrée Viollis au cimetière du Montparnasse (division 27). Elle meurt le en son domicile dans le arrondissement de ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1950 (page 6/31)..
Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse (division 27, petit cimetière, section, lot 23, Nord). Sa tombe ne porte aucune mention de date de naissance.
Publications Éditions originales Criquet, Calmann-Lévy, 1913 Lord Northcliffe, B. Grasset, 1919 La Perdrix dorée, Baudinière , 1925 La Vraie de La Fayette, Bloud et Gay, 1926 Seule en Russie, de la Baltique à la Caspienne, Gallimard, 1927 Alsace et Lorraine au-dessus des passions, V. Attinger , 1928 L'Inde contre les Anglais, Éd. des portiques, 1930 Tourmente sur l'Afghanistan, Librairie Valois, , 1930 Changhaï et le destin de la Chine, R.-A. Corrêa, , 1933 (Introduction de Henri Rohrer) Le Japon et son empire, B. Grasset, , 1933 Le Japon intime, F. Aubier, , 1934
Le Conflit sino-japonais, M. Maupoint, 1938 (conférence du Cercle Descartes donnée dans l'amphithéâtre Descartes à la Sorbonne, le ) Notre Tunisie, Gallimard, 1939 Le racisme hitlérien, machine de guerre contre la France, les Éditions de la clandestinité, 1944 (Brochure publiée clandestinement pour la première fois en ) Le secret de la reine Christine, Éditions Agence Gutenberg, , 1944 Puycerrampion (avec Jean Viollis), la Bibliothèque française, 1947 L'Afrique du Sud, cette inconnue, Hachette, , 1948.
Préface Edgar Roland-Michel, Les Meskines, Imprimerie du Laboureur, 1935
Rééditions Criquet, Gallimard, , 1934 ( éd. 1913) ; (), Gallimard, préface de Clemence Allezard et Constance Debré, 2021 Indochine S.O.S., Éditeurs français réunis, 1949 ( éd. 1935) (préface de Francis Jourdain) Indochine S.O.S., Les bons caractères, 2008 La Vérité sur la reddition de Minorque, in Ce Soir, , réédité au sein de : Pons, Francisco, La rendición de la isla de Menorca vista desde el exilio : 9 de febrero de 1939, Équipe d'accueil Littérature et langues, Université de Bretagne occidentale, 1989 Tourmente sur l'Afghanistan, l’Harmattan, 2003 ( éd. 1930) (reproduction en fac-simile de la première édition) .
Décoration (1937), chevalier en 1927
Bibliographie Anne Renoult, Andrée Viollis : une femme journaliste, Presses universitaires de RennesVoir sur pur-editions.fr., , 2004 . Alice-Anne Jeandel, Andrée Viollis : Une femme grand reporter, une écriture de l'événement 1927-1939, L'HarmattanVoir sur editions-harmattan.fr., Inter-National, 2006 Marie-Ève Thérenty, Femmes de presse, femmes de lettres. De Delphine de Girardin à Florence Aubenas, CNRS éditions, 2019. Amélie Auzoux, « Criquet (1913), « féministe » ? », Acta fabula, vol. 26, n° 11, Modèles, contre-modèles : montrer la production romanesque féminine de la Belle Époque, décembre 2025. Dorothée Lépine, Andrée Viollis, l'aventure du grand reportage, Flammarion, 2026.
Notes et références
Voir aussi Ressource radiophonique .
Liens externes
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