Le théâtre gallo-romain des Bardiaux est un théâtre antique situé au lieu-dit les Bardiaux, sur la commune d'Arleuf, dans la Nièvre, au cœur du Morvan. Il a été édifié à la fin du .
Situation Le site des Bardiaux se trouve dans l'est de la Nièvre, jouxtant la Saône-et-Loire, à (à vol d'oiseau) au nord-ouest d'Arleuf, environ à l'est de Château-Chinon et à l'est de la rivière Yonne.
Il est sur le versant nord de la vallée du Chaz, petit affluent de rive droite (côté est) de l'Yonne, qui coule à au sud du site à d'altitude. Le point culminant du versant nord est à d'altitude et le site lui-même à d'altitude, soit un gradient de pente d'environ 12 % qui a été utilisé pour l'étagement des gradins du théâtre.
Environs Selon J.-F. Baudiau, l'ancien château de Beauregard, une motte féodale., était bâti sur une villa gallo-romaine (Beauregard est à ouest-sud-ouest des Bardiaux).
On ne connaît pas le nom de la bourgade antique qui existait à cet endroit.
Toponymie On trouve le nom également écrit « les Bardaults » (années 1960-1980) et Bardiets (carte de Cassini, ).
Historique des fouilles En 1867, Jacques-Felix Baudiau, curé de Dun-les-Places, écrivait : « Aux Bardiaux, de Beardo, où le peuple croit qu'il y eut une ville, on a découvert de nombreuses médailles et d'autres objets curieux, qui furent vendus, en 1857, à un colporteur ».
Des recherches ont lieu au à cet endroit (Marlot et Luquet). Puis en 1971 le Lucien Olivier, du GRAHM (Groupe de recherche archéologique en Haut-Morvan), y ouvre un chantier de fouilles. L'obstination de l'entrepreneur Jacques Hédeline, qui dispose d'une pelle mécanique, permet finalement la découverte,
Dès 1972, L. Olivier exhume les fondations du mur d'enceinte et du bâtiment de scène du théâtre, qu'il fouille minutieusement de 1972 à 1974 : fouille exhaustive des bâtiments de la scène, prospection et vérification des niveaux des sols d'occupation par quelques coupes rayonnantes, décapage de l'orchestre et de la cavea.
Les vestiges de plusieurs maisons sont également identifiés (voir la section « L'habitat » ci-dessous).
Le site est réexaminé en 2013 dans le cadre d'un projet collectif de recherche sur les « agglomérations antiques de Bourgogne, Franche-Comté et Champagne méridionale ».
Une statuette de de haut (déesse de l'Abondance), découverte sur le site et baptisée la Dame des Bardiaux est visible au musée Rolin d'Autun.
Description thumb|Le site en 2007. Le rectangle de pierres est les fondations du bâtiment du théâtre.
Théâtre Il a été bâti sur un niveau d'occupation antérieur.
Le théâtre est bâti en rectangle, avec les deux angles les plus éloignés de la scène arrondis en deux arcs de cercle qui rejoignent, après un court décrochement, un mur de fond parallèle à la scène. Ce mur de fond mesure plus de de long (voir plan dans ). La cavea est divisée en cinq niveaux concentriques autrefois équipés avec des bancs de bois étagés ; le spectateur dominait de deux à six mètres le niveau de la scène.
Le théâtre mesure de long sur de large et possède 6 terrasses concentriques tenant lieu de gradins. Son périmètre était défini par un mur de d'épaisseur, pour une hauteur variant de 40 à . Ce théâtre possédait un orchestre d'un peu plus de de rayon.
Le bâtiment de scène est encadré de deux portes et comporte trois compartiments rectangulaires ; le compartiment à l'avant a sans doute porté un podium en bois.
Ce théâtre rural devait avait avoir une capacité d'accueil de 600 à 700 places et devait également servir de lieu de réunions publiques et peut-être de rituels.
Habitat Le site commence à être occupé au , avec un petit bâtiment et la chaussée de la voie.
Jusqu'en 2004, une seule maison importante a été fouillée, près du théâtre. Elle a brûlé, probablement en même temps que le théâtre, et son site a été réutilisé.
Une seconde grande maison, dégagée dès 1972, a connu deux états successifs. Elle a livré un bassin en planches de chêne doublé d'argile, de dimensions , qui captait l'eau d'une source voisine.
Du côté nord de la route se trouvent des bas-fourneaux en briques installés à flanc de coteau, pour la réduction du minerai de fer. Selon Baudiau, la forêt de Montarnu (dans le sud de la commune) était réputée localement pour son minerai de fer.
Tout proches des bas-fourneaux, trois bâtiments dont l'un peut être à la fois forge et habitat, et un autre plus luxueux qui a pu être la demeure du maître de l'activité métallurgique.
Les découvertes incluent une faux en fer dans le secteur Fougerat, une clochette et une pointe d'aiguillon (secteur Bardiaux) associées à la présence de bétail, des bronzes d'un char, de la céramique des s dans le bassin en bois du « captage Rougelot »…
Voies antiques L'endroit se trouve près d'un nœud de voies pré-romaines.
La voie d'Autun à Orléans Dans la région, cette voie antique joint Autun à Entrains par Château-Chinon en passant par le col des Paquelins comme le fait la route actuelle d'Autun à Nevers (la D 978) ; puis elle rejoint les Bardiaux, et sort du Morvan après l'Huis Gaudry ( au nord de Château-Chinon). Est-elle la voie antique antérieure à la construction du théâtre et qui traverse l'emprise au sol de ce dernier dans le sens est-ouest ? C'est possible, puisqu'on sait que le théâtre a été bâti sur un niveau d'occupation antérieur. Un tronçon de voie coupe le côté ouest du théâtre dans le sens est-ouest. Il a été fouillé en 1974. La vue par satellite montre encore son empreinte sur le couvert végétal.
Passer par Arleuf / les Bardiaux pour aller à pied d'Autun à Entrains, donne un trajet à peu près en ligne droite. Et au-delà d'Entrains, on rejoint Orléans.
, et qui constituait vraisemblablement une halte sur la voie menant d'Orléans à Autun
Une voie nord-sud : Alésia - Bibracte À cette voie Autun - Orléans s'embranchait, « entre Arleuf et les Bardiaux, une route moins importante, mais encore visible dans les bois des Brenots, allant à Saulieu par Gien, Moux, Alligny, et passant sur la chaussée de l'ancien étang du Tauron » ( nord-ouest du théâtre). Il semble que ce chemin passait à quelques petites dizaines de mètres du côté est du théâtre. Ce serait une voie joignant Bibracte au sud à Alésia au nord.. Supprimer Arleuf du trajet réduit la distance de et fait passer le trajet à environ à l'est des Bardiaux.
Il y a aussi le chemin repris de nos jours par une partie de la D 500 au nord d'Arleuf, qui mène lui aussi à Alligny au nord-est et plus loin Saulieu ; celle-là passe à à l'est des Bardiaux.
Les Bardiaux et le Boxum de la table de Peutinger Plusieurs auteurs ont spéculé que les Bardiaux pouvaient être le Boxum qui se trouve dans la table de Peutinger sur la route d'Autun à Decize, entre Aug. Dunum (Augusto Dunum, Autun, 8 lieues gauloises) et Aquis Nisineii (Aquae Nisinaei, Saint-Honoré-les-Bains, 22 lieues gauloises). Il est vrai que la distance Autun - Saint-Honoré-les-Bains, à pied et à peu près en ligne droite, est de , soit environ lieues pour une lieue de ; ce qui correspond aux 30 lieues de la table de Peutinger.
Mais la position géographique ne correspond pas : Arleuf est à (à pied) au nord-est de Saint-Honoré-les-Bains, alors qu'Autun, Saint-Honoré-les-Bains et Nevers sont à peu près alignés en latitude. Le trajet Autun - Arleuf - Saint-Honoré-les-Bains (à pied) fait une nette courbe vers le nord et fait soit en plus que les du trajet direct - une différence dont on tient compte quand on est à pied ou en véhicule attelé (et, vraisemblablement, chargé aussi). Péquinot, Picard et Rolley (2004) sont parmi ceux qui n'adhèrent pas à cette hypothèse : pour eux, il est clair que la position de Boxum ne correspond pas à celle des Bardiaux.
Protection Le théâtre est classé au titre des monuments historiques depuis le ..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . . . . . . J. Gauthier, "Le théâtre des Bardiaux", ebda. 266-274
Articles connexes Gaule romaine Liste de théâtres romains Architecture du théâtre romain Bibracte, Augustodunum Compierre (Champallement)
Liens externes
Bardiaux Catégorie:Site archéologique dans la Nièvre Catégorie:Site archéologique du Morvan Catégorie:Monument historique dans la Nièvre Catégorie:Monument historique dans le Morvan Catégorie:Monument historique classé en 1975 Catégorie:Patrimoine du IIe siècle Catégorie:Patrimoine du IVe siècle