L’Émile Bertin est un croiseur léger de la marine française. Il a été baptisé en l'honneur de l'ingénieur du génie maritime Louis-Émile Bertin. Ses caractéristiques ont inspiré la conception des croiseurs légers français de la .

Caractéristiques L’Émile Bertin, conçu comme mouilleur de mines et conducteur de flottille de contre-torpilleurs, avait reçu un armement de neuf pièces de complètement nouveau, tant par son calibre que par sa disposition en trois tourelles triples. Il disposait, comme artillerie secondaire anti-aérienne, de quatre pièces de , en un affût double et deux pièces simples. Son déplacement était de , ses machines développaient , pour en service normal, mais il n’avait qu'un léger blindage d’une épaisseur supérieure à . Son rayon d’action était de à . Atteignant à ses essais de vitesse, en développant , ce fut le croiseur français le plus rapide jamais construit..

Historique La Seconde Guerre mondiale Jusqu'en 1939, il navigue en Atlantique comme navire amiral d'une flottille de douze contre-torpilleurs. À cette date, le navire est employé pour une mission secrète de transport de l'or de la Banque de Pologne de Beyrouth à Toulon. En , il opère avec la Home Fleet britannique lors de la campagne de Norvège. Il est touché par une bombe d'avion qui ne lui cause que des dégâts mineurs.. En , il reçoit l'ordre d'évacuer une partie de l'or de la Banque de France. Il effectue 2 traversées de Brest à Halifax les 21 mai et . À l'arrivée de sa seconde traversée vers Halifax le , il réussit à échapper à l'internement, alors que les Britanniques ont déjà l'intention de prendre le contrôle des navires de guerre français. Son commandant, le capitaine de vaisseau Battet, reçoit l'ordre de faire route vers la Martinique. Surveillé par le croiseur lourd , lÉmile Bertin rejoint Fort-de-France avec son chargement précieux le . L'or est stocké au Fort Desaix jusqu'à la fin de la guerre. Le croiseur séjourne dans la baie de Fort-de-France avec le porte-avions Béarn chargé de et le croiseur école .

Les trois navires sont à présent neutres à la suite de l'armistice du . Ils échappent de peu à la destruction le lors de l'opération Catapult quand l'ordre donné par l'Amirauté britannique de couler les deux croiseurs et le porte-avions français fut annulé par l'intervention personnelle in extremis du Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt. Leur présence et celle de l'or de la banque de France entraînent le blocus total de l'île de la Martinique par les navires anglais et américains. LÉmile Bertin reste au mouillage en 1941 et 1942 sauf pour deux exercices. Le , il commence à être désarmé sous la pression des États-Unis.

Après l'occupation de la Zone Sud et le sabordage de la flotte à Toulon, les navires de guerre français internés aux Antilles, restés aux ordres de l'amiral Robert, ne rejoignent le camp des Alliés qu'avec le ralliement de ces îles à la France Libre, en .. L’Émile Bertin est modernisé à Philadelphie de septembre à . Il est équipé d'un sonar et de radars, ses installations aéronautiques ainsi que ses tubes lance-torpilles sont débarqués. Son artillerie antiaérienne est renforcée par deux tourelles doubles supplémentaires de et modernisée avec antiaériens de en quadruples, simples de à la place des canons de et des mitrailleuses de d'origine. Les installations de mouillage de mines, qui étaient démontables, n'ont jamais été utilisées ; elles sont débarquées.

Il rejoint ensuite la Méditerranée où il participe aux opérations d'appui naval lors des débarquements en Italie puis en Provence. Il effectue également des bombardements côtiers contre les défenses allemandes sur la Riviera italienne.

L'après guerre Il appareille de Toulon à destination de l'Indochine en . Il y contribue à diverses opérations (notamment le débarquement au Tonkin) et accueille à son bord la rencontre entre l'amiral Thierry d'Argenlieu et Hô Chi Minh le . Il regagne Toulon au mois de juillet suivant. Le , il retourne en France avec à son bord les cendres du général Philippe Leclerc de Hauteclocque qui reposeront dans le Panthéon militaire de l'Hôtel des Invalides, à Paris. Il termine sa carrière à quai à Toulon comme ponton école en 1947, puis est utilisé comme cible entre son désarmement en 1952 et son retrait définitif du service en 1959.

Liste des commandants Capitaine de vaisseau Gabriel Auphan en 1936. Capitaine de vaisseau Jean Odend'hal en 1937. Capitaine de vaisseau Robert Battet (1940), au départ de Brest, à Halifax puis Fort-de-France Capitaine de vaisseau Paul Ortoli ( - ), au Débarquement de Provence, Compagnon de l'Ordre de la Libération, Grand-croix de la Légion d'honneur.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

LV Jean-Michel Roche : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, tome II (2005) Jean Lassaque, Le Croiseur Émile Bertin 1933-1959, Marines éditions, 2004 Richard Seiler, « L'histoire mouvementée de l'Émile Bertin, croiseur rapide de la marine française 1939-1946 », in 39-45, , Tibéry, Denis Lefebvre et Jean-Pierre Pécau : L'Or de France (tome 1, « La croisière de l’Émile Bertin » et tome 2, « 12 milliards sous les Tropiques »), Le Lombard, 2011 et 2012. Armand Nicolas, Histoire de La Martinique, tome 3 : De 1939 à 1971

Articles connexes Liste des croiseurs français Histoire de la marine française depuis 1789 Liens externes Croiseur Émile Bertin, possibilité de télécharger la troisième édition d'un livre sur l’histoire de l’Émile Bertin au format Word.

Sources

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