thumb|La reine Marie du Portugal. L'histoire du Portugal du règne de Marie de Portugal à partir de 1777 jusqu'à 1834 couvre une période complexe durant laquelle plusieurs événements politiques et militaires ont conduit à la fin du régime absolutiste et à l'avènement d'une monarchie constitutionnelle.

Quand la princesse Maria Francesca succède à son père à la tête du Portugal, elle devient la (ou ) souveraine portugaise (le nombre dépend des historiens). À son arrivée, la situation économique du pays est instable et socialement déséquilibrée. Le Portugal ne s'est en effet toujours pas remis du choc provoqué par le tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Cela fait 27 ans que Sebastião José de Carvalho e Melo, marquis de Pombal (bras droit de son père) dirige le pays d'une main ferme. Mais Maria ne le supporte pas et ce dernier doit se retirer de la politique. Elle interdit même au comte de s'approcher à moins de de sa personne (32 exactement).

Atteinte de troubles de l'humeur, la reine ne peut plus gérer les affaires du pays à partir de 1799. C'est son fils Jean qui devient virtuellement le chef de l'État. Sa régence est une période complexe durant laquelle l'Europe est tourmentée par de nombreuses batailles dues aux guerres napoléoniennes. L'implication du Portugal devint directe quand ce dernier refuse d'appliquer le blocus continental. En 1807, la première invasion française a lieu. À l'annonce de cette invasion, de nombreuses personnalités et la famille royale fuient avec la Cour dans le vice-royaume du Brésil récemment créé. La nouvelle capitale de l'empire portugais devint alors Rio de Janeiro. La reine meurt en 1816 et c'est Jean VI de Portugal qui lui succède à la tête du tout nouveau Royaume uni de Portugal, du Brésil et des Algarves (créé en 1815).

Une révolution libérale ayant éclaté à Lisbonne en 1820, Jean VI et la majorité des membres de la famille royale sont contraints de rentrer en Europe en 1822. Le prince Pierre, fils aîné du roi, est toutefois fait régent du Brésil, en l'absence de son père. Après quelques dissensions avec les autorités militaires portugaises, le prince proclame l'indépendance du Brésil et se fait couronner empereur.

Le règne de Marie

Guerre des Oranges

thumb|Manuel de Godoy, le Prince de la paix, élément déclencheur de la guerre des Oranges. La guerre des Oranges est un conflit qui oppose, durant quelques semaines, le Portugal à l'Espagne en 1801. À l'issue de cette guerre, l'Espagne prend le contrôle de la ville d'Olivenza.

À l'aube du , le Portugal tente de maintenir une politique d'équilibre dans ses relations avec la France et le Royaume-Uni en optant pour une politique de neutralité. Désireux de fermer les ports portugais aux marchands britanniques, les Français signent une série de traités avec l'Espagne (San Ildefonso, Fontainebleau). Ainsi, la France obtint de l'Espagne que celle-ci envahisse son voisin. L'Espagne est alors désireuse de récupérer les territoires perdus lors de la fin de l'Union ibérique en 1640. Madrid envoie donc, en , un ultimatum à Lisbonne. Cet ultimatum demande au Portugal de : renoncer à son alliance traditionnelle avec l'Angleterre en fermant ses ports ; ouvrir ses ports à l'Espagne et à la France ; payer une indemnité de guerre à l'Espagne et à la France ; réviser les frontières avec l'Espagne remettre un quart du territoire métropolitain portugais à l'Espagne comme garantie de la rétrocession par les Britanniques aux Espagnols des îles de Trinidad, Minorque et Malte.

En cas de refus, l'Espagne et français doivent envahir le Portugal. Sans surprise, le Portugal refuse d'accepter l'ultimatum. Mais l'armée portugaise est mal préparée et ne compte que et dirigés par l'infant Jean-Charles, de Lafoes. L'armée espagnole est quant à elle dirigée par le Premier ministre espagnol Manuel de Godoy, surnommé ironiquement le Prince de la Paix. L'armée d'invasion compte en tout . Les troupes françaises devaient être dirigées par le général Leclerc mais la guerre est tellement rapide que les troupes ne participent pas aux combats.

Le , les Espagnols avancent dans l'Alentejo, région méridionale du Portugal. Ils occupent alors Olivenza, Terena, Arronches, Portalegre, Castelo de Vide et Barbacena sans résistance. Campo Maior résiste, elle, durant 18 jours. La cité d'Elvas a à subir un siège durant toute la durée de la guerre mais ne tombe pas aux mains des Espagnols.

Le , défait et démoralisé, le Portugal est contraint à la signature de la paix avec le traité de Badajoz. Les ports portugais sont tous fermés aux navires britanniques, cependant, le Portugal recouvre l'ensemble des villes conquises à l'exception d'Olivenza ainsi que des territoires situés dans la marge orientale du Guadiana restés aux mains des Espagnols. La contrebande est interdite dans cette zone et le Portugal est forcé de payer des indemnités de guerre.

Le traité de Badajoz est signé par le prince régent Jean le 14 et par le roi Charles IV d'Espagne le 21. Néanmoins, Napoléon trouve que les conditions du traité ne sont pas assez dures et décide d'envahir le pays.

Les invasions napoléoniennes

Le , la France signe le traité de Fontainebleau avec l'Espagne qui décide d'une future partition du Portugal. La Lusitanie du Nord entre les fleuves Douro et Minho deviendrait une principauté gouvernée par le souverain du royaume d'Étrurie. L'Algarve et le reste du pays situé au sud du Tage seraient sous la domination de Manuel de Goroy, le premier ministre espagnol. Enfin, la partie située entre le Tage et le Douro, région stratégique à cause de ses ports deviendrait une zone sous administration française jusqu'à ce que la guerre prenne fin. C'est ainsi que démarra la Guerre péninsulaire.

Première invasion

thumb|La ligne de Torres Vedras Sous le commandement du général Jean-Andoche Junot, les troupes françaises entrent en Espagne le , traversèrent la péninsule et le , les Français sont à la frontière portugaise. Sans rencontrer aucune résistance, les troupes françaises ont atteint le la ville de Abrantes, le la ville de Santarém et enfin Lisbonne le . La veille, la famille royale et la cour escortés par des navires britanniques partent vers le Brésil, transférant ainsi la capitale de l'Empire Portugais à Rio. La régence laissée sur place avait reçu l'ordre de ne pas résister.

L'année suivante, une force britannique sous le commandement d'Arthur Wellesley (le futur Duc de Wellington) débarque au Portugal et se dirige vers Lisbonne. Une armée anglo-portugaise réussit à vaincre les Français lors de la bataille de Roliça puis à Vimeiro. Les Français sont alors contraints à la signature de la convention de Sintra. Les Français sont autorisés à quitter le Portugal avec le gain de leur conquête. En fin de compte, la convention satisfait les deux parties, cela faisait plusieurs mois que Junot n'avait plus de contact avec la France. Les Anglo-Portugais reprirent la ville de Lisbonne et le territoire portugais. Cet armistice permit à la France de bénéficier d'un an pour préparer la deuxième invasion du Portugal.

Deuxième invasion

thumb|130px|left|Nicolas Jean de Dieu Soult La deuxième invasion fut dirigée par le maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult. Lors de la première invasion, Napoléon avait contraint Charles IV à abdiquer, ce qui permit à son frère Joseph Bonaparte de bénéficier du trône espagnol. Face à cela, les Espagnols se révoltèrent et trouvèrent un soutien parmi les Britanniques postés au Portugal voisin.

Sous le commandement de John Moore, les Anglais franchissent la frontière nord du Portugal mais sont défaits à La Corogne (voir Bataille de La Corogne) par le maréchal Soult et doivent se replier au Portugal. Les Français profitent de l'occasion pour occuper le nord du Portugal. Ils entrent au Portugal par la prise de Chaves, la Bataille de Braga et prennent la ville de Porto le lors de la Bataille de Porto.

Mais la situation se complique grandement. Les Anglais débarquent au sud du Portugal avec un contingent d'environ . En même temps, une rébellion dans le nord coupe les voies de communication et d'approvisionnement des français. Enfin, Soult ne peut compter sur l'aide d'aucun corps d'armée français stationné en Espagne. La rébellion y est trop violente. Soult, désormais en infériorité numérique au Portugal, se retranche dans Porto et planifie sa retraite. Les Anglais accéléreront brutalement cette retraite par la prise osée de la ville de Porto lors de la Seconde bataille de Porto, le 12 mai 1809.

Une nouvelle fois, ce fut donc le général Wellesley qui, avec l'aide de William Carr Beresford, de Beresford et des Portugais, arriva à dérouter les Français du maréchal Soult hors du territoire portugais.

Troisième invasion

thumb|130px|André Masséna. La troisième invasion fut la dernière tentative française de mettre au pas le Portugal. En 1810, sous la conduite du général Masséna, les Français pénètrent au nord du Portugal et conquièrent Almeida en août. De suite, Masséna prend la direction de Lisbonne et rencontre les Anglo-Portugais lors de la bataille de Buçaco. Malgré sa défaite, le général Masséna réussit à regrouper ses forces pour continuer l'invasion. Bientôt, il est flanqué par les Anglo-Portugais mais continue sa marche vers la capitale. Mais les Anglo-Portugais arrivent les premiers et se placent en position défensive sur la ligne de Torres Vedras. Cette ligne a été construite précédemment par les Britanniques avec l'aide de la population locale. Les Français arrivent devant la ligne le mais sont incapables de percer les défenses adverses et doivent se résoudre à battre en retraite vers l'Espagne.

La fin de la guerre et ses conséquences thumb|left|Arthur Wellesley, futur duc de Wellington. Une série de batailles eut lieu à la suite du retrait de la ligne de Torres de Vedras. La succession de défaites françaises se conclut à Toulouse le , ce qui marque la fin de la Guerre Péninsulaire. Dans le même temps, en Amérique du Sud les Portugais conquièrent l'Uruguay et la Guyane française.

L'invasion eut des conséquences profondes sur le pays, l'instabilité de l'Espagne et l'abdication de son monarque a fortement contribué à la vague d'indépendance qui secoue l'Amérique Latine. Cette tension n'épargne bien sûr pas le Brésil. Le déplacement de la capitale à Rio de Janeiro accentue la crise économique et sociale de la métropole portugaise. Cette dernière est régie par l'anglais William Beresford en l'absence du monarque portugais. Cette forte présence anglaise amène à une accentuation des idées libérales présentes au Portugal. En 1821, une révolution libérale à Porto force le retour du roi Jean VI. Ce retour ainsi que l'indépendance de nombreuses colonies espagnoles mène directement à l'indépendance du Brésil menée par le fils du monarque portugais, Pierre .

Le retour du roi et l'indépendance du Brésil

À la fin des guerres napoléoniennes, le Portugal doit rendre le la Guyane à la France et doit lui payer une indemnité de 2 millions de francs. Cela amène un fort mécontentement au Portugal. Cependant, le , le Brésil est « promu » au statut de royaume. Le pays change alors de nom et devient alors le Royaume uni de Portugal, du Brésil et des Algarves. Pour aggraver la situation l'ancienne colonie peut commercer directement avec d'autres États européens. Cela accentue les problèmes économiques du Portugal (encore sous l'administration de William Beresford en l'absence de la famille royale qui est à Rio de Janeiro). De son côté, le roi Jean VI montre peu d'intérêt envers le Portugal où il ne veut pas revenir. Cette situation créée une vague de protestation qui aboutit à la révolution libérale de Porto le .

thumb|right|200px|Drapeau du Royaume-Uni du Portugal du Brésil et de l'Algarve (1816-1826).