Joseph Boczov ou József Boczor, né Ferencz ou Wolf Ferenc le à Batiz (Hongrie) et mort le à Suresnes (au fort du Mont-Valérien, France), est un ingénieur chimiste, militant et résistant communiste hongrois, soldat volontaire de l'armée française de libération (FTP-MOI de la région parisienne), fondateur, en 1942, et chef du dit des « dérailleurs », puis dirigeant du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman de résistants.

Arrêté le , son nom et son portrait sont placardés par les nazis sur l'affiche rouge avec la description , aux côtés de huit de ses camarades des FTP-MOI.

Grand spécialiste en explosifs, il s'était aguerri à la vie combattante durant la guerre d'Espagne, au sein des Brigades internationales.

Biographie Jeunesse Wolf Ferenc est né à Batiz (aujourd'hui : Botiz, Satu Mare), village appartenant alors à l’empire austro-hongrois. Le père de Wolf, de confession juive, est un homme d'affaires plutôt aisé. Après le Traité de Versailles, en 1920, le village de Batiz et sa région sont cédées à la Roumanie. La famille Ferenc décide de rester dans le village et adopte la nationalité roumaine. Wolf Ferenc peut donc s’inscrire au collège de Cluj. Il adhère au Parti communiste en 1926 à Prague (Tchécoslovaquie) où il poursuit des études d’ingénieur chimiste. Durant ses études, il milite au jeune Parti communiste roumain et rencontre Ana Pauker, une des dirigeantes du parti. Son diplôme d’ingénieur en poche, il devient membre permanent du Parti communiste roumain et milite à Iași. Il s’engage dans la lutte antifasciste. Pour protéger sa famille, il change de nom et prend celui de Joseph Boczov. Il devient secrétaire régional en 1932-1933 du Bloc ouvrier et paysan, et de 1933 à 1936, secrétaire régional du Secours rouge pour la Transylvanie.

À l'âge de 32 ans, il quitte la Roumanie et se rend à pied jusqu'en Espagne pour combattre dans les rangs des Brigades internationales. Il perd six mois sur les routes et dans les prisons avant d'atteindre son but. Après la défaite de la République espagnole, il est interné avec ses camarades de lutte dans les camps d'Argelès et de Gurs. Il devient le chef du groupe roumain du camp. En même temps, avec nombre de ses compatriotes, il est déchu de sa nationalité roumaine. Quand les Allemands envahissent la France, ils déportent les personnes apatrides vers l'Allemagne. En , pendant le trajet en train, il organise leur évasion..

Seconde Guerre Mondiale Joseph Boczov vient à Paris. Il rejoint les premiers groupes de FTP, et assure la direction du premier détachement FTP-Immigrés, composé d'éléments hungaro-roumains de la région parisienne. Il organise la première attaque à la grenade contre la gare de Belleville où de grandes quantités de marchandises sont stockées dans les dépôts.

Son détachement se spécialise dans le déraillement des trains de SS et de la Wehrmacht. Les déraillements, qui se font d'abord à l'aide de simples outils, sont perfectionnés car la surveillance allemande se fait de plus en plus rigoureuse. La lutte clandestine se développe et prend des formes toujours plus élaborées. Joseph Boczov, fort de son expérience acquise pendant la guerre d'Espagne, devient le chef du , qui se consacre à des actions d'envergure contre les chemins de fer utilisés par l'armée allemande.. Sa formation de chimiste lui permet de concevoir des mines et des « charges en cisaille » efficaces pour faire dérailler les trains..

Filé depuis le par la Brigade Spéciale (BS2) des Renseignements généraux, Joseph Boczov se cache : à Paris, au 85, rue de Turbigo ; au 1bis, rue de Lanneau ; au 9, rue Caillaux. Le , Joseph Boczov, Léon Goldberg et quatre autres combattants partent en mission pour faire stopper un convoi allemand sur la ligne Paris-Troyes, à Grandpuits près de Mormant. Dans la nuit du au , le train déraille, mais ils n'ont pas repéré qu'ils étaient filés par la BS2. Une fusillade s'engage. Trois résistants sont tués ou faits prisonniers, et les trois autres s'enfuient, mais sont repérés. L'étau se resserre. vignette|Portrait de Joseph Boczov (au milieu) dans le journal collaborationniste L'Œuvre le 19 février 1944, paru le lendemain de son exécution Joseph Boczov est arrêté le . Accusé d'avoir participé à (chiffre éloigné de la réalité), il est traduit devant le Tribunal militaire. Il est fusillé au fort du Mont-Valérien le avec les membres de l'Affiche rougeParis-Soir du 21 février 1944 : Paris-Soir du 22 février 1944 : Paris-Soir du 6 mars 1944 : .

Affiche rouge

Son nom figure sur l'« affiche rouge » éditée par les Allemands, avec le texte suivant :

Divers Profession : Ouvrier menuisier Lieu d'habitation : Paris

Mémoire En 1974 l'administration postale de la République populaire de Hongrie émet un timbre-poste, d'une valeur de trois forint, illustré, sur fond bleu-blanc-rouge, des effigies de trois hongrois : Jószef Boczor, Imre Békés et Tamás Elek, cat. Michel, N° 2928.. vignette|Joseph Boczov (5e en partant de la droite) et 7 autres membres du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman (date inconnue, origine : armée allemande) L'année suivante, le livre L'Affiche rouge du journaliste et écrivain Philippe Ganier-Raymond, paru le , quelques mois avant le film L'Affiche rouge de Franck Cassenti, rappelle l'action des combattants des FTP-MOI du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman. Sur ses sept chapitres, l'un est consacré à Boczov, un autre à Missak Manouchian, un troisième à Thomas Elek et un autre à Marcel Rajman.

Le , il est cité , ainsi que ses 22 autres camarades, avec l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie de panthéonisation en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des du groupe Manouchian est apposée au Panthéon.. Son portrait figure avec les autres camarades du groupe des FTP-MOI de l'Ile-de-France.

Liste des membres du groupe Manouchian exécutés le 21 février 1944 thumb|Mémorial de l'Affiche rouge à Valence. vignette|Portrait de Joseph Boczov (à gauche, 2e rangée) au milieu de 9 membres du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman sur l'affiche de propagande vichyste dite Affiche rouge La liste suivante des du groupe Manouchian exécutés par les Allemands signale par la mention (AR) les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge :

Celestino Alfonso (AR), de nationalité espagnole, Olga Bancic, de nationalité roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, guillotinée en Allemagne le ) Joseph Boczov [József Boczor; Wolf Ferenc] (AR), de nationalité hongroise, . Ingénieur chimiste Georges Cloarec, de nationalité française, Rino Della Negra, de nationalité italienne, Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), de nationalité hongroise, (étudiant) Maurice Fingercwajg (AR), de nationalité polonaise, Spartaco Fontanot (AR), de nationalité italienne, Jonas Geduldig, de nationalité polonaise, Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], de nationalité hongroise, (ouvrier métallurgiste) Léon Goldberg, de nationalité polonaise, Szlama Grzywacz (AR), de nationalité polonaise, Stanislas Kubacki, de nationalité polonaise, Cesare Luccarini, de nationalité italienne, Missak Manouchian (AR), de nationalité arménienne, Armenak Arpen Manoukian, de nationalité arménienne, Marcel Rayman (AR), de nationalité polonaise, Roger Rouxel, de nationalité française, Antoine Salvadori, de nationalité italienne, Willy Schapiro, de nationalité polonaise, Amedeo Usseglio, de nationalité italienne, Wolf Wajsbrot (AR), de nationalité polonaise, Robert Witchitz (AR), de nationalité française,

Décoration , à titre posthume par le décret du Déclaré « Mort pour la France », Ministère des Anciens Combattants,

Filmographie L'Armée du crime de Robert Guédiguian, sorti en 2009.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes FTP-MOI de la région parisienne Main-d'œuvre immigrée Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée Affiche rouge

Bibliographie F.F.I. - F.T.P.F., Pages de gloire des Vingt-trois, par David Diamant, avec postface de Charles Tillon, 1951. .

Liens externes

La journée d'un "Terroriste" Discours d'André SANTINI et Henry KARAYAN

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