Le musée de la Vie romantique est situé dans le quartier de la Nouvelle Athènes du de Paris. Il est installé au 16, rue Chaptal, dans l’hôtel Scheffer-Renan, ancienne demeure du peintre d'origine hollandaise Ary Scheffer et foyer d'inspiration romantique durant la première partie du .

Aménagement du musée vignette|redresse|gauche|Panneau Histoire de Paris à l'entrée du musée. vignette|redresse|gauche|Entrée du musée.

Le bâtiment, dans le quartier de la Nouvelle Athènes, sur les contreforts de la butte Montmartre, à Paris, est au fond d'un jardin un peu secret, un jardin de rosiers et de fuchsias aux arbres centenaires. Un salon de thé est installé dans la serre face à ce jardin. Les anciens ateliers du peintre Ary Scheffer, premier occupant de ce bâtiment, bordent la propriété et sont consacrés à l'accueil du public et à des expositions temporaires.

Au rez-de-chaussée du pavillon, construit en 1830, le musée expose les souvenirs de la romancière George Sand, qui venait en voisine rendre visite au peintre. Les salons y restituent son art de vivre avec des peintures, dessins, sculptures, meubles, bijoux et objets de vitrine provenant de sa demeure de Nohant en Berry et légués en 1928 avec usufruit à la Ville de Paris par sa petite-fille, Aurore Lauth-Sand.

À l'étage, les salles évoquent la mémoire d'Ary Scheffer comme de ses contemporains - et du philosophe Ernest Renan, devenu son neveu par alliance.

Il s'agit d'un des quatorze musées de la Ville de Paris gérés depuis le par l'établissement public administratif Paris Musées.

Histoire du bâtiment

L'ancienne maison du peintre Ary Scheffer (1795-1858), y a vécu de 1830 à sa mort en 1858. Elle est restée ensuite la propriété privée de sa descendance latérale par les femmes, puis est devenue la propriété de l'État Français en 1982. La demeure est située au sein du quartier de la Nouvelle Athènes, quartier fréquenté par des écrivains et artistes au , au 16 rue Chaptal. Le peintre Ary Scheffer y recevait, habituellement le vendredi soir, ses amis dont le compositeur Franz Liszt, le prêtre et écrivain Félicité de La Mennais, Pierre-Antoine Berryer, Arthur de Gobineau, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Ivan Tourgueniev, Alphonse de Lamartine, mais aussi ses voisins Pauline Viardot, George Sand et Frédéric Chopin. La fille du peintre, Cornélia Scheffer, épouse du chirurgien René Marjolin, rachèta la propriété dont Ary Scheffer n'était que locataire, et s'y fixa de 1858 à 1900. N'ayant pas eu d'enfant, elle laissa la propriété à sa petite-nièce Noémi. Celle-ci était la petite-fille du peintre Henry Scheffer et la fille de , qui avait elle-même épousé l'écrivain et philosophe Ernest Renan.

Après son mariage avec Jean Psichari, Noémi Renan éleva dans cette maison leurs quatre enfants dont la benjamine, Corrie, qui s'y installa à son tour avec son mari le compositeur Robert Siohan qu'elle avait épousé en 1921. Corrie Siohan, en accord avec sa sœur aînée Henriette Psichari décida, n'ayant pas eu d'enfant, de confier « l'enclos Chaptal » à l'État français en 1956, pour un franc symbolique, tout en conservant à vie l’usage de l’aile gauche du pavillon et de l’atelier-salon, pour qu'il devienne un lieu patrimonial inaliénable. Leurs démarches furent encouragées par André Malraux, ministre de la Culture, puis par Jacques Chirac, maire de Paris. Les bâtiments de cet ensemble Scheffer-Renan sont inscrits depuis 1956 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. l'État français en confie la gestion à la Ville de Paris. gauche|vignette|Le restaurant du musée. Après la mort de Corrie Siohan, s'ouvrit en 1983 un premier musée, dit « Renan-Scheffer », dépendant de la Ville de Paris sous la tutelle du musée Carnavalet, comme le souhaitaient Robert et Corie Siohan, et regroupant le lieu, ses collections et son jardin. Bientôt dirigé par Anne-Marie de Brem, ce lieu d'exception devint en 1987 le musée de la Vie romantique, après une importante rénovation dans le goût du , conduite par le décorateur Jacques Garcia. Ainsi peut-on aujourd'hui y goûter l'atmosphère préservée des salons bourgeois de la Nouvelle Athènes au où se réunissaient de nombreux peintres mais aussi des écrivains, chroniqueurs, hommes politiques et musiciens].

Fin 1998, Daniel Marchesseau, conservateur général du patrimoine, a été nommé à la direction de l'établissement. Un réaménagement complémentaire des deux ateliers consacrés à des expositions temporaires organisées deux fois par an, a été effectué sous la direction du décorateur François-Joseph Graf en 2003. Daniel Marchesseau a fait valoir ses droits à la retraite en . Son successeur est Jérôme Farigoule, qui cède en 2019 la direction du musée à Gaëlle Rio.

Le premier fonds Ary Scheffer provient essentiellement de deux dépôts, provenant du musée Carnavalet et de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, complété par quelques prêts du musée de Dordrecht où avait été légué par la fille du peintre en 1898 l'essentiel de l'atelier paternel.

Ainsi le musée a-t-il pu ouvrir avant de recevoir en pleine propriété en 1991 le legs de Corrie et Robert Siohan. Parallèlement, une politique active d'acquisitions d'œuvres d'art a été entamée dès l'ouverture du musée pour compléter les collections.

En 1995, Pierre Bergé a remis au musée un ensemble de souvenirs romantiques autour de La Malibran, George Sand, Rachel, Sarah Bernhardt et Louise Abbéma que Jacques Chazot, disparu en 1993, avait collectionnés. En 2012, les amis du musée ont pu acquérir un ensemble complémentaire d'objets et publications autour de l'actrice Rachel.

Des archives familiales d'Ernest Renan et de son gendre Jean Psichari, un fonds de dessins de son fils, Ary Renan, et une bibliothèque complètent l'appareil scientifique du musée qui a bénéficié d'un don majeur d'ouvrages de références autour de George Sand, par la famille de Georges Lubin, le spécialiste reconnu de l'écrivain, qui entra au musée peu après sa disparition en 2000.

Le musée de la Vie romantique a le statut de musée de France au sens de la loi du .

L'État français a définitivement transféré la propriété de l'ensemble immobilier à la Ville de Paris le .

La Société des amis du musée a été créée en 1996., d'abord présidée par Didier Wirth, puis, de 2002 à fin 2012, par Solange Thierry de Saint-Rapt. Les « lundis romantiques », inaugurés par Jean d'Ormesson, soirées littéraires et musicales organisées onze fois par an, ont permis de recevoir, entre 1999 et 2012, de nombreuses personnalités. Parmi les écrivains, Marc Fumaroli, Jean-Marie Rouart, Marc Lambron, Dominique Bona, Huguette Bouchardeau, Vladimir Fédorovski, Gonzague Saint-Bris ou encore René de Obaldia. Au piano, des interprètes comme Marc Laforet, Jean-Marc Luisada, Alain Planès, Yves Henry, jusqu'à Alfred Brendel, et de fort nombreux jeunes interprètes parmi les plus prometteurs, du violoniste Laurent Korcia aux pianistes Bertrand Chamayou, Khatia Buniatishvili ou Adam Laloum, sans oublier des formations de musique de chambre en trio et quatuor.

Depuis le , l’institution fait partie des musées gérés par l’établissement public Paris Musées.

Après une fermeture pour travaux de rénovation de à , le musée rouvre ses portes le , présentant un parcours muséographique renouvelé.

La restauration, d'un montant de 3,8 millions d'euros, porte notamment sur les toitures, les verrières et les menuiseries, tandis que les façades sont reprises selon des techniques traditionnelles à la chaux. Le parcours permanent est également modernisé, avec une médiation renforcée et un recentrage sur le peintre Ary Scheffer et le mouvement romantique.

Le musée (1983-2013)

Autour de George Sand (1804-1876) vignette|droite|Portrait de George Sand, par Auguste Charpentier. Les salons du rez-de-chaussée présentent des pièces de mobilier, peintures, dessins et sculptures, objets d'arts, bijoux et memorabilia ayant appartenu à George Sand, parmi lesquelles des toiles majeures de : Auguste Charpentier (1813-1880) : Portrait de George Sand, huile sur toile ; Maurice Quentin de La Tour (1704-1788) : Portrait du Maréchal de Saxe, vers 1748, pastel ; Eugène Delacroix (1798-1863) : Lélia ; L'Éducation de la Vierge d'après Rubens, vers 1847, huile sur toile.

Et, plus largement, des sculptures et objets d'art de l'époque romantique : Auguste Clésinger (1814-1883), deux bustes en pendant : Autoportrait et George Sand, 1847, marbre ; Auguste Clésinger : deux moulages en plâtre : Main gauche de Chopin et Bras droit de George Sand, 1847 ; Laurent Delvaux (1696-1778), Le Maréchal de Saxe, buste en terre cuite, don Alice Goldet en 2004 ; Jean-Auguste Barre (1811-1896), La Bayadère Amany, 1838, bronze, don Jean-Pierre Frère en 2004 ; Anonyme, Main de Rachel, encrier en bronze, legs Jacques Chazot en 1995.

De nombreux médaillons en vitrine de : Jacques-Jean Barre, dit Barre père (1793-1835), Ferdinand-Philippe d'Orléans et son épouse Hélène, née Mecklembourg-Schwerin, duchesse d’Orléans, 1837, plâtres, don des Amis du musée en 2008 ; David d'Angers (1788-1856), George Sand, bronze, entourée de ses contemporains et amis : Ary Scheffer, Alfred de Musset, Eugène Delacroix, Victor Hugo, Franz Liszt, Delphine de Girardin, Adam Mickiewicz, Goethe, Mademoiselle Mars, Marceline Desbordes-Valmore, Pierre-Jean de Béranger, Armand Carrel, Augustin Thierry, Armand Marrast ; Émilien de Nieuwerkerke (1811-1892), Profil de jeune femme, plâtre, don Fernande Goldschmidt en 2009 ; Raymond Gayrard, Le Violoniste Pierre Baillot, plâtre, don Charles Janoray en 2010 ; James Pradier, Ferdinand-Philippe d'Orléans, 1842, médaillon en bronze, don des Amis du musée en 2011 ; Antoine Baron, Rachel, vers 1840, médaillon en plâtre, don Armelle François Fabius en 2012.

Des œuvres sur papier, signées en particulier de : Luigi Calamatta (1802-1869), Portrait de George Sand, 1837 ; Eugène Delacroix (1798-1863), Parc de Nohant, 1842, crayon ; Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867), Portrait de Luigi Calamatta, 1828, crayon ; Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), Papaver Somniferum, 1839, aquarelle sur vélin, don des Amis du musée en 2011 ; George Sand (1804-1876), dendrites ; Maurice Sand (1823-1889), son fils, dendrites et scènes de genre ; Eugène Devéria, Le Concert, achat en 2010 ; Antonin Moine, Paysage avec ruine gothique, pastel, don Sylvain Bellenger et Jean-Loup Champion en 2012 ; Carl Hummel, La Galerie Goethe à la Résidence et La Salle Friedrich von Schiller à la Résidence, Palais ducal de Weimar, 1846, paire d'aquarelles, don Eugene V. Thaw, New York en 2012.

Ary Scheffer (1795-1858), le maître des lieux vignette|redresse|Ary Scheffer, Pauline Viardot (1840), huile sur toile. Huiles sur toile d'Ary Scheffer

La Mort de Géricault, 1824. Pierre-Jean de Béranger, 1828. Lénore - Les Morts vont vite, 1830, achat, 1995. Faust (achat) et Marguerite, 1831 (don Jacques et Élisabeth Foucart), deux toiles en paire acquises en 2003. Le Giaour, 1832, réduction autographe, don des Amis du musée en 2004. Pauline Viardot, 1840, don Solange Thierry-de Saint Rapt en 2010. La Princesse de Joinville, 1844, achat en 2005. L'Abbé Deguerry, 1845. Sophie Marin [veuve du Général Marie Étienne François Henri Baudrand], épouse du peintre (vers 1850), achat en 2000. Louis Ratisbonne, vers 1855. La Reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles en deuil, 1857, achat en 2009. Jean Calvin, 1858, achat en 1999. vignette|redresse|Ary Scheffer, La Princesse de Joinville (1844), huile sur toile.

Peintures de ses contemporains Charles Octave Blanchard (1814-1842), Autoportrait et Charles Gounod, 1841, don des Amis du musée en 2009. François Bouchot (1800-1842), La Malibran dans le rôle de Desdémone dans l'opéra Otello de Gioachino Rossini, 1834, dépôt du musée du Louvre en 2002. François-Hippolyte Debon (1816-1872), Le Justicier, 1835, don des Amis du musée en 2008. Charles Durupt (1804-1833), Manfred et l'esprit, 1831, don des Amis du musée en 2008.