La Manufacture royale de Bains-les-Bains est une ferblanterie fondée par lettre patente le Annales agricoles de la Lorraine, , éd. Grimblot, Raybois, 1841. par autorisation de la duchesse Élisabeth-Charlotte, régente du duché de 1729 à 1737, au bénéfice des frères Jean-François et Claude Coster, fils d'un émigrant savoyard, et de leurs associés savoyards Georges Puton, et Jean-Baptiste VilliezChantal Maistre, Gilbert Maistre, Georges Heitz, Colporteurs et marchands savoyards dans l'Europe des , p. , éd. Académie salésienne, 1992, .

Description thumb|left|Chapelle et administration. thumb|left|upright|La chapelle. L'ensemble du site comprend plusieurs bâtiments industriels (ateliers d'étamage (1736), halle au charbon (1779, 1859)…), des logements pour les ouvriers (), des étables, la maison des contremaîtres, la chapelle (1735), une glacièreLa glacière de la Manufacture Royale de fer blanc et le château () du maître de forge entouré d'un parc renfermant de nombreuses variétés d'arbres dont plusieurs espèces rares.

La majorité des bâtiments fut construite entre 1733 et 1737 (château, chapelle et logements d’ouvriers) par le maître de forges et fermier général Georges PutonGeorges Puton a également construit à cette époque le château Puton sur la commune du Clerjus. (1679-1737), puis durant la seconde moitié du (comme la halle au charbon en 1779). En 1764, cinq commis et cent-vingt-cinq ouvriers travaillent et logent à la manufacturebaron De Dietrich, Description des gîtes de minerai et des bouches à feu de la France, vol. 3, , éd. Didot, 1800.. Comme la plupart des établissements industriels construits à cette époque, elle se trouve au bord d'un cours d'eau permettant l'utilisation de la force hydraulique et au cœur d'une forêt qui lui procure le bois et le charbon de bois nécessaires pour chauffer les forges et fourneaux.

En 1777, Claude Thomas Falatieu rachète l’usine pour la somme de 1 120 275 livresRobert Parisot, Histoire de Lorraine (duché de Lorraine, duché de Bar, Trois-Évêchés, p. 223, ed. A. Picard , 1919.. Il ajoute le canal, la fonderie, les ateliers de fabrication, la nouvelle étamerie.

En 1792, Joseph Falatieu donnera un essor important à la manufacture de fer-blanc (fer étamé) ainsi nommé par opposition au fer noir, brut de forge ou de fonderie. Il vend la Manufacture en 1793 à Prosper Chaulin qui apporte à l'établissement de nombreuses modifications et écrit C. OlivierC. Olivier, Bains-les-Bains, . : Joseph Falatieu rachète la manufacture trois ans plus tard. Cependant, la fin des privilèges pour l'approvisionnement en combustible bois dont bénéficiait la Manufacture jusqu'à la Révolution menace la survie de l'établissementDictionnaire universel de commerce, vol. 1, , éd, F.Buisson, Paris, 1805. même si depuis la fin du , on utilisait de la houille provenant de mines de RonchampCompte-rendu des travaux des ingénieurs des mines: de 1834 à 1845, , éd. Imprimerie royale, Paris, 1843.. La ferblanterie devait consommer beaucoup de bois car on lit dans le "Cahier des plaintes et doléances" du village de Mattaincourt, pourtant situé à 40 km,

« Il a dans notre proximité une usine de fer-blanc qui est un gouffre qui absorbe le produit de toutes les forêts à je ne sais combien de lieuës à la ronde : ne pourroit-on les diminuer ? »

Au cours du , le fer-blanc est abandonné au profit des clous à chevaux.

En 1983, Eric Chavane entreprend de sauver le site de la manufacture qui fera l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le .

La manufacture, son parc, ses jardins et sa chapelle sont aujourd’hui ouverts au public pour des visites guidées, des concerts, des animations et des conférencesLe second souffle de la Manufacture Royale. Le site prestigieux de Bains-les-Bains, né au milieu du , se tourne vers le tourisme.

Historique vignette|droite|Marque commerciale des clous 1897.

1733 : Georges Puton dirige la manufacture, Claude et Jean-François Coster, Jean-Baptiste Villiez sont ses associés. Tous sont originaires de Savoie. La régente Élisabeth-Charlotte d'Orléans, accorde au nom de son fils François III des avantages aux nouveaux propriétaires. Pour bâtir la forge, ils ont, entre autres, le droit d'user du bois des forêts ducales, obtiennent la franchise du droit d'eau sur la rivière Côney et ils obtiennent le titre de Manufacture royaleRecueil des ordonnances de Lorraine, T. 5, . 1742 : elle passe sous le contrôle de Joseph Antoine Vallet, enquête thématique régionale (ancienne métallurgie vosgienne) ; patrimoine industriel, maître de forge qui possédait alors plusieurs usines métallurgiques, moulins et papeteries tant dans la vallée de Masevaux que dans la région de Bains-les-Bains. 1778 : La famille Falatieu (Joseph et Claude Thomas) devient propriétaire de l'établissement. La manufacture emploie alors près de et C.Olivier, Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, , 1910, c'est une des plus importantes en France. 1793 : La Manufacture est achetée par Prosper Chaulin, un riche marchand parisien de fer-blanc. 1796 : J. Falatieu rachète la Manufacture. 1843 : Elle prend le nom de Société Falatieu et compagnie. 1897 : Société des clouteries de la Manufacture de Bains. 1914 : Mise en service d'une saboterie. 1951 : Fin des activités. 1979 : Début de la restauration. 1988 : Inscription au titre des monuments historiques par arrêté du .

Personnages célèbres thumb|Plaque à l'effigie de Julie-Victoire Daubié, musée de la broderie Fontenoy-le-Château.

Julie-Victoire Daubié (1824-1874), journaliste économique et première bachelière de France en 1861, naît à la Manufacture en 1824 où son père occupe les fonctions de directeurProfession portée sur l'acte de mariage Colleuille/ Daubié, Aillévillers, 28 mai 1808, Archives départementales de Haute-Saône ou commis caissier. À la mort de son père en 1825, elle n'a que 20 moisSon cousin, l'historien Contant Olivier indique lui l'âge de 2 mois dans Histoire de Fontenoy, Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 1894., sa mère rejoint Fontenoy-le-Château où la fillette passera son enfance.

Annexes

Bibliographie , . Joseph Louis Falatieu, biographie, Dictionnaire des Vosgiens célèbresJoseph-Jules Falatieu, fils de Joseph Louis Falatieu, dit Falatieu le Jeune), Biographie vosgienne. Bruno Malinverno, La manufacture de fer blanc, Bains-les-Bains - Vosges, , dans . Dictionnaire universel de commerce, banque, manufactures ..., vol. 1, , éd. F. Buisson, 1805

Articles connexes Liste des monuments historiques des Vosges

Liens externes

Forges et Manufactures Royales de fer-blanc au ou Les Beuchot, une famille de "forgerons" Site internet d'Eric Chavane avec tout l'historique de la manufacture

Notes et références

Catégorie:Bains-les-Bains Catégorie:Archéologie industrielle Catégorie:Monument historique dans le département des Vosges Catégorie:Musée dans le département des Vosges Catégorie:Patrimoine industriel Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Monument historique inscrit en 1988 Catégorie:Manufacture