La Moselle ( en luxembourgeois, en allemand) est une rivière du nord-est de la France, du Luxembourg et de l'ouest de l'Allemagne, affluent en rive gauche du Rhin. Elle donne son nom à deux départements français : la Moselle et la Meurthe-et-Moselle.

Hydronymie Anciennes mentions : Mosella (), Musella (), Musalla (), Mozella (910), Mosela (914), Muselle et Mouselle (), Mozelle et Muzelle (1425), Mauzelle (1523), Meuzelles (1552)Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale.Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, 1862..

Le nom antique de Mosela ou Mosella serait composé du préceltique Mosa et du diminutif latin -ella, signifiant ainsi la petite Meuse.

Du point où la population commence à parler un dialecte germanique, elle est appelée Musel ; c'est l'orthographe suivie par Fortunat et celle consignée sur les tables éditées par PeutingerPublications de la Société pour la recherche et la conservation des Monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, volume 18, 1863.

Géographie Elle prend sa source dans le massif des Vosges au col de Bussang et se jette dans le Rhin à Coblence en Allemagne. Sa longueur totale est de : en France, 39 faisant frontière entre le Luxembourg et l'Allemagne, et 208 exclusivement en Allemagne. Par ailleurs, c'est sur cette rivière qu'est situé le tripoint Allemagne-France-Luxembourg.

Une fontaine située à d'altitude (près du col de Bussang dans le département des Vosges) est présentée comme sa source officielle, mais la rivière se forme de la réunion de plusieurs ruisseaux dont certains sourdent à plus de , sur les pentes du Grand Drumont.

Autrefois, la Moselle rejoignait la Meuse à hauteur de Pagny-sur-Meuse.... La « capture » de la Moselle a lieu au début de l'ère quaternaire.. À hauteur de Toul, la Moselle oblique vers le nord-est pour franchir le pied de l'actuelle côte de Moselle. Son cours a ainsi rejoint un affluent de la Meurthe, alors très puissante rivière au débit fluvio-glaciaire, cet affluent n'étant alors qu'un modeste ruisseau se jetant dans celle-ci en aval de Frouard. La capture modifie le réseau hydrographique, et en particulier depuis la fin des temps glaciaires. La Moselle a aujourd'hui un débit plus important : elle est l'artère principale et la Meurthe n'est plus que son modeste tributaire oublié... Ce parcours tortueux, entre Neuves-Maisons et Liverdun, est souvent connu sous le nom de boucles de la Moselle. L'hypothèse ancienne d'une érosion régressive, fondée sur le lit plus profond de la Meurthe, est abandonnée. Dans les années 2000, la prise en compte d'un soutirage karstiquevoir , très favorisé en milieu périglaciaire, explique mieux le déversement vers le modeste affluent de la MeurtheFrançois Provin, auteur de la partie 4 sur les milieux naturels, en particulier paragraphe "Une mosaïque de milieux", page 223, in Meurthe-et-Moselle, opus cité.. Le phénomène peut se repérer facilement dans le paysage. À Toul, la Moselle reçoit, en rive gauche, un petit affluent, l'Ingressin, qui coule au milieu d'une large vallée relique qu'il a été bien incapable d'entailler et dont la topographie montre le creusement par une rivière dont le cours était inverse à celui observé actuellement. D'autre part, d'anciens méandres rencontrés dans la vallée sèche, le val de l'Asne, séparant la source de l'Ingressin du cours de la Meuse au niveau du seuil de Foug, ne peuvent s'expliquer que par le passage d'une rivière aujourd'hui disparueObserver des cartes de cette capture et avoir quelques explications complémentaires dans M. Derruau, Les formes du relief terrestre, Masson, Paris, 1979, .. Enfin, au sud de Lay-Saint-Rémy, dans le Val de l'Asne, des alluvions anciennes contiennent des galets siliceux vosgiens qui n'ont pu être charriés que par l'ancienne Moselle. Cette vallée quasi sèche (Val de l'Asne de Pagny-sur-Meuse à Lay-Saint-Remy puis Ingressin de Neuf-Pont (commune de Foug) à Toul) a depuis lors été reprise, ou est suivie de très près, par le canal de la Marne au Rhin et, dans une moindre mesure, par la nationale 4.

Lorsque la Moselle quitte le territoire français à Apach, son bassin versant est alors d'environ .

Départements et principales communes traversés En France (région Grand Est) : Vosges : Le Thillot, Rupt-sur-Moselle, Saint-Étienne-lès-Remiremont, Remiremont, Saint-Nabord, Éloyes, Épinal, Thaon-les-Vosges, Châtel-sur-Moselle, Charmes ; Meurthe-et-Moselle : Bayon, Flavigny-sur-Moselle, Neuves-Maisons, Pont-Saint-Vincent, Toul, Liverdun, Pompey, Dieulouard, Pont-à-Mousson, Pagny-sur-Moselle ; Moselle : Novéant-sur-Moselle, Corny-sur-Moselle, Ancy-Dornot, Ars-sur-Moselle, Montigny-lès-Metz, Metz, Maizières-lès-Metz, Hagondange, Bousse, Guénange, Uckange, Bertrange, Yutz, Thionville, Cattenom, Sierck-les-Bains ; Au Luxembourg : Schengen, Remich, Grevenmacher, Wasserbillig ; En Allemagne : Land de la Sarre : Perl ; Land de la Rhénanie-Palatinat : Konz, Trèves, Schweich, Neumagen-Dhron, Piesport, Bernkastel-Kues, Traben-Trarbach, Zell, Cochem, Treis-Karden, Kobern-Gondorf, Coblence.

Galerie

Affluents thumb|400px|Cours de la Moselle et de ses principaux affluents. À Bussang, où la Moselle prend sa source, puis dans la vallée en passant par Saint-Maurice-sur-Moselle, Fresse-sur-Moselle, Le Thillot, Ramonchamp, Ferdrupt, Rupt-sur-Moselle, Vecoux, Dommartin-lès-Remiremont et Saint-Étienne-lès-Remiremont plusieurs petits ruisseaux pérennes ou non alimentent le cours principal avant la confluence avec la Moselotte : « ruisseau du Petit gazon », le Sèchenat, ruisseau de la Hutte, ruisseau de Lamerey, la Noiregoutte, ruisseau des Charbonniers, ruisseau de la Feigne, le Longeligoutte, le Vacceux, ruisseau de l'État, ruisseau du Ménil, ruisseau de Ramonchamp, ruisseau de Morbieux, ruisseau de Xoarupt, ruisseau de Grandrupt, ruisseau de Ferdrupt, le Saut du Loup, ruisseau de Moinrupt, « ruisseau de la Fourchelle », ruisseau du Rivage, goutte de Ligebierupt, « ruisseau de Lépange », ruisseau de Reherrey.

Affluents principaux : en France : la Moselotte, la Vologne, la Niche, le Durbion, l'Avière, l'Euron, le Madon, l'Aroffe souterraine..., les Bouvades, l'Ingressin, le Terrouin, la Meurthe, l'Esch, le Trey, le Rupt de Mad, la Seille, l'Orne, la Fensch, la Bibiche, la Canner, la Boler, l'Altbach, la Gander, la Kiesel, la Manse, la Sée ; au Luxembourg : la Sûre, la Syre, le Laafbaach, le Leiteschbaach, le Rouderbaach, le Gehaansbaach, le Kelsbaach, le Donverbaach, l'Aalbaach, le Kurlerbaach, le Duelemerbaach ; en Allemagne : la Sarre, la Sûre, la Ruwer, la Kyll, la Salm, la Lieser, l'Alf, l'Elzbach.

Rang de Strahler

Hydrologie La haute Moselle et ses premiers affluents droits (Moselotte, Vologne et Meurthe) possèdent un régime pluvio-nival marqué, mais ses autres affluents, issus du plateau lorrain, sont soumis à un régime océanique. Les différences saisonnières se traduisent habituellement par un maximum en janvier (environ 1,8 fois le module) et un minimum en juillet (0,4 fois le module).

Les crues hivernales peuvent s'avérer dévastatrices si un important épisode neigeux est suivi d'un redoux avec fortes pluies sur un sol saturé. Ce fut le cas en décembre 1919 et en décembre 1947, où l'on déplora des morts. À l'inverse, de graves étiages estivaux sont également fréquents : en août 1964, le débit était tombé à /s à la station d'Hauconcourt.

Climat

La Moselle à Bertrange La Moselle, grossie de nombreux affluents issus des hauteurs des Vosges, se présente comme un cours d'eau franchement abondant. Son débit a été observé sur une période de (1981–2008) à Bertrange, localité du département de la Moselle située en amont de la ville de Thionville et peu avant les frontières allemande et luxembourgeoise. Le bassin versant de la rivière y est de (soit plus de 93 % de la totalité du bassin en France (sans la Sarre) qui fait ).

Le module de la rivière à Bertrange est de /s, c'est-à-dire 94 % du débit total de la rivière en France (/s).

La Moselle y présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées sans être excessives, à l'inverse de bien des cours d'eau de l'Est de la France, avec des hautes eaux d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre /s, de décembre à mars inclus (avec deux maxima : le plus important en janvier et le second très léger en mars), et des basses eaux d'été, de juillet à septembre inclus, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à /s au mois d'août.

Étiage ou basses eaux À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque /s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est pas excessivement bas.

Crues vignette|Crue de la Moselle, à Épinal, le 24 décembre 1919. Les crues peuvent être très importantes, à l'instar de la plupart des cours d'eau coulant sur le plateau lorrain. Ainsi, les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement /s. Le QIX 10 est quant à lui de /s, le QIX 20 de /s et le QIX 50 de /s.

Le débit instantané maximal enregistré à Bertrange a été de /s le , tandis que la valeur journalière maximale était de /s le même jour. Si l'on compare le premier de ces chiffres avec la table des QIX de la Moselle, on constate que ces crues d' étaient plus que cinquantennales, donc très exceptionnelles et destinées à se produire en moyenne tous les .

Lame d'eau et débit spécifique Au total, la Moselle est une rivière abondante, alimentée par des précipitations notables, dans la région des hauteurs des Vosges au sud-est, mais aussi des côtes de Meuse à l'ouest. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est élevé et largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France (), et notamment supérieur d'environ 60 % à la lame d'eau de l'ensemble du bassin de la Seine (environ ). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint le chiffre robuste de par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Histoire thumb|Bras de la Moselle entrant dans la vieille-ville de Metz. La Moselle était connue des Romains sous l'appellation Flumen Musalla (sur la table de Peutinger), la rivière sera chantée par le poète Ausone vers 371. Depuis 1815, la Moselle sert de frontière entre le grand-duché de Luxembourg et la Prusse (Empire allemand en 1871).

Au , la situation géographique de cette rivière servit de référence pour donner un nom à une aire linguistique du moyen-allemand : le francique mosellan.

Dans la loi du ratifiant le traité instituant la CECA, l'article 2 prescrivait au gouvernement français « d'engager, avant l'établissement du marché commun, des négociations avec les gouvernements intéressés, pour aboutir à une réalisation rapide de la canalisation de la Moselle entre Thionville et Coblence »Bour R. (1957) - « L'historique de la canalisation de la Moselle », « L'historique de la canalisation de la Moselle », ANM, Metz, Levainville J. (1928) - « La canalisation de la Moselle », Annales de géographie t. 37, , Paris, .. Les discussions s'ouvrirent en 1956 dans le cadre des négociations du traité sur la Sarre et aboutirent à la convention franco-germano-luxembourgeoise sur la canalisation de la Moselle incluse dans les Accords de Luxembourg du .

Elle est canalisée entre Metz et Thionville, via un canal inauguré en 1964 par la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, le chancelier fédéral Allemand Konrad Adenauer et leur hôte, le général de Gaulle, président de la République française..

C'est sur la Moselle, au point de convergence des frontières franco-luxembourgo-allemandes, qu'a été signée en 1992 la convention de Schengen, mettant en place la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace communautaire européen.

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