Cecilia Bartoli, née le à Rome, est une cantatrice mezzo-soprano italienne naturalisée autrichienne.
Elle s'est spécialisée dans les interprétations lyriques de la musique baroque sans s'y cantonner pour autant. Elle représente une référence dans de nombreuses compositions de Bellini, Haendel, Mozart, Rossini et Vivaldi, et s'est rendue célèbre par la qualité de ses interprétations et sa virtuosité dans les rôles de soprano et de mezzo. Elle a notamment travaillé avec les chefs d'orchestre Herbert von Karajan, Daniel Barenboim ou Nikolaus Harnoncourt.
Cecilia Bartoli est également directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg (Salzburger Pfingstfestspiele) depuis 2012 et directrice de l'Opéra de Monte-Carlo depuis le .
Biographie Débuts Cecilia Bartoli est la deuxième enfant de Pietro Angelo Bartoli et Silvana Bazzoni Bartoli ; elle a un frère aîné Sur scena.org., Gabriele, et une jeune sœur, Federica.
Toute petite, Cecilia est bercée par la musique classique. Ses deux parents sont artistes lyriques et sa mère devient son professeur de chant. Elle s’est écartée, avec le temps, du répertoire traditionnel pour s’intéresser à des compositions musicales lyriques atypiques et demandant un très grand entrainement vocalSur evene.fr..
À neuf ans, Cecilia fait sa première apparition dans un spectacle public, en tenant le petit rôle du pâtre qui introduit le tragique acte 3 dans une représentation de Tosca de Giacomo Puccini. En entendant sa voix, ses parents décident de l’inscrire au conservatoire Sainte-Cécile à Rome, où elle se distingue très vite par sa maturité vocale, si bien qu’à l’adolescence, elle possède déjà un registre musical étofféInterview sur arte.tv..
Cependant, la première passion de Cecilia n’est pas le chant lyrique mais le flamenco. C’est à l’âge de qu’elle commence à prendre des cours de flamenco avec une professeure andalouse et à se produire sur scène dans un groupe de danse en dépit de la réticence de ses parents à l'idée de la voir embrasser une telle carrière. Cecilia Bartoli est pourtant fascinée par la musique et la sensualité que dégage cette danse. Elle reconnaît encore aujourd’hui que, grâce à ses cours de flamenco, elle a eu un avantage sérieux lors de ses premières prestations à l’opéra car elle a appris à se déplacer tout en chantant. Sa passion pour le flamenco reste toujours intacte.
À seize ans, Cecilia Bartoli met sa carrière de danseuse entre parenthèses et se concentre avec sa mère sur sa voix et sur le chant lyrique. Elle suit alors des cours au conservatoire de la Santa Cecilia de Rome, d’où elle sort diplômée. Cette rapidité d’évolution artistique lui permet de se faire connaître avant même l'âge de vingt ans.
En 1987 — elle n’a alors que —, Cecilia Bartoli se fait connaître en France lors d'un concert organisé par l'Opéra national de Paris en hommage à Maria Callas et diffusé sur Antenne 2, le (date des de la mort de la soprano) dans une émission animée par Ève Ruggiéri, puis en Italie, lors d’une apparition dans l'émission de télévision Fantastico.
Carrière musicale vignette|Cecilia Bartoli dans le rôle de Cléopâtre, Festival de Salzbourg 2012.
En 1988, Cecilia Bartoli interprète le rôle de Rosina dans Le Barbier de Séville de Rossini à Hambourg en Allemagne. Elle collabore ensuite avec les chefs d'orchestre Herbert von Karajan et Daniel Barenboïm qui l'ont remarquée, un an auparavant, lors de l'émission de télévision dédiée à Maria Callas. Elle interprète, la même année, le rôle de Chérubin dans Les Noces de Figaro de Mozart, à Zurich en Suisse. C'est alors que cette cantatrice mezzo-soprano prend la décision de se concentrer sur des rôles d'œuvres de Mozart pour développer sa carrière internationale.
Deux années plus tard, Herbert von Karajan invite Cecilia Bartoli à chanter la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach au festival de Pâques de Salzbourg en Autriche. Cependant, la mort du chef d'orchestre empêche le projet d'aboutir. Elle travaille aussi avec Daniel Barenboïm sur le cycle Da Ponte de Wolfgang A. Mozart et sous la direction de Nikolaus Harnoncourt.
En 1996, Cecilia Bartoli chante au Metropolitan Opera dans le rôle de Despina dans Così Fan Tutte de Mozart. Puis l'année suivante, elle chante dans La Cenerentola de Gioachino Rossini. Elle est considérée par la critique musicale comme une « petite voix » comparativement à la salle du Metropolitan Opera, la plus grande du monde, et des rumeurs circulent sur le fait que la direction du Metropolitan Opera aurait caché un microphone sur la cantatrice pour amplifier sa voix ce qui fut immédiatement démenti. Elle n'est jamais retournée chanter au Metropolitan Opera, préférant développer sa carrière dans des théâtres de taille plus restreinte où sa voix peut davantage s'épanouir.
Cecilia Bartoli se consacre, à partir de 2008, au début du , ère du romantisme et du bel canto italien, et notamment à la légendaire cantatrice Maria Malibran, lui dédiant une tournée en hommage. Lors du de la naissance de « la Malibran », le , Cecilia donne trois concerts en une seule journée, dont une version intégrale de La Cenerentola de Rossini, à la salle Pleyel à Paris, ville natale de la Malibran.
En octobre 2009, Cecilia Bartoli sort l'album Sacrificium, qui raconte l’histoire des castrats dans toute sa complexité alliant beauté et cruauté et qui fait l'apologie de l’école napolitaine de musique d'où sont sortis les castrats de très grande renommée comme Farinelli et Gaetano Caffarelli.
Depuis quelques années, Cecilia Bartoli se concentre sur des projets musicaux menés avec des orchestres d’instruments anciens, avec l'aide de l’Akademie für Alte Musik Berlin, des Arts Florissants, du Concentus Musicus Wien, du Freiburger Barockorchester, du Giardino Armonico, de l'Orchestre de chambre de Bâle, de l'Ensemble Matheus, des Musiciens du Louvre, de l’Orchestra of the Age of Enlightenment et de l’orchestre La Scintilla. Ces projets avec orchestre dont elle assume la responsabilité ont pris de plus en plus d’importance dans sa vie notamment les programmes développés et interprétés en parallèle avec l’Orchestre philharmonique de Vienne.
C'est Claudio Osele, ancien admirateur de la cantatrice et spécialiste de musiques anciennes qui introduit à son répertoire les musiques baroques et de la Renaissance, en effet la cantatrice éprouve un goût particulier pour les musiques anciennes.
En 2012, elle devient directrice artistique du festival de Pentecôte de SalzbourgPrésentation de Jules César en Égypte sur arte.tv.. En 2019, elle est prolongée à ce poste, jusqu'en 2026. En 2025, elle est de nouveau prolongée à ce poste, jusqu'en 2031.
En 2016, Cecilia Bartoli est lauréate du prix Polar Music, et devient, à Monaco, directrice artistique des Musiciens du Prince.
À partir du , elle succède à Jean-Louis Grinda à la direction de l'Opéra de Monte-Carlo..
Vie privée En 1997, un drame bouleverse la famille Bartoli : le frère aîné, Gabriele, meurt d’un cancer du cerveau. Cecilia, qui était très attachée à son frère, prend la décision de faire une courte pause dans sa carrière musicale. Peu après la mort de Gabriele est publié un livre de , intitulé Cinderella and Company : Backstage at the Opera with Cecilia Bartoli. L'ouvrage dévoile des détails de la vie privée de la cantatrice et de la maladie de son frère que celle-ci voulait garder secrets. Cecilia est outrée du style utilisé, qui donne l'impression d'une confession alors qu'elle n'a jamais parlé ouvertement de sa vie privée« Le livre est un fourre-tout et non une biographie. Je ne lui ai parlé que deux fois. Elle a pris ses informations ailleurs. Mon frère mourant est venu se faire soigner à New York. Elle insère cette tragédie entre deux ragots. Comment trouver cela drôle ? Elle fait du boudin avec ma vie ! […] Elle donne l’impression qu’elle sait tout de moi. C’est faux. Heureusement, ma vie privée reste encore privée. » Interview de Philip Anson, le décembre 1998, pour le magazine La Scena Musicale, paru en 2002..
En 2011, elle épouse le baryton suisse . Ils vivent pour partie sur les bords du Lac de Zurich en Suisse et pour partie à Rome ..
Prix Récompenses musicales Nombre Titre de la récompense Pays attributeur 1 Prix Bambi Allemagne, Berlin 9 Prix Echo Allemagne, Berlin 5 Grammy Awards :
1995 : Meilleure interprétation vocale classique pour « The Impatient Lover - Italian Songs By Beethoven, Schubert, Mozart » 1998 : Meilleure interprétation vocale classique pour « An Italian Songbook - Works Of Bellini, Donizetti, Rossini » 2001 : Meilleure interprétation vocale classique pour « The Vivaldi Album - Dell'aura al sussurrar, Alma oppressa » 2002 : Meilleure interprétation vocale classique pour « Dreams & Fables - Gluck Italian Arias: Tremo Fra' Dubbi Miei; Di Questa Cetra In Seno » 2011 : Meilleure interprétation vocale classique pour « Sacrificium » États-Unis, Washington - Disques d'or France, Paris 1 Victoire de la musique France, Paris 2 Classical Brit Awards Royaume-Uni, Londres Etc.
Distinctions honorifiques Distinctions Pays attributeur Membre honoraire de la Fondation Heandel House Allemagne, Halle Prix Haendel Allemagne, Halle Prix musical Léonie-Sonning Danemark, Copenhague Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports (2007) . Espagne, Madrid Commandeur de l'ordre du Mérite culturel (1999)https://www.legimonaco.mc/Dataweb/jourmon.nsf/966e69337756d51ac12568c40037f872/bc72c48b62b4b92fc125683900365472!OpenDocument. Monaco Chevalière des Arts et des Lettres France, Paris Médaille Grand Vermeil de la ville de Paris France, Paris Bellini d'OrBellini d'Oro Italie, Rome Chevalière d'honneur Italie, Rome Membre effectif du conservatoire Sainte-Cécile Italie, Rome Docteur honoris causa de musique au University College Irlande, Dublin Membre honoraire de la Royal Academy of Music Royaume-Uni, Londres Prix Polar Music en 2016. Suède, Stockholm
Accueil critique
Discographie Opéras Bellini: Norma, avec John Osborn, Sumi Jo, l'orchestre La Scintilla, direction Giovanni Antonini, éditions Decca (2013) Bellini: La Sonnambula, avec Juan Diego Florez, Ildebrando D'Arcangelo, l'orchestre La Scintilla, direction Alessandro De Marchi, éditions L'Oiseau-Lyre (2008) Rossini: Il Turco in Italia, DVD, avec Ruggero Raimondi, l'Orchestre de l'Opéra de Zurich, direction Franz Welser-Möst, éditions Arthaus Musik (2005) Mozart: Don Giovanni, DVD, avec Isabel Rey, Rodney Gilfry, László Polgár, Roberto Sacca, l'Orchestre de l'Opéra de Zurich, direction Nikolaus Harnoncourt, éditions Arthaus Musik (2001) Handel: Rinaldo, avec David Daniels, Bernarda Fink, l'Academy of Ancient Music, direction Christopher Hogwood, éditions Decca Records (2000) Mozart: Mitridate, avec Natalie Dessay, Giuseppe Sabbatini, Brian Asawa, Juan Diego Florez, Les Talens Lyriques, direction Christophe Rousset, éditions Decca Records (1999) Haydn: Armida, avec Christoph Prégardien, Patricia Petibon, le Concentus Musicus Wien, direction Nikolaus Harnoncourt, éditions Teldec classique () Rossini: Il Turco in Italia, avec Alessandro Corbelli, Michele Pertusi, Ramón Vargas, l'Orchestre de La Scala, direction Riccardo Chailly, éditions Decca Records (1998) Haydn: Orfeo ed Euridice, avec Uwe Heilmann, Ildebrando D'Arcangelo, The Academy of Ancient Music, direction Christopher Hogwood, éditions Decca Records (1997) Mozart: La Clemenza di Tito, avec Uwe Heilmann, Della Jones, Diana Montague, Gilles Cachemaille, The Academy of Ancient Music, direction Christopher Hogwood, éditions Decca Records (1995) Mozart: Le Nozze di Figaro, avec Lucio Gallo, Sylvia McNair, Cheryl Studer, l'Orchestre philharmonique de Vienne, direction Claudio Abbado, éditions Deutsche Grammophon (1994) Puccini: Manon Lescaut, avec Mirella Freni, Luciano Pavarotti, Dwayne Croft, Giuseppe Taddei, Ramon Vargas, l'Orchestre du Metropolitan Opera, direction James Levine, éditions Decca Records (1993)