Luis Fernández Toledo, plus simplement appelé Luis Fernandez, né le à Tarifa, est un footballeur international français, devenu entraîneur et consultant.
Il est champion d'Europe en 1984, évoluant au poste de milieu de terrain reconverti entraîneur, dirigeant, consultant et animateur de radio. Il anime Luis attaque sur RMC de 2003 à 2016. Il est actuellement consultant sur beIN Sports.
Biographie Natif de Tarifa (Andalousie, Espagne), Luis Fernandez s'installe en France avec sa mère et ses cinq frères et sœurs en 1968, en banlieue lyonnaise, à Vénissieux dans le quartier des Minguettes, une de ces zones à urbaniser en priorité (ZUP), symbole de la modernité, chargées de résorber la crise du logement qui accompagne les Trente Glorieuses.
Dans ce qu'il définit lui-même comme une « tour de Babel » qui reçoit, aux côtés des Espagnols et des Portugais, le flux migratoire croissant de Nord-Africains, Luis Fernandez apprend difficilement le français. Dans ces conditions, au collège, comme nombre d'enfants d'immigrés, il entre en de transition avant d'être orienté rapidement vers une filière technique. Dans le même temps, il commence à jouer au football à l'AS Minguettes puis à l'AS Saint-Priest où il signe une licence portant la mention « étranger ». Cette référence à son altérité, le jeune Luis Fernandez l'a subie sur les terrains de football où il est fréquemment traité d'« espingouin », quolibet auquel il réagit violemment et . Son nom est repris dans le film Victory (À nous la victoire en français) sorti en 1981, avec, entre autres, Sylvester Stallone, Pelé et de plusieurs autres footballeurs célèbres.
Il n'en reste pas moins que, par la suite, sa nationalité constitue un obstacle à l'épanouissement professionnel de sa passion. Ainsi, alors qu'il occupe un emploi d'aide-électricien dans une chaudronnerie, ses qualités de joueur de football lui permettent d'effectuer un stage dans le club de l'AS Nancy-Lorraine. En dépit de la bonne impression laissée aux dirigeants lorrains, le président Claude Cuny lui indique qu'il ne peut l'intégrer à son effectif car il est de nationalité étrangère.
Il fera un autre stage dans un club professionnel, au Paris Saint-Germain, le club de la capitale. Cette fois-ci, il sera conservé par les dirigeants parisiens et signe ainsi un contrat de stagiaire en 1978 et non un contrat professionnel car au même moment, le PSG recrute deux étrangers le Portugais João Alves et le Brésilien Abel Braga. Il est victime du règlement de la Fédération française de football qui n'autorise que deux joueurs étrangers par équipe.
Carrière de joueur Le chouchou du Parc (1978-1986) Malgré un contrat amateur, il effectue tout de même ses débuts professionnels en 1978 lors d'un match contre Nancy que le PSG gagne 2-1 grâce à un penalty obtenu par Luis Fernandez à la suite d'une faute de Jean-Michel Moutier. Son entraîneur Pierre Alonzo, convaincu par ses performances, ne lui en fait pas mystère. Certes la blessure d'une des recrues étrangères lui permet d'être incorporé à l'équipe, cependant il décide, afin de lever l'hypothèque que peut représenter sa nationalité pour la suite de sa carrière, de demander la naturalisation qu'il obtient sans difficulté en .
Rapidement, il s'affirme comme un solide milieu de terrain défensif, une condition physique exceptionnelle le rend redoutable dans la récupération du ballon, mais également capable de relances précises. Il paraphe son premier contrat professionnel en 1980 puis remporte ses premiers succès en 1982 et 1983 avec deux coupes de France consécutives.
Le club de la capitale vit sa première épopée européenne en 1982-1983, laquelle finit en quart de finale contre l'équipe belge de Waterschei. Ce PSG-Waterschei en Coupe des coupes est considéré comme le premier grand rendez-vous européen du PSG. Le PSG, vainqueur 2-0 à l'aller à domicile, part favori pour la qualification. C'est en effet lors de cette confrontation contre le vainqueur de la Coupe de Belgique que le record d'affluence au Parc des Princes reste le plus élevé avec près de spectateurs. Mais lors du match retour, les Belges gagnent 3 à 0 après prolongation et se qualifient.
La saison suivante, le PSG se qualifie une nouvelle fois pour la Coupe des coupes et se fait encore éliminer de justesse en huitième de finale par la Juventus de Michel Platini (2-2 à domicile et 0-0 à l'extérieur).
Lors de la saison 1984-1985, le PSG vit une saison catastrophique avec une modeste en championnat, une finale de Coupe de France perdue contre l'AS Monaco et une élimination au de la Coupe UEFA contre les Hongrois de Videoton. Gérard Houllier remplace alors l'entraîneur Georges Peyroche dès la saison suivante au cours de laquelle le PSG accède au titre de champion de France lors de la saison 1985-1986 pour la première fois de son histoire. La formation de la capitale est emmenée par la nouvelle idole du Parc des Princes et nouveau capitaine, Luis Fernandez. Le PSG parvient à rester invaincu pendant 26 matches. Safet Sušić est le nouvel artiste de l'équipe, il illumine de toute sa classe le championnat de France.
Passage laborieux au Racing (1986-1989) Luis Fernandez choisit à l'été 1986 de signer au Racing Club Paris (devenu Matra Racing en 1987), club résidant à Colombes (Hauts-de-Seine) au mythique Stade Yves-du-Manoir qui vient tout juste d'accéder à la première division. Il touche à cette époque l'un des plus gros salaires du football français.
Présidé par l'industriel Jean-Luc Lagardère, le club est très ambitieux et dépense beaucoup d'argent pour son recrutement : outre Fernandez et Maxime Bossis venu un an plus tôt, Lagardère fait venir à Paris cet été-là Pierre Littbarski, Thierry Tusseau et le génie uruguayen Enzo Francescoli, rejoints la saison suivante par Pascal Olmeta, Sonny Silooy et l'entraîneur Artur Jorge qui vient de gagner la Coupe des clubs champions avec le FC Porto puis par David Ginola et Bernard Casoni lors de la troisième saison. À l'image du club malgré la pléiade de stars ( lors de la saison 1986-1987, lors de la saison 1987-1988 et lors de la saison 1988-1989), les performances de Luis sont plutôt décevantes sous le maillot du Racing. Il connaîtra une grosse blessure au genou qui l'empêchera de jouer pendant plusieurs mois et son équipe craint à une fin de carrière prématurée.
Fin de carrière à Cannes (1989-1993) Luis Fernandez choisit de rejoindre l'AS Cannes de Jean Fernandez et Albert Emon en 1989, alors qu'il était aussi convoité par le SC Toulon de Rolland Courbis. Cannes est une formation modeste, qui mise essentiellement sur la formation.
Lors de sa première saison, le club termine dans le ventre mou du championnat. La saison suivante, Boro Primorac remplace Jeannot Fernandez, les Cannois finissent à une inattendue quatrième place obtenue lors de la saison 1990-1991 par les coéquipiers de Luis Fernandez avec notamment le buteur Amara Simba et le petit prodige Zinédine Zidane qui permet au club de se qualifier pour la première fois en coupe d'Europe. Malheureusement cette première participation en Coupe UEFA voit l'AS Cannes échouer en de finale contre le FC Dynamo Moscou et s'accompagne d'une saison complètement manquée en championnat, terminée à une synonyme de D2.
Sa retraite sportive intervient quelques mois plus tard, lorsqu'il accepte de devenir l'entraîneur de Cannes après quelques journées seulement de championnat.
En 2022, le magazine So Foot le classe dans le top 1000 des meilleurs joueurs du championnat de France, à la ..
Équipe de France (1982-1992) Au même rythme que le club de la capitale, il connaît une progression linéaire qui lui permet d'être appelé par Michel Hidalgo en équipe de France à la fin de l'année 1982. À seulement 23 ans, Luis Fernandez s'impose immédiatement comme un titulaire indiscutable au sein de la formation pourtant demi-finaliste de la Coupe du monde 1982 quelques mois plus tôt. Au milieu de terrain, il remplace Bernard Genghini dans le « carré magique » ce milieu de terrain de rêve aux côtés de Jean Tigana, Alain Giresse et Michel Platini. Avec les Bleus, Fernandez remporte l'Euro 1984 en France.
Alors qu'il achève un championnat 1985-1986 sur la plus haute marche du podium avec le PSG, il se présente en favori de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Lors de ce tournoi, Fernandez se distingue notamment par son égalisation face à l'URSS au premier tour, mais également en inscrivant à Guadalajara le tir au but victorieux contre le Brésil en quart de finale, match entré dans la légende du football français.
À l'issue du Mondial 1986, Maxime Bossis, Alain Giresse et Dominique Rocheteau prennent leur retraite internationale, Tigana aussi en 1987 et Platini arrête sa carrière sportive la même année. Luis est donc un des nouveaux hommes forts des Bleus et prend le brassard de capitaine. Son objectif est d'épauler la nouvelle génération composée de Jean-Pierre Papin, Jean-Marc Ferreri ou Philippe Vercruysse. Mais la France ne se qualifie pas pour le Championnat d'Europe de 1988 en Allemagne, et le sélectionneur Henri Michel est remplacé par Michel Platini à la suite d'un match calamiteux contre Chypre (1-1) lors des éliminatoires du Mondial 1990 qui compromet les chances de qualification pour cette dernière. Mais l'arrivée de Platini ne change rien et la France est absente du Mondial italien.
Il est alors temps de se concentrer sur les éliminatoires de l'Euro 1992, organisé en Suède. Bien qu'en fin de carrière et dans un club de seconde zone, Fernandez restera en équipe de France mais n'est plus titulaire chez les Bleus, le sélectionneur Michel Platini l'utilise comme joueur d'appoint. Luis Fernandez participe à la campagne de qualification à l'Euro 1992 (8 victoires en 8 matchs) en inscrivant un magnifique but en ciseaux contre l'Espagne. La France, favorite de l'épreuve, est éliminée au premier tour de la compétition sans une seule victoire.
Carrière d'entraîneur Premiers pas à Cannes (1993-1994) Le championnat 1992-1993 en deuxième division ne démarre pas sous les meilleurs auspices, l'équipe étant rapidement détachée par les équipes de tête. Luis Fernandez quitte alors son poste de milieu de terrain pour prendre place sur le banc de touche à la place d'Erick Mombaerts. Le choc psychologique fonctionne à merveille, l'AS Cannes retrouvant finalement l'élite après une dernière victoire en barrage sur Valenciennes (2-0, 1-1).
Luis Fernandez poursuit son travail en hissant le club azuréen jusqu'en Coupe UEFA. Élu meilleur entraîneur de Première Division par ses pairs à l'issue de la saison 1994, il séduit notamment par le jeu offensif qu'il fait pratiquer à ses joueurs (Franck Priou, Mickaël Madar, Johan Micoud...).
Bilan en trompe l'oeil avec le PSG (1994-1996)