La place Carnot est une place des quartiers d'Ainay et de Perrache, située dans le de Lyon, en France.

Odonymie Pendant le Premier Empire, la place est dénommée place des Victoires. Sa dénomination change ensuite au gré des régimes politiques. Elle est ainsi successivement la place Louis XVI sous Charles X, la place Louis XVIII de 1821 à 1848, la place de la Liberté pendant la révolution de 1848, la place de la République de 1848 à 1849, la place Napoléon de 1849 à 1871 et la place Perrache de 1871 à 1889.

Le nom de place Carnot lui est officiellement attribué, par délibération du conseil municipal du ., en honneur du général Lazare Carnot. Son petit-fils, le président Sadi Carnot, vient à Lyon la même année pour inaugurer sur cette place le Monument de la République, une allégorie de la Révolution.. Le second voyage à Lyon de Sadi Carnot lui est fatal, puisque c'est à cette occasion qu'il est assassiné par un anarchiste italien, le .

Histoire

Projets d'urbanisme Avant le , le confluent se trouvait à l'emplacement de la place, et des îles régulièrement inondées et inhabitées se trouvaient au sud. Antoine Michel Perrache propose en 1770 d'assécher ces marécages et de déplacer le confluent à leur extrémité sud, afin de gagner des terres agricoles fertiles et d'étendre la ville sur l'emprise des cours d'eau« Secteur urbain dit Presqu'île Perrache, puis Derrière les voûtes », Lyon arrondissement, Confluent, Inventaire topographique, culture.gouv.fr..

Lors de sa visite de Lyon en 1805, Napoléon , séduit par le site, projette d'y bâtir une résidence impériale. Les travaux sont entrepris en 1813 mais la fin de l'Empire, en 1815, les rend sans objet. Après un débat entre la Ville de Lyon et la Compagnie des travaux du midi, la première obtient en 1816 la rétrocession des terrains et décide de les vendre par lot, tout en prenant à sa charge l'aménagement d'une grande place carrée qui deviendra la place Carnot.

vignette|redresse|centré|La place Carnot était un pôle majeur du réseau de l'ancien tramway de Lyon.

Statuaire Monument à Napoléon Dès le début du Second Empire, en 1852, est élevé un monument dédié à Napoléon . Les architectes Pierre Manguin et Antonin Louvier ont œuvré au piédestal en marbre de de haut, le sculpteur Émilien de Nieuwerkerke a réalisé la statue équestre de l'empereur, Georges Diebolt a sculpté les allégories de La Loi sous les traits de Thémis, et de La Force sous les traits de Mars. La fonderie Eck et Durand a coulé les bronzes de l'ensembleCatalogue Sommaire des Musées de la Ville de Lyon, 1887 sur Wikisource.. La statue de Napoléon mesurait de haut ; les deux allégories chacune. À la chute du Second Empire en 1870, la représentation de l'empereur a été détruite et les deux bronzes latéraux ont été déplacés au palais Saint-Pierre, puis au palais des vingt-quatre colonnes.

Monument de la République En 1880, en prévision du centenaire de la Révolution, le conseiller municipal Bizet propose d'élever à Lyon une statue de la République. Un concours est organisé et, en 1887, Émile Peynot, lauréat, réalise la statue en bronze inaugurée en 1889 et qui se trouve toujours sur la place. L'architecte Victor-Auguste Blavette est chargé du piédestal de 15 mètres. Haute de 7,5 mètres, l'allégorie de la République caresse un lion de la main droite et tient un rameau d'olivier de sa main gauche. Elle domine six autres allégories juchées sur le piédestal : La Liberté, L'Égalité, La Fraternité, La Ville de Lyon, Le Rhône et La Saône. Les travaux du métro en 1975 contraignent à déplacer la statue. Les trois membres de la devise de la République sont déplacées dans le parc Bazin à cette occasion.

Humoristiquement il est à noter que la statue du petit-fils de Lazare Carnot, Sadi Carnot, président de la république assassiné à Lyon, se trouvait quant à elle place de la République, dans le 2e arrondissement, entretenant pendant 75 ans une confusion dans l'esprit des visiteurs de Lyon (celle-ci fut démantelée en 1975 et se trouve actuellement face à la Préfecture du Rhône).

Mémorial de la Shoah Le , est inauguré Le Mémorial de la Shoah de Lyon également appelé Les Rails de la Mémoire.

Aménagements modernes Sur le côté ouest de la place se trouvait la caserne Bissuel. Occupés par l'armée de sa construction en 1839 à sa désaffectation en 2004, ses locaux abritent l'université catholique de Lyon depuis 2005« La place Carnot », patrimoine-lyon.org..

Localisation vignette|redresse|Façade du 16, place Carnot, avec des cariatides de J. Brunel.

La place Carnot est à côté de la gare de Lyon-Perrache. Longée par la rue de Condé, on y accède par la rue Victor-Hugo, par les rues Henri-IV et Auguste-Comte. Au sud, elle suit le cours de Verdun et le centre d'échanges de Perrache. Des passages permettent de rejoindre le quartier de Sainte-Blandine et le cours Charlemagne, soit en passant par le hall de la gare de Perrache, soit en passant par les voûtes en dessous.

Activités Sur la place, se trouvent une aire de jeux d’enfants, un manège et un petit terrain de sports.

Événements vignette|Le marché de Noël, vu en novembre 2025 depuis le centre d'échanges de Perrache.

Marché de Noël La place accueille 140 chalets pour le marché de Noël de Lyon, qui se tient chaque année durant les quatre semaines précédant la fête.

Autres marchés Des producteurs fermiers s'installent le mercredi, de 16 heures à 19 heures 30, sur le côté nord de la place.

Notes et références

Catégorie:Place dans le 2e arrondissement de Lyon Catégorie:Voie de Lyon se référant à un nom d'homme Catégorie:Voie nommée d'après Lazare Carnot Catégorie:Ainay