L'ordre de succession présidentielle () définit qui devient président des États-Unis en cas de décès, d'incapacité, de démission ou de retrait (par et condamnation subséquente) d'un président en exercice ou d'un président élu.
Ordre de succession Le premier dans l'ordre de succession est le vice-président des États-Unis qui est élu en même temps que le président pour le remplacer en cas de mort, de démission, d'incapacité ou d’ de ce dernier. S'il venait à remplacer définitivement le président, il doit alors désigner obligatoirement un autre vice-président dont la nomination doit ensuite être confirmée par les deux chambres du Congrès ( amendement, 1967). Le deuxième sur la liste de succession, le président de la Chambre des représentants () ne deviendrait président des États-Unis ou n'exercerait cette fonction par intérim que si à la fois le président et le vice-président étaient empêchés.
Ci-dessous, la liste exhaustive des fonctions de l'ordre de succession présidentielle tel que défini par le avec leur titulaire actuel. Néanmoins, un responsable de la fonction, nommé par le président des États-Unis mais non encore confirmé par le Sénat ou non « éligible » au poste de président (si la personne n'est pas née américaine) est exclu de l'ordre de succession présidentielle. Légende – –
Numéro établi!scope=col|Numéro actuelFonction!scope=col|TitulaireÉligibilité!scope=col|Sceau 1 1 Vice-président des États-UnisJ. D. Vance Éligible60px 22Président de la Chambre des représentants des États-UnisMike Johnson Éligible60px 3 3Président pro tempore du SénatChuck Grassley Éligible60px 44Secrétaire d'ÉtatMarco Rubio Éligible60px 5 5Secrétaire au TrésorScott Bessent Éligible60px 6 6Secrétaire à la DéfensePete HegsethÉligible60px 7 7Procureur généralTodd BlancheÉligible60px 8 8Secrétaire à l'IntérieurDoug BurgumÉligible60px 9 9Secrétaire à l'Agriculture Brooke RollinsÉligible60px 10 10Secrétaire au CommerceHoward LutnickÉligible60px 11 11Secrétaire au Travail Lori Chavez-DeRemerÉligible60px 12 12Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux RFK Jr. Éligible60px 13 13Secrétaire au Logement et au Développement urbainScott TurnerÉligible60px 14 14Secrétaire aux TransportsSean DuffyÉligible60px 15 15Secrétaire à l'ÉnergieChris WrightÉligible60px 16 16Secrétaire à l'Éducation Linda McMahonÉligible60px 17 17Secrétaire aux Anciens CombattantsDoug CollinsÉligible60px 18 18Secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne MullinÉligible60px
Cas particuliers Les citoyens qui ne sont pas nés américains ne sont pas éligibles Un sujet de controverse a été le fait de savoir si les membres du cabinet qui sont devenus citoyens américains par naturalisation comme Carlos Gutierrez (né à Cuba), Elaine Chao (née à Taïwan) ou Sally Jewell (née au Royaume-Uni), secrétaires sous les administrations Bush et Obama, étaient constitutionnellement inéligibles pour remplacer le président au titre de l'article 2 de la Constitution des États-Unis qui établit les conditions d'éligibilité requises pour le poste de président à proprement parler. La même question se pose pour les membres de l'ordre de succession qui ont moins de 35 ans ou n'ont pas résidé aux États-Unis pendant 14 ans. Pour éviter un inutile litige constitutionnel dans ce qui serait probablement déjà une période de grande crise, le statut précise que même le président intérimaire () doit répondre aux exigences constitutionnelles de la fonction de président. Ainsi, les anciens secrétaires Gutierrez et Chao n'étaient pas admissibles à la fonction de président.
Ajout du secrétaire à la Sécurité intérieure À la suite des attentats du , fut créé en 2002 un département de la Sécurité intérieure avec à sa tête un secrétaire à la Sécurité intérieure siégeant au cabinet présidentiel. Le , le président George W. Bush signe l'ordre exécutif 3199 qui renouvelle le et amende le pour inclure le secrétaire à la Sécurité intérieure dans l'ordre de succession en dernière position où son statut de poste dernièrement créé au sein du cabinet le place par tradition (donc après le secrétaire aux Anciens combattants). La responsabilité de ce poste, surtout en cas de crise majeure qu'entrainerait la disparition ou l'empêchement du président et du vice-président, suggère qu'il soit mieux placé dans l'ordre de succession. Aussi durant le Congrès, un projet de législation est présenté pour placer le secrétaire à la Sécurité intérieure après le procureur général dans l'ordre de succession mais le projet de loi expire à la fin de la législature sans avoir été voté et n'est pas représenté.
Les membres temporaires sont inéligibles Pour figurer dans l'ordre de succession, les membres doivent avoir été confirmés dans leur fonction par le Sénat, avant la mort, la démission, le retrait du président ou l'incapacité ou de toute autre défaillance pour qualifier le président pro tempore du Sénat. Par conséquent, les membres du Cabinet qui n'ont pas été confirmés dans leur fonction ne peuvent pas se trouver dans l'ordre de succession.
Cependant, la manière dont la loi concernée est rédigée pourrait accepter comme successeur légitime les membres intérimaires ayant précédemment été nommés et confirmés par le Sénat au poste d'adjoint (Deputy) du poste dont ils assurent l’intérim.
Les membres du Cabinet présidentiel qui ne sont pas à la tête de départements, le chef de cabinet de la Maison-Blanche par exemple, ne peuvent y figurer non plus.
Fondements constitutionnels L'ordre de succession est mentionné à trois endroits différents dans la Constitution américaine : dans l'article 2, section 1, dans le (1933) section 3 et dans le (1967). L'article 2, section 1, clause 6, fait du vice-président le premier dans l'ordre de succession et autorise le Congrès à traiter par la loi dans les cas où ni le président ni le vice-président ne peuvent exercer leurs fonctions. La version actuelle de la loi relative à la succession est le . La section 3 du , ratifié en 1933, indique que si le « président élu » meurt avant le début de son mandat, le « vice-président élu » devient président lors de l’ et remplit le mandat complet pour lequel le président décédé avait été élu. Cette section indique aussi que si, le jour de l', un président n'a pas été choisi ou que le président élu n'est pas qualifié pour la présidence, le vice-président agit comme président jusqu'à ce que le président soit choisi ou que le président élu soit qualifié. Enfin, la section 3 permet au Congrès de résoudre par la loi les cas où ni un président élu, ni un vice-président élu ne sont éligibles ou disponibles pour exercer leurs fonctions. Le , ratifié en 1967, clarifie l'article 2, section 1, en précisant que le vice-président est le successeur direct du président. Il devient président si le président meurt, démissionne ou est démis de sa charge. Le même amendement traite également de la situation où le président est temporairement en incapacité, comme dans le cas d'une opération chirurgicale ou s'il devient mentalement instable. Enfin, il précise aussi qu'en cas de vacance de la vice-présidence, le président doit désigner un nouveau vice-président dont la nomination doit être confirmée par le Congrès. Auparavant, quand le vice-président occupait la présidence ou quittait son poste à la suite d'une démission, d'une destitution, d'un décès ou pour d'autres raisons, la vice-présidence restait vacante jusqu'à la fin du mandat.
Président par intérim et président vignette|275px|Lyndon Johnson prêtant serment comme président des États-Unis à bord d’Air Force One, peu après l’assassinat de John F. Kennedy
L'article 2, section 1 indique que :
Cela laisse à l'origine ouvert la question de savoir si « the same » fait référence au « the said office » (« dite charge ») ou seulement « the powers and duties of the said office »" (« les pouvoirs et les devoirs de la dite charge »). Certains historiens argumentent que l'intention de ceux qui ont ainsi encadré la Constitution étaient que le vice-président resterait vice-président lorsqu'il exercerait les pouvoirs et les devoirs de la présidence. Cependant, il y a aussi beaucoup d'éléments pour une interprétation contraire, le plus impérieux étant l'article , section 2, de la Constitution elle-même, dont le texte dit :
Ce texte apparait répondre à la question hypothétique si la « charge » (the office) ou simplement les « pouvoirs » de la présidence sont délégués au vice-président lors de la succession. Ainsi, le redéclare et réaffirme simplement la validité du précédent existant, en y ajoutant juste de nouveaux protocoles en cas d'incapacité présidentielle. Mais bien sûr, tout le monde n'était pas d'accord avec cette interprétation lors de sa première mise à l'épreuve en 1841 : il fut laissé à John Tyler, le premier à assurer une succession présidentielle dans l'histoire des États-Unis, d'établir le précédent qui fut respecté en l'absence de .
vignette|gauche|En 1841, John Tyler devint la première personne à prendre une succession à la présidence. À la mort du président William Henry Harrison en 1841, après une brève hésitation, le vice-président John Tyler adopta la position qu'il était le président et non simplement , à la prestation de serment de sa fonction présidentielle. Il alla même jusqu'à retourner le courrier envoyé à l’Acting President of the United States.
Ce précédent fut suivi par la suite, et fut clarifié en 1967 par la section 1 du de la Constitution des États-Unis qui spécifie : « En cas de révocation du président de sa charge ou de son décès ou de sa démission, le vice-président devient président ». L'amendement ne spécifie pas si les officers autres que le vice-président peuvent devenir président plutôt que président par intérim dans les mêmes circonstances. Cependant, le Presidential Succession Act rend clair que quiconque prend la charge sous ces dispositions « agit seulement comme président » . Seulement quelqu'un servant comme vice-président peut hériter du titre de président des États-Unis.
Histoire de la loi de succession instaurée par le Congrès
Le Presidential Succession Act de 1792 fut la première loi de succession votée par le Congrès. Cette loi prêta à contentieux à cause du conflit entre les fédéralistes et les républicains-démocrates. Les fédéralistes ne voulaient pas que le secrétaire d'État apparaisse dans la liste juste après le vice-président car Thomas Jefferson était alors le secrétaire d'État et était devenu l'un des leaders démocrates-républicains. Il y avait aussi des problèmes concernant le Chief Justice des États-Unis car cela allait contre la séparation des pouvoirs. Le compromis qui fut trouvé est que le président pro tempore du Sénat fut le suivant sur la ligne de succession après le vice-président, suivi par le président de la Chambre des représentants. Dans les deux cas, ces officers devaient « agir comme président des États-Unis jusqu'à ce que l'incapacité disparaisse ou qu'un président soit élu ». La loi appelait à une élection extraordinaire pour le mois de novembre de l'année dans laquelle la double vacance du pouvoir s'était produite (sauf les vacances intervenues après le premier mercredi d'octobre, dans ce cas l'élection aurait lieu l'année suivante; ou sauf si les vacances interviennent la dernière année du mandat présidentiel, dans ce cas l'élection suivante se déroulerait à la date normale prévue). Le président et le vice-président ainsi élus par le peuple dans une telle élection extraordinaire aurait eu un mandat entier de quatre ans qui débuterait le de l'année suivante, mais une telle élection n'eut jamais lieu.
En 1881, après la mort du président Garfield puis en 1885, à la mort du vice-président Hendricks, il n'y avait pas de président pro tempore en poste, et comme la nouvelle Chambre des Représentants dut en convenir, ni de speaker non plus, sans personne pour assurer l'intérim.