Le RIM-161 (ou simplement ), conçu par la société américaine Raytheon, complète le système de combat Aegis (« Égide ») dans le domaine de la lutte maritime contre les missiles balistiques à courte et moyenne portée. Il est ainsi tiré depuis les navires disposant de l'Aegis, qui peuvent l'utiliser efficacement avec leur radar SPY.

Cette arme a été développée pour lAegis Ballistic Missile Defense System dans le cadre de la défense antimissile, l'un des programmes les plus importants de la Défense américaine.

Historique Le premier tir d'essai a eu lieu en . Le missile est opérationnel en 2008 dans la , la Force maritime d'autodéfense japonaise ainsi que dans la marine royale néerlandaise depuis des navires équipés de systèmes de lancement verticaux Mark 41.

Bien que principalement conçu comme un missile antibalistique, le peut également être employé dans la lutte antisatellite, lorsque ces derniers se trouvent dans leurs orbites les plus basses. Il s'agit d'une amélioration du Standard .

En , le Japon a procédé à un essai réussi d'un depuis le JDS Kongo JDS (DDG-173) contre un missile balistique. C'était la première fois qu'un navire japonais était utilisé pour lancer le missile intercepteur au cours d'un test de l. Dans ses précédents essais, la Marine japonaise avait « seulement » été chargée du suivi et de la communication.

vignette|gauche|Le , abritant de la en Roumanie, est un des éléments du système de défense antimissile de l'OTAN depuis 2015. En 2009, le gouvernement américain a annoncé son intention de déployer une version terrestre du en Europe dans les années 2010... Le premier site à Deveselu, en Roumanie, est opérationnel en . et le second à Redzikowo, en Pologne, devrait l'être en 2018....

Début , et sont livrés aux marines américaine et japonaise. et un contrat de de dollars est signé pour la livraison de et . La valeur totale du contrat concernant l'ensemble de ces missiles est de de dollars pour Raytheon..

Caractéristiques

vignette|centre|redresse=4|Profil du et du . Le en 2020 sera plus gros.

Le missile Ce missile surface-air dispose d'une liaison de données cryptée avec le navire de guerre lanceur permettant de contrôler l'arme pendant le vol. Son coût unitaire est estimé à de dollars américains en 2009, les versions améliorées en développement à cette date coûteront entre de dollars..

L'arme dispose de quatre étages : le propulseur d'appoint , permettant de lancer le missile depuis le vaisseau ; un moteur « double-poussée » [une phase l'accélération et une phase de maintien de la vitesse] (en) , qui prend le relais juste après le lancement pendant la phase de guidage en vol vers la cible ; le moteur « troisième étage » , qui pousse le missile hors de l'atmosphère ; la tête cinétique .

À l'extinction de ce moteur, à environ de l'impact avec la cible, ce troisième étage se renverse et éjecte la tête cinétique (la « », ou en anglais). Cette tête dispose d'un système de manœuvre extra-atmosphérique (SDACS : ), piloté par un capteur infrarouge à longue portée de détection. Ce système permet de manœuvrer la tête jusqu'à la cible, et d'identifier l'endroit optimum de collision pour obtenir la meilleure chance de détruire la cible.

Le ne dispose pas d'une tête équipée d'une charge explosive, mais d'une masse métallique nommée (LEAP) (en ), qui est propulsée à plus de par les deuxième et troisième étages. La masse de la tête, couplée à une vitesse très élevée, permet de détruire la cible avec une énergie cinétique équivalente à celle d'un train de se déplaçant à Standard Missile-3 sur le site de Raytheon..

Caractéristiques du La version est censée entrer en service en 2018 dans l’installation « », en Pologne. : Portée opérationnelle : ; Plafond : ; Vitesse : ().

Fonctionnement du système d'armes Le radar AN/SPY-1 du navire détecte la cible balistique et le système d'arme Aegis calcule une solution de tir sur la cible. Lorsque le missile est paré au lancement, le moteur fusée d'appoint Aerojet à propergol solide lance le hors du navire et de son système de lancement vertical (VLS) . Le missile établit ensuite la communication avec le navire de lancement et la poursuite de la cible peut débuter.

Une fois que le propulseur d'appoint a brûlé son combustible, il se détache et c'est au tour du moteur fusée Aerojet à propergol solide et double poussée [une phase l'accélération et une phase de maintien de la vitesse] (DTRM, ) (en) de prendre en charge la propulsion dans l'atmosphère. Le missile reçoit de manière continue jusqu'à mi-parcours des informations d'orientation du navire de lancement et est également aidé par des données GPS.

C'est au tour du moteur fusée ATK à propergol solide (TSRM, ) du troisième étage de se mettre à feu et d'engager la phase finale de la poursuite, en dehors de l'atmosphère s'il le faut. Le TSRM assure la propulsion du jusqu'à pour permettre l'interception. Une fois ce temps écoulé, le TSRM se sépare et le « projectile léger hors atmosphère » (LEAP) à ogive cinétique (KW) commence à chercher sa cible en utilisant des données de pointage issues du navire de lancement. Un dispositif de petites fusées ATK et un système de contrôle d'attitude (SDACS) permettent à l'ogive de manœuvrer dans la phase finale de l'engagement.

Les capteurs de l'ogive cinétique identifient la cible en s'assurant que la tête cinétique demeure continuellement pointée sur son objectif. Si l'ogive (KW) intercepte sa cible, elle dégage d'énergie cinétique au point d'impact.

Faits d'armes

Son premier tir contre une cible réelle a eu lieu dans le rôle de missile antisatellite lors de la destruction à d'altitude du satellite espion américain en perdition USA-193, le .

Le , les États-Unis avaient annoncé leur intention d'utiliser un missile modifié depuis un groupe de trois navires dans le Pacifique Nord, afin de détruire un satellite d'espionnage américain en perdition, l'USA-193, à une altitude de nautiques () peu de temps avant sa rentrée atmosphérique. Les autorités avaient indiqué qu'elles souhaitaient réduire le danger pour les êtres humains d'une rentrée en atmosphère non contrôlée. Le satellite contenait en effet une substance toxique, l'hydrazine, un carburant transporté par le satellite. Un porte-parole avait déclaré que les logiciels associés au ne nécessiteraient pas d'importantes modifications pour atteindre le satellite, reconnaissant, tout de même que le missile n'avait pas été conçu en tant qu'ASAT (arme antisatellite).

Le à UTC, l', un croiseur lance-missiles de la classe Ticonderoga, a tiré un seul qui a frappé et détruit avec succès le satellite à une vitesse d'environ (), alors que le satellite se trouvait à () au-dessus de l'océan Pacifique. L’, l’, des unités sur terre, en l'air, sur mer et également des capteurs spatiaux ont participé à l'opération.

Le , le deuxième essai de la version a été mené avec succès par les forces armées conjointes américano-japonaises. La firme Raytheon, à la suite de ces résultats, a reçu une commande le pour la production , avec une enveloppe de de dollars.

Dans la crise américano-nord-coréenne d', c'est ce missile que l'armée américaine aurait pu utiliser pour détruire les tirs de missiles nord coréens en direction de l'île de Guam..

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Missile antibalistique USA-193

Liens externes . .

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