Le duché de Vasconie, qui deviendra la Gascogne vers la fin du , est une région située entre l'Aquitaine au nord de la Garonne et les Pyrénées. Peuplé par des Aquitains qui se latinisent progressivement, le duché est dominé politiquement et militairement par les Vascons situés au sud des Pyrénées. Le duché de Vasconie profite au début du Moyen Âge de l'éloignement du pouvoir mérovingien, situé dans le nord de la Loire. Aussi des seigneurs locaux, sans délégation des rois Mérovingiens, s'intitulent duc de Vasconie jusqu'en 864, puis d'autres comte de Gascogne à partir de Garcia II Sanche, comte de Gascogne dit le Courbé, pour lequel « Aucun document contemporain ne livre les origines au-delà de son père, Sanche, qu’un charte tardive qualifie de roi... Les historiens se partagent quant à son origine. Certains⁰ se bornent à la déclarer inconnue, d’autres en font un prince de Navarre, et d’autres enfin le rattachent fermement aux précédents comtes Gascons ». Pendant plusieurs siècles, les historiens ont considéré la maison de Gascogne comme issue des Mérovingiens, s'appuyant notamment sur la Charte d'Alaon, reconnue depuis comme un faux. L'influence vasconne est bien moindre depuis que ces derniers ont obtenu au sud des Pyrénées le "Royaume de Navarre" en 824 (cette dénomination n'est avérée qu'au Xe siècle), et une coupure linguistique se fait avec les populations locales qui sont de plus en plus latinisées.

La plus ancienne généalogie est mentionnée par la charte d'Alaon et reprise par Monlesun mais cette charte s'est révélée être un faux forgé au . Le manque de documents contemporains oblige à recourir aux hypothèses pour dresser la liste des ducs de Vasconie puis des comtes de Gascogne.

Nomenclature Dans la liste ci-dessous, les ducs et les comtes de Gascogne sont énumérés en fonction de leur nom gascon (sur la base de l'orthographe courante en gascon, et non pas de l'orthographe médiévale qui a fluctué).

Afin de bien comprendre la liste des noms des ducs et comtes de Gascogne, certaines explications sont nécessaires. La raison en est que ces noms sont enregistrés dans le cadre d'un nombre déconcertant de variantes, ce qui rend l'identification très difficile. Ces ducs et ces comtes étaient des chefs de clans de Vascons (Pays basque actuel) qui a dominé la Vasconie ou Waskonia (Gasconia à la fin du ) et leurs noms étaient également en basque médiéval. Toutefois, comme le gascon a progressivement remplacé la langue aquitaine, proche du basque, leurs noms ont également été relevés en gascon. En effet, les ducs de Gascogne ont probablement eux-mêmes adoptés le gascon, ce qui se reflète par la baisse de l'utilisation des noms authentiquement basques chez les derniers ducs.

Dans les documents écrits, leurs noms sont habituellement enregistrés en latin qui était la langue utilisée à l'époque par ceux qui savaient écrire. Aujourd'hui, leurs noms sont souvent trouvés dans leur version française, et aussi parfois dans leur version espagnole. Un exemple : le nom basque (qui signifie « le loup ») a été traduit littéralement par Lop en gascon, Lupus en latin, Loup en français et Lope (Lobo) en espagnol. Ainsi, le duc de Vasconie Otsoa II peut être connu par un quelconque de ces noms, qui confond les gens peu habitués à l'aspect linguistique local. En outre, à l'intérieur d'une même langue, il existe de nombreuses variantes, comme c'est le cas pour le nom basque (du latin sanctus, qui signifie « saint »), que l'on peut trouver dans des documents basques sous la forme Antso, Sanzio, Santio, Sanxo, Sancio, etc.

Habituellement, les ducs et les comtes de Gascogne portaient deux noms, le premier étant leur prénom et le second le prénom de leur père (par exemple, le duc Sanche Ier Loup, qui signifie: Duc Sanche Ier, fils de Loup). Cette coutume a généré plus tard les noms de famille espagnols avec l'ajout du suffixe - ez qui signifie « fils de ». Juan Sánchez signifiant littéralement « Jean, fils de Sanche ». Pour quelques ducs de Gascogne, le deuxième nom n'est pas le prénom de leur père, mais plutôt un surnom qu'ils ont acquis au fil du temps et qui a remplacé le prénom de leur père, tel que le célèbre duc Sans III Mitarra, où Mitarra n'est pas le nom de son père mais un surnom d'origine arabe.

Bien que, tous les différents noms sous lesquels les ducs de Gascogne sont connus ne sont que des versions différentes d'un même nom dans différentes langues, il convient de noter qu'il y a tout de même un duc de Gascogne connu sous deux noms complètement différents et non pas deux versions du même nom : le duc Séguin, Semen de son nom basque (parfois écrit Semeno, Xemen, Ximen ou Jimeno). Personne ne sait avec certitude si Semen est la version basque du nom biblique ou un nom basque, basé sur le mot seme (qui signifie « fils »). D'autre part, Seguin (en gascon moderne Siguin) est un nom d'origine germanique : sig qui signifie « victoire » (cf. allemand moderne Sieg) et win signifiant « ami ».

Il a été suggéré que certains noms apparemment basques ne sont que des corruptions d'anciens noms germaniques. Par exemple, Garsinde conduisant à GarseanLe lien entre Garsinde et est peu vraisemblable, les prénoms en -sinde, comme ceux en -hilde et en -garde, étant féminins. L'origine germanique de Toda et Dadildis l'est beaucoup plus, et celle d' est certaine., Gendolf ou Centulf à Centule, Aginald ou Hunnald à Eneko (en Flandres et en frison demeure encore une forme raccourcie des deux premiers noms francs), Aginard à , Belasgytta ou Wallagotha à Velasquita, Belasgutho à , Arnoald à , Theuda à Toda, Theudahilda à Dadildis ou Dedadils. Peut-être que l'intermariage d'Hispano-gothiques avec des magnats de la population basque a conduit à la modification des noms gothiques en des variantes basques.

Liste des comtes et ducs L'entité politique précédente est la Novempopulanie. Les chroniqueurs de l'époque mérovingienne donnent le nom de « Wasconia »Le chroniqueur franc, Grégoire de Tours, parle en 587 de la « Wasconia » avec un « W ». Grâce à ses écrits, on sait que ce territoire subira sa troisième grande invasion, après celles des Romains et des Wisigoths, c'est-à-dire celle des « Franks ». au duché d'Aquitaine de Félix à WaïfreRevue de l'Agenais et des anciennes provinces du Sud-Ouest, Académie des sciences, lettres et arts (Agen), Volume 18, 1891.

Ducs de Vasconie (vassaux des Francs) 602-626 : Genialis 626-638 : Aighinan 638-660 : Amand

Ducs d'Aquitaine et de Vasconie (indépendance de facto) 660-670 : Félix duc d'Aquitaine et de Vasconie 670-688 : Loup de Vasconie et d'Aquitaine 688-735 : Eudes d'Aquitaine et de Vasconie, fils du précédent 735-748 : Hunald d'Aquitaine et de Vasconie, fils du précédent 748-768 : Gaïfier ou Waïfre d'Aquitaine et de Vasconie, frère du précédent 769 : Hunald II d'Aquitaine et de Vasconie, fils du précédent

Ducs de Vasconie vassaux des Francs et du Royaume d'Aquitaine 768-770 : Loup II († 778), duc de Vasconie, descendant peut-être de Loup 801-812 : Sanche () Loup († 816), « princeps » des Vascons, fils de Loup IIChristian Settipani, Ibid, page 78.

vassaux des Vascons 812-816 : Semen Loup, duc de Vasconie. Père du futur roi de Pampelune Eneko Arista 816-818 : Garcia Semen, duc de Vasconie 818-819 : Loup III Centulle et Garcia () Semen († 819), fils d’un Centulle, lui-même fils possible de Loup IICentulle est parfois considéré comme petit-fils de Loup II, mais cette hypothèse pose quelques problèmes d'ordre chronologiques. Christian Settipani, Ibid, page 78-79.. N’ayant pas eu de descendance, Loup est le dernier de la lignée des Eudes de Vasconie

vassaux des Francs et du Royaume d'Aquitaine 820-836 : Aznar Sanche († 836), comte de Vasconie citérieur, Jaca et de Fezensac, fils de Sanche LoupChristian Settipani, Ibid, page 79 et 81. 836-855 : Sanche II Sanche de Vasconie Menditarra ou Mitarra († 864), comte puis duc (en 851) de Gascogne, frère du précédentChristian Settipani, Ibid, page 79-81. 855-864 : Arnaud de Vasconie († 864), duc de Vasconie, fils d’Emenon, comte de Poitiers, et d’une sœur d’Aznar Sanche et de Sanche SancheChristian Settipani, Ibid, page 80-81.

Maison des comtes de Gascogne Pendant plusieurs siècles, les historiens ont considéré la maison de Gascogne comme issue des Mérovingiens, s'appuyant notamment sur la Charte d'Alaon, reconnue depuis comme un fauxGénéalogie de Garcia sur le site Medieval Lands. 886-920 : Garcie Sanche, dit le Courbé , comte de Gascogne, fils d’un Sanche, peut-être fils de Sanche Sanche 920-955 : Sanche Garcie († 955), comte de Gascogne, fils du précédent 955-961 : Sanche († 961), comte de Gascogne, fils du précédent 961-996 : Guillaume Sanche († 996), comte de Gascogne, frère du précédent 996-1009 : Bernard Guillaume († 1009), comte de Gascogne, fils du précédent 1009-1032 : Sanche Guillaume († 1032), comte de Gascogne, frère du précédent

Maison de Poitiers (1032) 1032-1039 : Eudes de Poitiers († 1039), neveu du précédent, comte de Gascogne, de Poitiers et duc d’Aquitaine, fils de Guillaume V, duc d'Aquitaine et de Brisque de Gascogne (fille de Guillaume Sanche)

Maison d'Armagnac 1039-1062 : Bernard TumapalerGénéalogie de Bernard Tumpaler sur le site Medieval Lands († 1090), neveu du précédent, comte d’Armagnac puis de Gascogne, fils de Géraud d'Armagnac, comte d’Armagnac, et d’Adalaïs d'Aquitaine (sœur d’Eudes de Poitiers)

Maison de Poitiers (1062) 1062-1086 : Gui-Geoffroy-Guillaume VIII, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers. Demi-frère d’Eudes, mais étranger à la dynastie de Vasconie, il s'empare par la force du duché (bataille de La Castelle) et le rattache à l'Aquitaine

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Duché de Vasconie Gascogne#Les_ducs_et_comtes_de_Gascogne

Gascogne Gascogne Gascogne Catégorie:Duc de Gascogne