Marthe Simard, née Marthe Marie Amélie Angèle Caillaud le à Bordj Menaïel (Algérie) et morte Marthe Simard-Reid le à Québec (Canada), est une femme politique franco-canadienne.
Fondatrice en du Comité France libre de Québec, elle est la première femme française à avoir siégé dans une assemblée parlementaire..
Biographie
Famille Marthe Simard, née Marthe Caillaud, est fille d'un avocat qui devient magistrat. Par sa mère Emma Paoli, elle est originaire de Corse. Sa naissance représente la quatrième generation de sa famille en Algérie.
Elle épouse en premières noces Socrate Bastenti, qui meurt précocement, la laissant seule avec leur fille. Elle retourne vivre chez ses parents, désormais installés à Douai.
En , elle part vivre au Québec où elle suit son nouveau mari, le docteur canadien André Simard, petit-fils de l’ancien premier ministre du Québec Félix-Gabriel Marchand.. Elle prend alors la nationalité canadienne, mais ne reste pas indifférente aux événements qui se déroulent en Europe, notamment en France. Marthe Simard organise dès 1939, depuis le Québec, une aide matérielle en médicaments et en vivres pour les familles de militaires français..
Son action L'appel londonien du général de Gaulle le , sonne pour elle comme le signe de la nécessaire mobilisation, outre-Atlantique, de tous les moyens pour servir la cause de la France libre. Depuis les studios de la BBC, le général sollicite le soutien et le secours des Canadiens français. Marthe Simard expose au Canada l'action de la France libre et celle du général de Gaulle, qui ne bénéficie pas toujours d'une bonne image auprès des dirigeants canadiens ou américains.
Marthe Simard crée des Comités de la France libre et s'exprime sur Radio Canada pour faire entendre sa voix. Le , de Gaulle promet que . Aidée par son époux et d'autres personnalités, elle œuvre pour que le Canada contribue à l'effort de guerre et participe à la libération de la France : le , le gouvernement canadien rompt ses relations avec celui de Vichy.
En attendant la Libération et la mise en forme juridique de cet engagement, la France libre se dote d'une représentation nationale provisoire. L'ordonnance du , à Alger, donne naissance à l'Assemblée consultative provisoire. Ses membresL'Assemblée est composée de 84 délégués, dont 40 sont des représentants des organismes de la résistance intérieure, 12 sont issus de la résistance extra-métropolitaine, dont 5 viennent des 800 Comités de la France libre dans le monde. Les autres délégués proviennent de la Chambre des députés, du Sénat, des conseils généraux de France et 12 élus par les territoires d'outre-mer ralliés à la France libre. ne sont pas tous élus mais choisis. Parmi eux, pour la première fois, siège une femme : Marthe Simard, nommée le , après avoir été désignée par les représentants des mouvements de la Résistance extérieure pour y représenter le Canada.
Le , elle s'exprime pour la première fois à l'Assemblée d'Alger .
En , l'Assemblée quitte Alger pour Paris, elle s'installe au palais du Luxembourg, Marthe Simard est alors l'une des dix femmes parlementaires aux côtés notamment de Lucie Aubrac, Gilberte Brossolette, Marie-Hélène Lefaucheux, Mathilde Péri, Andrée Viénot, Madeleine Braun, qui deviendra en 1946 la première femme vice-présidente de l'Assemblée nationale..
Prise de position féministe Signée à Alger le , une ordonnance du gouvernement provisoire présidé par le général de Gaulle reconnaît aux femmes la qualité de citoyennes, c'est-à-dire le droit de vote , et la possibilité d'être élues. Marthe Simard n'est pas encore à Alger quand cette décision est prise. Dès son arrivée, elle déclare le , aux Dernières Nouvelles d'Alger, qu'elle se fera la porte-parole des espoirs féministes. Elle approuve la décision du général de donner le droit de vote aux femmes ..
Décorations . Sur proposition d'André Malraux, elle est nommée chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur dès la première promotion de la Libération, la promotion « Victoire » du . Elle lui sera remise quelques jours plus tard au consulat de France du Québec. (décret du ).
Odonymie Il existe à Paris une place Marthe-Simard depuis 2011 et une rue Marthe-Simard à Rennes depuis 2015. vignette|center|Plaque de la place Marthe-Simard à Paris.
Hommages Une plaque « Ici vécut » de la ville de Québec est présente au 59, rue d'Auteuil, en son honneur, pour indiquer son ancien lieu de résidence. vignette|center|59, rue D'Auteuil, Québec. vignette|center|Plaque apposée à la maison.
Bibliographie
Frédéric Smith, "La France appelle votre secours". Québec et la France libre, 1940-1945, VLB Éditeur, Montréal, 2012, 296 p.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Assemblée consultative provisoire Féminisme France libre
Liens externes
Un Français Libre parmi 52 200 - Marthe Simard La citoyenneté politique des femmes, Assemblée nationale La liberté retrouvée, la souveraineté restaurée - Le vote des femmes, Sénat
Catégorie:Naissance en avril 1901 Catégorie:Naissance à Bordj Menaïel Catégorie:Décès en mars 1993 Catégorie:Décès à Québec Catégorie:Décès à 91 ans Catégorie:Résistante française Catégorie:Personnalité de la France libre Catégorie:Femme politique française Catégorie:Pionnière française en politique Catégorie:Membre de l'Assemblée consultative provisoire Catégorie:Résistante canadienne Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1946 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Pionnière canadienne en politique