thumb|Prisonniers de guerre français après la déroute française en 1940.Cet article aborde le traitement des prisonniers de guerre au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Nombre de prisonniers de guerre par pays

Par ordre décroissant.

Armées Nombre de prisonniers de guerre 4 à 5,7 millions de prisonniers capturés par l'Allemagne (2,7 à morts en captivité) 2,7 à de prisonniers capturés par l'URSS ( à morts en captivité) Un nombre inconnu de prisonniers capturés dans les pays sous occupation allemande. 1,3 million de disparus 1,8 million de prisonniers capturés par l'Allemagne. entre 1940 et 1945. prisonniers ( par l'Allemagne, capturés par l'URSS) env. prisonniers ( capturés en Europe) env. prisonniers ( capturés par l'Allemagne)

Front de l'Ouest

En règle générale, la majorité des prisonniers de guerre sur le front de l'Ouest et durant la guerre du désert ont eu un traitement en accord avec les conventions de Genève.

Certains prisonniers de guerre, condamnés par les tribunaux militaires allemands pour insubordination, rapports avec des femmes allemandes ou faits de droit commun, furent soumis à un régime très sévère, voire quasi concentrationnaire, comme à la forteresse de Graudenz.

right|thumb|Représentation d'un wagon de la SNCF transportant des prisonniers de guerre américains vers l'Allemagne.

Une estimation fait état de parmi les Britanniques et Américains fait prisonnier par l'Allemagne, soit un taux de perte de 3,6 % NAZI PERSECUTION OF SOVIET PRISONERS OF WAR USHMM.

Prisonniers allemands

Pendant la guerre, les armées des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et de l'Australie ont de manière générale traité les prisonniers de l'Axe en stricte conformité avec la Convention de Genève (1929). Certaines violations ont cependant été constatées. Selon Stephen E. Ambrose, des quelque combattants américains qu'il a interrogés, un seul a admis avoir tué un prisonnier. Cependant, un tiers lui ont dit qu'ils avaient vu des soldats américains tuer des prisonniers allemands.

Devant l'afflux de prisonniers à la fin de la guerre, les États-Unis créent la désignation de « forces ennemies désarmées » (DEF) afin de ne pas traiter les détenus comme prisonniers de guerre. Un grand nombre de ces soldats ont été maintenus dans des champs ouverts dans divers Rheinwiesenlagers.

Après la capitulation de l'Allemagne en , de nombreux prisonniers allemands sont contraints au travail forcé dans des pays comme le Royaume-Uni et la France. Beaucoup meurent lors d'opérations de déminage.

En 1946, le Royaume-Uni détient plus de prisonniers allemands. En 1947, le Ministère de l'Agriculture s'oppose au rapatriement des prisonniers allemands car ils représentent 25 % de la main-d'œuvre agricole.

À l'automne 1945, la Croix Rouge Internationale est autorisée à fournir de l'aide telle que de la nourriture et à visiter les camps de prisonniers dans les zones d'occupation britannique et française de l'Allemagne et, à partir du , dans la zone d'occupation américaine. « Lors de leurs visites, les délégués ont fait observer que les prisonniers de guerre allemands sont souvent détenus dans des conditions effroyables. Ils ont attiré l'attention des autorités sur ce fait, et peu à peu réussi à obtenir certaines améliorations ».

Des transferts de prisonniers ont lieu entre les Alliés. allemands sont transférés au camp de concentration de Sachsenhausen sous administration soviétique.

Entre 1945 et 1948, la France a détenu dont , soit 22,4 % du total des prisonniers de guerre allemands, équivalent au contingent en Occident au de 1947 Maschke, Die deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. Eine Zusammenfassung, vol. XV, Ed. Gieseking, 1974, p. 194-197. n’ont pas été capturés par ses armées mais cédés, principalement par les Américains (), entre et . À partir d’, la plupart furent rapatriés, les autres ( de guerre) optant pour un statut de travailleur civil libre. Ces prisonniers seront principalement employés dans l'industrie, l'agriculture ou pour des missions dangereuses. Sur les de guerre officiellement décédés, furent victimes des conditions de vie dans les dépôts françaisFabien Théofilakis, « Les prisonniers de guerre allemands en mains françaises dans les mémoires nationales en France et en Allemagne après 1945 », Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, mis en ligne le janvier 2010. Les campagnes de déminage feront français et allemands.

Les conditions de détention sont d'abord difficiles mais progressivement le régime de détention s'assouplit (dimanche accordé, statut de salarié libre, loisir et sexualité possibles mais cachées)Gaspard Delon, « Les prisonniers de guerre allemands dans la France de l’immédiat après-guerre », documentaire Les tabous de l'histoire sur Arte, 29 mai 2005.

Une réplique d'une annexe d'un camp de prisonniers de guerre français de la Seconde Guerre mondiale est exposée dans une des maisons de l'écomusée Roscheider Hof de Konz en Allemagne.

Prisonniers américains

Prisonniers belges

Prisonniers britanniques

Prisonniers français thumb|Chambre des prisonniers de guerre français à l'écomusée Roscheider Hof. Ils furent environ , tous capturés par les Allemands. Ils furent envoyés dans des camps en Allemagne mais le sort des Français noirs fut parfois différent et donna lieu à un certain nombre de crimes de guerre. Prisonniers italiens thumb|Soldats italiens détenus par les Britanniques en Libye, en 1941.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus de des prisonniers de guerre détenus aux États-Unis étaient italiens.

En , Mussolini est renversé. L'Italie rejoint le camp des Alliés. Cela ne change en rien le sort des prisonniers de guerre italiens qui restent internés en raison de la pénurie de main-d'œuvre au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Prisonniers russes Opération Keelhaul

Front de l'Est En règle générale, les conventions de Genève ne sont pas respectés sur le front de l'est, et les prisonniers, quand ils ne sont pas abattus sur place, sont généralement mal nourris et utilisés comme travailleurs forcés. Les chances de survie sont réduites.

Prisonniers soviétiques

L'armée allemande a fait environ de prisonniers soviétiques (de 5,4 à 5,7 selon les sources).

Les plans de l'opération Barbarossa prévoient l'encerclement et la capture d'armées entières, mais rien pour gérer la masse de prisonniers qui doit nécessairement en résulter (dans les faits, environ seront effectivement capturés dans la première phase). En fait, le régime nazi et son armée considéraient les slaves comme des sous-hommes, destinés à l'esclavage ou à l'extermination, et n'aura donc aucun scrupule à maltraiter ceux qui se rendent, quand ils ne sont pas abattus sur place : on estime qu'environ ont été exécutés lors de leur captureDictionnaire de la Shoah, p. 422.

L'URSS n'étant pas signataire des conventions de Genève, la wehrmacht en tire prétexte pour écarter la croix-rouge. Bien que l'armée allemande dispose d'autant de nourriture qu'elle veut, elle ne nourrit pas ces prisonniers. Les transferts vers des camps se font par marches forcées, ou entassés dans des wagons dans des conditions déplorables, ce qui cause aussi de nombreux décès. Dans les camps la situation est terrible : épidémies, diminution des rations alimentaires, travail forcé. De nombreux prisonniers meurent de faim. Une partie est envoyée en AllemagneCela inclut l'Alsace-Moselle annexée, où des prisonniers de guerre soviétiques sont main d'œuvre forcée dans l'industrie métallurgique : Paul Brenneur, « Les nécropoles soviétiques en Lorraine », dans Le Pays lorrain, année, 1989, , (lire en ligne) où le manque de main d’œuvre est criant. D'autres servent de cobayes ; les premiers tests d'extermination à (au monoxyde de carbone ou au ) sont conduits sur des prisonniers soviétiques..

En , déjà, sur les alors capturés, sont morts (plus de 70 %). Par la suite l'appareil de production de guerre allemand sera beaucoup plus friand de prisonniers à utiliser comme esclaves, alors que l'armée allemande n'aura plus l'occasion d'en faire autant.

Finalement, les estimations du nombre de prisonniers morts de ces mauvais traitements tourne autour de . L'estimation du United States Holocaust Memorial Museum, est entre et pour 5,7 qui ont été faits prisonniers. Cela fait un taux de mortalité de 57 % American Jewish Committee, Harry Schneiderman and Julius B. Maller, eds., American Jewish Year Book, Vol. 48 (1946-1947), Press of Jewish Publication Society of America, Philadelphia, 1946, page 599. Celle de Nicolas Werth, citant une étude de Pavel Polian, est de près de sur de prisonniers : « sur les quelques [sic] capturés, au cours de la guerre, par la Wehrmacht, à peine (soit moins de 30 %) survécurent et revinrent en URSS ».

de guerre soviétiques furent rapatriés. Staline ayant toujours considéré la capture ou la capitulation de ses soldats comme un acte de trahison de leur part, à leur retour, certains de ces rapatriés furent soumis à la répression. 43 % d'entre eux furent versés dans l’armée et affectés principalement à des tâches de reconstruction, 23 % furent envoyés pour une durée de cinq ans dans des « bataillons de reconstruction » du ministère de la Défense; 16 % furent, à l’issue de leur « filtration », condamnés à une peine de camp ou de relégation.

Un certain nombre de Soviétiques ont également été capturés par les Finlandais : pendant la guerre d'Hiver Leskinen, Jari ; Juutilainen, Antti. Jatkosodan pikkujättiläinen, Werner Söderström Osakeyhtiö, 1999, p. 812 et pendant la guerre de Continuation Juutilainen & Leskinen ; Jatkosodan pikkujättiläinen, Werner Söderström Osakeyhtiö, 2005, p. 1036 Prisonniers de guerre soviétiques en Finlande , page 8 du PDF.

Prisonniers allemands

Selon les archives soviétiques, de soldats ayant servi dans la Wehrmacht furent capturés par l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale et trouvèrent la mort dans les camps du NKVD ( allemands et d'autres pays) G. I. Krivosheev, Rossiia i SSSR v voinakh XX veka: Poteri vooruzhennykh sil ; statisticheskoe issledovanie OLMA-Press, 2001 Table 198.

Selon d'autres sources, une partie plus ou moins importante des de soldats allemands portés disparus sur le front de l'Est seraient morts en captivité. L'historien allemand Rüdiger Overmans estime ce nombre à environ et le nombre total de soldats allemands morts après avoir été fait prisonnier à Rűdiger Overmans, Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg. Oldenbourg 2000. .

Ces prisonniers furent employés comme main-d’œuvre forcée dans l'économie de guerre soviétique et lors de la reconstruction. Si la plupart furent libérés assez rapidement (ils ne sont plus que en , pour la plupart des criminels de guerre), le dernier ne retrouva la liberté qu'en 1956 Andreas Hilger: Deutsche Kriegsgefangene in der Sowjetunion 1941-1956. Kriegsgefangenschaft, Lageralltag und Erinnerung . Klartext Verlag, Essen 2000, , p. 137.

Prisonniers italiens On estime à le nombre d'Italiens capturés par l'Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale.

Selon les archives soviétiques, prisonniers de guerre furent internés. sont morts en captivité, la plupart à l'hiver 1943. Les furent rapatriés entre 1945 et 1954.

italiens considérés comme disparus seraient en fait morts après leur reddition sans avoir été enregistrés comme prisonniers (exécutés après leur reddition, morts lors des transferts vers les camps ou de leurs blessures).

Prisonniers polonais

Outre les officiers exécutés à Katyn et dans le reste de l'URSS, au nombre de , les estimations montent à parmi les prisonniers polonais dans les camps soviétiques.

Prisonniers finlandais Environ ont été capturés par les Soviétiques pendant la guerre d'Hiver. et l'ont été pendant la guerre de Continuation.

Front asiatique