La bataille d'Emsdorf est un épisode de la guerre de Sept Ans qui se déroule le à Emsdorf, dans la province actuelle de Hesse en Allemagne. Elle oppose deux détachements d'environ hommes de chacune des armées principales, et se solde par la mise hors combat ou la capture de la majeure partie du détachement français.

En réalité, il s'agit plus d'un coup de main ou d'un raid, que d'une bataille à proprement parler.

Contexte Survenu quelques jours après la victoire française de Corbach le , le combat d'Emsdorf oppose les forces alliées de Hanovre, de la Grande-Bretagne et de la Hesse, sous le commandement du prince héritier de Brunswick-Wolfenbüttel et du prince de Hesse-Cassel, aux Français sous le commandement du baron de Glaubitz.

Le détachement de Glaubitz fait partie d'un détachement plus large, sous les ordres du comte de Stainville, qui a pour mission de protéger la ligne de ravitaillement de l'armée principale qui court depuis Marbourg au Sud jusqu'à Corbach à au Nord. Ils ont également pour mission .

Glaubitz, placé sous sa direction, doit prendre position avec sa brigade allemande de cinq bataillons à Jesberg, à mi-chemin entre Marburg et Fritzlar.

Aussitôt qu'il a connaissance de ces dispositions, le prince Ferdinand résout de tenter un coup de main contre le corps isolé de Glaubitz, et si possible, contre la garnison de Marburg ; il charge de cette expédition son neveu à peine remis de sa blessure de Corbach et brûlant du désir de venger sa récente défaite.

Déroulement Isolé, le détachement de Glaubitz constitue une cible vulnérable, d'autant que les dispositions ne sont pas prises pour maintenir la vigilance aux abords du dispositif. Les Bavarois chargés de la surveillance dans les bois se font surprendre alors que l'essentiel des troupes est dans son camp, en train d'assurer la distribution du pain.

Le baron de Glaubitz rapporte ainsi :

L'infanterie hesso-brunswickoise traverse la forêt de Speckswinkel sans être repérée et attaque par surprise les forces françaises entre 13 h et 14 h. Le prince héréditaire fait tirer son artillerie sur le camp français, lequel est ensuite attaqué par la cavalerie anglaise et brunswickoise.

Glaubitz n'a d'autre parti que celui de la retraite ; il essaie de l'effectuer en franchissant les taillis dont il ne peut se tirer qu'en abandonnant deux des pièces qui lui restent encore ; il gagne ainsi le village de Langestein où il repousse une charge des dragons anglais. De ce village, il se dirige sur Nieder Klein dans l'espoir d'atteindre Marburg par un grand détour.

En effet, coupés par l'ouest de leur ligne de communication et désorganisés, les Français tentent de contourner l'encerclement ennemi, mais les troupes coalisées manœuvrent bien et ne leur laissent aucune chance. Le combat se prolonge pendant six heures mais à bout de forces, manquant de vivres et de munitions, ils n'ont plus d'autre option que de se rendre entièrement :

Le régiment de dragons légers britannique se distingue particulièrement, fait de nombreux prisonniers et ramène 16 étendards, ce qui lui vaut d'être le premier régiment britannique à recevoir un honneur de bataille.

Bilan et conséquences

Waddington résume ainsi la journée :

Ce fait d'armes n'a que peu d'impact sur la suite des évènements, mais il redonne le moral au prince héritier Ferdinand à la suite de la bataille perdue de Corbach six jours plus tôt et fait peser une menace latente sur les lignes de communications françaises.

Malgré ce succès et celui de la bataille de Warburg, le , les Alliés sont exténués, n'ont plus assez de vivre et ne peuvent donc réaliser leur objectif de prendre la ville de Marbourg tenue par les Français, pourtant occupée par une faible garnison.

Notes et références

Catégorie:Bataille de la guerre de Sept Ans Catégorie:Bataille impliquant la France Catégorie:Bataille impliquant l'Angleterre Catégorie:Bataille de 1760 Catégorie:Juillet 1760 Catégorie:Bataille impliquant l'électorat de Brunswick-Lunebourg