Le clorazépate est un médicament de la famille des benzodiazépines. Il est utilisé pour ses propriétés anxiolytiques, anticonvulsives, myorelaxantes et sédatives.
C'est son sel de potassium qui est commercialisé, le clorazépate dipotassique . Son nom systématique est 7-chloro-2,3-dihydro-2-oxo-5-phényl-1H-1,4-benzodiazépine-3-carboxylate de potassium et d'hydroxyde de potassium.
Le clorazépate est ensuite métabolisé en Nordazépam puis en Oxazépam.
Le clorazépate est commercialisé sous les marques Tranxène et Tranxilium par le laboratoire Neuraxpharm depuis mi-2024, Sanofi ayant vendu l'exclusivité de la vente de cette molécule en France à cet autre laboratoire.
Indications thérapeutiques
Le clorazépate est utilisé principalement pour le traitement de l'anxiété et des attaques de panique.
Il est parfois utilisé dans la prise en charge du delirium tremens et du syndrome de sevrage alcoolique.
Forme galénique et quantité de principe actif par unité En Suisse capsules à 5, 10, Dikalii clorazepas ; comprimés pelliculés à 20, Dikalii clorazepas. En France capsules de 5, 10 et (Tranxène) ; alt=Boîte de Tranxène 5mg|vignette|Boîte de Tranxène 5mg en France alt=Boîte de Tranxène 10 mg en France.|vignette|Boîte de Tranxène 10 mg en France. alt=Boîte de Tranxène 20 mg en France.|vignette|Boîte de Tranxène 20 mg en France. poudre pour solution injectable de 20 mg (Tranxène).
Indications/Possibilités d’emploi États d’anxiété et ses manifestations sous forme de nervosité, tensions, agitations, troubles et affections neurovégétatifs et psychosomatiques. Sevrage éthylique et prévention du delirium tremens. Tétanos (en réanimation) Sevrage des benzodiazepines dû à sa longue demi-vie La version dosée à 20 milligrammes est classée en France comme stupéfiant depuis 2012 et nécessite en conséquence une ordonnance sécurisée avec prescription du type de médicament (gélule) et de la posologie (vingt milligrammes) en toutes lettres sur une durée maximale de 28 jours.
Posologie/Mode d’emploi
Durée du traitement À cause du risque de dépendance, les benzodiazépines ne devraient être administrées que pendant une durée limitée : quelques jours dans le cas de troubles aigus, 2 à 4 semaines en général lors de troubles chroniques.
Il faudrait ensuite déterminer si la poursuite du traitement reste indiquée (voir « Mises en garde et précautions »).
Dose journalière usuelle La posologie usuelle est de /jour chez l’adulte. Il convient de commencer le traitement avec les doses les plus faibles. Ces doses peuvent être augmentées de manière progressive en fonction de la nécessité clinique.
La dose journalière totale peut être administrée de la manière suivante, en adaptant individuellement la posologie et la fréquence d’administration : en prises fractionnées, réparties dans la journée (Tranxène et ) ; ou (uniquement chez l’adulte) en dose unique (généralement Tranxène ) sous forme d’une capsule ou d’un Tabs entre 18 et . Ce mode d’administration améliore la qualité du sommeil et permet, grâce à la longue demi-vie du métabolite actif, un effet tranquillisant pendant la journée.
Tranxilium 50 n'est pas commercialisé en France. Il permet l’utilisation de doses élevées dans l’approche du traitement des états anxieux sévères. La dose journalière est alors comprise entre , soit un demi à deux comprimés de par jour.
Cette posologie peut être doublée chez les personnes hospitalisées, lorsque le traitement est clairement justifié.
Instructions spéciales pour le dosage Enfants de plus de 9 ans : l’utilisation de Tranxène doit rester exceptionnelle. L’administration de benzodiazépines dans le traitement des troubles anxieux de l’enfant repose en effet sur des connaissances largement empiriques. Les doses mentionnées ci-après sont à considérer à titre indicatif. La posologie est de l’ordre de (soit 1–3 capsules de Tranxène par jour), répartie en plusieurs prises (voir « Contre-indications »).
Personnes âgées et insuffisants rénaux : il est recommandé de diminuer la posologie. La moitié de la dose habituellement utilisée peut par exemple être suffisante.
À l’arrêt du Tranxène, après un traitement prolongé à doses élevées, il est recommandé de réduire progressivement la posologie, afin d’éviter l’apparition d’un syndrome de sevrage (voir « Mises en garde et précautions »).
Insuffisance hépatique Il convient d’administrer la posologie minimale efficace.
Contre-indications Allergie connue aux benzodiazépines ou un des excipients Hypersensibilité aux benzodiazépines Insuffisance respiratoire sévère, avec risque d'aggravation de l'état respiratoire Insuffisance respiratoire sévère décompensée Syndrome des apnées du sommeil Enfants de moins de 9 ans Myasthénie, avec risque d'aggravation des symptômes Association avec l'alcool, avec augmentation des troubles de la vigilance Porphyrie Grossesse Allaitement
Mises en garde et précautions
Myasthénie : l’administration de benzodiazépines aggrave les symptômes. Il est recommandé de n’utiliser Tranxène que de manière exceptionnelle et sous surveillance médicale accrue. Rétention urinaire et glaucome à angle fermé. Insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire. Chez l’insuffisant respiratoire, il convient de prendre en compte l’effet dépresseur des benzodiazépines (l’aggravation de l’hypoxie peut entraîner une anxiété qui justifie une prise en charge du patient en unité de soins intensifs). Enfants et personnes âgées : il convient d’être prudent en cas d’administration d’une benzodiazépine chez les enfants et les personnes âgées en raison du risque d’effets indésirables au niveau du système nerveux central plus fréquent que chez les autres patients (voir « Instructions spéciales pour le dosage »). Insuffisance hépatique : l’administration d’une benzodiazépine en cas d’insuffisance hépatique peut entraîner la survenue d’une encéphalopathie hépatique. L’utilisation du clorazépate dans ce contexte devra par conséquent rester prudente. Il convient d’administrer la posologie minimale efficace. Insuffisance rénale et sujet âgé : il peut s’avérer nécessaire d’adapter la posologie (voir « Instructions spéciales pour le dosage »). États dépressifs : les benzodiazépines agissent essentiellement sur la composante anxieuse de la dépression. Utilisées seules, elles ne constituent pas un traitement de la dépression et peuvent éventuellement en masquer les signes. L’état dépressif peut justifier un traitement antidépresseur. L’absorption d’alcool est formellement déconseillée pendant la durée du traitement.
L’association de plusieurs benzodiazépines est inutile et susceptible, quelle qu’en soit l’indication, d’accroître le risque de pharmacodépendance.
L’arrêt du traitement peut entraîner un phénomène de sevrage. Il convient d’en avertir le patient et de prévoir un arrêt progressif avec décroissance posologique sur plusieurs semaines, en particulier après une utilisation prolongée ou lorsque l’on a des raisons de suspecter l’existence d’une pharmacodépendance.
Une amnésie antérograde peut survenir plus particulièrement lors de l’emploi du médicament au coucher et lorsque le sommeil est de courte durée (par exemple réveil précoce par un événement extérieur).
Dépendance : la prise de benzodiazépines peut mener à une dépendance. Ce risque augmente lors de prise prolongée, de doses élevées ou chez des patients prédisposés. Les symptômes de sevrage surviennent surtout après brusque interruption et se limitent, dans les cas les plus bénins, à des tremblements, de l’agitation, des troubles de sommeil, des angoisses, des maux de tête et des troubles de la concentration. Toutefois, d’autres symptômes tels que sudation, crampes musculaires et abdominales, troubles de la perception, et dans de rares cas, délires et crises d’épilepsie, peuvent se manifester.
Selon la durée d’action de la substance, les symptômes de sevrage apparaissent de quelques heures à une semaine ou plus après interruption de la thérapie.
Afin de diminuer au maximum le risque de dépendance, les benzodiazépines ne devraient être prescrites qu’après examen approfondi de l’indication et être prises pour une période aussi brève que possible (comme hypnotique par exemple, en règle générale, pas au-delà de quatre semaines).
La nécessité de continuer le traitement doit être périodiquement réexaminée. Un traitement prolongé n’est indiqué que chez certains patients (par exemple lors d’états de panique), et son bénéfice, en comparaison des risques, est moins évident.
Afin d’éviter des symptômes de sevrage, un arrêt progressif, pendant lequel les doses seront réduites graduellement, est conseillé. Lors d’apparition de symptômes de sevrage, une surveillance médicale très étroite et la prise en charge du patient sont indispensables.
Interactions Action additive (synergie) avec les dépresseurs neuromusculaires (curarisants, myorelaxants). Majoration du risque d’apparition d’un syndrome de sevrage par l’association de benzodiazépines prescrites comme anxiolytiques ou comme hypnotiques.
Associations déconseillées Alcool : l’absorption de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l’alcool est déconseillée pendant le traitement et dans les jours qui suivent la dernière administration, en raison de la majoration par l’alcool de l’effet sédatif des benzodiazépines.
Associations nécessitant des précautions d’emploi Dépresseurs du système nerveux central : dérivés morphiniques y inclus buprénorphine (analgésiques et antitussifs), barbituriques, antidépresseurs, antihistaminiques sédatifs, tranquillisants autres que benzodiazépines, neuroleptiques, clonidine et apparentés. Majoration de la dépression centrale, avec un risque accru de dépression respiratoire, voire d’arrêt respiratoire. Cisapride : majoration transitoire de l’effet sédatif des benzodiazépines par augmentation de leur vitesse d’absorption. Inhibiteurs du CYP 3A4 : ces produits pourraient réduire le métabolisme du métabolite actif du clorazépate (le N-desméthyldiazépam). En cas d’administration concomitante d’un inhibiteur modéré ou puissant du CYP 3A4 et de clorazépate, les patients doivent être surveillés. Cimétidine et disulfirame : potentialisation possible des effets du Tranxène. L’administration concomitante est déconseillée. Clozapine : risque accru de collapsus avec arrêt respiratoire et/ou cardiaque. Oméprazole et autres inhibiteurs du CYP 2C19 : ces produits peuvent provoquer une inhibition du métabolisme du nordiazépam (N-desméthyldiazépam, métabolite actif) se traduisant par une augmentation des taux plasmatiques de ce produit.
Grossesse Il existe des évidences positives de risque pour le fœtus humain, mais les bénéfices d’un emploi chez la femme peuvent être acceptés malgré ce risque.
L’utilisation des benzodiazépines au cours du dernier trimestre de la grossesse est susceptible d’entraîner, à la naissance, une hypotonie et une détresse respiratoire chez le nouveau-né.
Un syndrome de sevrage peut apparaître après quelques jours à quelques semaines d’âge. Les principaux symptômes sont : hyperexcitabilité voire convulsions, tremblements et hypertonie.
Dans ces conditions, Tranxène ne devrait être prescrit que pour des indications d’ordre vital ou des affections sévères sans alternative thérapeutique à moindre risque. Allaitement Le N-desméthyldiazépam passant dans le lait, Tranxène est déconseillé pendant la période d’allaitement. Les principaux symptômes pouvant survenir chez l’enfant en cas d’administration du clorazépate pendant l’allaitement sont : hypoactivité, perte de poids, anorexie, dépression respiratoire, apnée.
Effets sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines Vigilance, capacité de réaction : les benzodiazépines peuvent perturber le seuil de la vigilance.
L’attention sera attirée notamment chez les conducteurs de véhicule ou les utilisateurs de machine sur les risques de somnolence liés à l’emploi de ce médicament.