Tivoli est une ville de la ville métropolitaine de Rome Capitale, dans la région du Latium, en Italie. Très ancienne cité datant d'avant la colonisation romaine, elle fut, selon la tradition et quelques éléments archéologiques, fondée en , bien que ses plus anciens vestiges, que constituent les murs d'enceinte, datent du .

Elle connut, sous le nom de « Tibur » et comme villégiature préférée de l'empereur Auguste, un apogée durant la période romaine, avec la construction par l'empereur Hadrien de sa résidence de villégiature, la villa d'Hadrien, au début du . Durant toute cette période, la ville s'enrichit grâce à l'extraction de travertin, servant à la construction des palais romains, et également grâce à ses eaux thermales réputées. De la Renaissance au , divers cardinaux et papes relèvent l'attrait de la ville par la construction de la villa d'Este, qui reste l'un des plus importants exemples et modèles de jardins d'eau de cette période, ayant attiré de très nombreux artistes européens, peintres, poètes ou musiciens voyageant dans la campagne romaine.

La ville, qui comptait habitants en novembre 2019, est intégrée dans la périphérie économique et culturelle de Rome. Elle demeure une destination touristique prisée, notamment depuis le classement de ses deux villas au Patrimoine mondial établi par l'UNESCO en 1999 et 2001, et possède, de fait, une renommée dépassant largement les frontières du pays, comme le montre l'attribution de son nom à de nombreuses dans le monde.

Géographie Localisation et topographie vignette|gauche|alt=Vue d'ensemble du centre-ville de Tivoli|Vue générale du centre-ville de Tivoli. vignette|gauche|alt=Vue de Tivoli sur les monts Tiburtins depuis Sant'Angelo Romano|Vue générale de l'ensemble de la ville depuis Sant'Angelo Romano. À gauche le centre historique, et au centre l'extension de la ville nouvelle sur les monts Tiburtins. Tivoli se trouve dans l'aire Tiburtina - Sublacense de la ville métropolitaine de Rome Capitale (remplaçant la province de Rome depuis 2015) de la région du Latium. Par rapport aux principales villes du Latium, elle est située par la route à à l'est-nord-est de Rome ( du centre-ville), au sud-ouest de L'Aquila (Abruzzes), à l'ouest de Subiaco, 85 et au sud-est d'Orte et de Viterbe respectivement, et au nord de Latina.

Les communes limitrophes de Tivoli sont : Castel Madama, Guidonia Montecelio, Marcellina, Rome (par la zone de Rome de San Vittorino), San Gregorio da Sassola, San Polo dei Cavalieri, et Vicovaro.

Tivoli s'échelonne sur le flanc occidental des monts Tiburtins de la chaîne centrale des Apennins dont elle contrôle le premier accès vers les Abruzzes par la via Valeria, prolongement de la via Tiburtina. La ville s'est développée à l'extrémité occidentale de la vallée de l'Aniene à l'endroit où la rivière atteint la plaine romaine par d'importants sauts successifs de cascades d'un dénivelé total de . L'altitude moyenne de Tivoli est de ; le point le plus bas de la commune se trouve à d'altitude dans la zone de Tivoli Terme et celui le plus élevé à Bilan social de Tivoli - exercice 2007-2008 correspondant à la Colle Lecinone. Comme la zone urbaine historique se situe entre 220 et , Tivoli est considérée à ce titre comme une ville de basse montagne dominée par le mont Catillo culminant à . Une partie non négligeable de la commune est constituée par la réserve naturelle du mont Catillo créée en 1997 et s'étendant sur protégés, exclusivement sur le territoire de la ville, au nord-est de celle-ci..

Le territoire communal total de Tivoli recouvre une superficie de . Il se situe historiquement sur la rive gauche de la rivière Aniene bien qu'au cours du et du la ville se soit nettement étendue dans la plaine et sur la rive droite de l'Aniene, notamment avec les frazioni de Tivoli Terme, Villa Adriana, et de Campolimpido qui lui sont rattachées. Le centre-ville historique est divisé en rioni (quartiers) que sont Castrovetere, San Paolo, Santa Croce et Trevio Storia urbanistica, site officiel de la commune de Tivoli, consulté en 2010..

Hameaux de la commune de Tivoli Les principales frazioni de Tivoli sont Villa Adriana (), Tivoli Terme (environ ), Campolimpido et Favale (environ à elles deux). Il existe également des frazioni secondaires que sont Arci, Bivio San Polo, Casal Bellini, Clinica Colle Cesarano, Colle Merulino, Collenocello, Crocetta, Empolitana, Martellona I, Martellona II, Ponte Lucano, Villaggio Adriano, Villaggio Don Bosco.

Sismicité La ville de Tivoli est classée en zone 2, c'est-à-dire de moyenne sismicité selon les normes définies en 2003 « Nuova Classificazione Sismica del Territorio della Provincia di Roma proposta dal “GdL-Regione Lazio” », site officiel de la Province de Rome, consulté en 2010.. Elle est périodiquement exposée à des secousses de faible intensité (3 à 4 sur l'échelle de Richter) dont les épicentres se trouvent dans un triangle défini par les villes de Tivoli, San Polo dei Cavalieri et Castel Madama et a connu deux tremblements de terre importants en 1795 et 1915 « E a Tivoli la gente si precipita in strada nel cuore della notte », Corriere della Sera, 7 novembre 1997.. Les tremblements de terre, fréquents, de la région des Abruzzes sont fréquemment ressentis à Tivoli comme le séisme de 2009 à L'Aquila.

Climat La ville de Tivoli bénéficie d'un climat méditerranéen plus doux que celui de Rome, en raison de sa situation géographique sur les flancs d'une montagne exposée au nord-est. La température moyenne maximale annuelle de la ville est de et celle moyenne minimale annuelle de . Le mois le plus chaud est celui de juillet avec une moyenne de et celui le plus froid est janvier avec une moyenne de . La moyenne des précipitations annuelles est d'environ .

+ 20px Relevés 1961-1990 à la station de Tivoli (alt. ; ).MoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnéeTempératures minimales moyennes (°C)3,74,57,19,813,416,919,720,117,112,78,85,311,6Températures maximales moyennes (°C)10,411,515,419,124,429,031,531,126,520,815,411,920,6Moyennes mensuelles de précipitations (mm)73,773,7616655,943,227,945,771,188,9104,186,4797,6

Histoire vignette|alt=Le temple antique romain de la Vesta|Le temple de Vesta. Antiquité Caius Julius Solinus se réfère à Caton l'Ancien (dans Origines) ainsi qu'à Denys d'Halicarnasse (dans Antiquités romaines) qui rapportent que la ville a été fondée par Catillus, l'amiral de la flotte d'Évandre l'Arcadien, fils d'AmphiaraosIl existe une ambiguïté à ce niveau. Pour certains auteurs Amphiaraos est le grand-père de Tiburtus, Coras, et Catillus, pour d'autres le père. qui arriva à cet endroit après la chute de Thèbes. Catillus et ses trois fils, Tiburtus, Coras, et Catillus (fils) chassèrent les Sicules du plateau d'Aniene et restaurèrent la cité qu’ils appelèrent Tibur en l'honneur de l'aîné Tiburtus.. Dans Énéide, Virgile la surnomme Tibur superbum – « l'orgueilleuse Tibur » – et fait des deux jumeaux, Coras et Catillus, les deux alliés de Turnus contre Énée, ancêtre des fondateurs mythologiques de RomeÉnéide de Virgile, livre VII, vers 633 et vers 674-680.. Cette description, et l'éventuelle réalité historique qu'elle transposerait, pourrait expliquer l'antagonisme millénaire attesté entre les deux proches cités.

Période pré-romaine D'un point de vue historique, Tibur aurait été une colonie d'Alba Longa : des traces de peuplement remontent au avec une fondation probable du village de Tibur par les peuples latins vers sur le site de l'actuelle acropole, voire précédemment par les Sicules avant leur refoulement de la péninsule vers la Sicile au tournant de -1200.. Sur le plan archéologique, la structure la plus ancienne retrouvée à Tivoli est le mur carré d'enceinte de la ville datant du , probablement vers -380, et enserrant l'acropoleDonnées sur le site officiel de la ville. Tibur est un temps indépendante du pouvoir romain, en s'alliant par exemple avec les peuples gaulois en -361 contre RomeVictoires sur les Tiburtins et sur les Gaulois (-360) par Tite-Live, livre VII chapitre 9-12. et construisant ses propres structures défensives que sont l'opus quadrata. En -338, la ville chute devant les troupes romaines et s'allie finalement au pouvoir de la capitale de l'Empire naissant.

Du temps des Étrusques au , la ville des Sabins abrite deux importants temples tous deux situés au-dessus des spectaculaires chutes naturelles : le temple de la Sibylle, monument le plus ancien de la ville où le nom de Tiburtus apparaît sur le fronton Italia da scoprire - Viaggio nei centri minori, Touring Club Italiano, éditions Touring, Milan, 1996, p. 315-319., dédié à une nymphe des eaux appelée Albunéa par Varron qui fut la dixième à s'échouer sur les rives de l'Aniene, et le temple de Vesta construit au siècle suivant. À cette époque, Tibur est considérée par les historiens comme un « sanctuaire prophétique » en raison de son site d'établissement près des chutes d'eau sonores, des grottes du val dell'Inferno « habitées par des voix », et des sources thermales aux vapeurs infernales qui font du site un « lieu de transmission de la parole de la terre. ». Ainsi l'empereur Auguste, en quête d'oracle, fait venir la Sibylle de Tibur à Rome qui lui aurait prophétisé, sur le lieu de l'actuelle basilique Sainte-Marie d'Aracœli selon la tradition médiévale, la venue du ChristLa Sibylle aurait prononcé les mots Haec est ara cœli (« ceci est l'autel du ciel ») annonçant à Auguste la naissance d'un homme plus grand que lui et l'empereur se serait agenouillé selon la tradition médiévale (Desnoyers (2002), p. 104) reprise dans de très nombreuses peintures dont : Auguste et la Sibylle de Tibur (1435) par Konrad Witz ; Auguste et la Sibylle de Tibur (ca. 1480) par un artiste flamand inconnu dit « Maître de la Sibylle de Tibur » ; La Sibylle de Tibur (1580) par Antoine Caron ; La Sibylle de Tibur annonçant à Auguste l'avènement du Christ (1660) par Pierre de Cortone. sur le Capitole.. Cette période est marquée par une intense activité urbanistique et la construction du Temple d'Hercule vainqueur.

Période romaine vignette|gauche|alt=Le théâtre maritime de la villa d'Hadrien|Le théâtre maritime de la Villa Adriana. Avec la domination romaine, Tibur garde une grande importance stratégique et commerciale en raison de sa situation contrôlant le début de la route qui part de Rome et traverse les Apennins par la via Tiburtina et la via Valeria. Les dictateurs romains laissent cependant une relative autonomie administrative à la ville. Ses habitants obtiennent en -90 leur pleine reconnaissance de citoyens romains, développant alors la construction de villas patriciennes. Mécène, le poète HoraceHorace écrit notamment à propos de Tibur et de la beauté du lieu consacré désormais aux villégiatures que in Italia da scoprire - Viaggio nei centri minori, 1996, ., Auguste et le sénateur Varus, se font construire des résidences à Tibur. Mais c'est principalement l'empereur Hadrien qui bâtit de 118 à 134 au pied de Tibur sa villa de villégiature estivale, la Villa d'Hadrien, qui deviendra un temps le centre de pouvoir effectif de l'Empire romain. À sa mort la villa est laissée à l'abandon. En 273, Zénobie est assignée à Tibur par l'empereur Aurélien.

C'est à cette période que le nom de la ville de Tibur commence à dériver pour devenir progressivement Tiburi puis Tibori, Tiboli et finalement Tivoli bien que ses habitants aient toujours continué jusqu'à aujourd'hui de s'appeler les « Tiburtin(e)s ».