Le de grenadiers à pied de la Garde impériale est un régiment d'élite des guerres napoléoniennes. Il fait partie de la Garde impériale.
Historique des Grenadiers à pied Les grenadiers à pied, unité d’élite de l’infanterie créée en 1799 sous le nom de Garde des Consuls, furent renommés Grenadiers à pied de la Garde impériale en 1804, lors de la proclamation de l’Empire. Dissoute après la première abdication de Napoléon en 1814, cette unité prit le nom de Corps royal des grenadiers de France sous Louis XVIII. Dissoute une seconde fois en , elle retrouva son statut de Grenadiers à pied de la Garde impériale pendant les Cent-Jours.
Création du 4ᵉ régiment en 1815 Le sous l’impulsion de Napoléon rentré de l’île d’Elbe, un nouveau corps d’élite voit le jour : le 4ᵉ régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale. Le général Louis Harlet en prend le commandement le .
Bien que récemment formé, le 4ᵉ régiment est intégré à la Vieille Garde en 1815, aux côtés des 1ᵉʳ, 2ᵉ et 3ᵉ régiments de grenadiers à pied.
Toutefois, dans l'usage courant, les 3ᵉ et 4ᵉ régiments de grenadiers et chasseurs étaient couramment désignés comme Moyenne Garde. Cette appellation, non officielle mais largement utilisée, trouve son origine dans une classification en vigueur dans l’armée entre 1806 et 1814.
Un recrutement difficile Formé tardivement pendant les Cent-Jours, le 4ᵉ régiment de grenadiers à pied, devait pourtant satisfaire aux exigences élevées de la Vieille Garde. Il rencontra toutefois des difficultés dans son organisation, avec des retards dans la fourniture des équipements et un manque d’effectifs, conséquence des problèmes de recrutement dans une France affaiblie par des décennies de guerre.vignette|214x214px|Le général Louis Harlet commandant le 4e régiment de grenadiers de la Garde impériale pendant la campagne de Belgique.Le 4ᵉ régiment de grenadiers à pied ne put atteindre l’effectif fixé par l’article 2 du décret d’organisation de la Garde impériale du , qui prévoyait deux bataillons pour un total de 1 200 hommes. Il ne forma finalement qu’un seul bataillon, en grande partie composé de vétérans de l’infanterie.
Extrait du décret de réorganisation de la Garde impériale :
Une sélection exigeante
Pour le former, chaque régiment d'infanterie de ligne fut tenu de fournir trente soldats, sélectionnés pour leur conduite exemplaire, leur grande taille, leur robustesse et justifiant d’au moins quatre années de service dans l’infanterie.
Une fois désignés, les soldats étaient envoyés en direction de Paris pour rejoindre la caserne du quai d’Orsay, qui recevait en continu des détachements destinés à rejoindre les différentes unités de la Vieille ou Moyenne Garde.thumb|Caserne du quai d'Orsay|400x400px|centré
Une question de taille En 1815, la taille minimale requise pour intégrer le régiment de grenadiers de la Garde était de 5 pieds 5 pouces , ce qui était supérieur à la taille moyenne des conscrits de l'époque, relevée à environ 167 cm au cours des précédentes années de conscription. +Tableau des tailles requises pour intégrer la Garde en 1815Type d'unitéMesures de l'ancien régimeÉquivalence en cmGrenadiers à pied et à cheval, l’artillerie et sapeurs5 pieds 5 pouces175,95 cmDragons5 pieds 4 pouces173,24 cmChasseurs à pieds et à cheval5 pieds 3 pouces170,53 cmLanciers, train d’artillerie5 pieds 2 pouces167,82 cm La répartition Dès leur arrivée, les soldats étaient triés par stature. Ceux mesurant moins de 5 pieds 3 pouces étaient orientés vers l’École militaire, où se trouvait par ailleurs, le dépôt principal des chasseurs à pied. Les autres recevaient leur affectation immédiate dans l’un des régiments.
Les sous-officiers ayant renoncé à leurs grades pour servir dans la Vieille Garde étaient incorporés au 1ᵉʳ régiment de grenadiers à pied, tout comme ceux du 1ᵉʳ régiment de chasseurs à pied. Les autres soldats, affectés aux grenadiers, étaient envoyés à la caserne de Courbevoie et répartis entre les 2ᵉ, 3ᵉ et 4ᵉ régiments de grenadiers en cours de formation. vignette|330x330px|« Les casernes de Courbevoie », dessin de Nicolas Pérignon|centré vignette|201x201px|Bonnet à poils de la Garde impériale Le problème d’équipement Le 4ᵉ régiment de grenadiers, fraîchement constitué, ne disposait pas encore de l’équipement complet standard de la Garde, alors toujours en cours de fabrication. Ses hommes arboraient donc des tenues hétérogènes, rappelant parfois la Garde nationale: certains conservaient leur shako de la ligne, tandis que d’autres portaient des bonnets à poil ou des chapeauxCette particularité vaudra au régiment de se distinguer pour la première fois à la bataille de Ligny.
Le dessin de Job (voir illustration principale) met en évidence les différences d'uniformes et de couvre-chefs du dernier régiment de grenadiers de la Garde fraîchement créé., et utilisaient des gibernes issues de l’infanterie de ligne.
Une tradition des grenadiers À leur arrivée dans l’unité, une tradition marquait souvent leur intégration : la boucle d’oreille. Cette particularité emblématique des grenadiers de la Garde, représentait la première dépense de la nouvelle recrue. Un camarade leur perçait les oreilles, insérant un fil de plomb provisoire jusqu’à ce qu’ils puissent s’offrir un anneau en or, parfois aussi large qu’une pièce de cinq francs .
Ce même camarade réalisait également, sur le grenadier, des tatouages ornés de motifs inspirés de l’amour et de la grenade, symbole de leur appartenance. alt=Illustration de Job|centré|vignette|275x275px|Le perceur d'oreille. Illustration de Job.
Campagne de 1815 En , intégré à l'Armée du Nord, le régiment prend part à la campagne de Belgique, où il est engagé dans la bataille de Ligny ainsi qu'à la bataille de Waterloo.
Bataille de Ligny () vignette|260x260px|La bataille de Ligny, Théodore Jung.|gauche Le , le 4ᵉ régiment de grenadiers prend part à la bataille de Ligny.
Aux environs de , Napoléon ordonne l’envoi des trois bataillons des 2ᵉ, 3ᵉ et 4ᵉ régiments de grenadiers à pied en soutien du à Ligny, dont la d’infanterie avait reçu la mission de mener l’attaque sur le village en début d’après-midi. Effectif du le 16 juin 1815 Officiers 25 Hommes du rang 503 Total 528 vignette|« Ferme d'en Haut » prise par la Garde impériale avec des unités du IV Corps d'armée, Ligny 16 juin 1815|alt=Ferme d'en Haut|220x220px La Garde donne l'assaut Vers 20 h, l’Empereur engage la Garde impériale pour enfoncer le centre ennemi. La première colonne, composée des , et , progresse à l’ouest, tandis que la deuxième, regroupant le et le – accompagnés des sapeurs et marins de la Garde, progresse à l’est.
Prise sous le feu de l’artillerie, la Garde continue sa progression au pas de charge en direction de Ligny. Parvenue aux abords ouest du village, le , aux côtés du , est lancé dans l’assaut, soutenu par la cavalerie lourde du comte Guyot et les cuirassiers du baron Delort.vignette|Plaque commémorative en hommage aux combattants des forces napoléoniennes et prussiennes.|alt=Ferme d'en HautDans le même temps, les et d'infanterie du , commandées par les généraux Pêcheux et Vichery, franchissent le ruisseau de la Ligne et s’emparent de la rive gauche. Les Prussiens, désorganisés, tentent de se reformer sur les pentes au-dessus du ravin, mais les troupes françaises poursuivent leur avancée.
Depuis le centre, la première colonne de la Garde progresse malgré un feu nourri des défenseurs retranchés dans les bâtiments. Rejoints par des éléments du , les grenadiers de la Garde, repoussent les Prussiens à la baïonnette, atteignant les abords nord de Ligny, tandis qu’à droite, contournant le village par le nord, débouchent le , le et les cuirassiers de Milhaud.
L’infanterie française se positionne alors en vue de l’assaut sur les hauteurs et, face à la menace de la cavalerie prussienne, se met en formation de carrés défensifs.
La charge fatale contre le 4e Grenadiers vignette|410x410px|« Bataille de Ligny : Le carré du des grenadiers à pied de la Garde face aux uhlans de von Lützow », Victor Huen|alt=« Bataille de Ligny : Le carré du 4e régiment des grenadiers à pied de la Garde face aux uhlans de von Lützow », Victor Huen Le d'uhlans, commandé par le colonel von Lützow, lance alors une charge contre le carré du 4ᵉ Grenadiers à pied, les confondant à tort avec une milice de la Garde nationale. La cavalerie se brise sur la défense des vétérans et l’attaque se solde par la perte de 13 officiers et 70 lanciers dans les rangs Prussiens. Renversé de cheval, Lützow est fait prisonnier.
Le repli prussien Le centre prussien s’effondra, et à l’exception de quelques bataillons qui se replièrent en bon ordre, le reste de l’infanterie se dispersa dans la confusion, tandis que l’aile droite abandonnait le champ de bataille pour battre en retraite.. Sous la pression de la cavalerie française, Boignée, Tongrinne et Tongrenelle furent abandonnés.
La cavalerie prussienne tenta deux charges contre les carrés français, mais elles échouèrent, forçant l'armée prussienne à reculer et à se replier profitant de l’obscurité pour couvrir leur mouvement. Plus de 15 000 Prussiens et 9 000 Français, blessés ou morts, couvraient les plaines et les villages.
Cette nuit là, toute l’armée française bivouaqua sur la rive gauche du ruisseau de la Ligne. Les avant-postes français, près de Brye et Sombreffe, étaient si proches de ceux des prussiens qu’ils se trouvaient à portée de tir. Cette proximité obligea les bataillons de grenadiers de la Garde, bien qu'en seconde ligne, à se former en carrés et à bivouaquer sans feu. alt=Grenadier à pied en faction près d'un officier au repos.|centré|vignette|345x345px|Grenadier à pied en faction près d'un officier au repos. Illustration de Job.
Bataille de Waterloo () alt=Bataille de Waterloo|gauche|vignette|240x240px|Bataille de Waterloo, panorama de Louis-Jules Dumoulin. Deux jours plus tard, lors de la bataille de Waterloo, le de grenadiers à pied est intégré à l’offensive décisive de la Garde impériale contre les lignes alliées de Wellington près de Mont-Saint-Jean.
Effectif du le Officiers 27 Hommes du rang 493 Total 520Les cinq bataillons de la Moyenne Garde, regroupant environ 3 000 hommes, furent disposés pour l’offensive selon la répartition suivante : + Unités de la Moyenne à Garde et leurs positions sur le champ de bataille Unités Effectifs Positionnement Commandement du 582 Droite Friant et Poret de Morvan du 520 Centre Harlet et du 1 062 Gauche Michel et Malet bataillon restant du 841 Aile gauche Henrion alt=L'attaque de la Moyenne Garde|vignette|265x265px|Napoléon s'adresse à la Garde alors qu'elle se prépare à attaquer. La Garde attaque Peu après 19 h, Napoléon en personne prit la tête des quatre régiments de la Moyenne Garde. Sous les roulements des tambours et accompagnée par la fanfare des grenadiers, la Garde se mit en marche pour atteindre les hauteurs intermédiaires de la Haie Sainte, secteur destiné à lancer l’ultime assaut. L'Empereur confia ensuite le commandement au maréchal Ney, chargé de mener l'attaque et de percer le centre des positions adverses.
Placé au centre de l’offensive, le , formé en carré et soutenu par l’artillerie à cheval de la Garde impériale, avance sous le feu intense de l’artillerie alliée, en échelon à gauche du .
Un officier allié témoigne de ce moment marquant l’avancée de la Garde et le début de l'attaque :alt=La Moyenne Garde est engagé dans la bataille de Waterloo|vignette|250x250px|18 juin 1815, Napoléon engage la Moyenne Garde dans la bataille de WaterlooFranchissant la crête de Mont-Saint-Jean, le 4e Grenadiers affronte la brigade du général Colin Halkett ( et britanniques). Au cours de l'assaut, le général Friant est blessé, frappé d'une balle, tout comme le général Harlet, touché à la cuisse, emporté et sauvé par des grenadiers lors de la retraite, tandis que Ney, ayant perdu plusieurs chevaux, doit continuer à pied, épée à la main.