Hugues Quieret (vers 1290 – ), seigneur de Tours-en-Vimeu et de Hamicourt, en Picardie, est un noble français, chevalier, puis amiral de France. Avant d'exercer dans la marine, il est conseiller, chambellan, maître d'hôtel du roi, puis sénéchal de Beaucaire et de Nîmes de 1325 à 1332Michael Jones, Rosamond McKitterick, The New Cambridge Medieval History: c. 1300-c. 1415, Cambridge: Cambridge University Press, 2000, 409..

Il commande la flotte française lors de la bataille de l'Écluse, où il est blessé, fait prisonnier et décapité par les AnglaisCasimir de Sars de Solmon, Recueil de généalogies, fragments, notes et épitaphes des provinces du Nord, volume 9, 19-22 : généalogie Quieret, volume 10, 165-171 : généalogie Tramecourt ()..

Biographie Famille Hugues Quieret est le fils d’Hugues Quiéret, chevalier, seigneur de Douriez et de Fransu, en Picardie. Les Quieret étaient avant lui des seigneurs picards, dont les généalogistes ne sont pas en mesure d'établir la généalogie. Les Quieret portent : D'hermines, à trois fleurs de lys au pied nourri de gueules support: 2 lions Colonel Arnaud. .

Il épousa en 1312, Blanche d'Harcourt dont le grand-père, , dit le Preux († 1302), était maréchal de France en 1283 et l’un des premiers amiraux de France en 1295. Ils eurent plusieurs enfants qui servirent à leur tour les rois de France à la cour et sur les champs de bataille.

Sénéchal de Beaucaire et de Nîmes Hugues Quieret occupa des fonctions de plus en plus importantes à la cour : conseiller, chambellan, maître d'hôtel du roi. En 1325, il est nommé sénéchal de Beaucaire, un port de galères important à cette époque, mais aussi sénéchal de Nîmes. Il reçut l'ordre d'escorter la comtesse de Blois de Montpellier au château de Corbeil.

Il prit part à la guerre de Gascogne en 1324Notice du Musée impérial de Versailles, par Eud. Soulié... ... , ..

Amiral de France

chevalier, bachelier, seigneur de Tours-en-Vimeu et Hamicourt, conseiller, maître d’hôtel & Chambellan du Roi (1326), Sénéchal de Beaucaire & de Nîmes (1325-1332), X en Gascogne (1326), Vice-Amiral de France (07/12/1335, sous commandement nominal du Connétable Raoul d’Eu ; signataire au Louvre le 27/12/1336, comme Amiral, du Traité d’alliance entre le Roi et le Roi Alphonse de Castille), allié aux Génois, emporte les forteresses anglaises de Bourg et de Blaye en Aquitaine (1336), Capitaine de Douai & de Tournai (1339) (organisateur & administrateur de la flotte royale de dans les Arsenaux de Leure près Harfleur et du Clos des Galées, où les canons font leur apparition sur les navires - des deux côtés de la Manche ; commis à la garde du détroit (Manche) avec ses nefs de guerre ; commande la flotte française lors de la bataille de l’Écluse, où il est blessé, fait prisonnier et décapité par les Anglais pour avoir menacé le Roi d’Angleterre)

Hugues Quieret obtint sa dignité d’amiral de France, le . Quieret n'est pas, d'ailleurs, dès sa nomination, chef suprême des flottes françaises. Il a, au-dessus de lui, un connétable de France. mais il est meilleur administrateur que marinWilliam W. Kibler, Medieval France: an Encyclopedia, Londres, Routledge, 1995, 9..

En 1336, il va au secours du comte avec ses galères du LevantCharles de La Roncière, Histoire de la marine, 1909, 17-19..

Projet d’invasion de l’Angleterre (1338)

Les provinces promettent des navires pour envahir l’Angleterre. Le but est de les réunir à ceux du roi et de transporter d'armes en Angleterre. C’est « la grande armée de la mer ». Les préparatifs de cette expédition se firent dans les ports d'Harfleur et de Leure , par lequel l'amiral Hugues Quieret charge Thomas Fouques, garde du clos aux Galées du roi, à Rouen, de racheter, à quelque prix que ce soit, les armes que les soldats de l'armée réunie à Leure et à Harfleur avaient vendues à des marchands et que ceux-ci se proposaient de porter à l'étranger. Mais le document le plus important sur ces préparatifs, c'est sans contredit la quittance, du , qui prouve l'emploi sur la flotte de la poudre à canon et fixe d'une manière certaine le commencement de l'artillerie moderne en FranceMémoire sur le commerce maritime de Rouen : depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du , par Ernest de Fréville..

Des bateaux anglais sont aussi brûlés dans les ports de Bristol à Plymouth.

La bataille d'Arnemuiden (septembre 1338)

La bataille d'Arnemuiden est livrée le , au début de la guerre de Cent Ans. Elle oppose, près d'Arnemuiden, port de l'île de Walcheren aux Pays-Bas, une vaste flotte française, commandée par les amiraux Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet à cinq grandes nefs anglaises, transportant un énorme chargement de laine, destinée aux Flamands, alliés d', roi d'Angleterre. Écrasés sous le nombre et ayant une partie de leurs équipages à terre, les navires anglais se défendent avec une grande vaillance, en particulier le Christofer sous les ordres de John Kingston, chef de la petite escadre. Il ne capitule qu'après une journée de lutte et après avoir épuisé tous ses moyens de défense. Les Français s'emparent de la riche cargaison et intègrent les cinq nefs à leur flotte mais ils ternissent leur victoire payée au prix fort, par le massacre des prisonniers. Deux ans plus tard, Quiéret et Béhuchet paieront de leur vie cet acte de cruauté. À l'issue de la bataille de l'Écluse le premier sera décapité, le second pendu. Cette bataille est la première de l'histoire européenne lors de laquelle les belligérants utilisèrent de l'artillerie Charles de la Roncière, Histoire de la Marine Française, Librairie Larousse, Paris 75006, 1934,page18. Le Christofer était équipé de trois canons de fer et d'un canon à mainJean-Claude Castex,Dictionnaire des batailles navales franco-anglaises, les Presses de l'Université Laval, 2004, 20.

Hugues Quieret est capitaine de Tournay en 1339.

La bataille de l'Écluse

Le , lors de la bataille de l'Écluse, (à L'Écluse en Flandre zélandaise), le roi anglais , prétendant à la couronne de France, anéantit la flotte de son rival, le roi de France , devant l'estuaire du Zwin, ce bras de mer (de nos jours ensablé) qui mène à Bruges.

C'est la première bataille d'importance de la guerre de Cent Ans. Outre une quarantaine de galères méditerranéennes, navires nerveux et maniables, avec des équipages génois expérimentés, menés par le mercenaire génois Barbavera (ou Barbevaire), les Français disposent d'une vingtaine de grandes cogues embarquant , et environ de commerce ou de pêche sur lesquels prennent place chacun une cinquantaine de soldats, soit un total d'environ . Mais les deux commandants, l’amiral Hugues Quieret et Nicolas Béhuchet, ne sont pas des marins mais des administrateurs chargés en principe d'assurer le transport d'une armée. Ils ont reçu pour ordre d'empêcher le débarquement de l'armée d'Édouard et ont transformé la flotte en barricade sur trois rangs enchaînée d'une rive à l'autre, sauf quatre nefs et les Génois.

Le matin du les 250 navires anglais avec plus les équipages apparaissent. À midi, avec la marée et le vent portant, l'armada anglaise attaque. Du côté français les arbalétriers ont l'initiative mais rapidement ils sont dominés par la vitesse de tir des archers gallois. Après l'abordage les combats furieux se font sur les ponts. Quieret et Béhuchet parviennent à investir le bateau d'Édouard, La Thomas, et à blesser ce dernier à la cuisse. Mais les chefs français sont faits prisonniers. Immédiatement Quieret est, malgré ses blessures, décapité et son corps jeté à la mer.

Dans l'après-midi, grâce au vent qui a changé de direction, la flotte flamande peut quitter la rive et vient se mêler au combat. La panique s’empare des Français : n’ayant pas d’autre échappatoire que de sauter à l’eau, ils périssent noyés par milliers. Seule la moitié des Génois, dont Barbavera, parvient à s'échapper. La France a perdu .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Jean-Claude Castex, Dictionnaire des batailles navales franco-anglaises, les Presses de l'Université Laval, 2004,

Articles connexes Histoire de la marine française Guerre de Cent Ans Liste des batailles de la guerre de Cent Ans

Catégorie:Sénéchal de Beaucaire Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIIIe siècle) Catégorie:Noble français Catégorie:Amiral de France Catégorie:Décès en juin 1340