Pierre Bouchardon est un magistrat français, né le à Guéret (Creuse) et mort le à Paris .
Biographie Famille Marie Pierre Gilbert Bouchardon naît le à Guéret, dans la Creuse. Il est le fils de Jean-Baptiste Emmanuel Bouchardon, avocat à Guéret, et d'Hélène Marie Anne Florand.
Marié à Blanche France Touvier, héritière des Cristalleries de Pantin, il est le père de deux enfants, André, Grand officier de la Légion d'honneur, et Paulette. Il est le grand-père de l'industriel Michel Collas, et l'arrière-grand-père de l'écrivain Philippe Collas.
Carrière Après avoir obtenu une licence en droit à Paris, il devient avocat en à la Cour d'appel de Paris, puis avocat au tribunal civil de Guéret en . Il devient juge suppléant au tribunal civil d'Aubusson en et effectue ensuite toute sa carrière dans la magistrature.. Il est ensuite affecté comme juge à Baume-les-Dames et Guéret en 1900, substitut du procureur à Cambrai en 1903, procureur de la République à Yvetot en 1905, et enfin substitut à Rouen en 1906. En 1908, il est nommé chef du bureau des affaires criminelles au ministère de la Justice, puis plus tard, juge d'instruction au tribunal de la Seine.
Capitaine-rapporteur au conseil de guerre pendant la Première guerre mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé au conseil de guerre avec le grade de capitaine-rapporteur. Il y instruit notamment les procès de Mata Hari, accusée d'espionnage au service de l'Allemagne, celui du journal Le Bonnet rouge, accusé de défaitisme, celui de Paul Bolo, dit « Bolo Pacha », affairiste accusé d'avoir reçu de l'argent de l'Allemagne afin de corrompre les journaux français en y insérant des articles pacifistes, et celui de l'homme politique Joseph Caillaux, accusé de trahison et de complot contre la sûreté de l'État pour avoir échangé des lettres avec le directeur du Bonnet rouge et avec Paul Bolo.
Joseph Caillaux le décrit alors comme « un nationaliste ardent qui croirait surtout servir son pays en faisant brûler tous ceux qui pensent autrement », alors que Clemenceau, qui le surnomme « Le Grand Inquisiteur », déclare qu'il est un des hommes qui ont le plus contribué à la victoire française, par son habileté et son acharnement à lutter contre « l'ennemi de l'intérieur ».
Les affaires de trahison qu'il instruit le rendent célèbre pour avoir mené au poteau « les traîtres » de la Première Guerre... Le capitaine Bouchardon occupe alors une place de tout premier plan.. En , le journal L'Illustration publie sa photo en couverture à côté de celle du Maréchal Foch et de Clemenceau avec le titre : « Les Trois Hommes qui ont sauvé la France ».
Sous le régime de Vichy Contrairement à beaucoup de magistrats, Pierre Bouchardon ne prête pas serment de fidélité au maréchal Pétain le . Il a eu la chance d'échapper au problème qui se posa alors à beaucoup car il avait alors tout juste pris sa retraite. Durant cette période, il publie des ouvarges sur les affaires criminelles et accorde, en juin 1942, un entretien publié dans l'hebdomadiare antisémite Je suis partout, où il s'exprime « dans la ligne idéologique de Vichy ».
Président de la commission d'instruction près de la Haute Cour de justice en 1944 En 1944, Pierre Bouchardon est rappelé à l'activité, à 74 ans, pour présider la commission d'instruction près de la Haute Cour de justice et instruit notamment dès le le procès du maréchal Pétain, puis celui de Pierre Laval et de Robert Brasillach. Le général de Gaulle lui propose de présider la Cour de Cassation, mais Pierre Bouchardon refuse car son fils André, résistant déporté, est encore aux mains des Allemands. Pour le protéger, Bouchardon préfère rester dans l'ombre. Il joue néanmoins un rôle déterminant comme Président de la Commission de la Haute Cour, assurant l'instruction de l'ensemble des affaires
Nommé Président honoraire à la Cour de cassation, Pierre Bouchardon, meurt cinq ans plus tard, le à ParisActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 3408, vue 2/31., des suites d'une complication opératoire.
Décoration Chevalier de la Légion d'honneur (1921) Commandeur de la Légion d'honneur (1947)
Divers Pierre Bouchardon apparaît sous les traits de Bernard Giraudeau dans le téléfilm écrit par son arrière-petit fils Philippe Collas, Mata Hari, la vraie histoire (2003), adapté de la biographie du même nom.
La principale salle d'audience du tribunal judiciaire de Guéret porte le nom de Pierre Bouchardon depuis le .
Publications Il a écrit une soixantaine de livres sur les plus grandes affaires criminelles des et a été membre de la Société des gens de lettres. Ses ouvrages sont des livres de références, d'autant plus que les dossiers de certaines affaires ont disparu dans les destructions de la Première Guerre. Le mystère du château de Chamblas, Albin Michel, 1922 L’affaire Lafarge, Albin Michel, 1924 L’auberge de Peyrebeille, suivi de La véridique histoire du roman de Stendhal le Rouge et le Noir, Albin Michel, 1924 (L’Affaire de l’Auberge Rouge) La Tuerie du pont d’Andert (1838), Perrin, 1924 (Affaire Peyrel, suivie de l’affaire Mont-Charmont) Le Crime du château de Bitremont, Albin Michel, 1925 La fin tragique du Maréchal Ney, Librairie Hachette, 1925 La Tragique histoire de l’instituteur Lesnier (1847-1855), Perrin 1925 L’Assassinat de l’Archevêque, souvenirs inédits, Fayard, 1926 Crimes d’autrefois I. Monsieur Lacenaire. II. Collignon. III. La Jacquerie de Buzançais. IV. Le Naufrage du Foederis-Arca. V. La Brinvilliers du XIXe siècle. VI. Le Promeneur du bois de Vincennes, Perrin, 1926 L’Énigme du cimetière Saint-Aubin (Procès du frère Léotade), Albin Michel, 1926 Le Magistrat, Hachette, 1926 Le duel du chemin de la Favorite, Albin Michel, 1927 L’Auberge de la Tête noire, suivi de: l’Homme à la lèvre boursouflée. Mon premier crime. La Bastide des trois vieillards, Perrin, 1928 Célestine Doudet, institutrice, Albin Michel, 1928 Les Dames de Jeufosse, Albin Michel, 1928 Le docteur Couty de La Pommerais, Albin Michel, 1929 Le Banquier de Pontoise et les Vrais Mystères de Paris, Éditions des Portiques, 1929 Les Procès burlesques, Perrin, 1929 Autres procès burlesques, Perrin, 1930 Le Cocher de M. Armand ; Les Amours funestes d’Angélina, Éditions des Portiques, 1930 L’enfant de la Villette, Éditions de la Nouvelle Revue-critique, 1930 La Femme à l’ombrelle, Albin Michel, 1930 L’abbé Delacollange, A. Lemerre, 1931 Le Crime de Vouziers, Perrin, 1931 Ravachol et Cie, Hachette, 1931 L’homme aux oreilles percées, suivi de l’Assassinat de l’archevêque, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1932 Troppmann, Albin Michel, 1932 La Faute de l’Abbé Auriol, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1933 La Malle mystérieuse. Affaire Eyraud, Gabrielle Bompard, Albin Michel, 1933 L’affaire Pranzini, Albin Michel, 1934 Un précurseur de Landru: L’horloger Pel, Arthaud, 1934 L’assassin X, Affaire Prado, Albin Michel, 1935 La dernière guillotinée, Éditions de la Nouvelle revue critique, 1935 Dumollard, le tueur de bonnes, Albin Michel, 1936 Hélène Jégado, l’empoisonneuse bretonne, Albin Michel, 1937 Vacher l’éventreur, Albin Michel, 1939 Le Puits du presbytère d’Entrammes, Albin Michel, 1942 (sur l’affaire de l’abbé Bruneau) Madame de Vaucrose, suivi de la Fragilité de l’aven, Albin Michel, 1947 Souvenirs, Albin Michel, 1953 Un drame de la Révolution en 1848, l’assassinat du général Bréa, Éditions L.E.P., 1959 Le collectionneur ingénu, Éditions L.E.P., 1966
Notes et références
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