Le château de Polignac est un château fort se dressant dans la commune française de Polignac près du Puy-en-Velay, dans le département de la Haute-Loire.

Localisation et situation

Situé à au nord-ouest du Puy-en-Velay, le château fort de Polignac (on dit aussi la forteresse de Polignac) occupe une butte ou plate-forme basaltique, fragment d'une ancienne coulée volcanique. Le sommet de la butte, à peu près plat, mesure environ sur et sa grande longueur est orientée plus ou moins nord-ouest/sud-est. Elle est à d'altitude.) et domine la vallée de Polignac et le bassin du Puy par des falaises abruptes hautes d'environ , sauf vers le nord où une triple ligne de remparts a été aménagée. L'archéologue Laurent d'Agostino (2008) voit, dans la position stratégique du château entre Anicium (Le Puy-en-Velay, futur siège épiscopal au Moyen Âge) et Ruessium (Saint-Paulien, chef-lieu de la cité vellave durant l'Antiquité), l'indice d'une occupation antique..

Historique et construction La première mention du château date d'environ 929-935 : un acte est passé dans le « castrum quod vocatur Podianacus » ; les vicomtes de Polignac sont quant à eux déjà mentionnés dès la fin du .

Propriétaires du château depuis au moins le , les vicomtes héréditaires du Velay en prirent le nom et en firent leur résidence ordinaire jusqu'au début du .

La forteresse, qui occupait un emplacement stratégique commandant les routes à l'ouest et au nord de la ville du Puy, pouvait abriter en plus de la famille et de ses domestiques.

Bien à l'abri dans leur forteresse, les seigneurs de Polignac purent devenir les maîtres du pays.

Alliés des rois de France mais de caractère indépendant, il n'hésitèrent à se rebeller contre l'autorité royale de (1080-1137) puis de (1423-1483).

La chapelle seigneuriale Saint-Andéol. est attestée dès 1075. Elle est incluse dans l'enceinte du château et rattachée au prieuré de Pébrac (près de Langeac en Auvergne), ce dernier fondé vers 1062. En 1128 l'église Saint-Martin est rattachée au prieuré Saint-Andéol. (et donc par filiation elle est rattachée au prieuré de Pébrac). Une autre source ajoute qu'en 1142, l'évêque du Puy Humbert d'Albon (1147) donne la chapelle Saint-Andéol en même temps que l'église Saint-Martin au prieuré de prieuré de Pébrac, qui possèdent ces biens jusqu'à la Révolution.

Le logis seigneurial fut sans doute reconstruit en dur au , époque où une lutte sans merci opposait les Polignac aux évêques du Puy pour la perception des péages. sur la route du pèlerinage à Notre-Dame du Puy-en-Velay. Il fut restauré et agrandi à la fin du ou au début du .

Le donjon, désigné comme la « grosse tour » dans les sources anciennes, fut édifié par Randon , vicomte de 1385 à 1421, comme l'indique une inscription latine gravée sur une pierre blanche encastrée à l'angle nord-ouest. Son voûtement fut réparé de 1565 à 1566 par Philiberte de Clermont, vicomtesse et douairière de Polignac (femme de François-Armand XVI), qui l'enchapa dans un glacis.

Le , le château reçut la visite de et sa suite : il fut reçu par le vicomte François-Armand XVI qui, au devant d'une centaine de gentilshommes, était allé à sa rencontre à Brioude. Le roi et les princes furent logés dans les bâtiments en dur et les courtisans dans un grand corps de logis en charpente dressé sur l'esplanade à cet effet.. À cette occasion, le roi gratifia les Polignac du surnom « rois des montagnes ».

Lors des guerres de Religion, les Polignac prirent le parti d' puis de son successeur, , faisant du château le bastion des royalistes face au Puy ligueur. La forteresse contribua au triomphe de la cause royaliste.

Une chapelle voûtée et peinte fut édifiée dans l'enceinte au .

Abandonnée au cours du par les vicomtes de Polignac, qui lui préfèrent leur Château de Lavoûte-Polignac, la forteresse était déjà en ruines au moment de la Révolution. Celle-ci voit les Polignac émigrer et la forteresse, vendue comme bien national, servir de carrière de pierres.

En 1830, à son retour d'émigration, le deuxième duc de Polignac racheta les ruines.. Sa famille fit restaurer une partie du château durant le : le chemin de ronde, des portes, le donjon. Prosper Mérimée, premier inspecteur des monuments historiques, classa le site en 1840..

Le donjon voit son couronnement (voûte et mâchicoulis) rétabli de 1893 à 1897, d'après des gravures anciennes.

Cette résurrection du château vient démentir la sombre prédiction du photographe Ernest Lacan (1828-1879)Lacan, Esquisses photographiques, . au milieu du :

Les restaurations se poursuivent aujourd'hui sous l'égide de la Fondation Forteresse de Polignac.

Physionomie actuelle La plateforme est dotée sur son pourtour d'une enceinte crénelée, avec tours et courtines, se déroulant sur .

Il n'y a qu'un seul chemin d'accès, montant en spirale depuis l'est. Il était défendu par six portes, dont les trois premières ont disparu. La , bien conservée (elle garde les rainures de la herse primitive), remonterait au .

En dehors de la muraille d'enceinte et de la grosse tour carrée, les bâtiments (seigneurie, vicomté, maison des archives) sont en ruine. Les traces d'un corps de garde et d'un moulin à vent sont encore visibles.

Accompagné d'une tourelle faisant corps avec lui et abritant un escalier à vis de , le donjon est un édifice de plan rectangulaire ( sur ) qui surplombe l'abîme du haut de ses . Il présente à sa base, sur ses quatre faces, un glacis construit pour dissuader les velléités d'assaut.

Sa porte d'entrée, basse et étroite, couverte par un arc brisé, s'ouvre à l'est, au rez-de-chaussée. On y accédait par un passage étroit et facile à défendre, pratiqué le long du rempart.

L'entrée donne dans une salle basse, couverte d'une voûte en berceau neuve restituée d'après les éléments subsistants de l'ancienne. C'est là qu'est conservé aujourd'hui le masque sculpté, dit « masque d'Apollon », sans doute un masque de fontaine.

La partie supérieure du donjon est divisée en trois étages par des planchers, aujourd'hui disparus. Chaque étage est éclairé par des fenêtres de dimensions variables et possède une cheminée en pierre.

Fouilles archéologiques

Fouilles anciennes Le vit la fouille du puits du château, surnommé « l'abîme », par Auguste Aymard., d'une profondeur de ..

Fouilles actuelles Lors d'une campagne de fouilles conduite par l'association « Études et chantiers », des pièces d'un jeu d'échecs en ivoire, une arquebuse, des éléments de ceinture avec ornements en cuivre, ont été retrouvés dans le logis médiéval de la SeigneurieCf L'éveil du 17 septembre 2007..

Mise en valeur touristique Depuis 2012, le site est géré par l'association Forteresse Polignac Patrimoine.

Bibliographie Études architecturales ou historiques

. . . Voir notamment : chap. 2 (« L'espace fortifié des communautés au bas Moyen Âge () »), sous-section 2.2 : « L'exemple du castrum de Polignac et de la cité du Puy-en-Velay » () . . . . .

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Œuvre littéraire The Château of Prince Polignac, nouvelle d'Anthony Trollope (1861)

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Légende du Temple d'Apollon à Polignac Polignac Maison de Polignac Duc de Polignac Château de La Voûte-Polignac

Liens externes

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Polignac Catégorie:Architecture militaire du Moyen Âge central Catégorie:Monument historique classé en 1840 Catégorie:Château en ruines dans la Haute-Loire