Misha Defonseca, de son vrai nom Monique De Wael, est une écrivaine belge née le État civil : acte , publié par Jane Daniel. à Etterbeek de parents catholiques. Elle est connue pour s'être présentée comme une rescapée juive de la Shoah, qui a traversé l’Europe à pied et parcouru , à la recherche de ses parents, protégée par des loups alors qu'elle était une petite fille. Cette histoire a été retracée dans un livre à succès, Survivre avec les loups, écrit en collaboration avec Vera LeeÉcrit aussi avec la collaboration de Marie-Thérèse Cuny pour la nouvelle édition (XO éditions) en 2005., et dans un film français du même nom.
Ce récit de voyage est en fait une invention, de même que la judéité des parents et de l’autrice à l’époque des faits qu’elle relateMarc Metdepenningen, « Ses parents étaient des résistants, pas des juifs déportés : le vrai dossier de “Misha” », Le Soir, .Misha Defonseca déclare : , in Marc Metdepenningen, « Les Aveux de Misha Defonseca », Le Soir, ..
Biographie Famille Monique De Wael a quatre ans quand ses parents sont arrêtés par les nazis, le , pour résistance à l’occupant. Selon certaines sources, Robert, son père, employé communal à Schaerbeek, aurait accepté le marché proposé par les nazis : afin de pouvoir voir sa fille Monique, il devait livrer les noms des membres de son groupe. Il aurait même participé aux interrogatoires de ses compagnons d’armes et aidé ainsi au démantèlement du « Groupement des Grenadiers », le réseau de résistance qu’il avait lui-même fondé en .
Déportation des parents Robert De Wael est ensuite envoyé à Cologne puis emprisonné dans différents endroits avant d’être transféré à Sonnenburg à la frontière germano-polonaise où il meurt d'épuisementSurvivre avec les loups : la véritable histoire de Misha Defonseca, de Lionel Duroy, XO, 2012...
Joséphine Donvil, son épouse, passe, elle aussi, de prison en prison avant d’être déportée à Ravensbruck où elle meurt en .
Jeunesse en Belgique occupée À l’arrestation de ses parents, la petite Monique est recueillie par son grand-père, puis son oncle. On la désigne alors comme la « fille du traître ».
Elle commence alors à se construire son propre monde et, prétendant s'être toujours sentie juive, elle finira plus tard par s’identifier aux victimes de la Shoah en s’inventant peu à peu une autre vie, celle de Misha, une petite fille juive qui aurait traversé l’Europe pour rejoindre ses parents internés en camp de concentration« Misha Defonseca : tricher avec les loups sur l'Express-Culture », voir le paragraphe sur les invraisemblances vis-à-vis de persécution des juifs de Belgique selon Maxime Steinberg : .
En même temps, elle se passionne pour les loups. Elle raconte :
Après-guerre À la Libération, le nom de son père est effacé de la plaque de pierre apposée sur les murs de la maison communale de Schaerbeek en l’honneur des fonctionnaires locaux victimes des nazisMarc Metdepenningen, « Le sombre passé du père de Misha », Le Soir, ..
Mariages et départ aux États-Unis Convertie au judaïsme, Monique De Wael se marie une première fois avec un juif d'origine turque, Maurice Levy, mais l'union ne dure pas.
Elle se remarie avec Maurice Defonseca, belge lui aussi, cadre chez Honeywell, avec lequel elle émigre aux États-Unis en 1985 (elle vit actuellement près de Boston). Ce dernier, qui dit ignorer tout des origines familiales de son épouse, parvient à la convaincre de parler de son histoire après l’avoir racontée dans la communauté juive.
Elle met son récit par écrit. Son époux, Maurice, assure la traduction en anglais. Puis les conférences s’enchaînent aux quatre coins des États-Unis, parfois payées jusqu’à . Afin de renforcer sa crédibilité, elle étudie les livres sur la Seconde Guerre mondiale et les cartes. Un premier livre suit, puis ses traductions françaises.
L'imposture Rédaction et édition des « souvenirs » Jane Daniel, à la tête d’une petite maison d’édition, Mt. Ivy, la remarque et parvient à la convaincre d’écrire son histoire. Vera Lee, une ancienne universitaire qui maîtrise parfaitement le français aide Misha à mettre en forme ses souvenirs. En 2001, elle confie au que, au fur et à mesure de la progression du récit, l’éditrice s’est de plus en plus impliquée dans la rédaction, réclamant plus d’émotion et de sentiments. Daniel, elle, prétend n’être intervenue que pour sauver le manuscrit David Mehegan, « », , ..
Un succès de librairie À sa sortie, en 1997, le livre, , n’est vendu qu’à aux États-Unis Blake Eskin, « », Slate, .. Aux États-Unis, l’historienne Debórah Dwork, autrice d’un livre sur les enfants juifs dans l’Europe nazie, , 1993. et Lawrence L. LangerAutrice de , , 1993. ont, dès avant la publication de l’ouvrage, exprimé leur scepticisme, mais Elie Wiesel et la présidente de la Fondation nord-américaine pour les loups ont accepté d’écrire d’élogieuses notes de jaquette pour le livre. Elie Wiesel admettra plus tard n'avoir pas lu le livre et regretter de ne pas l'avoir fait.
L’ouvrage est traduit en (titre français : Survivre avec les loupsÉdité en 1997 aux éditions Robert Laffont.) et obtient un certain succès en France et en ItalieLa quatrième de couverture des éditions Pocket précise que le livre s’est vendu à .. Le livre commence à intéresser les productions Walt Disney et la présentatrice Oprah Winfrey. Mais tout s’arrête quand on apprend que Misha Defonseca et Vera Lee ont attaqué Jane Daniel en justice pour non-respect du contrat.
Remises en question Hormis le journaliste allemand qui, après avoir rencontré Misha Defonseca, faisait part dès 1996 dans de ses sérieux doutes quant à la réalité de ce récit., personne en Europe n’ose à cette époque mettre en cause sa véracité. Mais un différend commercial oppose Misha Defonseca à son éditrice « Les dommages à verser à Misha Defonseca sont finalement triplés ; elle obtient un total de de dollars », prnewswire.co.uk.. Celle-ci, Jane Daniel, est condamnée à lui verser « Misha Defonseca plaide sa bonne foi », Le Soir, ..
À partir d’, Jane Daniel publie sur son blog Blog de Jane Daniel. des pièces (certificat de baptême, extrait d’acte de naissance, inscription à l’école) retrouvées par une généalogiste belge, Evelyne Haendel, dévoilant le faux. Après la sortie du film de Vera Belmont en , la polémique enfle, reprise par Serge Aroles, qui relève les invraisemblances du comportement prêté aux loups., et par Marc Metdepenningen, journaliste du quotidien belge Le Soir.. Consulté par la personne de contact en Europe de Misha Defonseca, Maxime Steinberg, historien spécialiste de la Shoah, dénonce
Révélation de la supercherie Après s’être défendue avec véhémence, l’autrice finit le par révéler la supercherieMarc Metdepenningen, « Les aveux de Misha Defonseca », Le Soir, .. Elle ajoute à la fin de ses « aveux » :
Selon les enseignants qui ont présenté l'histoire de Misha en classe, leurs élèves sont « très tristes »..
Après la révélation du mensonge, Jane Daniel contre-attaque en justice. En 2010, la cour du Massachusetts contredit la décision condamnant précédemment l'éditrice. Misha Defonseca est totalement déboutée et ne perçoit rien. Ce jugement est confirmé par la le .. Seule son nègre littéraire, Vera Lee, percevra les de dollars prévus au contrat, le tribunal ayant estimé que celle-ci ignorait que l'histoire de Misha était un mensonge« Survivre avec les loups : Misha Defonseca part sans ses millions » sur actualitte.com..
Ce n’est pas le premier cas de mystification dans la littérature de la Shoah. Binjamin Wilkomirski dans son livre Fragments d’une enfance, 1939-1948 rapporte le traumatisme psychologique connu par un adulte qui a été déporté enfant dans un camp de la mort et recouvre une partie de sa mémoire par bribes. Ce récit était également un fauxVoir aussi la curieuse histoire de Maïti Girtanner..
Éditions du livre Survivre avec les loups, Misha Defonseca, avec la collaboration de Vera Lee ; traduit de l'américain par Marie-Thérèse Cuny Paris : R. Laffont, , , Paris : Pocket , , ; rééd. Paris : Ed. de la Seine, , Paris : Pocket jeunesse, , , Paris : XO, , ; rééd. Paris : Ed. de la Loupe, , Paris : XO, ,
Film 2007 : Survivre avec les loups, film français de Véra Belmont, avec Mathilde Goffart, Yaël Abecassis, Guy Bedos, Michèle Bernier et Benno Fürmann.
Enquête Selon le journaliste et écrivain Lionel Duroy qui a enquêté sur le passé de Monique De Wael, le récit qu'elle a construit peut être vu comme une remarquable leçon de psychologie : une enfant enfermée dans la solitude, accusée pour le choix de son père, se bâtit son propre monde. La mythomanie est son unique planche de salut ; sans elle, elle n'aurait pas pu vivre.
Seul son mari, Maurice Defonseca ne l'a pas abandonnée.Raphaëlle Leyris, « Sous la fable, la honte », Le Monde, ..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie critique Lionel Duroy, Survivre avec les loups : la véritable histoire de Misha Defonseca (document), Paris, XO éditions, , .
Documentaire Impostures sordides (troisième affaire) dans Suspect le , , , , et sur TMC.
Articles connexes Personnes Maïti Girtanner Jerzy Kosinski Enric Marco Antonio Pastor Herman Rosenblat Binjamin Wilkomirski Enfant sauvage Mythomanie
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