La république d'Irak, parfois désignée Irak baasiste, a été gouvernée de 1968 à 2003 selon un régime de parti unique, sous les présidences de Ahmed Hassan al-Bakr puis de Saddam Hussein, dirigeants du parti Baas. Cette période commença par une forte croissance économique, mais se termina par une baisse du pouvoir d'achat. Le revenu annuel moyen diminua, en raison de plusieurs facteurs externes et plusieurs facteurs internes au régime.
Abdel Rahman Aref, alors président de la république et Tahir Yahya, son premier ministre, furent renversés par le coup d'état baasiste du dirigé par Ahmed Hassan al-Bakr, membre du parti Baas. Le parti Baas qui avait auparavant occupé le pouvoir en 1963, était dirigé principalement par al-Bakr et Saddam Hussein. Pendant la présidence d'al-Bakr, l'économie irakienne s'épanouit. Cependant, plusieurs facteurs internes menaçaient la stabilité du pays, parmi lesquels les conflits du pays avec l'Iran et la communauté chiite. Le conflit externe a été le conflit frontalier avec l'Iran, qui contribuerait à la guerre Iran-Irak.
Saddam Hussein devint président le , lors d'une vague de protestations contre le régime en Irak dirigée par la communauté chiite. Le parti Baas, qui était de nature laïque, a durement réprimé les manifestations. Un autre changement de politique a été la politique étrangère envers l'Iran, un pays musulman chiite. La détérioration des relations conduit finalement à la guerre Iran-Irak, qui a débuté lorsque l'Irak a lancé une invasion à grande échelle sur l'Iran en 1980. L'Iran, qui venait de vivre une révolution, et que le monde croyait faible, fut un choix facile pour la machine de guerre irakienne. Cela s'est révélé faux, et la guerre a duré huit ans. L'économie s'est détériorée pendant la guerre, et l'Irak est devenu dépendant des dons étrangers. L'Irak et l'Iran signèrent finalement un cessez-le-feu en 1988.
En 1990, l'Irak accuse officiellement le Koweït d'avoir volé du pétrole irakien par forage oblique, bien que certaines sources irakiennes indiquent que la décision de Saddam Hussein d'attaquer le Koweït avait été mise au point de nombreux mois avant l'invasion<ref name="Gause p263-274"> Gregory F. Gause, The International Politics of the Gulf”, Oxford: The University Press. pp. 263–274. .</ref>. Plusieurs raisons officieuses ont été avancées afin de justifier l'invasion irakienne : l'incapacité de l'Irak à rembourser 80 milliards de dollars qui avaient été empruntés au Koweït pour financer la guerre Iran-Irak et la surproduction koweïtienne de pétrole qui a gardé des revenus en recul pour l'Irak Iraqi Invasion of Kuwait; 1990, consulté le 29 décembre 2011.. Le , l'Irak envahit le Koweït. L'Irak sera défait par les forces de la Coalition en . En 2003, les États-Unis envahissent l'Irak, l'accusant de posséder des armes de destruction massive.
Histoire Coup d'État du 17 juillet 1968 Le coup d'État commença aux premières heures du quand les milices du Parti Baas prirent possessions du ministère de la défense, de l'électricité, de la radio, des ponts et des bases militaires. Toutes les lignes téléphoniques furent coupées à 3 heures du matin et des chars stationnèrent près du palais présidentiel. Abdel Rahman Aref, alors président de l'Irak, entendit parler du putsch lorsque son régime commença à repousser les putschistes. Ahmed Hassan al-Bakr, un des chefs des putschistes, déclara à Abdel Rahman Aref au téléphone qu'il était en ce moment de prendre le contrôle du palais présidentiel. Abdel Rahman Aref déclara à al-Bakr qu'il était prêt à démissionner et ce dernier lui déclara qu'il ne l'emprisonnera pas. Aref s'exila alors au Royaume-Uni. Le , al-Bakr devint président de la république. Ce coup d'État est caractérisé par le fait qu'il n'y a eu aucune effusion de sang.
En 1972, la nationalisation du pétrole est complète, la Iraq National Oil Company contrôle 100 % de la productionUne série de monnaie est frappée en 1973 afin de célébrer cette nationalisation — cf. pièce de 250 fils Nationalisation de l'industrie pétrolière..
Présidence d'Ahmad Hasan al-Bakr vignette|Ahmad Hasan al-Bakr, président de 1968 à 1979. Quand al-Bakr devint président en 1968, il réprima les non-baasistes comme les nasséristes et les communistes. Il arrêta également des personnes qu'il accusa de collaborer avec Israël. Le , des accords sont signés sur l'autonomie du Kurdistan. La période est caractérisée par une montée en puissance du vice-président Saddam Hussein. Le , ce dernier commence une vaste nationalisation des compagnies pétrolières monopolistes qui se trouvaient jusque-là entre des mains étrangères. L'Irak connaît alors un développement industriel et social sans précédent. Saddam Hussein s'efforce de moderniser l'économie et l'industrie. En 1972, il devient général honoraire puis, l'année suivante, général.
Accession de Saddam Hussein à la présidence
vignette|Saddam Hussein en 1998. Saddam Hussein devient président le , lors d'une vague de protestations contre le régime en Irak dirigée par la communauté chiite. Le parti Baas, qui était de nature laïque, a durement réprimé les manifestations. A 42 ans, se sentant assez puissant, Saddam Hussein succède à Ahmed Hassan al-Bakr et devient président de la république d'Irak, à la suite du renoncement « précipité » de son prédécesseur, officiellement pour « raison de santé ». Des milliers de cadres du parti Baas sont alors convoqués d'urgence et vingt-deux d'entre eux, accusés de trahison, sont arrêtés en pleine assemblée présidée par Saddam Hussein fumant le cigare et pleurant parfois, et sont emmenés à l'extérieur pour être exécutés sommairement. La scène est filmée et est suivie en direct dans tout le monde arabe ; elle servira à asseoir le pouvoir du nouveau dictateur en Irak et deviendra célèbre mondialement comme illustration de ses méthodes et de sa personnalité. Le nouveau président se nomme maréchal et commandant en chef des forces armées.
La guerre Iran-Irak (1980-1988)
En septembre 1980, Saddam Hussein lance son armée contre l'Iran des mollahs, pour la conquête de trois objectifs : occuper la totalité du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate), le « fleuve des Arabes », qu'il avait dû partager avec l'Iran, par le traité de 1975 ; faire du Khalidj al-Farsi, le golfe Persique, le Khalidj al-Arabi, le « golfe Arabique », en chassant définitivement les Iraniens des îlots qui contrôlent l'accès au détroit d'Ormuz. s'emparer de la province pétrolifère du Khouzistan, nommée par les nationalistes arabes l'Arabistan.
Jusqu'en 1988, les deux pays sont plongés dans une guerre longue et sanglante et finalement sans beaucoup de résultats. Car sur tous ses objectifs, Saddam Hussein connaît un échec relatif, malgré l'aide massive apportée par l'Union soviétique, la France, les États-Unis dans une moindre mesure et les Émirats arabes, qui redoutent avant toute chose la victoire iranienne et l'instauration en Irak d'un régime islamiste et chiite, alors que Saddam Hussein est laïc et sunnite. Au terme de huit années de guerre, l'Irak réussit à prendre pied sur la rive iranienne du Chatt-el-Arab, mais au prix d'un million de morts et de sa jeunesse sacrifiée. Durant ce conflit, l'Irak utilise massivement et systématiquement des gaz lacrymogènes (1982), puis des armes chimiques mortelles, interdites d'emploi par de nombreux traités internationaux, comme des vésicants et des neurotoxiques à partir de 1983.
Système de pouvoir de Saddam Hussein Durant les trente-cinq années de son pouvoir, Saddam Hussein utilise tous les moyens possibles pour contrôler la population et régner sans partage. Comme tous les régimes totalitaires, la propagande est omniprésente à travers les différents médias et les affiches représentant le portrait du raïs alimentent un culte de la personnalité. La presse est censurée, tandis que la peur d'être arrêté et exécuté paralyse les opposants qui n'osent pas s'exprimer (une simple offense faite au chef d'État étant même légalement passible de la peine capitale), puisque les agents des services de renseignements sont partout, et la délation étant également monnaie courante. Ainsi, selon le témoignage d'un religieux étranger, à l'école, on demandait même aux enfants de répéter ce que disaient leurs parents à la maison..
Saddam Hussein use aussi de népotisme pour asseoir son pouvoir personnel. Ainsi plusieurs proches issus de son « clan » (fils, frères, demi-frères, oncles, cousins, etc.) nés souvent dans la même ville que lui à Tikrit, sont placés à des hauts postes de responsabilité, notamment au sein de l'armée et des services secrets (la Mukhabarat).
Néanmoins, cela n'empêche pas le dictateur de faire régner un véritable climat de terreur au sein même de sa propre famille. Ainsi, il n'hésite pas à faire exécuter par leur propre tribu, trois jours après leur retour d'exil de Jordanie le , ses deux gendres qui étaient alors entrés en dissidence, les frères Hussein et Saddam Kamel, époux respectifs de Raghad et Rana. Il leur avait promis auparavant sa clémence si ceux-ci rentraient dans le rang (des menaces du Raïs sur la vie de leurs proches ayant probablement convaincu également les deux hommes de rentrer en Irak). Leur père, ainsi qu'un frère ont également été victime de ces représailles sanglantes..
Saddam commande un film au réalisateur égyptien Tawfiq Saleh intitulé Les Longs Jours : on y découvre un Saddam Hussein héroïque, qui tente d'assassiner le président Abdel Kerim Kassem, en 1959.
La prison d'Abu Ghraib est symbolique de l'arbitraire du régime. Les témoins rapportent que les cellules étaient de dimensions réduites (4 × 6 mètres). Elles n'étaient dotées ni d'eau courante, ni de toilettes. Les prisonniers, des opposants au régime, majoritairement des islamistes chiites pro-iraniens, s'entassaient à plusieurs dans ces pièces sans confort. Certains furent exécutés pour « activités religieuses ».
Saddam Hussein a échappé à plusieurs attentats ou tentatives de renversement par la force.
Économie
L'Irak disposait d'une économie planifiée, adoptée en 1968 par des plans quinquennaux (en cinq ans) hérités du régime précédent.
Le gouvernement baasiste nationalise la compagnie pétrolière Iraq Petroleum Company en 1971 et les revenus pétroliers augmentèrent de 219 millions de dinars en 1972 à 1,7 milliard en 1974, 3,7 milliards en 1978 et 8,9 milliards en 1980. Avec la révolution islamique en Iran, l'Irak devient le deuxième pays exportateur mondial de pétrole. De 1970 à 1980, l'économie irakienne enregistre une croissance de 11,7 %.
Modernisation de l'Irak
Dans le même temps, d'énormes progrès dans le domaine social auront été accomplis sous sa présidence. L'Irak s'industrialise rapidement et devient l'un des pays arabes où le niveau de vie est le plus élevé, avec comme résultat l'émergence d'une véritable classe moyennehttp://www.lepoint.fr/actualites-monde/itineraire-d-un-tyran/924/0/42486 Le Point, Saddam Hussein - Itinéraire d'un tyran..
En 1973, Saddam lance la « Campagne nationale pour l'éradication de l'illettrisme » un plan ambitieux visant à lutter contre l'analphabétisme. L'école devient gratuite, obligatoire et séculière pour les garçons et les filles. En moins de dix-huit mois, le nombre d'enseignants atteint le nombre de soixante-deux mille personnes, par ailleurs le nombre de filles scolarisées est multiplié par trois. L'Unicef reconnaît que l'Irak a pratiquement éradiqué l'illettrisme et aura poussé la scolarisation des Irakiens à un niveau encore inédit au Moyen-Orient. En 1982, l'Unesco remet un trophée à l'Irak pour l'effort d'alphabétisation dont avait fait preuve le gouvernement à l'égard des filles. Près de 95 % des filles étaient scolarisées.
En 1977, 70 % des pharmaciens et 46 % des dentistes étaient des femmes. Par ailleurs, une élite intellectuelle et scientifique voit rapidement le jour. L'Unesco explique que :