Le président des États-Unis d'Amérique (en , parfois abrégé par l'acronyme POTUS. En latin, signifie « celui qui a bu, qui est ivre ». ou PUS.) est le chef de l'État et du gouvernement des États-Unis en tant que chef du pouvoir exécutif, pouvoir prévu par la Constitution des États-Unis aux côtés des pouvoirs législatif et judiciaire du gouvernement fédéral. Il est également le commandant en chef des forces armées.
Le pays est une république à régime présidentiel et fédéral, avec un système complexe de freins et contrepoids () visant à assurer l'équilibre des trois pouvoirs. C'est ainsi que le président sélectionne les candidats aux postes gouvernementaux membres ou non du cabinet (exécutif) mais leur nomination dépend du Sénat (législatif). Il en va de même pour les juges de la Cour suprême (judiciaire). Inversement, le Congrès (législatif) dispose d'un droit d'opposition (majorité des deux tiers) de la Chambre des représentants et du Sénat à un veto du président. Il peut aussi engager une procédure de destitution (impeachment) du président. La Cour suprême (judiciaire) peut, elle, déclarer inconstitutionnelle une loi proposée par le président ou la Chambre des représentants.
Le président est élu tous les quatre ans en même temps que le vice-président (généralement en fin d'années bissextiles) au suffrage universel indirect. Son mandat débute le de l'année suivante et dure quatre ans (avant 1937, le mandat présidentiel commençait le ). Il ne peut se représenter que pour un second mandat, de façon consécutive ou non.
Le président des États-Unis actuellement en fonction est le républicain Donald Trump depuis le (l'ayant déjà été de 2017 à 2021).
Histoire gauche|vignette|George Washington, premier président des États-Unis. En tant que premier président de la nation, George Washington a établi de nombreuses normes qui viendraient définir le poste. Sa décision de prendre sa retraite après deux mandats a contribué à dissiper les craintes que la nation ne se transforme en monarchie, et a établi un précédent qui ne sera brisé qu'en 1940 et sera finalement rendu permanent par le vingt-deuxième amendement. À la fin de sa présidence, les partis politiques s'étaient développés, avec John Adams battant Thomas Jefferson en 1796, la première élection présidentielle véritablement disputée. Après que Jefferson eut vaincu Adams en 1800, lui et ses compatriotes de Virginie James Madison et James Monroe serviraient chacun deux mandats, dominant finalement la politique du pays pendant l'ère des bons sentiments jusqu'à ce que le fils d'Adams, John Quincy Adams, remporte les élections en 1824 après la scission du Parti démocrate-républicain.
L'élection d'Andrew Jackson en 1828 a été une étape importante, car Jackson ne faisait pas partie de l'élite de Virginie et du Massachusetts qui avait occupé la présidence pendant ses 40 premières années. La démocratie jacksonienne a cherché à renforcer la présidence aux dépens du Congrès, tout en élargissant la participation du public (masculin et blanc à l'époque) à mesure que la nation s'étendait rapidement vers l'ouest. Cependant, son successeur, Martin Van Buren, est devenu impopulaire après la panique de 1837, et la mort de William Henry Harrison et les mauvaises relations qui ont suivi entre John Tyler et le Congrès ont conduit à un affaiblissement supplémentaire du bureau. Y compris Van Buren, au cours des 24 années entre 1837 et 1861, six mandats présidentiels seraient remplis par huit hommes différents, sans qu'aucun ne soit réélu. Le Sénat a joué un rôle important au cours de cette période, le Grand Triumvirat d'Henry Clay, Daniel Webster et John C. Calhoun jouant un rôle clé dans l'élaboration de la politique nationale dans les années 1830 et 1840 jusqu'à ce que les débats sur l'esclavage commencent à séparer la nation dans les années 1850.
Le leadership d'Abraham Lincoln pendant la guerre civile a conduit les historiens à le considérer comme l'un des plus grands présidents de la nation. Il est réélu en 1864, faisant de lui le premier président à être élu à un second mandat depuis Jackson en 1832. Après l'assassinat de Lincoln, son successeur, Andrew Johnson, a perdu tout soutien politique et a été presque démis de ses fonctions, le Congrès restant puissant pendant les deux mandats de la présidence du général de la guerre civile Ulysses S. Grant. Après la fin de la reconstruction, Grover Cleveland deviendra finalement le premier président démocrate élu depuis avant la guerre, se présentant à trois élections consécutives (1884, 1888, 1892) et remportant deux fois. En 1900, William McKinley est devenu le premier titulaire à être réélu depuis Grant en 1872.
Après l'assassinat de McKinley, Theodore Roosevelt est devenu une figure dominante de la politique américaine. Les historiens pensent que Roosevelt a changé de façon permanente le système politique en renforçant la présidence, avec quelques réalisations clés, notamment la rupture des fiducies, le conservatisme, les réformes du travail, rendant le caractère personnel aussi important que les problèmes et choisissant son successeur, William Howard Taft. La décennie suivante, Woodrow Wilson a mené la nation à la victoire pendant la Première Guerre mondiale, bien que la proposition de Wilson pour la Société des Nations ait été rejetée par le Sénat. Warren Harding, bien que populaire au pouvoir, verra son héritage terni par des scandales, en particulier Teapot Dome, et Herbert Hoover deviennent rapidement très impopulaires après avoir échoué à atténuer la Grande Dépression..
Élection
thumb|Photographie prise le du président Ronald Reagan, alors en fonction, recevant ses prédécesseurs Richard Nixon, Gerald Ford et Jimmy Carter. thumb|Photographie prise le de cinq présidents : George H. W. Bush, Barack Obama (président élu), George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter. thumb|Barack Obama et Joe Biden (alors vice-président sortant) aux côtés de Donald Trump lors de son investiture, le .
Éligibilité La Constitution américaine requiert que le candidat à la présidenceConstitution américaine, La documentation française. : soit un citoyen né américain sur sol américain; ait au moins 35 ans ; ait été résident permanent aux États-Unis pendant les quatorze dernières années.
Une personne ne peut être candidate si : elle a déjà accompli deux mandats ( amendement) ; elle a été la cible d'une procédure dimpeachment menée jusqu'à son terme et s'étant conclue par une destitution votée par le Sénat à l'issue du procès ; elle a prêté serment de défendre la Constitution et que par la suite elle s'est rebellée contre les États-Unis (XIV amendement).
Seule la procédure dimpeachment permet de juger le Président. La Cour suprême statue à plusieurs reprises que l'occupant du bureau ovale dispose de la même immunité propre aux chefs d'État, excepté les procès au civil.
Modalités d'élection Le président des États-Unis est élu au suffrage universel indirect : les électeurs ne votent pas pour le président, mais pour un grand électeur. C'est le collège électoral, formé de l'ensemble des grands électeurs (), qui élit le président et le vice-président qui forment ensemble un « ticket ». centré|vignette|Bulletin de vote en Caroline du Nord pour les différentes élections américaines de 2024. Le nom du président candidat est écrit en haut, celui du vice-président juste en dessous, et le parti politique en dessous du vice-président
Il faut se rappeler que les États-Unis sont une fédération d'États : ce sont qui se sont unis en 1776, et les pères fondateurs ont cherché à assurer un équilibre entre l'égalité de l'ensemble des États entre eux et un poids des États proportionnel à leur population. Au Congrès, ce compromis a été atteint en ayant une Chambre des députés () où chaque État possède des représentants au prorata de la population et un Sénat où chaque État possède deux sénateurs, quelle que soit sa population. Pour conserver cet esprit d'équilibre entre l'égalité des États et l'égalité des citoyens, les pères fondateurs imaginèrent ce système de vote indirect.
Chacun des États a droit à deux grands électeurs plus un certain nombre au prorata de la population de l'État. Des territoires, comme Washington, D.C., ont également droit à un certain nombre de grands électeurs. Les sept États les moins peuplés n'ont droit qu'à trois grands électeurs (le minimum) tandis que le plus peuplé, la Californie, a droit à 55 grands électeurs.
La pratique appelée (« Le vainqueur emporte tout ») fait que l'ensemble des grands électeurs d'un État reviennent obligatoirement au candidat qui a reçu le plus de suffrages dans cet État.
En 2000, le candidat démocrate Al Gore a obtenu plus de votes que son adversaire républicain George W. Bush. En nombre de voix au grand collège, il manquait à Bush pour être élu et une seule voix à Gore, alors que tout le monde était en attente des résultats en Floride. Gore avait gagné les grands États (Californie, New York) par de confortables majorités (le Texas était allé à Bush) mais la Floride, avec ses 25 grands électeurs dans la balance, a été gagnée par Bush avec une faible majorité (environ ) dans une atmosphère de grande confusion (machines à voter pas très fiables, cessation du décompte manuel des votes sur ordre du gouverneur de l'État, le frère de Bush). In fine, les sont allées à Bush qui a gagné l'élection par une voix de majorité au collège électoral.
En 2004, en revanche, la réélection de Bush a donné lieu au plus grand nombre de suffrages populaires de l'histoire électorale américaineBush maître incontrôlable du monde par Philippe Coste, L'Express, 8 novembre 2004. et confirmait une polarisation extrême de la carte électorale du pays selon les couleurs des États.
En 2008, la victoire de Barack Obama est perçue comme étant un événement historique : il est le premier métis afro-américain à devenir président des États-Unis.
En 2012, Barack Obama est réélu avant même d'avoir obtenu les résultats de l'élection en Floride. Il emporte 11 Swing state, contre un seul pour le candidat républicain Mitt Romney.
En 2016, Donald Trump l'emporte face à la favorite du scrutin Hillary Clinton, pourtant majoritaire au niveau du vote populaire.
En 2020, le président sortant Donald Trump conteste le résultat des élections le donnant perdant face à Joe Biden, allant jusqu'à demander au secrétaire d'État de Géorgie de lui trouver des voix. Cette contestation aboutissant à l'assaut du Capitole quelques jours plus tards.
Élection éventuelle du président par la Chambre Si aucun candidat à la présidence ne recueille la majorité absolue des suffrages (270 en 2008), la Chambre des représentants se réunit immédiatement en session pour élire le président tandis que le Sénat élit le vice-présidentDouzième amendement de la Constitution des États-Unis, ..
Dans ce cas, les représentants ne peuvent choisir que parmi les trois candidats ayant reçu le plus de suffrages. Chaque délégation d'État dispose d'un seul vote, décidé à la majorité (on considère qu'une délégation parfaitement divisée s'abstient de voter). En outre, les délégations d'au moins deux tiers de tous les États doivent être présentes pour que le vote puisse avoir lieu. Pour être élu, un candidat doit recevoir la majorité absolue des votes des États (actuellement, 35). Si aucune majorité n'est atteinte, la chambre procède à un deuxième vote et continue jusqu'à ce qu'un candidat soit élu.
Une telle situation a plus de chances de se produire quand plus de deux candidats reçoivent des suffrages de grands électeurs, mais peut également se produire si deux candidats reçoivent chacun . À ce jour, la Chambre des représentants a élu le président en deux occasions : en 1801 et en 1825.
Succession et intérim de la présidence