Fécamp est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Ancien port morutier sur le littoral du pays de Caux, la commune est située à environ au nord du Havre.
Géographie Localisation Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du pays de Caux, sur la côte d'Albâtre.
Elle est la ville-centre de l'aire d'attraction de Fécamp, de son aire urbaine ainsi que de son bassin de vie, et se trouve dans la zone d'emploi du Havre.
Communes limitrophes
Géologie et relief
La superficie de la commune est de . Son altitude varie de .
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la rivière de Valmont, le ruisseau de Ganzeville. et divers autres petits cours d'eau..
La rivière de Valmont, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Valmont et se jette dans la Manche sur la commune, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de la Valmont sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 11:01 TU à partir des 189 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/2008 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
Sept plans d'eau complètent le réseau hydrographique, dont 5 sur la commune de Fécamp, les : 2 (), 4 (), 5 (), 6 (), 7 (); l'étang de l'Épinay () et celui du Nid du Verdier ()..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de FécampLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Octeville-sur-Mer à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Fécamp est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle appartient à l'unité urbaine de FécampUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Fécamp comprend une ville-centre et une commune de banlieue...
Par ailleurs, la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fécamp, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (37,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (32,2 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (28,1 %), forêts (20 %), terres arables (17,7 %), zones agricoles hétérogènes (9,5 %), prairies (9,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (9,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,6 %), zones humides côtières (1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..
Parmi ces logements, 85,1 % étaient des résidences principales, 6 % des résidences secondaires et 8,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 48,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 51,3 % des appartements.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Fécamp en 2021 en comparaison avec celle de la Seine-Maritime et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (6 %) supérieure à celle du département (4,1 %) mais inférieure à celle de la France entière (9,7 %).
+ Le logement à Fécamp en 2021. Typologie Fécamp. Seine-Maritime. France entière. Résidences principales (en %)85,18882,2 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)64,19,7 Logements vacants (en %)8,97,98,1
Toponymie Le nom de « Fécamp » est attesté en latin médiéval dans l'expression super fluvium Fiscannum en 875, puis Fiscannus en 990..
Les formes les plus anciennes sont sans rapport avec l'étymologie savante Fici campus « champ du figuier »., souvent invoquée à propos de la ville et dont s'inspire la graphie actuelle de Fécamp avec un -p final.
L'évolution du nom en *Fescan > *Fécan procède régulièrement du gallo-roman . Il s'agit vraisemblablement du nom d'origine de la rivière de Valmont (sans autre nom ancien) comme le montre la mention de 875 dans la charte de Charles le Chauve super fluvium Fiscannum « sur la rivière Fécam(p) ». En outre, le même processus de transfert d'un nom de rivière à un nom de lieu s'observe à plusieurs reprises en Seine-Maritime ( Eu, Dieppe) et ailleurs. Curieusement, les formes Fiscamnum monasterium au (M.G.H. Passiones, ) et Ad Fiscamnum en 833 (Gesta, 111) ne sont pas prises en compte par François de Beaurepaire. Le premier élément Fisc- représente vraisemblablement le vieux bas francique *fisk « poisson »Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979 . ..
L'explication plus ancienne d'Auguste Longnon par le latin classique fiscus au sens de « domaine du fisc »Auguste Longnon, Les noms de lieu de la France: leur origine, leur signification ... 1920. . n'est pas reprise par Albert Dauzat. En revanche, ce dernier range Fescamps (Somme, sans forme ancienne) parmi les noms de type Fêche-l'Église, Fesches-le-Châtel sous la rubrique Feissal relevant du latin fiscus « trésor royal », reprenant en cela l'explication de Longnon. Ernest NègreErnest Nègre, Toponymie générale de la France, , Librairie Droz, 1990. se fonde sur les propos des précédents et exclut, comme le second, Fécamp de cette série qui remonterait au latin fiscus.
En effet, Auguste Longnon voit dans Fécamp un *Fisci campus mot-à-mot « champ du fisc », explication contredite par les formes anciennes et à ce titre exclue par les toponymistes cités ci-dessus. On note, par ailleurs, que le terme fisque « fisc » n'est pas attesté avant le en français et est un emprunt au latin classique..
Albert Dauzat pose donc un *fisk-hafn d'après la proposition de Hermann Gröhler, basé sur le germanique fisk « poisson » et hafn « port », explication reprise partiellement par François de Beaurepaire qui analyse le premier élément comme remontant effectivement au germanique fisk « poisson ». Ernest Nègre reprend en fin de compte l'hypothèse d'Albert Dauzat et considère l'élément -annum / -annus comme une altération du germanique hafn « port de pêche ». Leur théorie est sans doute motivée par l'évolution, pour eux anormale, de (-an(n)um) en -an, alors qu'on attendrait -ain en français, cependant cette évolution s'observe en ancien normand selon René Lepelley, sans compter l'attraction analogique du mot camp « champ » cf. toponymes régionaux en -camp, dont Réalcamp (Seine-Maritime). François de Beaurepaire ne retient pas la proposition d'A. Dauzat (reprise plus tard par E. Nègre) en ce qui concerne la nature du second élément -amp, mais n'en donne aucune explication.
Remarque : Un nom de rivière identique est attesté en France avec la Fresquel, affluent de l'Aude, qui est un ancien Fiscanum également et dont le second élément ne peut pas être le germanique hafn « port », cette rivière étant petite et soumise à d'importantes variations du niveau d'eau. En revanche, l'élément Fisc- est dans ce cas tout à fait compatible avec une origine wisigothique (gotique : 𐍆𐌹𐍃𐌺𐍃, fisks « poisson »). Des noms de rivières similaires existent en Italie avec la , torrent du bassin du Pô, et en Allemagne dans les nombreux Fischach, .
Le gentilé est Fécampois.
Histoire Protohistoire Un (agglomération fortifiée gauloise) est établi au lieu-dit Côte du Canada, au sud-est de la ville actuelle. On peut y voir les restes des fortifications édifiées vers le milieu du Claire Beuriot, Thierry Dechezleprêtre, « Sites fortifiés de hauteur de l'Âge du Fer en Haute-Normandie », in: Actes de la table-ronde archéologique (Dieppe, et ), Proximus, 2, 1998, 37-56., notamment ceux d'un rempart de type belge.. Ce type de rempart est aujourd'hui appelé « Type Fécamp »Stephan Fichtl, Réflexions sur les remparts de type Fécamp., 2006, Glux-en-Glenne, Centre archéologique européen, 19, , 2010, Bibracte..
Antiquité