L'affaire Agnès Le Roux, également appelée affaire Le Roux, affaire Agnelet, ou affaire Le Roux-Agnelet est une affaire criminelle survenue à Nice (Alpes-Maritimes) en France en 1977, conclue le par la condamnation pour assassinat du principal suspect, Maurice Agnelet, ex-amant de la disparue. À ce jour, le corps d'Agnès Le Roux demeure introuvable.
Cette affaire commence lorsque disparaît Agnès Le Roux (), héritière du palais de la Méditerranée, à partir du . Pendant la durée de l'affaire, le principal suspect de sa disparition et meurtrier présumé est l'ex-avocat niçois et son ancien amant Jean-Maurice Agnelet.
Durant les que dure l'affaire, Renée Le Roux, mère d'Agnès Le Roux, relance régulièrement l'affaire. Après de multiples recours en appel du principal accusé, le , Maurice Agnelet est définitivement condamné pour assassinat par la cour d'assises de Rennes où a été jugée définitivement l'affaire.
Faits et origines de l'affaire Lors de la Toussaint, à une période estimée entre le et le (le étant la date retenue officiellement dans l'acte de décès établi en 2007), Agnès Gloria Le Roux, née le à Neuilly-sur-Seine (Seine), héritière d'une part du casino niçois le palais de la Méditerranée, disparaît subitement. Un mot troublant non daté est retrouvé dans son appartement niçois : « Désolée, je dérape. Ici se termine mon chemin. Tout est bien. Agnès. Je désire que Maurice s'occupe de tout. ». Une enquête est lancée mais la police considère initialement l'hypothèse du suicide comme très probable. Le corps d'Agnès le Roux n'a jamais été retrouvé. La Range Rover de la jeune femme disparaît également.
L'enquête démarre en , sur plainte de Renée Le Roux. En , Jean-Maurice Agnelet dit Maurice, né le à Monaco, avocat et amant d'Agnès Le Roux, qui a transféré l'argent de celle-ci sur un compte ouvert à son nom avec procuration à son autre maîtresse Françoise Lausseure, à l'époque épouse Fumat avant son futur divorce, est placé en garde à vue. Maurice Agnelet affirme qu'il séjournait avec elle à l'hôtel de la Paix, à Genève, en Suisse, lors de la disparition d'Agnès Le Roux et Françoise Lausseure confirme son alibi.
Thèses en présence
Thèse du ministère public et des parties civiles vignette|Les hôtels en front de mer de Nice au début du , dont le Palais de la Méditerranée, au premier plan à droite. Le mobile présumé serait le vol de trois millions de francs que détenait Agnès Le Roux dans un contexte de conflit entre associés pour le contrôle et la direction du palais de la Méditerranée (« guerre des casinos » entre Jean-Dominique Fratoni, propriétaire de l'hôtel et casino « Le Ruhl », et Renée Le Roux, propriétaire du casino « le palais de la Méditerranée »)Le quotidien Libération du jeudi 12 octobre 2006 . Renée Le Roux, ancien mannequin née Bousquet le , décédée le Anne Le Hars, « Nice : la mère d'Agnès Le Roux, Renée Le Roux, est morte à 94 ans » sur le site de France 3 Côte d'Azur, 6 juin 2016 et veuve depuis 1967 d'Henri Le Roux, riche homme d'affaires né en 1899 et mort en 1967, ancien administrateur de la Société des bains de mer de Monaco, héritière et dirigeante du casino de son défunt mari avec ses quatre enfants, Patricia, Catherine, Jean-Charles et Agnès, propriétaires en indivision, est en difficulté financière après que son établissement de jeux eut perdu en une soirée quatre millions de francs à une partie de trente et quarante. Elle suspecte que la partie a été truquée par son concurrent Jean-Dominique Fratoni, soupçonné d'être en lien avec la mafia locale et proche du maire de Nice Jacques Médecin, et refuse de lui vendre l'établissement. Fratoni engage Maurice Agnelet, avocat niçois proche de la famille Le Roux, pour convaincre Agnès de s'allier à lui et intervenir dans la rédaction de l'acte de cession, l'avocat ayant eu l'ambition inaboutie de devenir le nouveau directeur du Palais de la MéditerranéeOn refait le crime : L’Affaire Agnès LEROUX émission RTL du . Agnès, désirant toucher sa part de l'héritage de son défunt père, accepte alors de vendre ses parts du casino à Jean-Dominique Fratoni, dirigeant d'un groupe de casinos concurrentSurnommé le , ce patron de l'autre casino de la Promenade des Anglais, le Ruhl, il est soupçonné par la police d'avoir des liens avec la pègre de la Côte d'azur et la mafia italienne, et rêve avec Jacques Médecin, député-maire de Nice et alors secrétaire d'État au Tourisme, de faire de sa ville le , ce qui lui permettrait à terme, de prendre le contrôle du palais de la Méditerranée au détriment de sa mère Renée. C'est ainsi que le , en échange de trois millions de francs (environ d'euros de 2022) promis par Fratoni, Agnès Le Roux met sa mère en minorité lors du conseil d'administration du casino, en votant contre le renouvellement de son mandat de PDG. L'argent est versé sur un compte bancaire de la SBS (aujourd’hui UBS) à Genève, en Suisse, au nom d'Agnès Le Roux et de son avocat et amant Maurice Agnelet.
Agnelet connaissait Agnès Le Roux, ayant été engagé par elle comme avocat lors de son divorce avec Jean-Pierre Hennequet, prononcé en , qu'elle avait épousé en 1969. Agnelet aurait éliminé Agnès, dont la Range Rover blanche n'a jamais été retrouvée. Les soupçons se précisent lorsque l'enquête montre qu'il a récupéré en une partie des fonds versés par Fratoni dans une banque Suisse en échange des parts d'Agnès dans le casino niçois. En , Agnelet est radié du barreau, car dans le volet financier de l'affaire, il a été reconnu coupable de graves manquements aux règles de sa profession.. Vivant au Canada depuis 1980, inculpé et arrêté à son retour en France en 1983, il bénéficie d'un non-lieu en 1985 de la part du juge Michel Mallard. Cette ordonnance a été confirmée par la chambre de l’instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Il est alors libéré en . Son appartenance à la franc-maçonnerie, où il a été vénérable Maître d'une loge qu'il avait fondée à Nice et qui était une des loges du Grand Orient de France, a également été évoquée..
Maurice Agnelet a longtemps bénéficié du doute grâce à un alibi fourni par son ancienne compagne, Françoise Lausseure, qui avait affirmé s'être trouvée en Suisse avec lui lors de la disparition d'Agnès Le Roux. La position de Maurice Agnelet a basculé lorsque Françoise Lausseure, qui entre-temps est devenue son épouse avant de s'en séparer, a reconnu en 1999 qu'elle avait menti pour rendre service à son amant, à la demande de ce dernier.
Thèses de Maurice Agnelet Disparition volontaire suivie d'un suicide Dans la mesure où le corps n'a jamais été retrouvé, la première explication de Maurice Agnelet est celle d'une disparition volontaire d'Agnès Le Roux, qui se serait suicidée en un endroit inconnu.
Assassinat par la « mafia des casinos » Agnès Le Roux était au centre d'un conflit intense en un lieu, la Côte d'Azur française, et spécialement la ville de Nice, et en une période, en l'occurrence la seconde moitié des années 1970, où plusieurs acteurs importants de la vie économique, politique et mafieuse locale étaient en train d'élaborer des stratégies. Les noms de divers protagonistes ont été cités, tels Jean-Dominique Fratoni, Tany Zampa, Jacques Médecin, etc.
La mort suivie de la disparition matérielle d'Agnès Le Roux aurait pu servir à la mafia locale à imposer ses vues sur certaines actions stratégiques.
Procédure judiciaire Juges d'instruction
Richard Bouazis - 1978 -1979 Michel Mallard - 1979 -1981 François Boisseau - 1981-1983
Procès de 1985 et condamnation de Maurice Agnelet dans le volet financier En , un avis de recherche international est émis contre Agnelet, inculpé d'homicide et d'abus de confiance. Maurice Agnelet, qui vit depuis 1980 au Canada, rentre en France le .. Il est interpellé à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et écroué. Le , la justice abandonne les charges pour le volet criminel du fait de son alibi de sa deuxième épouse Françoise Lausseure, si bien qu'il est libéré le ..
Le , Maurice Agnelet bénéficie d'un non-lieu, mais, pour le volet financier, la cour d'appel de Lyon le condamne, le à trente mois d'emprisonnement, dont six avec sursis pour abus de confiance et complicité d'achat de votes. En conséquence, il est de nouveau incarcéré à partir du suivant, jusqu'en 1988. En , Agnelet avait été radié du barreau dans le cadre du volet financier de l'affaire, reconnu coupable de graves manquements aux règles de sa profession.
Assises des Alpes-Maritimes (Nice, 2006) Partie civile : Georges Kiejman Avocat général : Pierre Cortes Défense : François Saint-Pierre et Jean-Pierre Versini Président de la cour d'assises : Jean-Luc Tournier En , Françoise Lausseure, ex-épouse d'Agnelet, est menacée d'accusation de complicité de recel de cadavre grâce aux enquêtes de Renée le Roux, mère d'Agnès et ancienne PDG du Palais de la Méditerranée, qui a porté plainte contre elle et Agnelet en 1997. Lausseure prend peur et se rétracte en déclarant qu'elle avait menti, qu'Agnelet n'était pas avec elle en Suisse lors de la disparition d'Agnès Le Roux. Elle confirme ce revirement en . Le , le dossier d'homicide volontaire est rouvert chez la juge Anne Vella. Agnelet se retrouve mis en examen pour homicide..
En , les faits sont requalifiés en assassinat. Agnelet comparaît le devant les assises des Alpes-Maritimes. Le jury l'acquitte le au bénéfice du doute mais le ministère public fait appel« Affaire Le Roux Agnelet acquitté » publié le 21 décembre 2006 dans Le Nouvel observateur.
Assises des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence, 2007)
Partie civile : Hervé Temime Avocat général : Pierre Cortes Défense : François Saint-Pierre et Jean-Pierre Versini Président de la cour d'assises : Jean-Pierre Deschamps Le , Agnelet comparaît en appel devant les assises d'Aix-en-Provence. Il est condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour assassinat La Provence 12 octobre 2007. Il se pourvoit en cassation. Le , sa demande de mise en liberté est rejetée. Le , son pourvoi en cassation est rejeté et la condamnation à vingt années de réclusion criminelle devient définitive. Ses avocats saisissent aussitôt la Cour européenne des droits de l'homme.
Développements judiciaires Agnès Le Roux est déclarée officiellement morte le .. La justice la déclare décédée le à Nice (acte de décès n° 751).
En , Agnelet saisit la Cour européenne des droits de l'homme, estimant que les droits de la défense n'ont pas été respectés et en , demande sa libération conditionnelle« Maurice Agnelet a demandé sa libération conditionnelle »..