Le Gendarme et les Extra-terrestres est un film comique de science-fiction français réalisé par Jean Girault, sorti en 1979. Il s'agit du cinquième et avant-dernier film du Gendarme de Saint-Tropez.

Alors qu'il avait mis de côté son Gendarme après Le Gendarme en balade (1970), Louis de Funès, réchappé de lourds problèmes de santé, rendosse cet uniforme auquel il est très attaché. Le film raconte les mésaventures du gendarme Ludovic Cruchot et de la brigade de Saint-Tropez, confrontés à des extraterrestres venus étudier la Terre et capables de prendre forme humaine. Influencé par le renouveau de la science-fiction de la fin des années 1970, le scénario marque une incursion inédite et inattendue du Gendarme dans ce genre d'ailleurs rare dans le cinéma français.

Dans ce film, la brigade est composée de Louis de Funès, Michel Galabru, Grosso et Modo, présents depuis le premier film, ainsi que des nouveaux Maurice Risch et Jean-Pierre Rambal. Jean Lefebvre et Christian Marin ne sont pas reconduits dans cette suite, remplacés par des personnages de gendarmes équivalents. France Rumilly réapparaît en religieuse. Maria Mauban tient le rôle de Josépha Cruchot, épouse de Ludovic, comblant l'absence de Claude Gensac, indisponible.

Malgré des critiques assassines, Le Gendarme et les Extra-terrestres est un triomphe commercial, après neuf ans d'absence sur les écrans du Gendarme. Le film rassemble d'entrées en France, soit le plus grand succès de l'année 1979, et d'entrées en Allemagne, demeurant plus de trente ans le meilleure score français outre-Rhin. C'est le dernier film de Louis de Funès à se hisser en tête du box-office français.

Un sixième épisode dans lequel les extra-terrestres prenaient leur revanche était envisagé, mais Louis de Funès ayant entre-temps eu affaire à un autre extra-terrestre dans La Soupe aux choux, les scénaristes, par crainte d'une lassitude du public et les premières femmes arrivant dans la gendarmerie nationale, imaginent finalement de mettre des femmes dans la brigade de Saint-Tropez; ce qui donnera Le Gendarme et les Gendarmettes, dernier film de la série.

Synopsis vignette|gauche|alt=Photo en noir et blanc d'un port provençal.|Port de Saint-Tropez, années 1970.

Devant la gendarmerie de Saint-Tropez, l'épouse du maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot part en vacances en Bretagne, à bord de sa rutilante Oldsmobile. Sans s'en rendre compte, elle emporte avec elle les gendarmes Beaupied et Berlicot qui mettaient ses valises dans son coffre. Aussitôt, son mari la poursuit avec la Citroën Méhari des gendarmes, tandis qu'elle force les barrages de gendarmerie et évite les radars. Grâce à une astuce, Cruchot parvient à la rattraper près de Toulon et libère les deux gendarmes du coffre, avant de repartir à Saint-Tropez.

De retour à la gendarmerie, Cruchot et Beaupied reçoivent l'ordre de l'adjudant Gerber de patrouiller sur tout le secteur de la presqu'île de Saint-Tropez. En pleine campagne, leur Citroën Méhari s'arrête subitement, sans bruit. Cruchot tente alors de la réparer, après avoir chassé Beaupied pour ne pas être dérangé. Parti plus loin, celui-ci découvre avec stupeur une soucoupe volante, qui disparaît aussitôt dans le ciel. Alors que la Méhari redémarre soudainement, Beaupied, totalement affolé, revient pour alerter le maréchal des logis-chef, qui n'y croît évidemment pas.

vignette|redresse|Le gendarme Beaupied, incarné par Maurice Risch (ici à gauche), est le premier à voir la soucoupe.

Beaupied fait des déclarations aux médias, sans être pris au sérieux, ameutant badauds et journalistes, ainsi que des marques avides de publicité opportuniste. L'adjudant Gerber oblige Beaupied à faire une déposition puis part en patrouille avec Cruchot. Au même endroit qu'avant, le véhicule tombe en panne et Gerber congédie son subordonné pour remettre en route la Méhari au calme. À son tour, Cruchot rencontre la soucoupe volante, qui s'envole de nouveau, puis alerte l'adjudant, qui n'a rien vu.

Dès lors, la gendarmerie est épuisée par les divagations de Beaupied et Cruchot, obsédés par cette vision, en plus d'être débordée par le matraquage publicitaire régnant sur la place. Le maire de Saint-Tropez convoque l'adjudant pour arrêter l'affaire, les déclarations à la presse ayant fortement perturbé l'ordre public. Un soir, un extra-terrestre, sous apparence humaine, vient à la gendarmerie et explique à Beaupied d'un ton monocorde que leur venue sur Terre est pacifique, une mission de reconnaissance afin d'étudier les mœurs et comportements des terriens en se mêlant à la population. Le gendarme, incrédule, croit avoir affaire à un jeune éméché, jusqu'à ce que l'extra-terrestre prenne sa forme. En tentant de se battre, Beaupied découvre que ces créatures sonnent creux. L'extra-terrestre se volatilise. Beaupied court immédiatement prévenir Cruchot dans son appartement.

vignette|redresse|gauche|Les extra-terrestres consomment de l'huile moteur, un indice pour les démasquer.

Un autre extra-terrestre, cette fois sous les traits de Gerber, arrive et débite le même discours de « paix » à Cruchot, qui pense à une blague de l'adjudant. Le visiteur lui fait une démonstration de ses pouvoirs. La montre de l'extra-terrestre vibre et celui-ci boit dans une flasque, avant de partir. Cruchot observe découvre que la flasque contient de l'huile : en plus de sonner creux quand on les frappe, ces extra-terrestres boivent de l'huile. Le véritable Gerber rentre chez lui et Cruchot l'aperçoit. Imaginant voir l'extra-terrestre, il fait boire au vrai Gerber de l'huile et lui plante un tournevis dans la fesse, pour le démasquer, sans succès.

Le lendemain, le colonel descend à la gendarmerie pour faire cesser l'hallucination collective à propos des extra-terrestres, qui ridiculise la profession. Les montres du colonel et de ses assistants vibrent et ceux-ci quittent à la hâte la gendarmerie. Cruchot tente de les molester avec son tournevis pour démasquer les extra-terrestres, mais Gerber le rattrape. Malheureusement, le gendarme tombe sur le vrai colonel, arrivé entre-temps, et lui plante son tournevis dans la fesse, tout en le tapant. Pris pour un fou, Ludovic Cruchot est mis aux arrêts, enfermé dans son appartement. Il réussit à s'échapper et rencontre fortuitement sœur Clotilde, si souvent de grand secours pour lui. Celle-ci le cache des gendarmes et l'amène dans son couvent.

Au couvent, Cruchot, déguisé en religieuse, sème la zizanie en tentant de passer inaperçu au milieu des autres sœurs. Il parvient à mystifier l'adjudant venu le débusquer jusque-là. Il trompe aussi l'évêque en visite auprès de la chorale. Il s'échappe à vélo, encore en robe et cornette, pour poursuivre sa quête d'un extra-terrestre. Après avoir suivi la fausse piste d'un simple voleur de bidon d'huile, il tombe nez à nez avec Gerber et Taupin. Ceux-ci embarque Cruchot dans la Méhari. Ils vont ensuite ramasser le vélo. Profitant de ce moment d'inattention, Cruchot réussit à leur faucher leur voiture. Plantés en rase campagne, les deux infortunés gendarmes regagnent la gendarmerie en autostop. Cruchot retourne à la clairière de l'atterrissage. La nuit, il surprend Taupin en galante compagnie. En le réprimandant, il constate que son subordonné sonne creux: cet extra-terrestre le désarme d'un simple regard en lançant des rayons laser.

vignette|alt=Une voiture de plein air de couleur verte.|La Citroën Méhari des gendarmes de Saint-Tropez, exposée lors du Mondial de l'automobile de Paris en 2016.

Le lendemain, la brigade continue de rechercher Cruchot. Tricart, Berlicot et Taupin patrouillent sur la plage de Pampelonne, où Cruchot poursuit justement son enquête. Le maréchal des logis-chef aperçoit ses hommes dans les bras de jolies jeunes filles. En les séparant, il comprend que ces dernières sont des extra-terrestres. Il renvoie Tricart, Berlicot et Taupin, hagards, à la gendarmerie. Au même moment, Josépha rentre de ses vacances, inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son mari; Gerber lui apprend la situation. Sur la plage, Cruchot enchaîne les quiproquos. Son épouse, venue le retrouver, est horrifiée de le voir juché sur une touriste qu'il pense être une extra-terrestre. Excédée, elle demande le divorce. Dans la confusion, le gendarme manque de peu un véritable extra-terrestre.

Contrariés par les actions du gendarme, les extra-terrestres projettent de l'éliminer. Le soir, Cruchot rentre finalement à la gendarmerie. Josépha l'attend. Ils partent en balade pour faire la paix. En réalité, un extra-terrestre a pris l'apparence de Josépha pour capturer Cruchot et le pousse jusqu'à la soucoupe. Cruchot est sauvé in extremis par l'arrivée impromptue de Tricart et Berlicot. Le lendemain, les gendarmes ont l'ordre de veiller sur Cruchot, toujours aux arrêts. La vraie Josépha ne veut plus entendre parler de lui. Cruchot doit plus que jamais prouver l'existence des extra-terrestres pour sauver son mariage.

L'adjudant Gerber profite de son jour de repos avec son épouse. Le reste de la brigade s'intéresse à un objet étrange oubliés par les filles de la plage. Cette sorte d'antenne transmet les sons d'un restaurant de la côte. Arrivés derechef à cette paillotte, les gendarmes remarquent deux clients étranges s'abreuvant d'huile d'olive. Acculés, ces deux extra-terrestres désarment leurs assaillants par laser ou télékinésie. Cruchot fait fuir l'un d'eux en tirant dans un aquarium. L'autre extra-terrestre les menace avec une arme capable de faire disparaître biens et êtres, dont il fait la démonstration en supprimant Le Cabanon. Les gendarmes ne peuvent que le laisser partir. Au même moment, le couple Gerber débarque à leur restaurant préféré. D'abord irrité de voir ses hommes pourtant sommés de ne pas quitter la gendarmerie, l'adjudant est stupéfait de ne plus voir qu'un terrain vide. Il est subjugué par les propos du patron.

Gerber est intrigué par des grincements venus du bord de mer : l'extra-terrestre mouillé par Cruchot marche de manière désarticulée, perd des membres et s'effondre sur les rochers et sa montre sonne. Gerber s'approche et ne découvre qu'un squelette métallique oxydé recouvert d'une enveloppe organique qui se désintègre. Il croit enfin toute l'histoire. Désormais tous convaincus du péril, les gendarmes cherchent des idées. Ils décident notamment de mettre le képi à l'envers pour se distinguer d'éventuels doubles. L'adjudant arrive avec le squelette de l'extraterrestre. Cruchot jubile d'avoir enfin trouvé leur point faible: ils rouillent au moindre contact de l'eau. La brigade commence une opération délirante et chaotique d'arrosage de toute la population tropézienne à bord d'un camion de pompiers, qui ne leur vaut que les admonestations du colonel. Les gendarmes obtiennent enfin sa confiance en lui révélant les restes de l'extraterrestre.

vignette|alt=Photo en noir et blanc de gendarmes effondrés sur le sol.|redresse=1.3|Sous l'apparence des gendarmes, les extra-terrestres rouillent, se désarticulent et s'effondrent en plein défilé sur le port, avant l'arrivée héroïque de la véritable brigade.

Nouvel essai: le soir venu, les gendarmes tendent un piège avec une fausse soucoupe comme appât, attendant discrètement l'arrivée des envahisseurs, armés de pulvérisateurs à eau. Les extra-terrestres atterrissent à côté et, surprise, ont pris leur apparence. Les gendarmes chargent leurs doubles en les aspergeant d'eau puis, à nouveau désarmés, s'engagent dans un combat corps à corps. Les six doubles s'enfuient à bord de la soucoupe. Leurs adversaires jubilent.