L'abbaye de Bonnevaux est une ancienne abbaye cistercienne, septième abbaye fille de Cîteaux, située sur le territoire de la commune de Villeneuve-de-Marc entre Saint-Jean-de-Bournay et La Côte-Saint-André, en Isère (France). Fondée en 1117, elle fut vendue comme carrière de pierres vers 1830.

Histoire L'abbaye de Bonnevaux fut fondée par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne en 1117, à Saint-Symphorien-de-Marc, aujourd'hui Villeneuve-de-Marc, l'année qui précéda son élévation au siège pontifical sous le nom de Calixte II. C'est la septième abbaye-fille de CîteauxNicole Bouter, Unanimité et diversité cisterciennes, , p. 103.

Jean, premier abbé de Bonnevaux, natif de Lyon, avait d'abord été chanoine de cette ville. Il fit vœu d'entrer dans l'ordre cistercien ; mais effrayé de sa faiblesse plus encore que des rigueurs de la règle de saint Benoît, il voulut de son propre chef commuer son vœu et entreprit le voyage de Saint-Jacques-de-Compostelle. À peine de retour à Lyon une vision menaçante l'avertit de son erreur. Jésus-Christ lui apparut accompagné de saint Pierre et de saint Jacques. Le premier tenait en main un livre dans lequel étaient inscrits le nom des élus et le lisait à haute voix. Il prononça le nom de Jean, mais le Seigneur se levant, l'air irrité, dit à saint Pierre : « Effacez ce nom du livre de vie, Jean est un parjure ». Alors saint Jacques intercéda pour son dévot pèlerin et obtint son pardon, mais il promit au nom de Jean que ce dernier embrasserait l'ordre cistercien. S'étant réveillé, le chanoine n'eut garde de rester sourd à cet avertissement céleste. Dès le lendemain, au milieu de la nuit, il partit pour Cîteaux sans avertir personne de sa détermination.

Admis au nombre des religieux, il donna l'exemple des plus hautes vertus et fut jugé digne par son abbé d'être mis à la tête de la colonie que Cîteaux envoya pour fonder le monastère de Bonnevaux. Il fut le modèle des supérieurs, comme il avait été le modèle des religieux et fonda les abbayes de Tamié, au diocèse de Tarentaise, de Léoncel, au diocèse de Valence et de Mazan, au diocèse de Viviers. En 1138, le pieux abbé de Bonnevaux, jugé seul capable de guérir les maux qui affligeaient l'Église de Valence fut arraché des bras de ses religieux et élevé sur le siège épiscopal de cette ville qu'il occupa jusqu'en 1145, année de sa mort. Sa vie a été écrite par un de ses contemporains, mais elle n'a jamais été publiée. Cet hagiographe a résumé en trois mots les travaux du saint évêque de Valence ; la gloire de Dieu, le salut de son âme, le soin de son troupeau.

Sixième abbé de Bonnevaux, saint Hugues de Chateauneuf, (saint Hugon) neveu du célèbre évêque de Grenoble, gouvernera pendant vingt-huit ans l'abbaye. Parmi ses prouesses, il va réussir à réconcilier l'empereur Frédéric Barberousse et le pape Alexandre III (1177). Une chapelle lui est dédiée aux confins de Châtonnay et de Saint Jean de Bournay (38). Hugues décède en 1194.

L'abbaye, pillée en 1789, avait, dès l'origine de son histoire, réussi à constituer huit « filiales » : Mazan, Montpeyroux, Tamié, Léoncel, Valmagne, Valcroissant, Ulmet, Sylveréal et Valbenoîte. À la vente des biens nationaux, elle fut achetée par des notaires qui la vendirent comme carrière de pierres vers 1830.

Liste des abbés

Source : Gallia Christiana.

Présentation du site Au , il ne reste plus aucune trace de l'emplacement de cette abbaye, à l'exception d'une croix élevée en 1933 par les moines de l'abbaye Notre-Dame de Tamié située en Savoie, en hommage à leur abbaye-mèreSite Isère magazine, article "Bonnevaux, l'abbaye oubliée", consulté le 13 mars 2019..

Accès au site Selon la carte IGN, le site de l'ancienne abbaye est située sur la partie orientale de la commune de Villeneuve-de-Marc, non loin de la commune de Lieudieu dans le massif de la forêt des Bonnevaux. L'ancienne route nationale 518 reliant Lyon à Die a été reclassée en RD518 passe à proximité de l'ancienne abbaye. Un panneau routier indiquant la RD41g, route de Villeneuve-de-Marc permet de traverser la forêt et de rejoindre la petit route forestière du château de BonnevauxSite géoportail, page des cartes IGN.

Galerie photos

Postérité Une association dénommée Mémoire de Bonnevaux permet de découvrir l'histoire de l'ancienne abbaye mais aussi de rendre hommage aux moines cisterciens, à travers des expositions dont certaines ont été organisées en 2017, afin de célébrer le anniversaire de la création du monastèreSite France bleue isère, article "Isère : 900 ans après sa création, l'Abbaye de Bonnevaux revit... ou presque!", consulté le 13 mars 2019.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

La Vie de saint Pierre (1102-1174). Fondateur et premier abbé de Tamié, archevêque de Tarentaise, par Geoffroy d’Hautecombe, en 1185, traduit par un moine de Lérins en 1876. Abbé F. Chuzel, Histoire de l'abbaye de Bonnevaux, réédition Lettre de France, 2004

Articles connexes Forêt de Bonnevaux Ordre cistercien Province du Dauphiné Archives départementales de l'Isère

Liens externes

L'association Mémoire de Bonnevaux présente de nombreuses pages sur l'histoire, les circuits, les manifestations et célébrations de l'ancienne abbaye. Présentation de l'association "Mémoire de Bonnevaux"

Catégorie:Abbaye cistercienne en France Catégorie:Fondation en 1117 Catégorie:Abbaye fondée dans la décennie 1110 Catégorie:Fille de Cîteaux Catégorie:Abbaye en Isère Catégorie:Abbaye détruite en France