La guerre de Black Hawk est un bref conflit qui eut lieu en 1832 entre les États-Unis et des Amérindiens conduits par Black Hawk, un chef sauk. La guerre éclate peu après que Black Hawk et un groupe de Sauks, de Mesquakies, et de Kickapous connu sous le nom de traverse le fleuve Mississippi vers l'État américain de l'Illinois en . Les motifs de Black Hawk sont ambigus, mais il espérait apparemment éviter une effusion de sang alors qu'ils se réinstallaient sur des terres qui avaient été cédées aux États-Unis dans un traité disputé de 1804.
Les autorités américaines, convaincues que le British Band est hostile, mobilisent une armée frontalière. Avec peu de soldats de la United States Army dans la région, le plus gros des troupes américaines est composé de miliciens peu entraînés et employés à temps partiel. Les hostilités commencent le , lorsque la milice ouvre le feu sur une délégation amérindienne. Black Hawk répond en attaquant les miliciens, les écrasant complètement à la . Il conduit son groupe vers un lieu sécurisé dans le sud actuel du Wisconsin. Comme les forces américaines pourchassent le groupe de Black Hawk, les Amérindiens conduisent des raids contre des forts et des implantations américaines. Quelques guerriers Winnebagos et Potawatomis qui avaient des griefs contre les Américains prennent part à ces raids, bien que la plupart des membres de ces tribus essaient d'éviter le conflit. Les Menominee et les Sioux, déjà en désaccord avec les Sauks et les Meskwakis, soutiennent les Américains.
Commandés par le général , les troupes américaines essaient de retrouver le British Band. La milice sous le commandement du colonel Henry Dodge surprend le British Band le et les vainc à la bataille de Wisconsin Heights. Le groupe de Black Hawk, diminué par la faim , la mort et les désertions, se retire vers le Mississippi. Le , les soldats américains attaquent le reste du British Band à la bataille de Bad Axe, tuant ou capturant la plupart d'entre eux. Black Hawk et d'autres leaders s'échappent, mais se rendent ultérieurement et sont emprisonnés pendant une année.
Contexte Au , les tribus amérindiennes des Sauks et des Mesquakies vivent le long du fleuve Mississippi dans les États américains actuels de l'Illinois et de l'Iowa. Les deux tribus sont devenues étroitement liées après avoir été déplacées de la région des Grands Lacs en conflit avec la Nouvelle-France et d'autres tribus amérindiennes, particulièrement après les guerres des Renards terminées dans les années 1730. Au moment de la guerre de Black Hawk, la population de ces deux tribus est d'environ .
Traité controversé vignette|redresse|Les terres cédées aux États-Unis dans le traité de Saint-Louis de 1804 sont présentées ici en jaune.
Comme les États-Unis s'étendent vers l'ouest au début du , le gouvernement cherche à acheter autant de terres amérindiennes que possible. En 1804, le gouverneur territorial William Henry Harrison négocie un traité à Saint-Louis dans lequel un groupe de chefs Sauk et Meskwaki ont soi-disant vendu leurs terres situées à l'est du Mississippi pour plus de en biens et des paiements annuels de en biens. Le traité devient controversé parce que les chefs amérindiens n'ont pas été autorisés par leur conseil tribal à céder des terres. L'historien Robert Owens affirme que les chefs ne pensaient probablement pas abandonner la propriété des terres, et qu'ils n'auraient pas vendu autant de territoire de grande valeur pour un prix si modeste. L'historien Patrick Jung conclut que les chefs Sauk et Meskwaki pensaient céder peu de terres, mais que les Américains ont inclus plus de territoires dans les termes du traité que ce que les Amérindiens avaient compris. Selon Jung, les Sauks et les Meskwakis n'ont appris la véritable étendue de la cession que bien des années plus tard.
Le traité de 1804 permet aux tribus de continuer à utiliser les terres cédées jusqu'à ce qu'elles soient vendues aux colons américains par le gouvernement des États-Unis. Pendant les deux décennies suivantes, les Sauks continuent de vivre à Saukenuk, leur principal village, qui est situé près de la confluence du Mississippi et du Rock. En 1828, le gouvernement américain commence finalement à arpenter les terres cédées pour une implantation blanche. L'agent indien informe les Sauks qu'ils doivent quitter Saukenuk et leurs autres implantations à l'est du Mississippi.
Les Sauks divisés Les Sauks sont divisés sur la question de savoir s'ils doivent ou non résister à la mise en œuvre du traité controversé de 1804. La plupart des Sauks décident de déménager à l'ouest du Mississippi plutôt que de finir par être impliqués dans une confrontation avec les États-Unis. Le meneur de ce groupe est Keokuk, qui a aidé à défendre Saukenuk contre les Américains pendant la guerre anglo-américaine de 1812. Keokuk n'est pas chef, mais comme il est un orateur brillant, il a souvent parlé au nom des chefs Sauk lors de négociations avec les Américains. Keokuk considère le traité de 1804 comme une tromperie, mais après avoir vu la taille des villes américaines sur la côte Est en 1824, il ne pense pas que les Sauks puissent véritablement s'opposer aux États-Unis.
Bien que la majorité de la tribu décide de suivre Keokuk, environ 800 Sauks choisissent plutôt de résister à l'expansion américaine. Black Hawk, un capitaine de guerre qui a combattu contre les États-Unis pendant la guerre de 1812 et qui est à présent dans la soixantaine, émerge en tant que meneur de cette faction en 1829. Comme Keokuk, Black Hawk n'est pas un chef civil, mais il est devenu le principal rival de Keokuk pour l'influence au sein de la tribu. Black Hawk a en fait signé un traité en qui confirme la cession des terres contestée de 1804, mais il soutient que ce qui a été noté était différent de ce qui a été dit à la conférence du traité. Selon Black Hawk, les .
vignette|redresse|gauche|alt=Chef amérindien en tenue|Portrait de Keokuk par George Catlin, 1835.
Black Hawk est déterminé à conserver Saukenuk, où il a vécu et où il est né. Lorsque les Sauks retournent au village en 1829 après leur chasse d'hiver annuelle dans l'ouest, ils constatent qu'il a été occupé par des squatteurs blancs qui anticipaient la vente des terres. Après des mois d'opposition avec les squatteurs, les Sauks partent en pour la chasse hivernale suivante. Espérant éviter des confrontations plus sérieuses, Keokuk annonce à Forsyth que lui et ses partisans ne retourneraient pas à Saukenuk.
Contre l'avis de Keokuk et Forsyth, la faction de Black Hawk retourne à Saukenuk dans le printemps de 1830. Cette fois, ils sont rejoints par plus de 200 Kickapous, un peuple qui s'est souvent allié aux Sauks. Black Hawk et ses partisans deviennent connus sous le nom de car ils font parfois flotter un drapeau britannique pour défier les revendications de souveraineté américaines, et parce qu'ils espèrent obtenir le soutien des Britanniques à au Canada.
Lorsque le British Band retourne une fois encore à Saukenuk en 1831, le nombre de partisans de Black Hawk a augmenté jusqu'à atteindre environ , et inclut maintenant quelques Potawatomis, un peuple qui a des liens étroits avec les Sauks et les Meskwakis. Les officiels américains sont résolus à forcer le British Band à quitter l'État. Le général Edmund Pendleton Gaines, commandant du de l'US Army, rassemble des troupes dans l'espoir de forcer Black Hawk à partir. L'armée n'a pas de cavalerie pour pourchasser les Sauks s'ils venaient à fuir dans l'Illinois à cheval et donc le , Gaines demande que la milice d'État fournisse un bataillon à cheval. Le gouverneur de l'Illinois John Reynolds a déjà alerté la milice ; environ viennent. Pendant ce temps, Keokuk convainc beaucoup de partisans de Black Hawk de quitter l'Illinois.
Le , Gaines lance un assaut contre Saukenuk, simplement pour constater que Black Hawk et ses partisans ont abandonné le village et retraversé le Mississippi. Le , Black Hawk, , et d'autres chefs sauks rencontrent Gaines et signent un accord dans lequel les Sauks promettent de rester à l'ouest du Mississippi et de rompre le contact avec les Britanniques au Canada.
Le retour de Black Hawk vignette|redresse|alt=Chef amérindien avec une coiffure rouge et une robe rouge|Portrait de Black Hawk par Charles Bird King, tiré de History of the Indian Tribes of North America.
Black Hawk ne reste pas longtemps à l'ouest du Mississippi. Vers la fin de 1831, , un chef Sauk, revient de Fort Malden et annonce à Black Hawk que les Britanniques et les autres tribus Illinois sont prêts à soutenir les Sauks contre les États-Unis. Les raisons pour lesquelles Neapope a fait ces déclarations, qui s'avèrent sans fondement, sont peu claires. Les historiens ont décrit le compte-rendu de Neapope à Black Hawk comme un « vœu pieux » et le produit d'une « imagination fertile ». Black Hawk reçoit avec plaisir ces informations, bien qu'il critiquera plus tard Neapope pour l'avoir induit en erreur. Il passe l'hiver à essayer en vain de recruter des alliés supplémentaires des autres tribus et des partisans de Keokuk.
Selon le compte-rendu erroné de Neapope, Wabokieshiek (Nuage blanc), un chaman connu des Américains sous le nom de « Winnebago Prophet », a affirmé que d'autres tribus étaient prêtes à soutenir Black Hawk. La mère de Wabokieshiek est une Winnebago, mais son père a appartenu à un clan Sauk d'où sont issus les chefs de la tribu. Lorsque Wabokieshiek rejoint le British Band en 1832, il devient le chef civil Sauk le plus haut placé du groupe. Son village, Prophetstown, est situé à environ de Saukenuk, en amont de la rivière Rock. Le village est habité par environ 200 Winnebagos, Sauks, Meskwakis, Kickapoos, et Potawatomis qui sont mécontents des chefs tribaux qui ont refusé de résister à l'expansion américaineDowd, 193; . Bien que quelques Américains aient plus tard décrit Wabokieshiek comme l'un des principaux instigateurs de la guerre de Black Hawk, le Winnebago Prophet, d'après l'historien John Hall, .
Le , le British Band entre de nouveau dans l'IllinoisJung 2007 page 74 ; ; , donne une date plus générale : .. Totalisant environ 500 guerriers et 600 non-combattants, il traverse près de la confluence de la rivière Iowa et du Mississippi vers Yellow Banks (aujourd'hui Oquawka dans l'Illinois), et se dirige ensuite vers le nord. Les intention qui ont poussé Black Hawk à revenir en Illinois ne sont pas totalement claires, puisque les rapports sont contradictoires selon que les sources viennent des Blancs ou des Amérindiens. Certains affirment que le British Band avait l'intention de réoccuper Saukenuk, tandis que d'autres disent que la destination était Prophetstown. Selon l'historien Kerry Trask, .
Comme le British Band s'installe en Illinois, les officiels américains exhortent Wabokieshiek de conseiller à Black Hawk de faire demi-tour. Précédemment, le Winnebago Prophet a encouragé Black Hawk à venir à Prophetstown, argumentant que l'accord de 1831 signé avec le général Gaines empêchait un retour à Saukenuk, mais n'interdisait pas les Sauks de s'installer à Prophetstown. Maintenant, au lieu de conseiller à Black Hawk de faire demi-tour, Wabokieshiek lui dit que tant que le British Band restait pacifique, les Américains n'auraient pas d'autre choix que de les laisser s'installer à Prophetstown, particulièrement si les Britanniques et les tribus de la région soutiennent le groupe. Bien que le British Band voyage avec des gardes armés par précaution, Black Hawk espérait probablement éviter une guerre lorsqu'il rentre dans l'Illinois. La présence de femmes, d'enfants et de personnes âgées semble indiquer que le groupe n'avait pas d'intentions guerrières.
Guerre intertribale et politique américaine