vignette|Une femme effectuant une fellation sur un homme. Illustration érotique de Paul Avril. La fellation (du latin , dérivé de qui signifie « sucer, téter »Le Petit Robert, 2006, .) est un comportement sexuel buccogénital consistant en une stimulation du pénis avec la bouche, les lèvres et la langue, pouvant être pratiqué comme un préliminaire ou pour amener la personne qui la reçoit à l'orgasme.
Pratiques de la fellation La fellation vise la stimulation du pénis à l'aide de la langue, des lèvres et de la bouche du partenaire. Les sensations ressenties au cours de la fellation peuvent être amplifiées, en même temps, en masturbant le pénis ainsi qu’en stimulant les testicules et l'anus ou toutes les autres zones érogènes.
Plusieurs positions et techniques lui sont propres. Quelques-unes figurent même dans le Kâmasûtra.
En 1980, pour Master et Jonhson, la pratique du sexe oral n'est pas liée au plaisir sexuel chez les femmes hétérosexuelles, sans doute, pensent-ils, en raison d'un sentiment de soumission ou d'un caractère jugé dégradant de ces pratiques..
La pratique du sexe oral (cunnilinctus et fellation) s'est répandue dans les années 1970-1980, avec une seconde phase de diffusion dans les années 1990-2000. En 2006, une étude sur la sexualité des Français indique que 80 % des femmes en couple hétérosexuel disent avoir expérimenté la fellation au moins une fois ; 23 % la pratiquent occasionnellement et 30 % souvent. Une pratique fréquente est plus élevée chez les femmes bisexuelles et chez les hommes bi ou hétérosexuels (60 %). Pour autant, cela ne fait pas partie des activités sexuelles préférées des femmes ni des hommes, qui préfèrent chacun de leur côté recevoir (un cunnilingus, une fellation) que le donner. 13,8 % des femmes et 1,1 % des hommes en couple hétérosexuel indiquent en 2006 pratiquer la fellation uniquement pour faire plaisir à leur partenaire, la disparité de ces deux chiffres mettant en évidence une conception de la sexualité asymétrique, encore très marquée par les schémas opposant un désir et des besoins « quasi physiologiques » masculins et des « aspirations affectives et une disponibilité féminines..
La fellation en elle-même ne peut pas causer de grossesse, cependant, les partenaires — si l’un d’eux est une femme non ménopausée n'ayant pas recours à un moyen de contraception et ne souhaitant pas concevoir d'enfant — devront veiller à éviter tout contact avec les parties génitales de cette dernière, notamment à cause de l'usage quasi inévitable des mains dans cette pratique. Il en résulte un risque — faible mais réel — qu'une petite quantité de sperme ou de liquide séminal se dépose à l’entrée du vagin par le même principe que la masturbation par le frottement du pénis contre la vulve, à la suite de quoi des spermatozoïdes peuvent migrer en direction de l'utérus, sur ciao.ch, publié le 17 juin 2010., , publié le 15 janvier 2009. , 1999, , par E. Sheiner et M. Katz..
Gorge profonde
vignette|Une illustration d'une femme pratiquant la gorge profonde sur un homme. La gorge profonde est une pratique sexuelle désignant une fellation au cours de laquelle le pénis est introduit le plus loin possible dans la bouche puis dans la gorge du partenaire.
La technique et le terme ont été popularisés par le film pornographique Gorge profonde de 1972..
Une fellation trop violente peut créer une aspiration si puissante qu’elle entraîne la formation de minuscules hémorragies à partir des petits vaisseaux parcourant la muqueuse du palais. Cette affection, décrite pour la première fois en 1928, qui est donc la conséquence d'une fellation vigoureuse, porte le nom de purpura vélo-palatin a vacuo. Les lésions se résument à une rougeur du palais (érythème palatin) ou de petites taches hémorragiques, rouges ou violacées, sur le palais. Elles disparaissent généralement dans un délai d’une semaine sans laisser de séquelles.
Irrumation
vignette|Irrumation sur une femme en position allongée (dessin). L’irrumation est une fellation active de la part de l'homme qui utilise son pénis dans l'acte, qui n'est alors plus passif mais effectue un mouvement de va-et-vient avec son sexe dans la bouche de son partenaire. La pénétration du sexe est en général plus profonde. Cette pratique peut s'avérer difficilement supportable de la part de la personne qui subit l'irrumation, provoquer un réflexe de vomissement et entraîner des étouffements passagers ou des douleurs.
Les termes « actif » et « passif » pouvant être ambigus, lorsqu’ils sont employés pour désigner le rôle de chacun des deux partenaires impliqués dans une fellation ou une irrumation, il est parfois conseillé de parler plutôt des partenaires « insertif » et « réceptif » « », Robin Bell, , 13 février 1999, , , ..
Autofellation vignette|Homme adulte pratiquant une autofellation. L’autofellation consiste, pour les hommes très souples et/ou dotés d'un pénis très long, à se contorsionner pour pratiquer une fellation sur leur propre sexe. La pratique symétrique serait l'auto-cunnilingus, mais en pratique celle-ci semble physiologiquement impossible.
Fellation et infections sexuellement transmissibles (IST) Risques La fellation fait partie des pratiques sexuelles à risque, car une transmission d'infection sexuellement transmissible (IST) entre les deux partenaires est possible, bien que moindre que lors des rapports sexuels proprement dits.
De nombreuses IST sont concernées : le VIH-SIDA mais aussi la syphilis, l’herpès, les chlamydiaes, les gonorrhées, et plusieurs types d’hépatites, cette liste n’étant pas exhaustive. À titre d’exemple, on estime le risque d’être contaminé par le VIH lors d’une fellation sans préservatif avec une personne contaminée de 0,5 à 1 pour .. Mais cette probabilité est extrêmement variable en fonction de divers facteurs. Lorsqu’un partenaire vient d’être infecté par le VIH (stade de la primo-infection), sa charge virale est extrêmement élevée et le risque de transmission considérablement accru, même sans éjaculation, la petite quantité de liquide séminal émise durant la phase d'excitation pouvant suffire à générer une contaminationLes modes de transmission du VIH lors de rapports sexuels sur sida-info-service.org.
Les risques liés à la fellation semblent peu pris en considération par la population. Peu d’études existent sur le sujet, compte tenu de la difficulté d’établir avec certitude qu’une maladie s’est transmise par sexe oral et non par une autre pratique. De plus, il est impossible pour raisons éthiques d'organiser des études visant à provoquer une infection, et il n'existe pas de modèle animal pertinent.
Certaines études Étude du lien entre les relations sexuelles orales et le cancer de l’oropharynx. Voir par exemple : Article de NewScientist.com et article de . établissent un risque plus élevé de développer un cancer (de l’oropharynx, en particulier) chez les personnes ayant des relations buccogénitales avec des partenaires multiples. Il ne s’agit cependant pas d’un risque direct, ces études soulignant simplement l’accroissement récent du nombre de personnes infectées par des papillomavirus (condylomes, lesquels accroissent effectivement le risque de développement de cancer buccal) parallèlement au défaut de protection lors de la pratique du sexe oral avec des inconnus. En d’autres termes, un rapport vaginal reste un facteur de transmission bien plus important, et la pratique du sexe oral comme de toute autre pratique sexuelle avec un partenaire sain ne saurait représenter un quelconque risque de cancer.
Prévention Le préservatif permet d’éviter le contact entre la personne qui effectue la fellation et les fluides sexuels de l’homme. Afin de cacher le goût du latex, de nombreux fabricants proposent des préservatifs parfumés, plus fins, ou sans lubrifiant, spécifiquement conçus pour cette pratique. Cependant, le conseil d’utilisation du préservatif est ici moins suivi que pour les rapports sexuels génitaux, tant en raison de l’absence de campagnes de prévention axées sur ce point — même si cela commence à changer — ainsi que d’une plus grande altération des sensations physiques par la présence du préservatif dans le cas de la fellation, par rapport aux rapports génitaux ou anaux, pour lesquelles la composante mécanique est nettement supérieure.
En l’absence de protection, et en cas d'incertitude quant au statut prophylactique du partenaire masculin, il est vivement recommandé de suivre les quelques règles suivantes : S'assurer, pour la personne active ou « réceptive », de ne pas avoir de lésions aux lèvres et à l’intérieur de la bouche, comme des aphtes ou des saignements (gingivite). L'angine et la candidose sont également problématiques. Une bonne hygiène bucco-dentaire est donc recommandée, mais se laver les dents peu de temps avant la fellation peut faire saigner les gencives, et potentiellement avoir un effet contraire à celui recherché. Il n'est donc pas conseillé de pratiquer la fellation juste après s'être lavé les dents, comme il n'est pas conseillé non plus de se laver les dents quelques minutes après avoir pratiqué une fellation ; un délai de 30 minutes à 2 heures est à respecter. Il convient également de ne pas pratiquer de fellation après des soins dentairesChat avec Mylène Pradelle et Nicolas Derche, du Kiosque Info Sida: « Nous avons été surpris par le succès de Checkpoint » sur yagg.com du 7 mai 2011.. Ne pas avaler le liquide séminal, qui peut être contaminant. En l'absence de préservatif, il est recommandé d'essuyer le gland avec la main ou un mouchoir, avant que la bouche n'entre en contact avec le fluide« “Je suce mais j'avale pas” : La fellation à moindre risque en cinq points », tetu.fr, 14 juillet 2011.. Pour la personne active ou « insertive », ne pas éjaculer dans la bouche de son partenaire, ou réciproquement, pour la personne passive / « réceptive », de ne pas recevoir le sperme en bouche ni l'avaler. Contrairement à une idée reçue, les sucs gastriques ou la salive (qui n'est pas en soi contaminante) n'annihilent pas le VIHTransmission sexuelle du VIH sur positifs.org., ni les agents responsables d'autres IST. En cas d'éjaculation buccale, il est souhaitable de recracher le sperme aussitôt, de rincer immédiatement sa bouche à l'eau claire, sans frotter, et d'éviter les bains de bouche alcoolisés (dont l'agressivité aurait tendance à fragiliser les muqueuses). Mais ces précautions, du reste rarement observées, ne suffisent pas à prévenir tout risque d'infection.
En cas d'exposition accidentelle de la muqueuse buccale à du sperme suspect, il est possible d'effectuer un traitement post-exposition de l'infection au VIH, en se rendant dans un service hospitalier le plus rapidement possible (ou dans un délai de 48 heures au maximum).
Fellation et réaction allergique En 2019, un cas d’allergie soudaine à un antibiotique après un rapport bucco-génital a été publié. C’est la première fois qu’un cas d’anaphylaxie (allergie grave) a été décrit chez une femme qui, juste après avoir avalé le sperme de son partenaire, a développé une réaction allergique médicamenteuse. Le mari était sous traitement antibiotique. Il y avait eu passage de l’antibiotique dans le sperme.
D'autres cas de réaction allergique, moins sévères (symptômes locaux, urticaire), ont été décrits dans la littérature médicale après exposition par voie orale à un médicament à la suite de l’ingestion du sperme d'un partenaire sexuel en cours de traitement (antibiotique, anticancéreux, antipsychotique). L'usage de préservatif est recommandé lorsqu’un des partenaires suit un traitement susceptible de provoquer une allergie chez l’autre.
Représentations culturelles