La région autonome du Tibet ou région autonome du Xizang en forme longue ( ; ), ou encore Tibet ou Xizang en forme courte Rubrique « Tibet », Encyclopædia Britannica : .Rubrique « Tibet », Encyclopédie Larousse : ., créée en 1965 French China., est l'une des cinq régions autonomes de la république populaire de Chine (RPC).

Située dans le sud-ouest du pays, elle est contiguë à la région autonome du Xinjiang au nord, à la province du Qinghai au nord-est, à la province du Sichuan à l'est et à la province du Yunnan au sud-est. Elle est limitrophe du Myanmar, de l'Inde, du Bhoutan et du Népal au sud et à l'ouestRubrique « Tibet », Encyclopædia Britannica : . Elle est habitée traditionnellement par les Tibétains, ainsi que par d'autres groupes ethniques comme les Monpa et les Lhoba Bradley Mayhew, Robert Kelly, John Vincent Belleza, Tibet, Lonely Planet, 7th edition, 2008, p. 52 (Ethnic groups) : . Y vivent également nombre de Han et de Hui. Elle a pour chef-lieu Lhassa, l'ancienne capitale du Tibet depuis le . Elle compte aujourd'hui environ trois millions d'habitants Communiqué of the National Bureau of Statistics of People's Republic of China on Major Figures of the 2010 Population Census (No. 2), National Bureau of Statistics of China, 29 avril 2011..

Géographie

vignette|Mont Everest. La région autonome du Tibet est située dans le Sud-Ouest de la république populaire de Chine. Sa superficie est de 1,22 million de kilomètres carrés, soit environ un huitième de la superficie de la Chine. À sa périphérie se situe la région autonome ouïgoure du Xinjiang et la province du Qinghai au nord, du Sichuan à l'est, du Yunnan au sud-est. Au sud et à l'ouest, les de frontière la séparent, d'ouest en est, du Népal, du Bhoutan, de l'Inde et du MyanmarLa géographie, les ressources et la division administrative du Tibet, China Internet Information Center (CIIC) (version en ligne d'un livre publié en 2008 aux Éditions étrangères, Beijing, Chine). L'extrémité la plus à l'Ouest se situe à environ du Pakistan, séparé par l'Inde et la plus au sud à environ du Bangladesh, également séparé par l'Inde.

Délimitation

La région autonome du Tibet contient approximativement l'Ü-Tsang et la moitié ouest du Kham, deux des trois anciennes provinces (avec l'Amdo) du « Tibet historique ». Selon l'écrivain britannique Patrick French, ses limites coïncident à peu près avec celles du territoire gouverné par le gouvernement tibétain indépendamment de la Chine entre la Première Guerre mondiale et 1950Patrick French, Tibet, Tibet. Une histoire personnelle d'un pays perdu, Albin Michel, 2005, p. 25 : Michael Rank, compte rendu de Tibet, Tibet, A Personal History of a Lost Land By Patrick French, sur gbcc.org.uk : .. Pour l'historienne spécialiste du Tibet Catriona Bass, la RAT (Xizang Zizhiqu) recouvre les zones tibétaines à l'ouest du Yangtsé qui étaient autrefois sous la tutelle du gouvernement du dalaï-lama et qui sont souvent désignées sous le nom de « Tibet central » Catriona Bass, Education in Tibet: Policy and Practice Since 1950, Zed Books, 1998, 300 pages, voir préface p. XVI : .

Appellation Xizang En chinois, Tibet se dit Xizang (西藏), dénomination employée pour la première fois par l'empereur Qianlong au . Pour le gouvernement tibétain en exil et ses sympathisants en Occident, Xizang signifie « maison des trésors de l'Ouest » « TIBET 2000, Environment and Development Issues », Environment and Development Desk, DIIR Central Tibetan Administration : .Pierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, : ou encore « réservoir de ressources naturelles de l'OuestStéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international, L'Harmattan, 2008, , : . ». Pour le tibétologue américain Elliot Sperling, cette étymologie est manifestement erronée : si le « Zang » de Xizang peut certes signifier « réserve », il est toutefois employé dans cette appellation simplement en tant que transcription de Gtsang, terme qui renvoie à cette partie de la région désignée généralement sous le nom de Tibet central ou Dbus-Gtsang en tibétain Elliot Sperling, Tubote, Tibet, and the Power of Naming, sur Rangzen Alliance, April 16, 2011 : .

Xizang ne doit pas être confondu avec Xikang, une ancienne province de la république de Chine.

Subdivisions administratives carte # Nom chinoisHanyu Pinyin TibétainWylie Population (2010)— Villes-préfectures —3Chamdo昌都市Chāngdū Shìཆབ་མདོ་གྲོང་ཁྱེར།chab-mdo grong-khyer657,5054Xigazê日喀则市Rìkāzé Shìགཞིས་ཀ་རྩེ་གྲོང་ཁྱེར།gzhis-ka-rtse grong-khyer703,2925Lhassa拉萨市Lāsà Shìལྷ་ས་གྲོང་ཁྱེར།lha-sa grong-khyer559,4237Nyingchi林芝市Línzhī Shìཉིང་ཁྲི་གྲོང་ཁྱེར།nying-khri grong-khyer195,109— Préfectures —1Ngari阿里地区Ālǐ Dìqūམངའ་རིས་ས་ཁུལ།mnga'-ris sa-khul95,4652Nagchu那曲地区Nàqū Dìqūནག་ཆུ་ས་ཁུལ།nag-chu sa-khul462,3826Shannan山南地区Shānnán Dìqūལྷོ་ཁ་ས་ཁུལ།lho-kha sa-khul328,990

Histoire

Gouvernement tibétain régional

Économie

thumb|L'aéroport de Lhassa (2005). Depuis 2001, Pékin a dépensé 45,4 milliards de dollars pour le développement économique de la région autonome du Tibet. Cela a eu des effets bénéfiques sur la croissance économique, le niveau de vie, les infrastructures, et s'est traduit par un accroissement à deux chiffres du produit intérieur brut de 2001 à 2009. Un tiers de cette somme est allé à des investissements dans les infrastructures, notamment le train reliant Pékin à Lhassa, lequel a fait baisser le prix des produits industriels et ménagers pour les Tibétains tout en favorisant la vente des produits tibétains dans le reste de la Chine. Le tourisme a fait un bond, passant à 5,5 millions de visiteurs en 2009 Isaac Stone Fish, Charity Case. Whether they like it or not, China has been very good for Tibetans, Newsweek Web, Feb 17, 2010 : .

Andrew Martin Fischer indique que le discours sur la croissance ne mentionne pas le « contexte de privation continue du pouvoir politique des Tibétains » où les stratégies de subventions massives servent directement le gouvernement ou des entreprises chinoises dont le siège se situe à l'extérieur des secteurs tibétains. Cette situation permet une appropriation de l'économie locale par les populations non tibétaines et ce malgré l'importance des subventions. Fischer note ainsi que la majorité des constructions sont confiées à des entreprises extérieures au Tibet et qui emploient essentiellement des travailleurs d'origine Han. Ces entreprises réinvestissent les bénéfices dans leur province d'origine plutôt que dans l'économie du TibetAndrew Martin Fischer, , traduit par Laure Courret, Perspectives chinoises, 3, 2009.. Le sinologue Jean-Luc Domenach considère que Sur la crise tibétaine par Jean-Luc Domenach (2008) ..

Pour Human Rights Watch un quart du revenu de la région autonome du Tibet, entre 2011 et 2013, a été utilisé pour installer un dispositif de surveillance dans les villages, avec l'installation de personnel, la construction d'infrastructures, la tenue de réunions et de spectacles pour « éduquer les masses »Françoise Robin : «il y a une sorte de désespoir riant au Tibet» Franceinfo, 12 septembre 2016.

Bénéficiant du niveau de dépenses publiques par habitant le plus élevé de Chine, la région autonome du Tibet, bien que toujours pauvre, connait un développement économique rapide (10 % de croissance en 2018), permettant à la classe moyenne de s'étendre. Pékin entend favoriser le développement économique au moyen du tourisme et de l'exploitation minière, puis construire un entrelacs d'infrastructures pour, dans le cadre des nouvelles routes de la soie, atteindre le Népal et l'Inde, et améliorer l'intégration de la population. En dépit d'une politique de discrimination positive dans les emplois publics urbains, les Tibétains sont encore sous-représentés. Ainsi, bien que la région soit officiellement définie comme « autonome », la grande majorité des hauts fonctionnaires sont des Hans (l'ethnie majoritaire en Chine) et les projets sont, pour la plupart, décidés par Pékin.

Industrie Selon le Livre blanc illustré publié par le gouvernement de la RPC en 2009 à l'occasion du Cinquantenaire de la Réforme démocratique au Tibet, une industrie moderne aux couleurs tibétaines s'est développée avec pour piliers l'extraction minière, les matériaux de construction, l'artisanat et la médecine tibétaine, et comme auxiliaires la production d'électricité, la transformation des produits de l'agriculture et de l'élevage et la production alimentaire. La valeur ajoutée industrielle a grimpé de 15 millions de yuans en 1959 à 2,968 milliards de yuans en 2008 , Illustrated White Paper: Fifty Years of democratic Reform in Tibet, sur le site chinahumanrights.org : ..

À la fin de l'année 2011, près de , soit un cinquième de la population, n'ont pas accès à l'électricité. Les autorités chinoises envisagent de combler ce retard d'ici la prochaine décennieLa Chine veut offrir à chaque foyer tibétain un accès à l'électricité.

En 2013, la puissance électrique installée (combinant hydroélectricité, géothermie, éolien et solaire) a atteint 1,28 million de kilowatts, le taux de couverture de la population étant de 100 %Tibet : faits et chiffres 2015, Beijing Information, p. 109..

Tourisme

thumb|Étal de souvenirs à Lhassa (2007). La région autonome s'est ouverte au tourisme dans les années 1980. Cette activité, qui est encouragée par les autorités, connaît d'année en année un essor croissant. La région avait accueilli 1,1 million de touristes en 2004, elle en a accueilli 4 millions en 2007. Cependant, en raison des événements de , le chiffre est descendu à quelque 2,2 millions« Le Tibet réduit le prix de ses transports et hôtels pour attirer les touristes », Les nouvelles à travers la Chine et le monde, 23 décembre 2008.. En 2010, la région a accueilli 6,85 millions de touristes, chinois et étrangers, dégageant des revenus de 7,14 milliards de yuans (1,1 milliard de dollars), soit 14 % de son produit intérieur brut Direct flight boosts Tibet's tourism , 16 décembre 2011 : .. Les visiteurs sont des Chinois à 90 %, 11 août 2007.. Alors que plusieurs Tibétains se sont immolés, la Chine a décidé de fermer la région autonome aux touristes étrangers en Le Monde avec AFP, La Chine ferme le Tibet aux touristes étrangers, 6 juin 2012. Au , la ligne ferroviaire Qing-Zang a transporté 52,76 millions de voyageurs depuis son entrée en service le China to increase train services to Lhasa, 2 juillet 2012 : . Il est aujourd'hui de nouveau possible aux étrangers de se rendre dans certaines régions du Tibet dans le cadre de groupes encadrés.

En 2014, le Tibet a enregistré 15,53 millions d'entrées touristiques (+ 23,5 % par rapport à 2013), dont 15,29 millions de l'intérieur du territoire national (+20,5 %) et de l'étranger (+9,5 %)Tibet : faits et chiffres 2015, Beijing Information, p. 214..

En 2018, trente-quatre millions de touristes (+ 31,5 % par rapport à 2017), majoritairement chinois, se sont rendus au Tibet.

Agriculture

L'agriculture dans l'ancien Tibet était dominée par l'agriculture de subsistance. Pour cette raison l'entrée de militaires chinois dans les années 1950 a pesé lourdement sur les ressources alimentaires du Tibet.

Dans les années 1960, les autorités chinoises ont forcé les agriculteurs tibétains à cultiver le blé, à la place de l'orge qui est la récolte traditionnelle dans la région de l'Himalaya, ce qui a eu pour résultat la première famine d'une telle ampleur de l'histoire tibétaine. Les moissons ont échoué comme les agriculteurs l'avaient prédit et des milliers de Tibétains sont morts de faim Tsering Shakya, (1999), The Dragon in the Land of Snows, Columbia University Press . Rolf Stein, Tibetan Civilization, Stanford University Press, 1972 ..

En 2014, le Tibet a produit de céréales, soit une hausse de 1,9 % par rapport à 2013, de graines de colza (+0,1 %) et de légumes (+ 1,8 %).

Élevage