L'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Courbevoie est un lieu de culte catholique de la commune de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le .
Historique Dès le et peut-être même avant, une chapelle placée sous le vocable de Saint-Pierre et Saint-Paul s'élève à cet endroit.. Détruite pendant la guerre de Cent Ans, elle est reconstruite au puis, au début du siècle suivant, restaurée et agrandie de deux chapelles latérales consacrées l'une à Notre-Dame, l'autre à saint Sébastien alors invoqué en cas d'épidémie« Église Saint-Pierre-Saint-Paul de Courbevoie - Histoire et patrimoine ». AMPP, septembre 2011.. Mais dès 1770, l'édifice tombe en ruines« Études sur la ville et paroisse de Courbevoie ». Auguste Piquemal, Honoré Champion éditeur, 1908, page 210..
L'abbé Pierre Hébert est nommé vicaire de Courbevoie en 1769« Études sur la ville et paroisse de Courbevoie ». Auguste Piquemal, Honoré Champion éditeur, 1908, page 198.. Pasteur dévoué, il œuvre activement à la création de la paroisse autorisée le par l'archevêque de Paris. Pierre Hébert est nommé curé le Corubevoie le . Cinq ans plus tard, il s'attelle à la construction de l'église. Le registre paroissial de l'année 1790 relate en ces termes, respectant l'orthographe et la ponctuation, la pose de la première pierreArchives départementales des Hauts-de-Seine. Courbevoie, registre des baptêmes mariages et sépultures de 1787 à 1793, vue 137/245. : à la gloire de DieuLe Neuf Mai Mil Sept cent quatre Vingt dix du Règne deLouis Seize, du temps de l'assemblée Nationale La PremierePierre de Cette eglise à été Posée par haut et PuissantSeigneur, Monseigneur Louis, auguste, augustin Comte d'affryChevalier des ordres du Roi, Lieutenant general de Ses arméesColonel du Regiment de Ses gardes Suisses, et Par MessirePierre Jacques Thorin de la Thanne Seigneur de cette paroisse,Marechal des Camps et armées du Roi, Capitaine au Dit Regiment.La Benediction en à été faite Par Messire Pierre hebertPrêtre Premier Curé de Cette paroisse, en Presence de MessieursJacques Colombier, Maire, Nicolas Boucher, Nicolas Colombier,Jean Pierre delaitre, Pierre Le fort, Jean Eustache Gallaisofficiers Municipaux, du Dit delaitre Marguillier en Charge,de René Doré Marguillier adjoint, et de Nicolas Jean GilletBeau-père de Jacques Colombier, qui a épousé en secondes noces Marie Claude Victoire Gillet le 18 novembre 1788 à Courbevoie.Procureur Syndic de la Commune, et (barré) et tous de (sic) Ses habitans.Les plans ont été(barré) Dressés Par M. Louis Le Massoningenieur du Roi, architecte, instituteur attaché àL'education de leurs altesses Royales Le Duc de (sic)Angouleme, Le Duc de Berry enfans de MonseigneurComte D'artois frere du Roi. pareille inscription gravéeSur une plaque de Cuivre, envelopée dans une Boîte de plomp (sic)Cette boîte a été extraite et son contenu présenté au public, lors d'une exposition organisée en mai 1990 au musée Roybet-Fould pour le bicentenaire de l'église de Courbevoie []. à eté deposée dans La Premiere Colonne à gauche en entrantdans L'église, avec une Medaille, et quelques Pièces d'argentet de Monnoye de l'annèe CouranteSuivent les signatures :Hebert (avec paraphe) curé / Le Boux (avec paraphe) VicaireColombier Maire (avec paraphe) / delettre / Nicolas ColombierNicolas Gillet pro(cureur)Behuré (avec paraphe) / nicolas boucher Une dénonciation calomnieuse conduit Pierre Hébert à la guillotine le 7 thermidor an II (), aux côtés du poète André Chénier. Une plaque commémorative posée en 1994 à l'intérieur de l'église lui rend hommage.
Le bâtiment est édifié sous la direction de l'architecte Louis Le Masson, élève de Claude Nicolas Ledoux. Avec l'église Saint-Nicolas-et-Saint-Marc de Ville-d'Avray, c'est le seul monument religieux construit en France durant la période révolutionnaire. L'exiguïté du terrain explique son plan atypique : deux nefs dissemblables et accolées dessinent un T — la première, de forme elliptique, est coiffée d'une vaste voûte ovale percée d'un oculus central ; la seconde dessine un rectangle.
Après la destitution de Louis Le Masson en 1793, les travaux s'interrompent. Pendant deux décennies, l'édifice reste inachevé et s'endommage. En 1819, la duchesse d'Angoulême réunit des fonds, augmentés par sa générosité, qui permettent la restauration et l'achèvement du monumentL'église Saint-Pierre Saint Paul, feuille ronéotypée transmise en octobre 1994 par la mairie de Courbevoie..
Cinq ans plus tard, l'ingénieur géographe Alexis Donnet (1782-1854) écrit :L'Église paroissiale de cette commune n'était originairement qu'une chapelle dépendante de la paroisse de Colombes ; elle fut reconstruite presque en entier [...] sur les dessins, et sous la direction de M. Le Masson, ingénieur des ponts-et-chaussées et architecte. Resserré entre les dernières maisons de la rue, à l'extrémité de laquelle cet édifice est élevé, et les constructions de l'ancienne chapelle qu'il fallait conserver, l'architecte prit le parti ingénieux d'en disposer le plan de manière à gagner sur la largeur du sol, ce qu'il était impossible de trouver sur sa profondeur ; en conséquence, il donna à la nef principale la forme d'une ellipse, dont il établit le grand axe (d'environ soixante-dix pieds [= 22,74 mètres]), sur la largeur du terrain. Il fit précéder cette rotonde elliptique d'un petit péristyle de quatre colonnes, faisant face à la rue, et donnant entrée à l'église. En regard de cette entrée, et sur le petit axe, il plaça le sanctuaire, de forme rectanguaire, et ses collatéraux, séparés par des arcades portant sur des piédroits ; il éclaira cette partie de l'édifice par des croisées ouvertes en face des arcades. Une grande porte bien ajustée, et correspondant à celle du péristyle, décore le fond du sanctuaire, et donne entrée à la sacristie placée derrière l'église. Le chœur ou sanctuaire, et ses collatéraux sont ouverts en arcades sur la rotonde, et font pénétration dans sa voûte sphérique ; ces trois arcs reposent sur la corniche dorique qui couronne le mur lisse de la rotonde dans son pourtour intérieur, et reçoit la retombée de la voûte en calotte. L'extrémité supérieure de cette voûte est ouverte par un œil, qui donne à cette partie de l'église un jour tranquille très convenable au recueillement. Deux grandes niches, pratiquées aux extrémités du grand axe, sont destinées aux chapelles des fonts et des mariages. D'autres niches moins grandes correspondent aux collatéraux, et accompagnent la porte d'entrée.Les deux belles portes, la corniche dorique, d'un bon style, les niches et l'œil de la coupole font la seule décoration de l'intérieur de cet édifice, qui doit toute sa beauté à la disposition ingénieuse de son plan, et à la sagacité avec laquelle l'architecte fit l'application des parties décoratives, et distribua les effets de lumière.L'extérieur se compose du corps peu élevé de la rotonde, sur lequel se dessine, en avant-corps, un petit péristyle de quatre colonnes lisses, d'un ordre grec pœstumien, qui est élevé de quelques marches sur le sol de la rue, et que couronne un fronton triangulaire, dont la corniche de l'entablement d'ordre toscan règne dans le pourtour extérieur de la rotonde. Une belle porte, composée d'un chambranle et d'une corniche, décore l'intérieur du péristyle, dont le mur est orné de bossages ; au-dessus de la corniche s'élèvent trois gradins, qui, faisant amortissement, lient la coupole à la partie inférieure de l'édifice. Le caractère de l'ensemble de cette élévation, le style sévère de sa décoration, et les belles proportions du péristyle, peuvent faire considérer cet édifice comme un exemple des bonnes productions de l'art, vers la fin du dix-huitième siècle ; et comme un nouveau modèle du caractère à donner aux édifices religieux dans les campagnes. La voûte de cette rotonde est construite en poterie, assemblée sur une armature en fer, et recouverte par un enduit en plâtre, sur lequel était fixée l'ardoise qui fut remplacée par une couverture en plomb, qu'il fallut substituer par suite de l'abandon dans lequel cet édifice resta si longtemps, et pendant lequel tous les enduits de la voûte se détériorèrent.
De 1868 à 1870, l'architecte Jean-Baptiste Guenepin dirige des travaux d'agrandissement qui donnent à l'église ses dimensions actuelles. La nef est prolongée d'une arcade en direction de l'est et s'ouvre sur un nouveau chœur. Les chapelles latérales sont allongées et élargies.
Peu après la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, les inscriptions République française et, en-dessous, Liberté Égalité Fraternité sont peintes au fronton. La première disparaît lors du bombardement américain du 15 septembre 1943 ; la seconde est effacée en 1992-1993 par la restauration de la façade Précisions fournies le 30 mai 2024 par Monsieur J.M. Gailliard, paroissien spécialiste de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul..
L'abbé François Neuville exerce les fonctions de curé de 1907 jusqu'à sa mort en 1942. En 1932, il fait édifier le clocher prévu par les plans d'origine mais non réalisé. À sa demande, il repose sous la tribune d'orgue, à gauche de l'entrée. L'épitaphe de sa pierre tombale indique :
C'est en cette église, du haut de la chaire, que le dimanche l'abbé Pierre lance son cèlèbre appel à la solidarité nationale pour venir en aide aux sans-abri. Dès le lendemain, différentes stations de radio relaient son message de générosité.
Un projet immobilier programme la destruction de l'église pour . Mais grâce à l'intervention du docteur Henri de Frémont (1913-2007)., dernier propriétaire de l'hôtel de Guines et attaché au passé courbevoisien, un arrêté du inscrit in extremis l'édifice à l'Inventaire des monuments historiques, à l'exception de son clocher élevé en 1932 selon le plan initial..
En 1980, la façade et son péristyle sont ravalés. La toiture est refaite en 1987-1988.
En 1992-1993, une restauration intégrale rend son éclat à l'intérieur.
Liste des curés Voici la liste des curés de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Courbevoie« Études sur la ville et paroisse de Courbevoie ». Auguste Piquemal, Honoré Champion éditeur, 1908, pages 173 à 359 (avec quelques rectifications et additions).Pour les curés les plus récents, précisions fournies le 25 février 2025 par Monsieur J.M. Gailliard, paroissien spécialiste de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul. :
Décoration Chœur Vers 1868, les murs du chœur reçoivent trois toiles marouflées monumentales. : au centre, la copie anonyme d'un Christ en croix de Pierre-Paul Rubens ; à gauche, saint Paul par Delphine de Cool née FortinPaul Fortin, père de Delphine, est peintre sur porcelaine. (Limoges1830 - Paris 1921), d'après une peinture de Jean-Louis Bézard au pilier droit du chœur de l'église Saint-Louis-d'AntinPatrimoine de Paris. Église Saint-Louis-d'Antin. photo. ; à droite, saint Pierre par Lucile Doux (Paris 1821 - Louveciennes 1896), d'après une peinture de Sébastien Cornu au pilier gauche du chœur de l'église parisienne précitée.
À l'entrée du chœur, deux grandes compositions se font face : à gauche, une huile sur toile représentant Saint Paul prêchant devant l'Aréopage (1877) par Édouard Debat-Ponsan (Toulouse 1847 - Paris 1913). ; à droite, une toile marouflée montrant la Délivrance de Saint Pierre (1871) par Louis Auguste Lombard (Lyon 1827-1909)..