Le massacre de Grenade a lieu en 1066, à Grenade, lorsqu'une foule musulmane a pris d'assaut le palais royal de Grenade à la suite de la nomination de Joseph ibn Naghrela comme vizir, dans la Taïfa de Grenade. Celui ci était le fils du poète, rabbin et homme politique Samuel ibn Naghrillah. Joseph ibn Nagrela fut crucifié et la population juive de la ville massacrée.

Faits historiques Le , une foule musulmane prend d'assaut le palais royal de Grenade, crucifie le vizir juif, Joseph ibn Nagrela, et massacre la plus grande partie de la population juive de la ville. « 1500 familles juives, représentant environ disparaissent en un jour » : Granada par Richard Gottheil, Meyer Kayserling, Jewish Encyclopedia. 1906 ed..

Une rumeur s'est répandue à l'effet que Joseph avait l'intention de tuer le roi Badis al-Muzaffar, et de livrer le royaume aux Al-Mutasim (tribu arabe) d'Almeira, avec qui le roi était en guerre, puis de tuer le pré-tendant Al-Mutasim, et saisir le trône lui-même.

Analyses du Le rabbin Abraham ibn Dawd Halevi, plus connu sous l'acronyme Rabad I, décrit Joseph ibn Nagrela dans son ouvrage historique Sefer ha-Kabbalah (Livre de la Tradition) : : « ...il devint altier jusqu'au point de destruction ; les nobles philistins (berbères) devinrent jaloux de lui, jusqu'à ce qu'il soit assassiné... ». En effet, il a été accusé de plusieurs actes de violence, qui lui ont attiré la haine des berbères, alors formant le gros de la population de Grenade.

Ibn Dawd Halevi relate que la date du massacre était annoncée dans le Meguilat Ta'anit, un ouvrage ancien, qui cite le 9 Tevet comme un jour de jeûne sans donner de raison. (D'autres autorités juives, cependant, donnent d'autres raisons pour la commémoration(he): Taz, Orach Chaim 580:4; Magen Avraham, Orach Chaim 580:6.).

Analyses modernes Selon l'historien Bernard Lewis, le massacre est « généralement imputé à une réaction de la population musulmane contre un vizir juif puissant et ostentatoire » : Bernard Lewis (1984): The Jews of Islam. Princeton University Press. p.54..

Lewis affirme : Un ancien poème antisémite d'Abu Ishaq, écrit à Grenade en 1066 est particulièrement instructif à cet égard. Ce poème, qui se dit instrumental dans le déclenchement des émeutes anti-juives de cette année, contient ces lignes spécifiques : – Ne considérez pas le fait de les tuer comme une violation de la foi. Le fait de les laisser en vie serait une violation de la foi. – Ils ont violé le pacte que nous avions avec eux, aussi comment pouvez vous être tenus coupables contre les violateurs ? – Comment peuvent-ils avoir un pacte, quand nous sommes insignifiants et eux prétentieux ? – Maintenant nous sommes humbles, à côté d'eux, comme si nous avions tort et eux avaient raison : Bernard Lewis (1984): The Jews of Islam. Princeton University Press. pp.44-45 !

Lewis continue : « Des diatribes comme celles d'Abu Ishaq et les massacres tels que ceux de Grenade en 1066 sont des évènements relativement rares dans l'histoire islamique ». De même, Mark R. Cohen souligne la rareté des persécutions des juifs et des chrétiens par les musulmans depuis les premiers siècles de l'islam jusqu'au <ref name="Miské dvd1">Juifs et musulmans (DVD), K. Miské, E. Blanchard, édition Collector, 2013, épisode (dans le DVD1).</</ref>.

Selon David Abulafia, ce massacre s'explique par « une rivalité interethnique », et ne ressemble pas aux pogromsJuifs et musulmans (DVD), K. Miské, E. Blanchard, édition Collector, 2013, épisode (dans le DVD1).Walter Laqueur utilise ce mot de pogrom : « Les Juifs ne pouvaient selon la loi, accéder à la fonction publique (comme toujours, il y avait des exceptions), et il y a eu des pogroms occasionnels comme à Grenade en 1066 » ( Walter Laqueur : The Changing Face of Antisemitism: From Ancient Times to the Present Day. Oxford University Press, 2006. p.68). qui ont eu lieu en Allemagne au Des pogroms s'étaient produits au moment du départ des Croisés vers Jérusalem, au motif qu'il fallait commencer en Europe le combat contre les infidèles, Juifs et musulmans (DVD), K. Miské, E. Blanchard, édition Collector, 2013, épisode (dans le DVD1. Dans la mesure où il a suivi immédiatement le meurtre du vizir Joseph ibn Nagrela, ce massacre a pu avoir des motivations politiques.

Pour Christine Mazzoli-Guintard, ces tensions font suite à un raidissement de l'orthodoxie religieuse, où les courants de pensées contestent de façon générale le rôle politique des autres religions dans l'organisation d'Al Andalus et qui correspond à l'avancée des armées chrétiennes vers le sud. Cette contestation commence alors qu' à partir de 1064, lorsque tombe la première ville importante : Barbastro.

Conséquences La communauté juive de Grenade réussit à se reconstituer avec le temps. En 1085, Tolède tombe aux mains du roi de Castille, l'année suivante les Almoravides viennent en renfort des Taïfas pour contrer les armées chrétiennes, puis prennent le pouvoir en Al Andalus. En 1090 la communauté juive est de nouveau attaquée par les Almoravides qui, venus de l’Adrar mauritanien, conduits par Youssef ben Tachfine, envahissent le sud de la péninsule ibérique. , les forçant à se convertir, en infraction, selon Michel Abitbol, avec la tradition musulmane, qui avait jusque-là réservé aux « gens du Livre » un statut particulier. Le est d'ailleurs considéré par comme la fin de l'âge d'or de la culture juive en Espagne.

Notes

références

Références

: Nagdela (Nagrela), Abu Husain Joseph Ibn par Richard Gottheil, Meyer Kayserling, Jewish Encyclopedia. 1906 ed. : Tour virtuel de l'histoire juive. Grenade (Jewish Virtual Library) : 30 décembre 1066, Grenade (Espagne) (Agence juive)

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