Geert Wilders (), né le à Venlo, est un homme politique néerlandais, dirigeant du parti d'extrême droite Parti pour la liberté qu'il a fondé en 2006.

Élu représentant à la Seconde Chambre lors des élections législatives de 1998 pour le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), il fonde le Parti pour la liberté (PVV) en 2006, dont il mène la liste lors de cinq scrutins nationaux. En 2010, le PVV progresse au point de négocier un soutien sans participation au premier cabinet de Mark Rutte. À la suite des élections législatives de 2012, lors desquelles le PVV arrive à nouveau en troisième place avec quinze sièges, Geert Wilders devient, de fait, le chef de l'opposition au deuxième cabinet de Mark Rutte. En 2023, son parti arrive nettement en tête des élections législatives, sans toutefois être en mesure de former une coalition.

Wilders est surtout connu pour être un populiste de droite qui tient régulièrement des discours islamophobes et anti-immigration. Il a été condamné par la justice pour des propos discriminatoires. Ses opinions ont fait de lui une figure controversée aux Pays-Bas et à l'étranger. Depuis 2004, il est protégé en permanence par des policiers armés. Il est connu aussi pour son euroscepticisme et ses relations avec la Russie.

Situation personnelle Origines et famille Geert Wilders naît en 1963 à Venlo.. Il est le fils d'un père néerlandais cadre dans l'entreprise Océ et d'une mère née aux Indes orientales néerlandaisesSelon l'anthropologue Lizzy van Leeuwen « la grand-mère de Wilders, Johanna Ording-Meijer, était issue d'une vieille famille judéo-indonésienne, et Wilders a menti dans sa biographie de 2008 » ("Geert Wilders' Indonesian roots define his politics, says anthropologist", NRC Handelsblad, ., appartenant à la communauté eurasienne indo. Les Indos sont des Néerlandais nés en Indonésie, plus ou moins métissés, qui ont fui lors de la guerre d'indépendance en 1945-1949 et ont été « rapatriés » aux Pays-Bas .

Le fait d'être issu d'une famille coloniale métisse des Indes orientales néerlandaises aurait eu une influence décisive sur l'idéologie politique de G. Wilders, qui aurait reproduit l'opposition de la communauté indo à l'immigration musulmane et au multiculturalisme depuis les années 1970. Alors que les Indos sont très attachés à la culture néerlandaise, ils n'ont jamais réussi à s'intégrer pleinement aux Pays-Bas, où ils sont parfois confondus avec les immigrés musulmans d'origine turque ou marocaine. Ils manifestent pour cette raison une hostilité constante à l'égard des immigrés musulmans. De plus, les Indos ont été chassés d'Indonésie, qui abrite la plus grande population musulmane du monde, par des musulmans.

Il est possible que l'arrière-grand-mère indonésienne de Geert Wilders ait été musulmane.

Études et parcours professionnel Wilders suit une formation d'assistant social à Amsterdam et fréquente des formations en sciences juridiques de l'université libre d'Amsterdam. Lors de son service militaire, il se dit content de ne pas devoir partager une tente avec les soldats allemands dans le cadre d'exercices conjoints sous l'égide de l'OTAN, citant l'expérience de son père durant la Seconde Guerre mondiale , Der Spiegel, 27 mars 2008..

Il s'installe quelques années en Israël où il travaille dans un moshav. De retour aux Pays-Bas, il travaille dans le secteur de l'assurance maladie puis entre en politique comme rédacteur de discours pour le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD).

Parcours politique

Parlementaire

Première élection en 1998 A ses débuts, de 1990 à 1998, Geert Wilders est assistant parlementaire de Frits Bolkestein.. Il est élu à la Seconde Chambre des États généraux depuis 1998, d'abord pour le (VVD), puis pour le Parti pour la liberté (PVV) qu'il crée en 2006 à la suite de son départ du VVD. Son entrée au Parlement se fait à la faveur de la participation du VVD au second cabinet de Wim Kok, libérant des sièges parlementaires de personnalités nommées ministres et secrétaires d'État, appelant les membres plus haut placés sur la liste choisie aux élections à prendre leur place. Il quitte le VVD en 2004 pour fonder le dans lequel il siège seul et se sert de ses bases pour fonder le PVV.

Fondation du PVV et percée électorale À la tête du PVV, il réalise un bon score aux élections européennes de juin 2009. Avec environ 16 % des voix, le PVV arrive en effet en deuxième position derrière l'Appel chrétien-démocrate (CDA) du Premier ministre Jan Peter Balkenende, qui lui, totalise 20 % des suffrages. En , le parti opère une percée symbolique aux élections municipales.

thumb|left|Geert Wilders, au centre avec une cravate verte, en campagne pour les élections législatives de 2010, à Rotterdam. Lors des élections législatives de juin 2010, le PVV récolte 16 % des voix, ce qui en fait le troisième parti des Pays-Bas, derrière le VVD à 21 % et le Parti travailliste (PvdA) à 20 %. En , le PVV signe un accord de gouvernement avec le VVD et le CDA sur la base d'un programme à droite tant sur le plan économique que sur celui de la lutte contre l'immigration. En apportant son soutien au VVD et au CDA, Geert Wilders rend possible la formation du gouvernement, mais il n'y participe cependant pas directement. Le premier cabinet de Mark Rutte chute en 2012 du fait du retrait du soutien du PVV. Wilders est élu député européen lors des élections de 2014, mais démissionne avant de siéger.

vignette|Geert Wilders à La Haye en 2014. Il reçoit d'importants financements du milliardaire américain d'extrême droite via la fondation Horowitz., groupe qui soutient des campagnes violemment anti-musulmanes et anti-immigrés aux États-Unis. En 2016, son parti est placé en tête de tous les sondagesJean-Pierre Stroobants, Aux Pays-Bas, le populiste Geert Wilders fait la course en tête, Le Monde, . en vue des élections législatives de 2017 mais dans les semaines précédant le scrutin, le VVD lui ravit le titre de favori. Cependant, il est alors le quatrième parlementaire néerlandais à la longévité la plus importante parmi les de la Seconde Chambre..

Résultats électoraux de 2017 et 2021 Lors des élections législatives du , son parti passe de quinze à vingt sièges à la Seconde Chambre et devient le deuxième parti politique du pays, tandis que les deux principaux partis de la coalition au pouvoir (VVD et PvdA) perdent respectivement huit et vingt-neuf sièges. Le VVD remporte néanmoins le scrutin et le Premier ministre sortant Mark Rutte ouvre des négociations de coalition avec l'Appel chrétien-démocrate (CDA), les Démocrates 66 (D66) et la Gauche verte (GL). Le troisième cabinet de Mark Rutte est formé en avec l'appui de l'Union chrétienne (CU) au lieu des écologistes.

À l'occasion des élections législatives de 2021, concurrencé par le Forum pour la démocratie (FvD) de Thierry Baudet, le PVV recule de trois sièges à la Seconde Chambre, alors que Wilders espérait engranger une vague de soutien résultant de son opposition au couvre-feu décrété par le gouvernement dans un contexte de pandémie de Covid-19.

Arrivée en tête des élections législatives de 2023 En , à la surprise générale, son parti arrive largement en tête des élections législatives, devançant la liste écologiste et socialiste emmenée par l’ex-commissaire européen Frans TimmermansPays-Bas : l'extrême droite de Geert Wilders remporte les législatives, selon les sondages, france24.com, 22 novembre 2023Jean-Pierre Stroobants, Législatives aux Pays-Bas : pour l’extrême droite victorieuse, former une coalition est loin d’être gagné, lemonde.fr, 23 novembre 2023. En , Geert Wilders abandonne sa candidature au poste de Premier ministre des Pays-Bas, invoquant le manque de soutien des autres partis politiques dans les pourparlers sur la formation d'un gouvernement de coalitionRFI avec AFP, Pays-Bas: Geert Wilders annonce qu’il ne sera pas Premier ministre, rfi.fr, 14 mars 2024.

En , Wilders provoque la chute du gouvernement néerlandais en retirant son parti de la coalition de droite dirigée par le premier ministre Dick Schoof. Il justifie cette décision par le refus des autres partis de soutenir son plan en dix points pour durcir la politique migratoire, qui inclut la fermeture des frontières aux demandeurs d'asile et la fermeture des centres d'accueil. Cette décision provoque la tenue d'élections législatives anticipées le , au cours desquelles son parti accuse un net recul en perdant 11 sièges et en étant devancé d'une courte tête par les Démocrates 66.

En , sept députés annoncent leur départ du Parti de la liberté, s'opposant à la promesse de Wilders d'adopter une posture d'opposition ferme au futur gouvernement.

Prises de positions et controverses Opposition à l'islam En 2008 Geert Wilders assimile l'islam à une « idéologie fasciste », et le Coran au Mein Kampf d'Adolf Hitler, alléguant ce motif pour demander l'interdiction de l'ouvrageLes Pays-Bas craignent des attaques terroristes, Le Nouvel Observateur, .. Il demande l'interdiction des mosquées. Il dénonce la place réservée aux femmes et aux homosexuels dans l'islam. Selon le politologue Jérôme Jamin, le fait de mobiliser une rhétorique « prétendument progressiste faisant référence à la lutte contre le fascisme, à la défense de l’égalité entre les hommes et les femmes, ou encore aux droits des homosexuels » relève de l'instrumentalisation des idéaux démocratiques afin de justifier la haine des musulmansJAMIN Jérôme, « Vieilles pratiques, nouveaux visages. Geert Wilders et l'extrême droite en Europe », Vacarme, 2011/2 (N° 55), p. 43-45. DOI : 10.3917/vaca.055.0043. URL : https://www.cairn.info/revue-vacarme-2011-2-page-43.htm.

Il réalise et met en ligne en 2008 le court métrage anti-islam Fitna ; selon La Croix, le film pratique « l'amalgame » entre le terrorisme et la religion musulmane.. Ce court-métrage est diffusé le sur LiveLeak., malgré la désapprobation de Jan Peter Balkenende, Premier ministre des Pays-Bas de 2002 à 2010. La secrétaire à l'Intérieur britannique Jacqui Smith, membre du Parti travailliste, interdit de séjour Geert Wilders en , alors qu'il est invité par deux membres de la Chambre des lords pour une projection de Fitna. G. Wilders fait appel de cette décision, qui est annulée par la justice britannique huit mois plus tard Mark Hughes, Dutch 'extremist' Geert Wilders wins appeal to enter Britain, The Independent, ... Le film provoque un émoi dans certains pays à majorité musulmane, et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dénonce sa diffusion

En 2009, Geert Wilders mécontent parce qu'une journaliste néerlandaise, victime d'enlèvement et de viol par des talibans, avait refusé d'approuver son discours anti-islam, suscite une controverse en affirmant qu'elle « souffre du syndrome de Stockholm » - un trouble psychologique qui peut atteindre des personnes séquestrées Fiachra Gibbons, Dutch backlash shocks Europe, RFI, ..

En , la commune suisse de Savièse s'oppose à sa venue en alléguant des « questions de sécurité », ce qui entraîne l'annulation d'un débat sur l'islam avec le conseiller national UDC valaisan Oskar Freysinger Oskar Freysinger rencontrera Geert Wilders aux Pays-Bas, Radio télévision suisse, .. À défaut, il reçoit Oskar Freysinger, à La Haye, le , dans l'enceinte du ParlementOskar Freysinger et Geert Wilders, le pacte, Le Temps, ..

Le , il est l'invité d'honneur d'un concours de caricatures de Mahomet à Garland, au Texas, où il échappe à un attentat revendiqué par l'État islamique.. Ce concours de caricatures était organisé par un groupe d'extrême droite américain dirigé par la controversée Pamela Geller. G. Wilders veut ensuite exposer ces caricatures au Parlement néerlandais au nom de la liberté d'expression, ce qui lui est refusé.