La zone d'occupation française, officiellement dénommée zone française d'occupation (ZFO) (en allemand : Französische Besatzungszone), est l'une des quatre zones alliées établies en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale..

Instance politique, elle prend fin le avec l'entrée en vigueur du traité de Bonn tout en continuant d'accueillir les forces françaises en Allemagne, jusqu'à la réduction de celles-ci, le , en forces françaises stationnées en Allemagne. Les archives de l'administration française d'occupation sont placées sous la responsabilité du ministère des Affaires étrangères.

Précédent à la suite de la Première Guerre mondiale

À la suite de l'armistice de la Première Guerre mondiale, des forces alliées ont occupé une partie du territoire allemand jusqu'aux années 1920 et la France administre le territoire du bassin de la Sarre jusqu'en 1935.

Le traité de Versailles prévoyait une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite à partir de et pour une période de cinq à quinze ans suivant les territoires. Les Français héritent à la fois de la plus grande des zones d’occupation qui s'agrandit encore avec le retrait rapide des États-Unis ainsi que de la direction de la Haute Commission interalliée des territoires rhénans (HCITR), de la présidence de la commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la Société des Nations, ainsi que celle de Memel et de la Haute-Silésie.

Les effectifs des forces occupantes sont au nombre de dans les territoires rhénans dans les périodes les plus calmes. Le maximum de militaires est atteint en lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg avec dont Occuper l’Allemagne après 1918, Revue historique des armées, 2009..

Historique En , la Commission consultative pour l’Europe (European Advisory Commission), instituée par la conférence de Téhéran en novembre- et qui siège à Londres depuis le mois de janvier, n'envisage le partage de l'Allemagne vaincue qu'en trois zones d’occupation : soviétique à l’est, britannique au nord-ouest et américaine au sud-ouest.

Devant l'insistance de Charles de Gaulle et du Gouvernement provisoire de la République française, Churchill obtient à la conférence de Yalta, de Roosevelt et Staline, qu'une zone d'occupation soit attribuée à la France à condition que celle-ci soit constituée de zones précédemment occupées par les Américains et les Britanniques. :

C'est ainsi que les Britanniques cèdent la Sarre, le Palatinat et les territoires sur la rive gauche du Rhin jusqu'à Remagen comprenant Trèves, Coblence et Montabaur. Les Américains cèdent le Sud de la République de Bade (devenue le Land de Bade), le Sud de l'État libre populaire de Wurtemberg (devenu le Land de Wurtemberg-Hohenzollern), le cercle de Lindau sur le lac de Constance et quatre cercles de la Hesse sur la rive droite du Rhin.

Des forces françaises en Allemagne prennent officiellement possession de leur zone le , formant la « zone française d'occupation » (ZFO). Il faut attendre le , pour que deux districts berlinois (Reinickendorf et Wedding) leur soient attribués..

Institué le , le Commandement en chef français en Allemagne (CCFA) est confié au général Pierre-Marie Kœnig et installé à Baden-Baden le , celui-ci assume « l’autorité sur l’ensemble des services français de gouvernement, d’administration militaire et de contrôle en Allemagne. » Sa résidence officielle se trouve au pavillon de chasse du Fremersberg, un peu à l'écart au nord-ouest de Baden-Baden.

Composé d’une multitude de services et sous-services, le CCFA coiffe le Commandement supérieur des Troupes d'occupation (CSTO), le Groupe français du Conseil de contrôle (GFCC), le Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB) et le Gouvernement militaire de la Zone française d'occupation (GMZFO). Contrairement à son appellation, le GMZFO constitue une administration civile dont le siège est également situé à Baden-Baden.

Une Direction de l'enseignement français en Allemagne est immédiatement créée pour permettre la scolarisation des enfants des familles de militaires et civils.

Étendue territoriale thumb|Le secteur d'occupation français à Berlin. La zone a son quartier général situé à Baden-Baden dans le land de Bade, et est constituée par : les actuels Länder de : Rhénanie-Palatinat Sarre (ce territoire se constitue en un État indépendant et souverain sous protectorat français, le . Il réintégre la RFA le avec le statut de land, à la suite du référendum du et des accords de Luxembourg du ).

des anciens Länder de : Wurtemberg-Hohenzollern Bade Ceux-ci fusionnent par la suite avec celui de Wurtemberg-Bade (situé en zone américaine), afin de former le land de Bade-Wurtemberg.

du district de Lindau (actuellement en Bavière) qui fait office de couloir de liaison entre les zones d'occupation française d'Allemagne et celle d'Autriche. En effet, il permet aux forces françaises stationnées dans ce dernier pays de rejoindre la France en évitant ainsi de transiter par la zone d'occupation américaine. Avec la fin du statut des zones d'occupation en Autriche le , le district de Lindau, qui dépend successivement du Wurtemberg-Hohenzollern puis du Bade-Wurtemberg, est alors réintégré à la Bavière et la zone américaine.

des districts ouest-berlinois de : Reinickendorf Wedding Ceux-ci étaient administrés par le gouvernement militaire français de Berlin (GMFB).

Liste des commandants de zone Commandant militaire mai – : Jean de Lattre de Tassigny

Commandant en chef français en Allemagne (CCFA) – : Marie-Pierre Kœnig

Gouverneurs La zone d'occupation française est divisée en quatre délégations supérieures, elles-mêmes divisées en délégations de cercle ou de district. gouverneur de Rhénanie et du Palatinat : Claude Hettier de Boislambert (1945-1951) gouverneur du Wurtemberg-Hohenzollern : Guillaume Widmer (1945-1952) gouverneur du Pays de Bade : Pierre Pène (1946-1952). gouverneur de Sarre : Jean Callies (1948-1950)

Haut-commissaire – : André François-Poncet qui siégeait à la Haute commission alliée qui exista de 1948 à 1955.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie , La Politique culturelle de la France sur la rive gauche du Rhin, 1945-1955, Presses universitaires de Strasbourg, 1994. Compte rendu du deuxième Congrès de l'Organisation des fonctionnaires résistants en Allemagne, Höllhof, 1949 Marc Hillel, L'Occupation française en Allemagne 1945-1949, éditions Balland, 1983.

Documentaire Quand la France occupait l’Allemagne de Tania Rakhmanova, 2015.

Articles connexes Trizone Allemagne de l'Ouest Relations entre l'Allemagne et la France Forces françaises en Allemagne Forces françaises à Berlin Direction de l'enseignement français en Allemagne Mouvement pour le rattachement de la Sarre à la France Annexion de Kehl par la France

Liens externes

L’époque de l’Occupation française - Cœurs sans frontières.

Allemagne Catégorie:Histoire de l'Allemagne au XXe siècle Catégorie:Histoire contemporaine de la France Catégorie:1945