Gwendolyn Elizabeth Brooks, née le à Topeka, au Kansas, et morte le à Chicago, en Illinois, est une poète et professeure américaine et la première femme afro-américaine à recevoir le prix Pulitzer pour la poésie. Il lui est décerné en 1950 pour son second recueil de poèmes, Annie Allen.

Durant sa carrière, elle reçoit de nombreuses autres distinctions. En 1968, elle est nommée poète lauréate de l'Illinois et conserve ce statut jusqu'à la fin de sa vie en 2000. En 1976, elle devient la première afro-américaine élue à l’Académie américaine des arts et des lettres. En 1985 et 1986, elle est consultante pour le domaine de la poésie auprès de la Bibliothèque du Congrès, poste occupé pour la première fois par une Africaine-Américaine.

Biographie

Jeunesse et formation Gwendolyn Elizabeth Brooks naît le à Topeka, Kansas. Elle est l'aînée de David Anderson Brooks et Keziah (Wims) Brooks. Sa mère est enseignante et pianiste, son père gardien dans une entreprise de musique. La légende familiale dit que son grand père paternel aurait fui l’esclavage pour rejoindre l'armée de l’Union pendant la guerre de sécession américaine.

Brooks est âgée de six semaines, lorsque sa famille décide de s’installer à Chicago pendant la grande migration afro-américaine. Elle se sent chez elle dans cette ville. Elle commence ses études à la Forestville Elementary School, à Chicago's South Side. Elle suit ensuite des cours dans l’une des écoles supérieures les plus élitistes de la ville, dont les étudiants sont en majorité blancs : la . Puis elle rejoint la , où les étudiants sont en très grande majorité des afro-américains et enfin l'établissement le plus mixte des trois, la . Selon l’auteur de sa biographie Kenny Jackson Williams : « ces trois écoles lui donnèrent une idée des dynamiques raciales en mouvement dans la ville, qui influence depuis toujours ses écrits ».

En 1936, elle obtient son diplôme supérieur au Wilson Junior College, connu aujourd'hui sous le nom de . Brooks décide de ne pas poursuivre ses études jusqu’au master car elle sait qu’elle veut se consacrer à l'écriture. « Je ne suis pas une universitaire » dit-elle plus tard. « Je suis juste une écrivaine, j’aime écrire et je compte continuer à le faire ». Pour gagner sa vie, Brooks est directrice de publicité à la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) à Chicago. Chicago restera une référence importante pour le reste de sa vie.

Carrière

Carrière littéraire Brooks publie son premier poème, , dans un magazine pour enfants, American Childhood, quand elle a ans. À l’âge de ans, elle a déjà écrit et publié environ 75 poèmes. À ans, elle commence à soumettre son travail à , la rubrique poétique du Chicago Defender, un journal afro-américain. Ses poèmes, dont beaucoup sont publiés alors qu’elle fréquente le Wilson Junior College, vont de ballades et de sonnets traditionnels à des poèmes utilisant des rythmes de blues en vers libres. Au cours de ses premières années, James Weldon Johnson, Richard Wright et Langston Hughes la félicitent pour son travail poétique et l'encouragent à persévérer. James Weldon Johnson lui envoie la première critique de ses poèmes alors qu’elle n’a que ans.

Ses personnages sont souvent tirés de son expérience de la vie urbaine. Elle dit .

En 1941, Brooks participe à des ateliers de poésie. Un événement particulièrement prisé est organisé par Inez Cunningham Stark, une femme blanche aisée avec un fort bagage littéraire. Stark offre des ateliers d’écriture au nouveau South Side Community Art Center, auquel Brooks participe. C’est là qu’elle prend de l'assurance pour poser sa voix et mieux connaître les techniques de ses prédécesseurs. Le célèbre poète Langston Hughes, qui fréquente l’atelier, l'entend lire . En 1944, elle atteint le but qu’elle poursuit depuis qu’elle a ans et de multiples sollicitations de publication : deux de ses poèmes paraissent dans le numéro de novembre de la revue Poetry.

Brooks publie son premier recueil de poésie, A Street in Bronzeville (1945), chez Harper & Brothers, grâce au puissant soutien de l’auteur Richard Wright auprès de l’éditeur. Il dit aux directeurs de publication qui lui demandent son opinion sur le travail de Brooks :

Le livre est immédiatement apprécié par la critique pour ses portraits authentiques et vivants de la vie dans Bronzeville. Brooks dit ultérieurement que c’est la critique élogieuse de Paul Engle dans le Chicago Tribune qui . Engle déclare que les poèmes de Brooks ne sont pas davantage que le travail de Robert Frost n'est . Brooks reçoit sa première bourse Guggenheim en 1946 et elle est citée parmi l’une des dans Mademoiselle magazine.

Le second recueil de poésie de Brooks, Annie Allen (1949), narre la vie et les expériences d’une jeune fille noire qui grandit dans le quartier de Bronzeville à Chicago. Le livre reçoit le prix Pulitzer 1950 pour la poésie et le prix Eunice Tietjens de la revue Poetry. vignette|Gwendolyn Brooks en 1950.

En 1953, Brooks publie son premier et unique roman intitulé Maud Martha, qui, dans une série de 34 courts récits, retrace la vie d’une femme noire nommée Maud Martha Brown, de l’enfance à l’âge adulte. Il raconte l’histoire d’une , affirme l’auteur Harry B. Shaw dans son livre Gwendolyn Brooks. Maud souffre de préjugés et de discrimination non seulement de la part des Blancs, mais aussi de la part des Noirs qui ont une peau plus claire que la sienne, ce qui est une référence directe à l’expérience personnelle de Brooks. Finalement, Maud se défend en tournant le dos à une vendeuse condescendante et raciste. , commente Shaw. En revanche, la chercheuse littéraire Mary Helen Washington insiste sur la critique du racisme et du sexisme de Brooks, qualifiant Maud Martha de .

En 1967, l’année de la mort de Langston Hughes, Brooks assiste à la deuxième conférence des écrivains noirs à l’Université Fisk de Nashville. Là, selon l'une des versions des événements, elle rencontre des militants et des artistes tels que Imamu Amiri Baraka, Don L. Lee et d’autres qui lui parlent du nouveau nationalisme culturel noir. Des études récentes affirment qu’elle s'implique dans la politique de gauche à Chicago pendant de nombreuses années et, sous la pression du maccarthysme, adopte une posture nationaliste noire, comme moyen de se distancier de ses relations politiques antérieures. L’expérience de Brooks lors de la conférence inspire nombre de ses activités littéraires ultérieures. Elle enseigne l’écriture créative à certains des Blackstone Rangers de Chicago, un gang criminel violent. En 1968, elle publie l’une de ses œuvres les plus célèbres, In the Mecca, un long poème sur une mère à la recherche de son enfant perdu dans un immeuble de Chicago. Le poème est nommé pour le National Book Award pour la poésie.

Son récit autobiographique From Part One, réunissant des réminiscences, des interviews, des photographies et des courts récits, paraît en 1972, et Report From Part Two est publié en 1995, alors qu’elle a près de 80 ans.

Carrière universitaire Brooks situe sa première expérience d’enseignement à l’Université de Chicago lorsqu'elle est invitée par l’auteur Frank London Brown à enseigner la littérature américaine. C’est le début de son engagement à partager la poésie et à enseigner l’écriture. Brooks enseigne ensuite dans tout le pays et occupe des postes à Columbia College à Chicago, Northeastern Illinois University, Chicago State University, Elmhurst College, Columbia University et le City College à New York.

Vie personnelle En 1939, elle épouse Henry Blakely Lowington Blakely Junior. Ils ont deux enfants, Henry Lowington Blakely III et . Son mari meurt en 1996.

Brooks meurt le à Chicago, en Illinois. Elle est inhumée au cimetière Lincoln. Sa mémoire se perpétue à travers des institutions et des événements qui portent son nom.

Archives La Rare Book & Manuscript Library à l'University of Illinois ont acquis des archives auprès de sa fille Nora Blakely. La Bancroft Library de Université de Californie à Berkeley possède également une collection de ses documents personnels, en particulier de la période 1950 à 1989.

Honneurs et prix

1946 : boursière de la fondation John-Simon-Guggenheim pour la poésie, 1946 : lauréate du Arts and Letters Awards, décerné par l'Académie américaine des arts et des lettres 1947 : boursière de la fondation John-Simon-Guggenheim pour la poésie 1950 : lauréate du prix Pulitzer pour la poésie, pour le recueil de poésie Annie Allen, qui décrit en vers la vie d'une jeune fille noire ordinaire grandissant dans le quartier de Bronzeville, à Chicago's South Side 1968 : nommée Poète Lauréate de l'Illinois, jusqu'à sa mort en 2000, 1969 : lauréate du prix Anisfield-Wolf Book, pour son recueil de poèmes In the Mecca 1976 : élue comme l'une des 250 membres de l'Académie américaine des arts et des lettres, 1976 : lauréate du Shelley Memorial Award décerné par la Poetry Society of America 1985 : choisie comme consultante pour la poésie auprès de la Bibliothèque du Congrès 1988 : cérémonie d'admission au National Women's Hall of Fame 1989 : récipiendaire de la médaille Robert Frost pour l'ensemble de sa carrière décerné par la Poetry Society of America 1994 : choisie pour présenter la National Endowment for the Humanities' Jefferson Lecture 1994 : médaille de la pour sa remarquable contribution à la littérature américaine 1995 : récipiendaire de la National Medal of Arts décernée par le National Endowment for the Arts 1997 : décorée de l'Order of Lincoln, la plus haute récompense de l’État de l'Illinois 1999 : remise d'une bourse de par l'Academy of American Poets, pour l'ensemble de ses écrits poétiques

Héritage Des établissements, des institutions honorent le nom de Brooks :

1970 : Gwendolyn Brooks Cultural Center, Western Illinois University, Macomb, Illinois 1990 : Gwendolyn Brooks Center for Black Literature and Creative Writing, Chicago State University 1995 : Gwendolyn Brooks Elementary School, Aurora, Illinois 2001 : Gwendolyn Brooks College Preparatory Academy, Chicago, Illinois 2002 : 100 Greatest African Americans 2002 : Gwendolyn Brooks Middle School, Oak Park, Illinois 2003 : Gwendolyn Brooks Illinois State Library, Springfield, Illinois 2004 : Hyacinth Park à Chicago est renommé Gwendolyn Brooks Park 2010 : intronisée au Chicago Literary Hall of Fame 2012 : honorée sur un timbre postal des États-Unis 2015 : l'Union astronomique internationale nomme un cratère sur Mercure « Brooks » en son honneur 2017 : plusieurs événements à Chicago célèbrent la date du e anniversaire de sa naissance 2017–18 : (OMB100) une célébration de la vie de Brooks. La cérémonie d'ouverture eut lieu le , au Art Institute of Chicago, animée par des lectures et des échanges autour de l'influence de Brooks par des poètes lauréats du prix Pulitzer, Rita Dove, Yusef Komunyakaa, Gregory Pardlo, Tracy K. Smith et Natasha Trethewey. Clôture le . 2018 : Pour son e anniversaire, une statue de Brooks nommée , a été érigée au Gwendolyn Brooks Park à Chicago

Œuvres choisies

Notes et références

Liens externes

site Gwendolyn Brooks Gwendolyn Brooks Online Resources à la Librairie du Congrès Henry Lyman, , NPR

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