Le clanLuvila (pluriel mimvila ou mvila) est chez les BakongoBa kongo (pluriel de Mu kongo), une réunion de famillesDikânda (pluriel makânda), dans son sens étymologique, tire peut-être son origine du mot nkânda désignant la chair. ayant le même ancêtre lointain. Comme dans la plupart des sociétés d'Afrique subsaharienne, le clan joue un rôle très important dans une société ethnique. C'est par le clan que l'individu peut s'identifier au reste du groupe et trouver sa place au sein de toute la communauté.

Clans de base Avant le existaient trois clans de base chez les Bakongo : le clan Nsaku, le clan Nzinga et le clan Mpanzu. Les clans de base n'étaient pas de simples regroupements d'individus car chaque clan avait aussi un rôle à jouer dans l'organisation de la société. Selon la tradition historique kongo, ces clans étaient issus des trois fils du premier monarque kongo, Nimi Lukeni.

Selon certaines traditions, Nsaku aurait été sa fille et non l'un de ses fils, ce qui expliquerait la place de choix qu'avait ce clan dans les affaires politiques et sociales des Bakongo, surtout lorsque l'on considère que la matrilinéarité est l'un des caractères sociaux principaux de la société kongo.

Le clan Nsaku Le clan Nsaku se chargeait du domaine spirituel et de la justice et fournissait toujours le Mani Nsaku Ne VundaTitre de noblesse, la deuxième personnalité de l'empire, juste après le Mani KongoL'un des titres du chef suprême des Bakongo. L'ascendance de ce clan sur les autres était telle que, dans les terres qui leur appartenaient, ils nommaient eux-mêmes leurs dirigeants, contrairement aux autres régions où c'était au Mani Kongo de nommer le chef. Les Nsaku présidaient à toutes les activités religieuses. En politique, ils se plaçaient au premier rang aux côtés du Mani Kongo. Ils dirigeaient par ailleurs les obsèques du défunt souverain et présidaient l'élection de son successeur. Selon certaines traditions, l'épouse du Mani Kongo était souvent membre du clan Nsaku ; cela avait sans doute pour effet de lier les Nsaku à la maison impériale et de renforcer leur influence. Un Nsaku (un homme né d'une mère Nsaku) ne pouvait prétendre à la royauté, étant chargé du domaine religieux. La mémoire kongo se souvient de ce clan comme étant le guide des Bakongo.

Le clan Mpanzu Il était celui des artisans et des techniciens qui maîtrisaient notamment l'art de la métallurgie. Ils avaient aussi la responsabilité de conduire les hommes pendant la guerre. C'est sans doute à cause de ce fait et aussi parce qu'ils avaient la maîtrise de la métallurgie que les membres de ce clan ont souvent, au cours de l'histoire médiévale des Bakongo (Ngola), revendiqué non sans succès la royauté. En effet, l'art de la forge était considéré comme un attribut royal et sacré et cet art était au centre de l'activité économique, politique et sociale. C'est grâce à lui que les paysans avaient des outils pour travailler et que les guerriers avaient des armes pour se battre. Il était aussi un outil de prépondérance politique et sociale, le fer étant la principale matière nécessaire à la confection des armes et le cuivre étant un métal précieux. La mémoire kongo se souvient d'eux comme les dépositaires de la connaissance.

Le clan Nzinga Quant au clan Nzinga, il était le clan qui fournissait généralement les souverains. Les membres de ce clan occupaient la plupart des postes administratifs et gouvernementaux du pays. Chez les Bakongo, aucun poste n'était héréditaire. Le futur Mani Kongo accédait donc au trône par élection — même si le Mani Kongo régnant pouvait proposer son candidat, lequel était souvent un fils ou un neveu —, les candidats étant toutefois membres d'une famille dynastique. Les titulaires des autres postes étaient nommés par le Mani Kongo, sauf pour les postes dévolus aux Nsaku dont les membres nommaient eux-mêmes leurs candidats. Du clan Nzinga, la mémoire kongo se souvient comme celui qui a le don du gouvernement.

Clans « filles » Par clans « filles », il faut entendre les clans issus des trois clans de base. En effet, à partir du , période marquée par les bouleversements liés notamment à la colonisation portugaise en Angola, le peuple des Bakongo connaît des transformations importantes. Si des kongos se déplacent vers le nord, en direction de l'actuelle République du Congo, il convient de souligner que des populations kongo étaient déjà présentes dans le sud de la République du Congo bien avant cette époque. Cet éloignement progressif du noyau de la civilisation kongo (actuelles provinces du Zaire et Uíge en Angola et centre-sud de l'actuelle province du Kongo central en République démocratique du Congo) crée un affaiblissement des valeurs fondatrices. De plus, ce peuple doit, au fur et à mesure des déplacements, conclure des alliances matrimoniales ou politiques avec les peuples des localités où il s'est installé ou qu'il a traversé. Ainsi, les familles, grandissant et se mélangeant, devenaient progressivement à leur tour des clans. Ces nouveaux clans virent en leur sein la naissance de plusieurs familles qui malgré les nombreux changements, n'oublièrent jamais leurs liens avec leurs clans d'origine, c'est-à-dire leurs clans de base.

À noter que des Kongo Panso (Mpanzu en kikongo) qui menèrent bataille au XVe siècle contre Nzinga Nkuwu suite à la conversion de celui-ci sont attestés dès le XVIe siècle dans les sources européennes. João de Barros les mentionne sous le nom de « Mundequetes », tandis que Filippo Pigafetta les désigne sous le nom d’« Anzique » ou d’« Anzico ». Toutefois, les recherches historiques récentes tendent à démontrer que cette appellation renvoyait en réalité à des populations Kongo et non aux Téké, bien que les Teke étaient aussi appelés "Anzique". En 1624, le père António Cardoso mena des enquêtes auprès des notables et habitants de Mbanza Kongo afin de mieux situer ces Panso. Il conclut que ceux-ci se trouvaient dans les districts de Nsanga et Mazinga, relevant de la province septentrionale de Nsundi, Mazinga ou Masinga correspondant aujourd’hui à une partie du Kongo Central (RDC) et Nsanga à une partie du Pool (République du Congo). Cette localisation a par la suite été confirmée par Jean Cuvelier. Par ailleurs, le commerce du cuivre circulait déjà dans l’espace Kongo avant 1665 et impliquait divers acteurs, et non les seuls Téké. La bataille de Bataille de Mbwila marque ainsi une crise politique majeure, mais ne saurait être interprétée comme le point de départ de la présence Kongo dans le sud de l’actuelle République du Congo.

Liste des clans Voici une liste proposée par Ne Muanda Nsemi Ne Bitumba (Bundu Dia Kongo), Les mvila une catégorie philosophique ?, Congo Kinshasa, 2004N.B. : Des peuples tels que les Mitsongos (ou Mitsogos), Lumbus, Ambundu, Yanzi et Tékés ne s'estimant pas être Kongos ont été ajoutés dans cette liste. Ceci est sans doute dû à des mariages entre des Kongos et des personnes ayant fait partie de ces peuples ou à l’intégration des descendants d’hommes et de femmes de ces peuples au sein des Kongos (exemples : Les Beembes et Kunyis avaient intégré des descendants de Tékés) ou bien encore dû au fait qu'à un moment de leur histoire, certains de ces peuples étaient sous la souveraineté du Ma Loango ou du Mwene Kongo. Cependant il ne faudrait pas considérer les peuples Mitsogo, Lumbu, Ambundu, Yanzi et Téké comme des Kongos.:

+Descendants de NsakuDescendants de MpanzuDescendants de NzingaNsaku, lemba, muanda, ki-lunda, kinzambi, ndembo, ndingi, madingu, ba dia ndingi, mvimba, ki-mbuta, kihunda, kivunda, kimbunda, mavunda, mpunda, ki-mbata, ki-kota, kahita, mukukulu, nkukulu, nkokolo, ki-nkala, mukala, milimina, kabemba, mbemba, ki-mpemba, ki-mvemba, lawu, mankunku, nkunku, nsongo (tsongo, mitsongo), kimanga, ki-mbika, ki-mvika, kiyuvu, mabika, ki-nsengele, kiuvu, kinsumbu, kalemba, matsakula, kibuila, ki-mbuila, ki-mpila, kingidi, kingila, kividi, kiyidi, mayidi, mayoni, neyidi, ngidi, ngiri, nzidi, nsivuila, ki-kuimba, ki-nlaza, fumvu, kikuiti, lukuti, sangila, lunsangi, matsanga, musenga, nsenga, nsanga, nsangi, ki-ngimbi, yimbu, ki-ndinga, mavandu, mpanda, muema, ngandu, masaka, masaki, nkamba, kikamba, ki-lemfu, ki-ngemba, kiyemvo, ki-yongo, ki-zongo, ki-vuzi, ki-nsembo, masembo, musemo, kimfuti, mfuti’a mvemba, makaba, nsimba, nsimbi, nsimbu, nsungu, Kinduelo, ki-nsongi, ki-ntumba, mowa, ki-kiowa, ntamba, kimayalasa, ki-miala, nkuwu, kimbakala, kiyaka, etc.Mpanzu, tadi, ki-lamba, kalamba, lufu, luvu, dondo, ndundu, munuani, kesa, muteke, kuanza, nkuanza, ki-muanza, nganzi, ki-bangu, kabangu, ki-kuangu, ki-luangu (tsiluangu), ki-mpangu, mvangi, muangu, ki-hungu, vungu, ki-mbungu, ngungu, mangungu, mahungu, mavungu, ki-futila, ki-ndamba, nlamba, mbau (tiya), ki-mbauka, ki-nsundi, kinsula, kinsulu, fumina, kifuma, vonga, luvongo, ki-mbongo, kinuani, matana, nkua nioka, vakula, ki-mpaku, voma, kihombi, kilombi, ki-ngoma, ki-ngombe, ki-lombo, kumba, ki-nkumba, nkumbu, ki-mfulama, vemba, mbe, ki-mbembe, ki-mbimbi, wumba, wumbu, ki-bumbu, lubangu, kimbundi, kibuma, mbuma, mbumbu, ngumbi, ngumbu, mukuzu, kinkuzu, nkozo, vola, mpondi, kimpudi, mpolo, polo, ki-lumbu, malumbu, mpombo, mpumba, ki-mumba, ndombe, lulombe, mbumba (mvangi), ndumbu, nsumbu, mvudi, ngolo, ngola, ndamb’a ngolo (angola), paka, mpakasa, kimbaku, ki-mpaka, mabaka, vona, mponi, mboma, boma, vukama, mavuku, mpuku, vonda, kimpondo, ngonda, ngondi, longo, ki-ndongo, samba, busamba, ki-nsamba, nseke nzila, lumba, malumba, mulumba, ki-nkenzi, mukenzi, masunda, kinkosi, ki-nsuka, nsuka za kongo, mutsakila, nsakila, ntu a nkosi, ki-wembo, mfutila na wembo, etc.Nzinga, ki-mbamba, kambamba, kihangala, kiluamba, ki-mbala, kiama, ki-mbambi, kinzamba, mayamba, mazamba, miyamba, mpal’a nzinga, muabi, muyabi, nzamba, yambi, zambi, ki-yanzi, kiniangi, kiyangu, kianza, kikiangala, mandiangu, nianga (manianga), mani, mayanzi, mbangala, mpalanga, muakase, nsanzala, ki-mbanda, kibanda, mumbanda, ki-yandu, mbandu, lunga, mabulungu, bulungu, madungu, malunga, ndunga, nkunga, kiyinda, mbinda, makondo, nkondo, mukondo, mukoko, mikondo, mbenza, muzinga, njinga, mujinga, ngongo, nsinzi, nsindi, ki-ngunu, ki-ngundu, mahinga, muhoyi, mungoyo, ki-ngoyo, woyo, lukeni, ki-nkenge (kenge), mafuta, etc.

Place du clan dans la société Kongo La structure familiale des Bakongo est matrilinéraire : le rôle de l'oncle maternel y concurrence donc celui du père. Par ailleurs, la famille désigne l'ensemble des individus ayant un lien de parenté vertical ou horizontal, quel que soit le degré de parenté. Il ne faut pas confondre le concept de famille à celui de famille nucléaireMôyo (pluriel miôyo), dans son sens étymologique, tire son origine du mot môyo signifiant ventre et par extension sein et utérus. qui a sa place dans la sociologie kongo. Cette dernière constitue un groupe d'individus réunissant la mère à ses enfants. Le père n'est ici pas totalement compris dans la famille nucléaire. Quant au clan, il réunit des individus de plusieurs familles et de plusieurs régions différentes (faisant toutefois partie de la société kongo). Deux individus, l'un MuniangaSous-groupe Kongo, l'autre Mundibu peuvent ainsi faire partie d'un même clan et se considérer comme « frères ». De plus deux personnes, l’une femme Musundi (ex: Mfumu (ou Musi) Ngoma) et l’autre homme Muhangala (ex: Mfumu (ou Musi) Ngoma) ayant le même luvila ne peuvent pas se marier car ils sont considérés comme étant frère et sœur.

Voici les strates formant la société kongo : Le peuple Kongo réunit autour de trois piliers ou makuku matatu (Mpanzu, Nsaku et Nzinga), de ces trois piliers dérivent 12 clans Un pilier est composé de plusieurs clans. Un clan est composé de plusieurs familles. Une famille est composée de plusieurs familles nucléaires. Chaque clan possède son totem et son slogan.