La Chose publique est un film français réalisé par Mathieu Amalric. Œuvre de commande de la chaîne de télévision Arte dans le cadre sa collection « Masculin/Féminin », le film est présenté le à la Quinzaine des réalisateurs lors du Festival de Cannes. Il est diffusé sur la chaîne franco-allemande le avant de faire une sortie généralisée sur un très petit nombre d'écrans en France le .

Comédie dramatique d'inspiration largement autobiographique avec pour toile de fond l'élection présidentielle française de 2002, ce troisième long-métrage de Mathieu Amalric a reçu globalement de bonnes critiques dans la presse spécialisée. Celle-ci a surtout noté, plus ou moins positivement, l'aspect technique des textures variées des images obtenues par l'utilisation de différentes caméras vidéo digitale permettant au réalisateur de mettre en narration les différentes mises en abyme du scénario.

Synopsis Jérôme Clément et tout l'aréopage de la chaîne de télévision Arte font le point sur l'avancement des réalisations des téléfilms pour leur collection « Masculin/Féminin » ayant pour thème la parité. Philippe Roberts, l'un des commandités, est en retard dans son travail. Outre un problème d'inspiration, il est profondément déstabilisé par l'annonce que lui a faite son épouse Julia, et mère de ses deux enfants, qui a décidé subitement de leur séparation à la suite de sa rencontre avec « quelqu'un ». Elle a retrouvé son désir et sa capacité à l'inspirer dans le regard de son amant, un certain François Magal journaliste sportif à L'Équipe. Ajouté à un sentiment d'étouffement qu'elle vit au sein de leur couple du fait du travail de son mari, elle engage une procédure de divorce.

vignette|alt=Devanture d'un magasin de literie à Paris|« Le Lit national » sur la place du Trocadéro, utilisé dans le film et inspirant le titre du film de Philippe Roberts. Le film que doit faire Philippe Roberts prend dès lors un nouveau tour. Alors qu'il met en place le scénario et la distribution ayant pour sujet une élection locale à Montauban sur fond d'obligation de parité électorale, il ne peut s'empêcher de faire intervenir ses propres déboires dans son œuvre. Avec son monteur, il passe indifféremment de l'organisation des scènes de son téléfilm à celles d'un film plus personnel qu'il a fait durant une année dans l'intimité avec son épouse, mêlant progressivement les deux travaux. Bernard Menez et Michèle Laroque, les deux acteurs du « Le Lit national », semblent un peu perdus dans l'avancement du projet qui paraît sans queue ni tête. Ils continuent cependant d'incarner au mieux et de manière un peu désabusée leurs rôles respectifs de maire de Montauban et de sa colistière, cette dernière se voyant dans le scénario courtisée au niveau de l'appareil national du RPR par l'intermédiaire d'un responsable du parti, un certain Jean Vidal « ami de Nicolas ». De réunions publiques en conseils municipaux houleux, le téléfilm sur la parité se fait sans aucune ligne directrice autre que celle des émois de Philippe Roberts qui finit par fantasmer l'intrusion de sa femme à la place de Michèle Laroque dans une scène de trahison politique que cette dernière est censée subir dans « Le Lit national ». Face à la profonde crise d'inspiration que semble traverser le réalisateur, Jérôme Clément ne peut s'empêcher de s'écrier , lui rétorque Roberts.

Une année est passée depuis leur rupture. Les enfants sont en garde partagée. Philippe et Julia se revoient de temps à autre lors de soirées où la tendresse n'est pas absente. Un dernier diner au Bouillon Chartier révèle toutes les blessures, reproches, et désirs que le couple doit encore affronter.

Fiche technique

Titre : La Chose publique Titres à l'international : (en anglais) ; (en allemand) Réalisation : Mathieu Amalric Scénario : Mathieu Amalric, Marcelo Novais Teles, et Christine Dory Photographie : Isabelle Razavet Montage : Dominique Galliéni Son : Olivier Mauvezin Décors : Virginie Noël Musique additionnelle : de Rodolphe Burger Producteurs : Laetitia Gonzalez, Yaël Fogiel, Jean-Pierre Guérin Société de production : Les Films du Poisson, Arte France Cinéma, GMT Productions Société de distribution : Why Not Productions (en France) ; Roissy Films (à l'étranger) Pays de production : Langue : français Durée : 83 minutes Dates de sortie en France : (présentation à Cannes) (diffusion sur Arte) (sortie généralisée)

Distribution

Projet et réalisation du film vignette|alt=Symboles du féminin et du masculin|La parité en question. Troisième long-métrage du réalisateur, il s'agit d'un film commande pour la télévision de la chaine Arte qui, initialement écrit avec Christine Dory, devait s'attacher à l'opposition masculin/féminin et à la parité des sexesEntretien Mathieu Amalric - Un cinéaste contrarié dans Les Inrockuptibles du 12 juin 2007.La Chose publique par Louis Guichard dans Télérama du 2 septembre 2003.. La collection thématique, née de l'idée du producteur Pierre Chevalier alors directeur de l'unité Fictions d'Arte, regroupe une série de dix œuvres réalisées par cinq cinéastes de chaque genreOnt réalisé des films (par ordre alphabétique des réalisateurs) : Mathieu Amalric (La Chose publique), Nabil Ayouch (Une minute de soleil en moins), Bruno Bontzolakis (L'Amour au soleil), Catherine Breillat (Brève traversée), Laurence Ferreira Barbosa (Motus), Jean-Michel Carré (Drôle de genre), Nadia Farès (Anomalies passagères), Ursula Meier (Des épaules solides), Bernard Stora (Demain et tous les jours après) et Virginie Wagon (Sous mes yeux). Voir Fiche de la collection « Masculin/Féminin » d'Arte.Politique, amour et parité… Un film de Mathieu Amalric pour la collection « Masculin/Féminin », dans Le Monde du 30 août 2003.. À la suite de sa rupture avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, tout en gardant les thèmes initiaux, décide d'orienter également son film vers un sujet plus autobiographiqueAprès ce film, le troisième opus dans lequel Mathieu Amalric met en scène différents aspects de sa vie personnelle, le réalisateur déclarera en aboutissant en réaction à l'écriture, immédiatement après, du scénario de Tournée sorti en 2010.Mathieu Amalric : Comment j’ai tourné cinéaste… entretien avec Laurent Rigoulet dans Télérama du 10 mai 2010. jouant d'une mise en abîme assez personnelle entre la réalité et la fiction« Mathieu Amalric : artiste exigeant et éclectique » par Nicolas Houguet sur le site de TF1 le 13 mai 2010.. Parmi les sources d'inspirations revendiquées, Mathieu Amalric met en avant le film Scènes de la vie conjugale (1973) d'Ingmar Bergman pour le risque de ainsi que le roman Harlem Quartet (1979) de James Baldwin pour le traitement de la dernière scène, intimiste, du film. Il décide également de faire intervenir en second plan les éléments politiques et médiatiques contemporains de la période de tournage, notamment le résultat de l'élection présidentielle de 2002. À ce propos, Mathieu Amalric utilise des images médiatiques de la campagne présidentielle et des résultats, ainsi que des images tournées par Pamela Varela, une amie du réalisateur, lors d'une réunion publique de Jean-Pierre Chevènement Dossier de presse de La Chose publique , disponible sur le site de la salle d'Art et essai Le France..

La distribution initiale, réalisée sans audition, devait intégrer Didier Bourdon dans le rôle de l'acteur jouant un maire, notamment pour satisfaire l'envie d'utiliser la réplique , avant d'opter finalement pour Bernard Menez en raison de la campagne électorale que ce dernier avait menée quelques mois auparavant contre Édouard Balladur lors des élections législatives de juin 2002Résultats des élections législatives de juin 2002 dans la de Paris sur le site du Ministère de l'Intérieur.Bernard Menez ou le grand malentendu dans Le Point du 13 octobre 2012. dans la douzième circonscription de Paris.

Le tournage s'effectue durant le deuxième semestre 2002Les images vidéos prises dans les locaux du journal L'Équipe indiquent la date du 22 août 2002.. Parmi les différents lieux publics de tournage peuvent être mentionnés les locaux d'Arte, le magasin de l'entreprise « Le Lit national » sur la place du Trocadéro qui inspirent différentes scènes ainsi que le titre du film dans le film, la mairie de Melun, le boulevard Montmartre devant le théâtre des Variétés et le Bouillon Chartier pour les scènes finalesGénérique et remerciements du film La Chose publique.. Obéissant au cahier des charges de la commande d'Arte, il utilise principalement différents types de caméra vidéo digitale : une DVC Pro pour la « partie en direct » dans le film, une DVC Pro 16/9 pour les séquences du film « Le Lit national », une Sony PD-150 pour les reportages réels, et une caméra pour le film intime réalisé par Philippe RobertsLa Chose publique par Olivier Bitoun sur le site de www.tvclassik.comDe vrais potaches par Samuel Douhaire dans Libération du 3 septembre 2003.. Si pour Mathieu Amalric l'usage, alors peu répandu, de la vidéo numérique est vécu comme un inconvénient produisant une , dépourvue de toute « photogénie« Le regard de l'autre » par Antoine de Baecque et Brigitte Deollier dans Libération du 9 août 2005. », les acteurs en revanche considèrent cela comme une liberté supplémentaire, pour Anne Alvaro et une absence de pour Jean-Quentin Châtelain. Pour remédier à ses propres réticences et , Mathieu Amalric décide d'en faire le sujet même de son œuvre et de créer le dispositif de mise en abîme d'un film dans le film plutôt que de s'attacher à une mise en scène spécifique et adaptée au format vidéo. Considérant que le travail en vidéo retire pour lui , il décide alors de renforcer le , ce qu'il n'aurait pas osé faire en pellicule argentique, et avec des scènes particulièrement loufoquesDont une scène de conférence de presse dans un festival finlandais avec Jean-Quentin Châtelain habillé en Lapon ainsi qu'une scène de tractage de Bernard Menez et Michèle Laroque sur un marché, lors de laquelle les passants, ayant reconnu l'acteur, riaient, faisant tomber à plat l'effet recherché. qui n'ont pas été finalement montées. Il déclare également que le tournage a du film Un homme, un vrai des frères Larrieu qu'il venait de terminer en tant qu'acteur principal. Suivant son habitude de travail, Mathieu Amalric, bien que directif vis-à-vis des acteurs, improvise beaucoup les dialogues lors du tournage, notamment pour les scènes du « Lit national », discutant sur le vif avec les comédiens et ne leur donnant leurs répliques qu'une heure avant de tourner, méthode d'autant plus adaptée au filmage en vidéo mais qui fut plus difficile pour les deux acteurs principaux de la seule séquence réalisée en .

Diffusion télévisuelle et sorties sur grand écran La Chose publique devait être initialement diffusé le sur Arte, sa chaîne commanditaire. Mais programmé en troisième partie de soirée à la fin du cycle « Masculin/Féminin » et finalement retenu dans la sélection de la Quinzaine des réalisateursLa Chose publique sur le site de la Quinzaine des réalisateurs., Mathieu Amalric avec la direction des programmes d'Arte décide de reporter la diffusion télévisuelle de mars et de le présenter en compétition cannoiseDeux films en un par Anne Roy dans L'Humanité du 30 août 2003.. Le réalisateur avait en effet reçu de la part de Jean-Luc Godard une élogieuse critique en 1998 pour son premier film Mange ta soupeMathieu Amalric: Tournée cannoise par Pascal Gavillet dans la Tribune de Genève du 14 mai 2010.Mathieu Amalric et ses passages à Cannes dans L'Express du 13 mai 2010.. La Chose publique est donc présenté le lors de la Quinzaine des réalisateurs et constitue la première venue à Cannes de Mathieu Amalric en tant que réalisateur.