vignette|Logo d'EGNOS. Le service EGNOS, pour Et non « »., soit Service Complémentaire Européen de Navigation par Satellites Géostationnaires, améliore les performances des systèmes de géolocalisation par satellite en utilisant le principe du GPS différentiel, grâce à un ensemble de stations au sol dont les données sont corrélées.
Bien que les performances du GPS soient perçues comme suffisantes pour les usages courants, une amélioration de ces performances est nécessaire pour le développement d'applications plus exigeantes dans le domaine du génie civil, de l'agriculture ou du transport, et pour rendre possible les usages avec de fortes exigences de sécurité.
Le service EGNOS améliore la précision de géolocalisation, la précision horaire et garantit des performances minimales pour les applications critiques des utilisateurs ayant de fortes exigences de sécurité (service SoL : service d'intégrité du message de navigation satellite qui vient remplacer 'ERIS' () car ayant un débit de données plus important et adapté pour les données en temps réel - 'ERIS' ayant un débit de 7bits par seconde.).
Le service EGNOS est basé sur la diffusion de données de correction des systèmes de positionnement permettant de compenser les effets de propagation au travers de l'ionosphère et l'erreur résiduelle sur les axes verticaux et horizontaux, et sur la diffusion permanente d'informations concernant l'intégrité du signal et son niveau de confiance, tout en garantissant cette information pour le service pendant les qui suivent, avec une très faible probabilité de non-détection d'une défaillance (panne dormante pouvant avoir des conséquences sur la sécurité).
EGNOS diffuse actuellement des données de correction pour le système mondial de positionnement par satellites GPS. A l'avenir, il est prévu qu'EGNOS transmette des données de correction pour les systèmes GPS et Galileo.
EGNOS, dont l'Union Européenne est propriétaire, a été financé par la Commission européenne, l’Agence spatiale européenne (ESA ou ASE) et Eurocontrol, l’organisme européen chargé de la sécurité de la navigation aérienne.
Depuis le , la GSA (Agence du GNSS européen) est chargée de l'exploitation d'EGNOS et a contracté avec un opérateur spécifique, l' - ESSP..
Les fournisseurs de services de navigation aérienne assurent une partie du financement.
Le service EGNOS est ouvert et utilisable par tous (), et assuré principalement en Europe.
Un réseau d'une quarantaine de stations terrestres en Europe
350px|thumb|Carte de l'infrastructure au sol d'EGNOS V2 (Cliquer pour agrandir)
La réalisation de l'infrastructure technique a été confiée à un consortium industriel dirigé par Thales Alenia Space (anciennement Alcatel Space) pour la version 2 et par Airbus Defence and Space pour la version 3.
L'infrastructure EGNOS V2 est basée sur un réseau au sol de 40 stations terrestres de référence (RIMS)RIMS (Ranging and Integrity Monitoring Stations) - recevant les signaux des satellites. 3 supplémentaires sont en cours de qualification. (44 pour EGNOS V3), qui reçoivent les deux fréquences de satellites GPS (Et Galileo uniquement pour EGNOS V3) , dénommées L1 et L2. Situées à des endroits géo-référencés, elles sont équipées d'horloges atomiques, et permettent de déterminer le trajet des signaux des systèmes de positionnement des États-Unis GPS et, historiquement, du russe GLONASS.
Ces stations de référence terrestres, réparties sur le territoire européen ainsi que quelques sites distants, constituent un maillage serré qui complète la triangulation obtenue à partir des satellites du GPS ; la précision nominale de celui-ci, de environ, passe à une précision de avec EGNOS, avec une garantie de fiabilité des signaux.
Les mesures effectuées par ces stations sont rassemblées chaque seconde dans trois calculateurs fonctionnant en parallèle au sein de chacun des 2 MCCMCC (Mission Control Centers) - Centres de contrôle de mission., un principal en Espagne et un de secours en Italie, qui élaborent les messages de correction compensant notamment les multiples mouvements de la planète, du pôle, les variations de trajets au travers de l'ionosphère, les dérives des horlogesLe système GPS reste l'un des rares systèmes opérationnels où l'on peut vérifier la théorie de la relativité d'Einstein, les horloges des satellites américains étant décalées en fréquence pour en compenser les effets vus du sol, d'où la nécessité d'avoir des horloges de référence (Rubidium et Césium) extrêmement précises., etc. et les transmettent via 6 stations montantes (NLESNLES (Navigation Land Earth Stations) - Stations terrestres montantes de navigation.) vers des satellites en orbite géo-stationnaire qui les rediffusent vers tous les usagers de la zone de couverture « ECAC », soit approximativement l'Europe.
Extension sur d'autres continents Une extension en Afrique et au-dessus de l’océan Indien est prévue, nommée ISA (), soit système d'amélioration interrégionale de navigation par satellite en Afrique et dans l’océan Indien).
Des systèmes similaires existent en Amérique du nord (WAAS) et au Japon (MSAS). Ces systèmes étant conçus pour être interopérables, un avion commercial utilisant le système WAAS au départ des États-Unis pourra basculer au milieu de l'Atlantique sous couverture EGNOS, et vice-versa.
Segment spatial et SISNet
Dans le tableau suivant cinq satellites géostationnaires sont utilisables par le système EGNOS, dont trois opérationnels, les autres étant utilisés comme secours ou pour des tests. Jusqu'au , il s'agissait du PRN #126, mais après cette date, c'est le satellite ARTEMIS (PRN #124) qui sert pour les tests..
Nom des satellites Organisation NMEA PRN PRN= Pseudo Random Noise (number) : tous les satellites GPS utilisent la même fréquence appelée L1 (pour les codes civils). Ils se différencient par un codage pseudo-aléatoire différent de leur modulation, générée par des codes numérotés (les "PRN") de 1 à n. Les satellites géostationnaires simulent en partie des satellites GPS supplémentaires en utilisant une autre série de PRN. Signaux Position Utilisation .SIGNAL IN SPACE.Inmarsat 3-F2 zone: Océan Atlantique, région EstInmarsatNMEA #33PRN #120 L115.5°WRetiré du service ("decommissioned")..ARTEMISESANMEA #37PRN #124 21.5°ERetiré du service ("decommissioned"). Inmarsat 4-F2 zone: Europe, Moyen-Orient, AfriqueInmarsatNMEA #39PRN #12625°ERetiré du service ("decommissioned"). Utilisé pour des tests.Inmarsat 3-F1 zone: Océan IndienInmarsatNMEA #44PRN #13164,5°ERetiré du service ("decommissioned").SES-5 (alias Sirius 5 ou Astra 4B)SES S.ANMEA #49PRN #136L1 et L55.0°EEn service opérationnel. En orbite depuis Astra 5BSES S.ANMEA #36PRN #123L1 et L531.5°EEn service opérationnel. En orbite depuis le .Eutelsat 5 West BEutelsat5°OuestEn attente de mise en service opérationnel. Il utilisera la nouvelle norme EGNOS GEO-3. En orbite depuis le .
Attention : l'utilisation des seules informations officielles est indispensable pour toute utilisation de ces signaux dans un environnement critique, les services étant en cours de certificationVoir notamment le site de l'European Satellite Services Provider - ESSP..
À l'instar du WAAS, EGNOS est conçu principalement pour les utilisateurs du domaine aéronautique, qui peuvent profiter d'une réception directe des satellites géostationnaires jusqu'à des altitudes très élevées. L'utilisation d'EGNOS au sol, particulièrement en zone urbaine, est limitée par la hauteur relative sur l'horizon des satellites géostationnaires, d'environ 30° en Europe centrale et beaucoup moins en Europe du Nord. Pour traiter ce problème l'Agence spatiale européenne (ESA) a mis à disposition par Internet le service SISNet en 2002, conçu pour fournir en continu les signaux EGNOS aux utilisateurs au sol. Le premier récepteur SISNet a été créé par le Finnish Geodetic Institute, et les récepteurs commercialisés ont été développés par Septentrio.
Aviation Le service Safety of Life d'EGNOS, certifié le . pour une utilisation en aéronautique, permet aux pilotes l'utilisation d'EGNOS associé aux systèmes de positionnement par satellite, dans toute l'Europe, durant la phase d'approche et pour l'atterrissage en conditions de vol aux instruments (IMC) sur les aérodromes disposant d'une procédure publiée.
En des procédures LPV () étaient déjà utilisables pour plus de 114 aérodromes européens.
Le service EGNOS est compatible avec les systèmes embarqués d'aide à la navigation aérienne en modes « NPA », « APV-1 » et, depuis le , « LPV200Localizer Performance with Vertical Guidance @200feets : cela correspond à la distance au sol minimale () avant laquelle le pilote doit prendre la décision de se poser ou pas (Decision Height). Plusieurs catégories de LPV existent, (hauteur de décision plus ou moins grande), l'ultime étant la hauteur de décision nulle, le pilote ne voyant pas la piste avant l’atterrissage. ».
Historique Dates clés + Quelques points de repères importants du développement d'EGNOS. Année Date Évènement201529 septembre 2015LPV 200 est disponible 2015 17 juillet 2015 Les spécifications de la version 3 permettant à un avion d’atterrir en condition d'approche de précision CAT-I sont ratifiées par l'UE. 2011 2 mars 2011 Le service à information garantie (« safety of life ») d’EGNOS a été officiellement mis à disposition de l'aviation 2010 Novembre-décembre 2010 Premier essai de diffusion du signal Safety Of Life (en mode MT2, c'est-à-dire sans les messages MT0 ou MT0/2 d'indication de mode test) 12 juillet 2010 Certification de l'opérateur d'EGNOS, la société par Actions simplifiée ESSP, permettant l'utilisation du signal pour la navigation aérienne 2009 octobre 2009 Ouverture du service EGNOS au grand public et aux entreprises. 2007 18 juillet 2007 Premier atterrissage d'un hélicoptère en test sur un site hospitalier en zone urbaine (Lausanne) sous guidage EGNOS 2006 Octobre 2006 Essais multiples d'approches LPV conduits par l'AENA (aviation civile espagnole) sur aéroport non équipé d'ILS (Valencia) Juillet 2006 Le signal EGNOS est émis de manière permanente, en phase pré-opérationnelle (non encore certifié par l'aviation civile - messages MT0 et MT0/2 diffusés). 2005 28 juillet 2005 Conclusion de la revue d'aptitude aux opérations initiales (Initial Operation Readiness Review). Transfert des opérations du système du consortium industriel mené par Thales Alenia Space à l'ESSP et démarrage de la phase pré-opérationnelle 2004 2003 26 mai 2003 Premier signal EGNOS émis 2002 Revue de conception critique de l'architecture EGNOS 2001 2000 Février 2000 Premier signal de test préfigurant le signal EGNOS, depuis l'EGNOS System Test Bed (ESTB) 1999 15 juin 1999 Le contrat de développement EGNOS est confié à Alcatel-Espace (devenue Thales Alenia Space) par l'agence spatiale européenne 1998 18 janvier 1998 Accord de lancement du programme EGNOS par agence spatiale européenne, la commission européenne et le groupement d'aviations civiles EUROCONTROL 1997 Lancement des pré-études de conception EGNOS
Mise en service La mise en service initialement prévue en a été retardée, compte tenu notamment des difficultés de mise en place et de coordination administrative des procédures de certification aéronautique en Europe.
Des informations plus récentes sont disponibles sur le site de l'ESSPEuropean Satellite Services Provider - ESSP. concernant les services eux-mêmes, et de l'agence spatiale européenne concernant l'infrastructure du systèmeESA information on EGNOS.European Space Agency information on EGNOS for Professionals..