Le Fort Téremba est un ancien pénitencier de Nouvelle-Calédonie, situé non loin de Moindou sur la côte ouest de la Grande Terre.
Historique La construction d'un fort militaire et d'un bagne le long de la baie d'Uarai débute en 1871, à la demande du gouverneur Gaultier de la Richerie, qui envoie sur place un premier contingent de condamnés encadré de surveillants et de gendarmes. Le camp prend le nom de fort Teremba, par référence à l'îlot du même nom situé au milieu de la baie. Un village pénitentiaire se développe autour du camp, doté d'un bureau d'état civil, d'une bibliothèque, d'une église, d'une école, d'un bureau de poste et d'un télégraphe, aux côtés des installations proprement pénitentiaires (cellules, cuisines, loges des surveillants) et militaires (poudrerie, tour de guet, mur d'enceinte). En 1872, l'implantation de colons libres est autorisée par le gouverneur ; les premiers Alsaciens-Lorrains s'installent à Moindou dès 1873, dans le cadre plus large de la politique de peuplement libre associée au bagne.
À la suite de l'insurrection kanak de 1878, le fort est réaménagé et renforcé pour servir de blockhaus et de refuge éventuel pour la population coloniale de la région. Le gouverneur Pallu de la Barrière généralise ensuite l'emploi des bagnards à la construction de routes et d'infrastructures coloniales, une politique caractéristique de la « colonisation pénale » calédonienne. La garnison militaire quitte le site en 1885. En 1898, le gouverneur Paul Feillet met fin à l'envoi de nouveaux condamnés vers la colonie ; la direction du poste est transférée à Fô Gacheu, puis l'ensemble du site est définitivement abandonné en 1908.
Recherches archéologiques Le site a fait l'objet d'interventions archéologiques préventives, notamment une fouille et une étude du mobilier menées sur l'ancienne auberge du fort en 2015 par l'Institut d'archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP), qui s'inscrit dans un ensemble plus large de travaux archéologiques sur les anciens sites pénitentiaires calédoniens.
La révolte de 1878 Lors de l'insurrection kanak de 1878, le rôle du fort de Teremba (alors appelé poste d'Ourail) se transforme radicalement. Établi au cœur d'une zone de contact direct entre le front pionnier pastoral et les centres de colonisation pénale, le complexe fortifié devient un point d'appui militaire névralgique pour les forces françaises. Face à l'avancée des insurgés menés par Ataï, il sert de refuge fortifié pour les colons européens de la région de Moindou et de base arrière pour concentrer les troupes régulières ainsi que les auxiliaires kanak (notamment les guerriers de Canala engagés du côté colonial). C'est depuis ce poste militaire que sont organisées les colonnes mobiles chargées de mener les opérations de répression dans la zone d'Ourail et de La Foa.
Après la révolte de 1878, le fort militaire est réaménagé et renforcé pour servir de blockhaus et de refuge éventuel. Afin de contrecarrer la puissance de l’administration coloniale, le gouverneur Pallu de la Barrière décide par la suite d’employer les bagnards à la construction de routes et d’infrastructures. En 1885, la garnison militaire quitte finalement le site de Teremba. En 1898, le gouverneur Feillet fait arrêter l’envoi de condamnés. La direction de Teremba est transférée sur Fô Gacheu, puis l’ensemble est abandonné en 1908.
Valorisation à titre patrimonial thumb|right|upright|Cellules dans le fort.
Après avoir longtemps été laissé à l’abandon, le fort Téremba a finalement été réhabilité grâce à l’action de l’association locale Marguerite. Le bâtiment principal a été reconstruit et abrite une exposition permanente sur l’histoire du fort. Le site propose aujourd'hui une exploration approfondie de l'histoire du bagne et de l'insurrection kanak de 1878, notamment à travers les collections de son musée.
Les cellules de prisonniers sont illustrées d’un parcours avec projections sonorisées. La tour de guet et le mur d’enceinte ont également été restaurés. Le bâtiment a été classé au titre des monuments historiques en 1989.
Fonctions actuelles Aujourd'hui, le Fort Téremba est un centre d'interprétation du patrimoine pénitentiaire et militaire, il accueille près de 5000 touristes par an, à quoi s'ajoutent les visites des scolaires. Tous les ans au mois de novembre, un spectacle son et lumière retraçant des scènes de vie de l’époque, attire 5000 spectateurs.
Entre 1996 et 1999, des volontaires du C.H.A.M ont participé à la restauration du fort.
Le Fort Téremba est également la demeure officielle du Blackwoodstock Rock & Arts Festival. Ce festival de musique et d'arts accueille en septembre des milliers de festivaliers qui viennent y découvrir de nombreux artistes locaux tels qu'Analkholic (2013, 2016), Botox (2016, 2017), King Biscuit Time (2016, 2017), Leäk (2013-2017) et internationaux, tels que Charlélie Couture (2016), les Wampas (2017) ou les Dandy Warhols (2017).
Après une interruption de deux ans, le festival a fait son retour au Fort Teremba fin octobre 2025 pour sa douzième édition, réunissant une centaine de bénévoles, une trentaine de concerts et le plus grand espace de camping de Nouvelle-Calédonie.
Le fort s'est équipé en conséquence ; des gradins ont été construits en 2016.
Les classes au Fort Teremba La classe patrimoine favorise une approche concrète des héritages collectifs par la mise en situation des élèves sur un ou plusieurs sites historiques, archéologiques...
Elle peut se dérouler sur les sites à proximité de l'établissement scolaire (classe de proximité) ou pendant une semaine sur un site d'accueil (classe transplantée).
Une classe découverte se déroule sur 5 jours, sur un site présentant un intérêt architectural, archéologique, littéraire ou artistique. Ateliers, visites, analyses enquêtes, activités culturelles se conjuguent au long séjour pour faire vivre aux élèves et enseignants une expérience originale de découverte du patrimoine.
Philatélie Le fort figure sur un timbre de l'OPT de 1989, dont la légende mentionne l'association Marguerite.
Notes et références
Annexes Articles connexes Liste des monuments historiques de la province Sud (Nouvelle-Calédonie) Moindou Bagne de Nouvelle-Calédonie
Liens externes
Fortin de Téremba et darses Blackwoodstock Rock & Arts Festival: http://www.bwsf.nc https://www.fort-teremba.com/fr
Catégorie:Monument historique en Nouvelle-Calédonie Catégorie:Monument historique classé en 1989 Catégorie:Ancienne prison en Nouvelle-Calédonie Catégorie:Fort en France Catégorie:Prison monument historique en France Catégorie:Prison musée Catégorie:Site retenu pour le loto du patrimoine en 2024