Quintus Serenus Sammonicus est un érudit romain ayant vécu à la fin du de notre ère, auteur d'un poème didactique médical en latin intitulé généralement De medicina præcepta et dont les versions connues sont probablement incomplètes.

De medicina præcepta Ce poème (1115 hexamètres dactyliques divisés en 64 chapitres), précédé d'une préface où sont invoqués Apollon et Esculape, contient nombre de remèdes populaires, empruntés à Pline l'Ancien, aux plantes médicinales de Dioscoride, et diverses formules magiques, entre autres le célèbre abracadabra, donné comme guérissant de la fièvre semi-tierce, En ligne.. Les traitements sont globalement ordonnés a capite ad calcem (« de la tête aux pieds »). Le poème se termine par une description du fameux antidote de Mithridate VI du Pont. L'auteur n'appréciait apparemment guère les médecins et il se propose, dans la préface, de donner des remèdes simples et peu coûteux afin d'éviter à ses lecteurs des dépenses auprès des professionnels ; cependant, à plusieurs reprises, il fait état d'une expérience des traitements qu'il propose.

Cet ouvrage, proche de la Medicina Plinii (qui est un peu son équivalent en prose), fut très répandu dans l'Antiquité tardive et au Moyen Âge. Son intérêt scientifique est son témoignage pour l'histoire de la médecine populaire (et magique) dans l'Antiquité. La syntaxe et la versification sont remarquablement correctes.

Père et fils On connaît deux personnes ayant porté ce même nom, père et fils, et on ne sait trop auquel attribuer la composition du poème : le pèrePIR2, S 164, érudit célèbre en son temps, qui s'il faut en croire lHistoire Auguste met en garde contre les informations sur Serenus Sammonicus tirés de lHistoire Auguste., fut mis à mort en 212 sur l'ordre de Caracalla, en tant que proche de son frère Geta, assassiné peu auparavantHistoire Auguste, Vie de Caracalla, IV : « Dans le même temps furent mis à mort un nombre infini de ceux qui avaient été les partisans de Geta. [...] On massacrait en quelque lieu que ce fût, même dans les bains. Plusieurs furent tués pendant qu'ils étaient à table, entre autres Sammonicus Serenus, dont il reste un grand nombre d'ouvrages importants pour la science ».. Macrobe, qui fait état de ses œuvres dans les Saturnales, l'appelle « le savant de son siècle » (« vir sæculo suo doctus »)Macrobe, Saturnales, III, XVI, 6. Selon Macrobe Sammonicus avait écrit un ouvrage intitulé Des choses cachées (« Rerum reconditarum ») et comptant au moins cinq livresMacrobe, Saturnales, III, 9, 6 ; voir aussi III, 17, 4. Malgré son érudition, Sammonicus semble avoir confondu Pline l'ancien et Pline le jeuneMacrobe, Saturnales, III, XVI, 6 place la mort de Pline l'encyclopédiste sous Trajan. D'autre part le fils, ami de Gordien I et précepteur de Gordien IIHistoire Auguste, Vies des trois Gordiens, XVIII, 2 : « Gordien le Jeune était extrêmement cher à Serenus Sammonicus, qui était un ami proche de son père, et qui fut son précepteur, à tel point qu'en mourant celui-ci lui légua tous les livres de son propre père Serenus Sammonicus, dont le nombre était estimé à environ soixante-deux mille ». D'après Ronald Syme., la taille de la bibliothèque de Serenus Sammonicus père (environ soixante-deux mille volumes) est une des nombreuses inventions dont abonde lHistoire Auguste. Le personnage même du fils peut être une fictionPIR2, S 165 citant Syme et Champlin. ArnobeArnobe, VI, 7 et Sidoine Apollinaire Carmina 14, praef 3 mentionnent aussi Sammonicus.

Éditions La première édition imprimée de De medicina praecepta par Johannes Sulpitius Verulanus, date d'avant 1484 JG Ackermann (Leipzig, 1786) E. Behrens, Poetae Latini minores, iii.. . Quintus Serenus, Liber medicinalis (Le livre de Médecine), texte établi traduit et commenté par R. Pépin, Paris, 1950Compte-rendu critique de van de Woestijne Paul, « Docteur R. Pépin, Quintus Serenus (Serenus Sammonicus). Liber Medicinalis (Le Livre de Médecine). Texte établi, traduit et commenté », L'antiquité classique, 19, fasc. 2, 1950, p. 471-474Lire ligne

Notes et références

Voir aussi Bibliographie August Baur, Quaestiones Sammoniceæ (Giessen, 1886) Martin Schanz, Geschichte der römischen Literatur, iii. (1896) Teuffel, History of Roman Literature (trad. angl., 1900), 374, 4, et 383. . .

Liens externes

Catégorie:Poète de la Rome antique Catégorie:Poète romain du IIe siècle Catégorie:Écrivain romain du IIIe siècle Catégorie:Poète didactique