vignette|Mini-ordinateur Télémécanique T1600, en version de simple module d'entrée de gamme, avec le pupitre de fonctions (collection du musée de l'ACONIT) Le T1600 était un mini-ordinateur industriel construit par la société Télémécanique, introduit en 1972.
Il succédait au T2000, machine robuste et réactive , et difficilement améliorable du fait d'une conception trop centralisée, et d'un code d'instructions saturé.
Le 1er ordinateur microprogrammé de Télémécanique Le T1600, machine à mots de destinée initialement à l'informatique industrielle et à l'automatisation d'expériences scientifiques, était, à la différence du T2000, microprogrammé", dans Le Monde le 21 mars 1973, par Jean-Marc Chabanas , s'inspirant en cela du Mitra 15 sorti l'année précédente par la CII. L'essor des circuits électroniques intégrés vaut actuellement une publicité nouvelle à cette technique, qu'on a parfois qualifiée de « firmware » (hybride de hardware et de software), et qui permet de « de disposer de plusieurs ordinateurs en un seul », car pour le « rendre apte à d'autres calculs, il suffit de modifier le contenu de la mémoire de commande » commente Le Monde le .
Mémoire à tores de ferrite Il était doté d'une mémoire à tores de ferrite de (extensible à ), de un à plusieurs disques durs de tailles variant de à , et occupait un volume de . Selon les configurations et options proposées, l'ordinateur qui dispose d'un pupitre en façade est décliné soit en version de simple module, soit en version d'armoire industrielle haute à châssis interne. Une de ces machines fut utilisée pour le développement du langage Prolog. Également, le langage français de programmation LSE inventé à Supélec par l'équipe de Jacques Hebenstreit fut porté sur le T1600 en . Il en fut de même pour les langages de programmation Basic, Lisp, Fortran, APL et PL1600 (variante du PL/I pour T1600), implémentés eux aussi sur cet ordinateur. Plan d'informatisation des lycées En 1971, l'Éducation nationale décide d'un premier plan d'informatisation des lycées (opération dite « Expérience des »), portant dans une première phase sur , pour atteindre ensuite le total des prévus de l'enseignement secondaire. Pour cette opération novatrice, le Télémécanique T1600 est l'une des deux machines choisies avec le Mitra 15 de la CII, pour une répartition à peu près équivalente dans les lycées : T1600 en version d'armoire industrielle, et en version d'armoire-châssis externe à tiroirs modulables. Chacune des dotations comprend initialement un ensemble informatique, avec : le mini-ordinateur retenu, un moniteur en temps partagé, neuf terminaux (huit terminaux claviers écrans et un téléimprimeur ), un disque dur fixe interne, un lecteur de disquettes , ainsi que le langage LSE implémenté. De 1972 jusqu'au début des années 1980, l'enseignement de la programmation en LSE est alors dispensé sous forme d'activité extra-scolaire par des enseignants formés préalablement, et déchargés partiellement pour cela des horaires de leurs cours habituels.
Lors des années 1975-1980, dans l'enseignement supérieur, le T1600 équipa également des centres de recherches, instituts et centres universitaires de calcul. Il contribua à l'enseignement de divers langages de programmation ainsi qu'à des projets et réalisations diverses dans les domaines de la voix, de la musique, du graphisme et de la médecine.
Le T1600, vendu à quelques milliers d'exemplaires, fut aussi à la base de la chaîne de commande numérique .
Les concurrents du Télémécanique T1600, en dehors du CII Mitra 15 français, étaient les mini-ordinateurs PDP-8 et PDP-11 de la société américaine Digital Equipment Corporation.
Le successeur du T1600 fut le Solar 16, décliné en plusieurs modèles.
Conservation En 2026, plusieurs de ces ordinateurs sont encore entreposés, au moins quatre, dans des configurations différentes :
en version armoire simple module et en version armoire industrielle, matériels conservés au musée de l'association ACONIT à Grenoble ; en version armoire industrielle (T1600 du Lycée Joffre de Montpellier, classé depuis 2014 à l'inventaire des Monuments Historiques), matériel conservé dans les réserves de la Mission PATSTEC Languedoc-Roussillon à l'Institut de botanique de l'Université de Montpellier ; en version armoire industrielle (T1600 du Laboratoire LACTAMME de l'École Polytechnique), matériel conservé dans les réserves de l'association WDA sur son site de Jouques.
Galerie
Références
Liens externes La période Télémécanique ou le développement industriel et commercial (1967-1976) Images du T1600 Une page sur le T1600 Collection du musée ACONIT : Les mini-ordinateurs français Télémécanique et CII des années 1970 Mission PATSTEC Languedoc-Roussillon : versement d'un ordinateur Télémécanique T1600 en 2013 ayant équipé le lycée Joffre à Montpellier, dans les années 1975 ; article 200 kg de masse mais peu de mémoire ; puis démarche de classement de cet ordinateur par les Monuments Historiques en 2014 Alain Caulmerauer : La naissance de Prolog, p. 9 (Université d'Aix-Marseille, ) Jérôme Chailloux : Introduction à la programmation PL1600 (une variante de PL/I pour le T1600) Jacques Hebenstreit et Yves Noyelle : Un langage symbolique destiné à l'enseignement : LSE Le bulletin de l'EPI n° 6 () Yves Noyelle : La saga du LSE Le bulletin de l'EPI (1988) Jacques Baudé : Le système LSE Jacques Baudé : L'expérience des « » La liste des 58 lycées équipés de mini-ordinateurs Télémécanique T1600 ou CII Mitra 15 entre 1972 et 1975 Daniel Caous : Témoignage d'un ancien élève sur l'ambiance d'un club informatique « » des années 1975, à Rennes Daniel Caous et Jacques Baudé : Les mini-ordinateurs « Éducation nationale » de la décennie 1970 Georges-Louis Baron : La constitution de l'informatique comme discipline scolaire Le T1600 au Commissariat à l'Énergie Atomique, pour des travaux concernant la boucle de refroidissement du réacteur surgénérateur Phénix (CEA, années 1980) Le T1600 du Centre d'Informatique et de Méthodologie en Architecture, avec base de deux logiciels MODUL et COMBI écrits en langage LSE, en prélude pour la conception d'Imagix3D, logiciel d'animation graphique (CIMA, 1982) Le T1600 de la SNIAS pour la mise au point, avec le CHU de Bordeaux, de SysCoMoRAM : Système à Commande Modulaire pour Recherche et l’Aide Médicale, p. 83 et 84 (Lettre 3AF, 1975) Les T1600 du CNET à Lannion et du CCETT à Rennes pour la gestion des services du Videotex français dans les années 1975 (Commission of the European Communities, Proceeding of the Videotex in Europe - Conference Luxembourg, 19-20 July 1979, p. 28 à 32) Irène Taravel : La SNCF dans son contexte informatique, mémoire de stage de DESS d'informatique documentaire, (Université de Lyon-1), 1981, p. 28, 29, 34 Hervé Huitric et Monique Nahas : Le T1600 de l'Université de Paris VIII - Vincennes, avec base de langage Lisp pour la conception du système COLORIX, premier dispositif graphique d'affichage de pixels sur un écran de télévision (Université de Vincennes, 1975) Jean-Claude Risset : le T1600 pour la création musicale pour des instruments électroniques, projet Aventure de lignes, coopération IRCAM et Université de Marseille Luminy (IRCAM, 1981) Le T1600 du Laboratoire LACTAMME (UMR CNRS 7641) de l'École Polytechnique pour la création d'images graphiques vidéo, 1974 Robert Espesser : Le T1600 pour les travaux travaux interdisciplinaires du Laboratoire Parole et Langage, Université d'Aix-Marseille en 1982 de détection du voisement et du F0 (fréquence fondamentale) (Revue TIPA, 2018)
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