thumb|upright=1.3|Un kwassa-kwassa.

Kwassa-kwassa (ou kwasa kwasa) est le nom comorien d'un type de canots de pêche rapides de 7 à de long pour de large, à fond plat et équipés aujourd'hui d'un ou deux moteur(s).

On parle aussi de « drame des kwassa » pour parler des personnes qui périssent chaque année en tentant de se rendre sur l'île de Mayotte, de manière illégale et dont la traversée de dans un bras de mer est réputée pour être particulièrement périlleuse entre Anjouan et Mayotte.

Origines À l'origine, « kwasa kwasa » est le nom d'une danse congolaise connue pour être très rythmée et saccadée. Dans l'archipel des Comores, le terme « kwassa-kwassa » a fini par désigner des pirogues légères, du fait qu'elles tanguent énormément.

Dans le but de développer la pêche aux Comores, l'ONU a financé au début des années 2010 la construction sur l'île d'Anjouan d'une usine de construction de pirogues motorisées légères en résine plastique à faible coût, adaptées à la pêche côtière..

Drame des kwassa-kwassa Rapidement, les embarcations très peu coûteuses fabriquées à Anjouan (quelques centaines d'euros) ont commencé à être utilisées puis privilégiées par les réseaux de passeurs comorien, pour rallier les côtes de Mayotte de manière illégale, en dépit du danger des d'océan qui séparent Anjouan de Mayotte, et pour laquelle ces frêles esquifs ne sont absolument pas adaptés (, et elles sont la plupart du temps abandonnées sur la plage une fois délestées de leurs moteurs).

Les kwassa-kwassa sont aujourd'hui le principal moyen employé par les passeurs pour l'immigration clandestine vers Mayotte dont l’île attire une forte immigration en provenance des Comores, en grande partie illégale. En 2014, ont ainsi été interceptés par les autorités françaises, avec à leur bord , et ont été arrêtés, selon des données de la Direction générale des Outre-Mer. On estime le flux entrant d'immigrés clandestins à environ à personnes par an, pour à reconduites à la frontière. Malgré la présence marginale d'Africains continentaux, ce flux serait essentiellement constitué de Comoriens, et notamment d'Anjouanais..

La traversée en kwassa-kwassa coûte , contre pour un passage en bateau privé. Avec ces tarifs, un kwassa kwassa est rentabilisé même s'il est intercepté (la France détruit chaque année des centaines de coques, souvent devenues inutilisables après une seule traversée). Ces barques semblent de plus en plus dans le droit français.

Interceptions Les kwassa-kwassa sont interceptés par la police, avec des méthodes qui mettent en danger ses occupants.

Responsabilité de l’État comorien Les autorités comoriennes quant à elles semblent peu impliquées dans la lutte contre ce drame qui décime pourtant les couches les plus vulnérables de leur population : alors que l'industrie de l'immigration clandestine se fait à ciel ouvert côté comorien, les autorités interceptent environ un kwassa-kwassa par an (pour 450 à 500 départs annuels) au titre de leur coopération régionale dans la lutte contre l'immigration clandestine, et l'usine qui produit ces barques à usage unique à un rythme effréné n'a jamais été mise en cause.

De nombreuses personnalités mahoraises dénoncent une complicité active de l’État comorien dans ce drame : les réseaux de passeurs n'ont jamais fait l'objet d'une action de police majeure aux Comores, abandonnant l'ensemble de la gestion de ce drame humanitaire à l’État français, c'est-à-dire à l'autre bout de la mer, après la mort de nombreux passagers. Cette sinistre industrie de mort connaît ainsi une prospérité économique florissante en toute impunité à Anjouan..

Enfin, le (selon la Police aux Frontières) de l'immigration clandestine bénéficierait largement aux Comores, leur permettant d'évacuer leur excédent de population et notamment les chômeurs, les délinquants et les malades, mais aussi de bénéficier en retour d'une importante rente en provenance des quelques membres de la diaspora connaissant le succès économique. Le business du passage génère ainsi des dizaines de milliers d'euros de bénéfice net chaque année, sans compter qu'une grande partie des objets et équipements volés à Mayotte se retrouvent ensuite sur le marché comorien, à faible prix.

En retour, l’Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers note que nombre de Mahorais profitent aussi de cette situation pour employer illégalement la main-d’œuvre immigrée à très faible coût et dans des conditions parfois extrêmement précaires. Les familles d'accueil pour mineurs isolés constituent aussi une rente importante (environ par mois et par enfant), courant le risque de voir émerger des dynasties de Thénardier mahorais.

Polémique sur le terme kwassa-kwassa en 2017 En , lors d'une visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) atlantique situé à Étel dans le Morbihan, une phrase du président de la République, Emmanuel Macron, dans une séquence captée par les équipes de l'émission Quotidien, déclenche une polémique sur les médias sociaux : Le député socialiste de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg . De son côté l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot, rappelle qu’un rapport du Sénat évalue à à le nombre de morts entre 1995 et 2012 liés à la migration en kwassa-kwassa. Finalement, l'équipe de communication de l’Élysée reconnaît , .

Mohamed Bacar Dossar, ministre comorien des Affaires étrangères, souhaite des excuses du président de la République Emmanuel Macron, considérant que l'usage du terme « du », devant Comorien, est . Pour les Comores, cette déclaration est à mettre .

Dans la littérature La nouvelle de Joëlle Écormier, Un Rêve à la mer met en scène un jeune comorien prénommé Awadi qui embarque à bord d'un Kwassa Kwassa depuis l'île d'Anjouan pour gagner Mayotte.

Notes et références

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