La boucle locale en France est la partie de la ligne téléphonique (paires de cuivre) allant du répartiteur de l'opérateur jusqu'au point de terminaison chez le client. Le point de terminaison est le premier dispositif installé dans les locaux du client. Physiquement, il s'agit de tous les câbles aériens, des câbles souterrains et même de la paire de fils arrivant chez l'usager. La boucle locale comprend également des équipements passifs de raccordements (armoires, boîtiers) jouant le rôle de brasseurs.
En France, il existe également le concept de boucle locale radioLa boucle locale radio - Wimax et de boucles locales optiquesMutualisation de la partie terminale des réseaux de boucle locale fibre optique.
Cet article traite de la boucle locale cuivre.
Histoire Construction du réseau C'est l'administration des télécommunications qui a seule construit cette partie du réseau. La mise en œuvre des câbles s'est faite progressivement avec une forte accélération dans les années 1970. La construction de ce réseau capillaire a nécessité d'importants travaux de génie civil, occasionnant de nombreuses perturbations dans les agglomérations et sur une partie des axes routiers du pays.
En France, la boucle locale « cuivre » est la propriété exclusive de l'entreprise Orange, opérateur historique et ancien monopole d'état sous le nom de Direction générale des Télécommunications puis France Télécom. La boucle locale est une partie du réseau téléphonique commuté revêtant une importance stratégique pour tout opérateur de télécommunication. En effet, son contrôle permet la gestion du réseau qui le relie à ses clients. Ainsi, il a été décidé au niveau européen qu'Orange doit fournir à ses concurrents un accès direct à sa boucle locale : c'est le dégroupage de la boucle locale.
Arrêt prévisionnel du service Le , un rapport remis au ministre de l'économie, Emmanuel Macron, préconise l'arrêt du réseau cuivre au profit de la fibreLa fin du vieux téléphone fixe prévue en 2022 (02/2015). Puis le , Orange, opérateur de la boucle locale en France, annonce la fin de commercialisation et l'arrêt progressif des plaques RTC à partir de 2017 (installé dans les années 1960 et 1970 dans les zones rurales). Ensuite en , Orange communique que les nouvelles lignes de téléphone fixe classique ou RTC seront commercialisées jusqu'au trimestre 2018Orange prépare la fin du téléphone fixe (02/2016). Or en , une mésaventure arrivée à un couple de retraités montre qu'il n'est déjà plus possible de créer ou recréer une ligne de téléphone fixe classique (RTC) et qu'il faut désormais passer par un modem ADSL (ou box ADSL) pour avoir une liaison téléphonique par réseau filaireIls n'ont pas voulu d'une box, leur téléphone a été coupé (01/2017).
Constitution La boucle locale peut être découpée en trois parties« Atout Réso : La boucle locale », archive du site de France Télécom :
La partie transport, qui va du NRA (nœud de raccordement d'abonnés) jusqu'au SR (sous-répartiteur). La partie distribution, qui va du SR jusqu'au PC (point de concentration). La partie branchement, qui va du PC jusqu'à l'abonné.
La boucle locale cuivre en France, c'était en 2012 :
39 millions de lignesObservatoire des marchés des communications électroniques en France, . ; sous-répartiteursGuide sur le déploiement de la fibre optique à l’usage des élus et des collectivités territoriales, . ; répartiteurs téléphoniquesBase PODI de janvier 2014 sur le site d'Orange ; 18 millions de poteaux dont 5 millions gérés par Enedis (gestionnaire du réseau de distribution d'électricité en France)Rapport parlementaire sur les coûts de la boucle locale cuivre de France Télécom et son évolution dans le cadre de la transition du cuivre vers la fibre, . ; Un coût de mise en œuvre estimé à 28 milliards d'euros par l'ARCEPConsultation sur les méthodes de valorisation de la boucle locale cuivre, ..
Nœuds de raccordement d'abonnés Au bout de la ligne de cuivre se trouve le nœud de raccordement d'abonnés, aussi appelé NRA ou central téléphonique. C'est un bâtiment qui peut aussi bien consister en un petit abriExemple de NRA de petite taille : CLV32 qu'être de grande tailleExemple de NRA de grande taille : NOR75, . On peut parfois y voir un logo OrangeExemple de NRA affichant un logo Orange : BAS75, France TélécomExemple de NRA affichant un logo France Télécom : BES60, PTTExemple de NRA affichant un logo PTT : ANJ75, mais parfois rien ne semble indiquer la fonction du bâtiment. Il est courant qu'il n'y ait que des fenêtres de taille réduite, voire pas de fenêtres. Les NRA les plus récents (NRA-MeD), qui servent uniquement à contenir des DSLAM afin de permettre une montée en débit, sont sous forme d'armoires« Photos de NRA-MeD (NRA de Montée en débit) » sur Lafibre.info.
Certains NRA se trouvent dans un ancien bureau de poste, ou partagent un bureau de poste toujours en activitéExemple de NRA partageant un bureau de poste : BEL60 ; certains se trouvent dans des bâtiments abritant des employés Orange. Les NRA peuvent être partagés avec par exemple un transformateur électriqueExemple de NRA partageant un transformateur électrique : BEZ60, des équipements utilisés par une antenne mobile à proximité, ou encore des équipements de télécommunications se trouvant en dehors de la boucle locale tels que des BAS ou des autocommutateurs plus importants.
Les lignes arrivent d'abord dans le répartiteur téléphonique, puis sont redirigées vers des filtres permettant de séparer les fréquences allouées à la téléphonie classique, qui vont vers le CAA, pour Commutateur à Autonomie d'Acheminement, du signal DSL, qui va vers le DSLAM« Visite du réseau Orange : du répartiteur téléphonique jusqu'aux clients » (section concernant la salle du répartiteur cuivre) sur Lafibre.info.
Par confusion, les termes « commutateur » et « répartiteur » sont souvent utilisés pour désigner le NRA. On peut trouver les abréviations CL, pour Commutateur Local, ou RE, pour RÉpartiteur« Architecture de la BL France Telecom » sur Infos-Réseaux.
La majorité des NRA est reliée en fibres optiques ; auparavant d'autres moyens de communication étaient utilisés tels que les faisceaux hertziens et les câbles coaxiaux« L'Organisation du Réseau Téléphonique » sur Hertzien.fr.
Une liste des NRA, nommée base PODI, pour « Paires Occupées en DIstribution »Fichier PDF expliquant la signification de « PODI » sur le site d'Orange, est téléchargeable depuis 2005 sur le site web d'Orange« Documentation » sur le site d'Orange, et mise à jour trimestriellement. Sur le web, il existe également plusieurs sites permettant d'obtenir des informations sur les NRA, ainsi que sur leur dégroupage, tels qu'Ariase« Couverture ADSL par département » sur Ariase, DegroupNews« Carte du déploiement ADSL en France » sur DegroupNews ou encore Stats-dégroupagePage d'accueil de Stats-degroupage. Certains de ces sites proposent une géolocalisation approximative des NRA reposant sur des critères plus ou moins fiables, tels que le nom du NRAPage d'un NRA quelconque sur Stats-dégroupage, un calcul à partir des adresses et des longueurs de ligne des utilisateurs d'un test d'éligibilité, ou encore des données remplies manuellementTweet d'Ariase concernant la localisation des NRA.
Dégroupage
Les opérateurs concurrents d'Orange peuvent choisir de mettre leur propre DSLAM dans le NRA : c'est le dégroupage. Orange loue alors la boucle locale de ses abonnés à l'opérateur. Si l'opérateur de l'abonné n'a pas dégroupé le NRA, alors l'abonné sera généralement branché sur le DSLAM d'un autre opérateur ; la plupart du temps celui de l'opérateur historique, Orange : on parle alors d'abonné non dégroupé. Mais certains opérateurs, comme OVH et Bouygues, peuvent aussi faire de la collecte sur les DSLAM d'autres opérateurs alternatifs, dans leur cas SFR« Le dégroupage » sur DSLValley.
Ensuite, le DSLAM est relié au réseau de son opérateur, parfois en utilisant une liaison louée à un concurrent.
Les DSLAM des opérateurs alternatifs se trouvent généralement dans une salle spéciale, appelée salle de dégroupage. S'il n'y a pas assez de place pour mettre de nouveaux DSLAM, ils peuvent être installés dans des armoires extérieures au NRA, on parle alors de dégroupage outdoor« ADSL : C'est quoi un DSLAM ? » (section concernant le dégroupage outdoor) sur Lafibre.info.
Réaménagement du réseau Les NRA les plus récents, issus du réaménagement du réseau Orange, sont appelés « NRA-XY »Observatoire / Haut et Très Haut Débit : marché de gros - ARCEP, 4 mars 2011. Ils ont été mis en place afin de permettre l'accès au haut débit dans les zones d'ombre, trop éloignées du NRA. On en trouve plusieurs types, notamment :
Le NRA-HD (haut débit), mis en place par France Télécom depuis 2004, généralement sous forme de préfabriqué en bétonNRA HD : Alice et Club Internet dégroupent aussi - Francois Le Gall, Ariase.com, 26 juin 2007 ; Le NRA-HE (haute éligibilité), nom donné aux premières expérimentations de NRA-ZOLa solution « NRA-ZO » - ANT, 5 octobre 2007 ; Le NRA-ZO (zone d'ombre), créé par France Télécom en 2007 et financé par les collectivités locales. Sous forme d'armoire, il ne contient pas d'équipements dédiés à la téléphonie classique, mais seulement des DSLAM. Il se trouve proche du SR ; Le NRA-MeD (montée en débit), évolution du NRA-ZO qui le remplace depuis Le NRA-MeD (Montée en débit) - Francois Le Gall, Ariase.com ; Le NRA-ZN (zone nouvelle), une appellation utilisée depuis 2012 pour désigner certains NRA-MeD ; Le NRA-GMUX (gros multiplexeur), mis en place en cas de présence d'un multiplexeur qui empêche l'utilisation des technologies DSL.
Le NRA d'origine est parfois appelé « NRA-O ».
Codification Les codes attribués aux NRA peuvent généralement être représentés sous deux formes différentes : une forme courte, composée d'une chaîne de trois caractères alphanumériques suivie du numéro de département (par exemple BEZ60), et une forme longue, composée du code Insee de la commune hébergeant le NRA suivi d'une chaîne de trois caractères alphanumériques (par exemple 60057BEZ).
On peut trouver ces codes dans les réponses des tests d'éligibilité, tels que Degrouptest, dans les bases de données de NRA citées plus haut, ou encore dans les noms de domaine inverses attribués par certains fournisseurs d'accès (Free, Bouygues) aux DSLAM et aux abonnés dégroupés« Définitions » sur le site de francois04.
Bien que les codes courts soient plus répandus, ils peuvent poser problème : en effet, il arrive que deux NRA partagent le même code court, tout en ayant des codes longs distincts. Il arrive que le code utilisé pour désigner un même NRA varie d'un opérateur à l'autre, et pas seulement dans le cas d'un doublon de code court. Par exemple, le NRA Gambetta, situé à Bagnolet mais desservant principalement le 19 et le de Paris, est nommé GAM93 par Orange, mais GAM75 par FreeGAM93 sur Stats-dégroupage.
Sous-répartiteurs
Les paires de cuivre partant du NRA sont regroupées dans de gros câbles souterrains, nommés « câbles de transport », contenant au moins 112 paires, qui vont jusqu'aux sous-répartiteurs, ou SR. En zone dense, on peut trouver plusieurs SR par quartier, tout comme un sous-répartiteur peut couvrir plusieurs communes en zone rurale.